Bedřich Smetana

| Naissance | |
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| Décès |
(à 60 ans) Prague (royaume de Bohême, Autriche-Hongrie) |
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| Père |
František Smetana (d) |
| Fratrie |
Karel Smetana (d) |
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Josef František Smetana (d) (cousin germain) |
| A travaillé pour |
Harmonious Society (d) Hlahol Théâtre provisoire |
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| Genres artistiques |


Bedřich Smetana (prononcé en tchèque : /ˈbɛdr̝ɪx ˈsmɛtana/ ), né le à Litomyšl et mort le à Prague, est un compositeur tchèque. Il est célèbre pour son poème symphonique Vltava (La Moldau), le deuxième d'un cycle de six intitulé Má Vlast (Ma patrie), ainsi que pour son opéra La Fiancée vendue[1],[2].
Biographie
Bedřich Smetana est né en Bohême d'un père brasseur et bon musicien, alors que sa mère, Barbora Linková, est la cousine de Jiří Ignác Linek[3]. Le seul parmi onze enfants à atteindre l'âge adulte, il apprend le piano et le violon dans son enfance. À huit ans, il compose déjà, mais son père voit sa carrière musicale d'un mauvais œil et veut faire de Bedřich un économiste.
De 1837 à 1839, il fait ses études à Německý Brod, puis au lycée de Prague, où il consacre l'essentiel de son temps à la musique[4]. Son père l'envoie alors chez les Prémontrés à Pilsen, où il termine ses études classiques. En 1843, Bedřich retourne à Prague, où il poursuit son éducation musicale avec Josef Proksch, et devient maître de musique chez le comte Leopold Thun[5]. Franz Liszt le soutient financièrement lors de l'édition de ses premières œuvres et de la fondation d'une école de musique en 1848[6],[7]. Il s'engage dans le mouvement nationaliste tchèque.
Au début de sa carrière, il écrit principalement des pièces pour piano[8]. Il doit différer un mariage avec une jeune pianiste, Katerina Kolarova, mais se marie quand même en . Après quelques années, il perd trois de ses quatre filles, et son épouse est atteinte de tuberculose. En 1855, il écrit un trio pour piano, violon et violoncelle (op.15), rendant hommage à l'une de ses filles et qui est sa première composition importante[9].
Après le rejet de sa Symphonie triomphale par la cour de Vienne, Smetana s'installe à Göteborg, en Suède, en 1856, par l'intermédiaire d'Alexander Dreyschock[10]. Il y mène une activité d'enseignant, de chef d'orchestre et de musicien de musique de chambre, composant notamment trois poèmes symphoniques. En 1859, sa femme meurt. L'année suivante, Smetana se remarie avec Bettina Ferdinandi[11]. De ce mariage naissent deux autres filles. De retour à Prague en 1862, il fonde une autre école de musique, dans le but de promouvoir la musique tchèque. Il cherche à être nommé directeur du Théâtre provisoire de Prague, nouvellement créé, mais le poste échoit à Jan Nepomuk Maýr, ce qui marque le début d'une rivalité entre les deux hommes[12].
Le , son premier opéra, Braniboři v Čechách (Les Brandebourgeois en Bohême), qui exalte le patriotisme et la culture tchèque, obtient un grand succès populaire[13]. Le , son deuxième opéra et chef-d'œuvre lyrique, La Fiancée vendue, triomphe à son tour sur le long terme après des débuts mitigés. Toujours en 1866, Smetana est nommé chef d'orchestre du Théâtre provisoire de Prague[14]. Antonín Dvořák y joue de l'alto et compose également. Les deux hommes se lient rapidement d'amitié.
Le , Smetana donne son opéra Dalibor pour célébrer la pose de la première pierre du futur Théâtre national[15]. Les rivaux de Smetana lancent une cabale contre lui en taxant l'œuvre de wagnérisme pour son usage du leitmotiv[16]. En , son nouvel opéra Dvě vdovy (Les Deux Veuves) est à son tour créé avec succès[17].
En , atteint d'une surdité due probablement à la syphilis[18], il doit mettre fin à ses fonctions de direction d'orchestre[19]. Il se consacre alors exclusivement à la composition, étant complètement sourd et soufrant d'acouphènes[18]. Il fait donner encore quatre autres opéras, notamment Hubička (Le Baiser) et Libuše, mais se consacre alors à nouveau principalement à la musique de chambre et symphonique[17]. En 1875, sa santé déclinant, il se réfugie à Jabkenice, un village de Bohême centrale. Il y compose notamment ses deux quatuors à cordes[20], ses Danses tchèques pour piano[21], et surtout Má Vlast (Ma Patrie), cycle de six poèmes symphoniques[22]. Il est interné (en hôpital psychiatrique) en 1883 à Prague, et meurt le .
Il est enterré au cimetière de Vyšehrad[23] (le même cimetière qu'Antonín Dvořák à Prague).
Musique

Smetana fut le premier compositeur à utiliser des éléments spécifiquement tchèques dans sa musique. Ses opéras sont fondés sur des thèmes tchèques, et il utilisa beaucoup de rythmes et de mélodies du folklore tchèque dans ses compositions. Fondateur de l'opéra national tchèque, il en compose les premiers chefs-d'œuvre avec La Fiancée vendue, Dalibor, Les Deux Veuves et Le Baiser[24]. Les Brandebourgeois en Bohême est le premier opéra entièrement écrit en tchèque[25]. Il influença profondément la vie musicale des pays de Bohême, non seulement par son art de la composition mais par son implication dans la vie artistique pragoise. L'influence de son œuvre, qui lui vaut le titre honorifique de « Père de la musique tchèque »[26], ne se limita pas à ses compatriotes (Antonín Dvořák, Zdeněk Fibich, Leoš Janáček, Bohuslav Martinů…) puisqu'un compositeur comme Arnold Schönberg saura reconnaître sa dette envers Smetana.
Le Printemps de Prague, célèbre festival de musique classique, s'ouvre chaque année le , date anniversaire de la mort de Smetana, par une interprétation de Ma Patrie, son cycle de six poèmes symphoniques.
Œuvre
Bedřich Smetana laisse environ 149 œuvres musicales.
Opéras
- Braniboři v Čechách (Les Brandebourgeois en Bohême) (1862–1863, première 1866)
- Dalibor (1865–1867, première 1868)
- Prodaná nevěsta (La Fiancée vendue) (1864–1866, première 1866)
- Libuše (en) (1872, première 1881)
- Dvě vdovy (cs) (Les Deux Veuves) (1873–1874, première 1874)
- Hubička (cs) (Le Baiser) (1875–1876, première 1876)
- Tajemství (Le Secret) (1877–1878, première 1878)
- Čertova stěna (Le Mur du Diable) (1880, première 1882)
- Viola – inachevé (1872–1884)
Orchestre
- Symphonie triomphale (1854)
- Švédské písně (chanson Suédoise) - Richard III, poème symphonique (1858)
- Le Camp de Wallenstein, poème symphonique (1859)
- Hakon Jarl, poème symphonique (1862)
- Má Vlast (Ma Patrie), cycle de 6 poèmes symphoniques (1879) dont Vltava (la Moldau).
Musique de chambre
- Trio