Bataillon de chasseurs-carabiniers
| Bataillon de chasseurs-carabiniers | |
| |
| Création | 1808 |
|---|---|
| Dissolution | 1813 |
| Pays | |
| Type | Jäger-carabiniers |
| Rôle | Infanterie légère, tireurs d'élite |
| Effectif | 669 (en 1812) |
| Garnison | Marbourg (1808-1809) Cassel (1809-1813) |
| Guerres | Guerre de la cinquième coalition Campagne de Russie Guerre de la Sixième Coalition |
Le bataillon de chasseurs-carabiniers (en allemand : Jäger-Karabinier-Bataillon) est une unité militaire du royaume de Westphalie. Il est rattaché à la Garde royale du roi Jérôme Bonaparte bien qu'il n'en fasse pas officiellement partie.
Historique
Création
Le bataillon est formé le à Marbourg avec les meilleurs tireurs de l'armée westphalienne et des garde-chasses, chasseurs et fils de forestiers[1]. Un service de deux ans au bataillon est d'ailleurs obligatoire pour recevoir un emploi civil de forestier[2],[3]. Le bataillon ne recrute que des volontaires[4].
Le bataillon est établi à quatre compagnies, dont une compagnie d'élite (Elite-Kompagnie) et une compagnie de dépôt[1],[5]. Dans chaque compagnie, environ la moitié des soldats sont des chasseurs (Jäger) opérant en paires d'escarmourcheurs sur le champ de bataille et l'autre moitié des tireurs d'élite (Scharfschützen) armés de fusils à canon rayé[1].
Il est rattaché à la Garde royale bien qu'il n'en fasse pas officiellement partie[1]. En plus de son rôle sur le champ de bataille, le bataillon est également chargé de la poursuite des déserteurs[2].
Campagnes de 1809 en Allemagne
Le bataillon part en février 1809 en direction de Metz avec la division westphalienne envoyée à l'armée d'Espagne mais est rappelé peu après pour prendre garnison à Cassel, la capitale du royaume[6].
Le 22 avril, son ancien commandant Wilhelm von Dörnberg tente de soulever la population et l'armée contre le roi Jérôme. La compagnie d'élite du bataillon lui fait face et refuse de le suivre alors qu'il fuit de Cassel vers Homberg[4]. La rébellion, sans soutiens militaires, est rapidement supprimée par l'armée royale[6].
Lors de la campagne d'Allemagne et d'Autriche qui débute à l'époque du soulèvement, le bataillon, avec un effectif de 360 hommes, est rattaché à la 1re division de la Garde westphalienne du 10e corps de la Grande Armée (en)[7],[8]. Lors du raid des hussards prussiens de Ferdinand von Schill en mai, la Garde royale est placée en défense à Cassel jusqu'à la défaite du rebelle[9]. Fin juin, le bataillon (374 hommes) vient avec le 10e corps tout entier au secours du royaume de Saxe envahi par l'armée autrichienne du général Kienmayer[10]. Le roi Jérôme fait une entrée pompeuse dans Dresde mais refuse le combat face aux Autrichiens et son corps se replie en direction de Kahla, atteinte le 13 juillet. Le lendemain, la Garde royale accompagne le roi lorsqu'il repart en hâte vers Cassel[11]. L'armistice avec l'Autriche entre en vigueur peu après[12].
Campagne de Russie
En 1811-1812, le bataillon est passé à six compagnies et une compagnie de dépôt[2],[3],[13]. L'effectif théorique, dépôt inclus, est de 975 hommes mais le total réel est inférieur[1].
Au début de la campagne de Russie, le bataillon est affecté à la 1er brigade de la 23e division du 8e corps de la Grande Armée[14] puis à partir de juin à la 1er brigade de la 24e division de ce même corps. À la date du 22 juin, le bataillon compte 28 officiers et 641 chasseurs-carabiniers[15].
Le 19 août, lors de la bataille de Valoutina Gora, le bataillon et le régiment de chevau-légers de la Garde mènent, sous le commandement du général von Ochs (de) chef de la 24e division, une attaque réussie sur le flanc russe malgré l'attentisme du général Junot (commandant le 8e corps depuis juillet)[15]. Peu à peu, le bataillon disparaît comme les autres unités westphaliennes engagées en Russie.
Campagne de 1813
Début 1813, le bataillon est remis sur pied à son dépôt de Cassel. Prévu à quatre compagnies de 103 hommes, il n'en compte qu'environ 370 en octobre 1813 lorsque le royaume disparaît[16]. Une des compagnies, réduite à 70-80 hommes, est depuis septembre en garnison à Brunswick pour lutter contre les troupes de la King's German Legion[17]. Enfin, quelques chasseurs-carabiniers sont positionnés dans le Solling (en)[18] et font face aux raids des cosaques[17].
Commandants
- 1808 - 1809 : colonel Wilhelm von Dörnberg[19],[20],[6]
- 1809 - 1810 : colonel prince Ernest de Hesse-Philippsthal[2],[21]
- 1810 - 1811 : colonel Jean-Baptiste de Zurwesten[13]
- 1811 - 1812 : major Müldner[2],[22],[23]
- 1812 - 1813 : chef de bataillon George-Guillaume de Hessberg (de)[2],[15],[16],[24],[25]
Uniforme
Le bataillon porte un uniforme vert foncé à parements noirs, fileté de rouge[26]. Les chasseurs portent le shako sauf ceux de la compagnie d'élite (1re compagnie) qui reçoivent également un bonnet à poils[27].
Drapeau
Le bataillon reçoit son drapeau en 1811, selon le modèle adopté en 1809 pour l'infanterie westphalienne : fond bleu clair avec losange blanc au centre. Le drapeau porte sur le losange blanc des inscriptions allemandes en écriture gothique dorée mais leur intitulé précis est inconnu, tout comme les ornements présents sur le drapeau[28].
Références
- Rawkings 2015, p. 209.
- Pivka 1998, p. 38.
- Militär-Wochenblatt 1887, p. 176.
- (en) Michael F. Pavković, « Recruitment and conscription in the Kingdom of Westphalia: “The Palladium of Westphalian freedom” », dans Donald Stoker, Frederick C. Schneid et Harold D. Blanton, Conscription in the Napoleonic Era, Routledge, (ISBN 978-1-134-27010-1, DOI 10.4324/9780203674048, présentation en ligne)
- ↑ Gill 2018, p. 417-418.
- Gill 2018, p. 422-427.
- ↑ Pivka 1998, p. 17.
- ↑ Gill 2018, p. 428.
- ↑ Gill 2018, p. 429-435.
- ↑ Gill 2018, p. 443.
- ↑ Gill 2018, p. 443-448.
- ↑ Pivka 1998, p. 19.
- Almanach royal de Westphalie pour l'an 1811 (lire en ligne), p. 70
- ↑ Pivka 1998, p. 20.
- Gabriel Fabry, Campagne de Russie (1812). Opérations militaires (1er-10 août). Smolensk, (lire en ligne), p. 793-794 & Annexes 317-318
- von Specht 1848, p. 74.
- von Specht 1848, p. 99-100.
- ↑ von Specht 1848, p. 78.
- ↑ Philip Martin Rink, « Le royaume de Westphalie et la petite guerre. Insurgés, patriotes, détachements et cosaques, 1809–1813 », Francia, no 42, , p. 135-160 (lire en ligne)
- ↑ Kleinschmidt 1893, p. 232-233.
- ↑ Kleinschmidt 1893, p. 63.
- ↑ Almanach royal de Westphalie pour l'an 1812, Imprimerie Royale, (lire en ligne), p. 71
- ↑ Abel Mansuy, Jérôme Napoléon et la Pologne en 1812, (lire en ligne), p. 148 & 440
- ↑ Almanach royal de Westphalie pour l'an 1813 (lire en ligne), p. 78 & 100
- ↑ (de) « Hesberg, Georg* Wilhelm Ernst von », sur LAGIS (de) (consulté le )
- ↑ Pivka 1998, p. 9.
- ↑ Rawkings 2015, p. 210-211.
- ↑ Rawkings 2015, p. 277.
Bibliographie
- (de) Friedrich August Karl von Specht, Das Königreich Westphalen und seine Armee im Jahr 1813, so wie die Auglösung desselben durch den kaiserlich russischen General Graf A. Czernicheff, J. Luckhardt, (lire en ligne).
- (de) « Armee des Koenigreichs Westphalen », dans Militär-Wochenblatt, (lire en ligne).
- (de) Arthur Kleinschmidt, Geschichte des Königreichs Westfalen, Perthes, (lire en ligne).
- (en) Otto von Pivka (ill. Rick Scollins), Napoleon's German allies, vol. 1 : Westfalia and Kleve-Berg, Osprey Publishing, coll. « Men-at-Arms » (no 44), (ISBN 978-0-85045-211-2).
- (en) W. J. Rawkings, The Army of the Kingdom of Westphalia 1807-1813, , 2e éd. (1re éd. 1979).
- (en) Stephen Summerfield, Westphalian Guard of the Napoleonic Wars, Ken Trotman Publishing, .
- (en) John H. Gill, With Eagles to Glory: Napoleon and His German Allies in the 1809 Campaign, Greenhill Books, , 3e éd. (1re éd. 1992) (ISBN 978-1-78438-309-1).
- (de) Peter Bunde, Markus Gärtner et Thomas Hemmann, Die Westphälische Armee der Napoleonzeit 1807-1813, Zeughaus Verlag GmbH, (ISBN 978-3-96360-021-0, présentation en ligne).
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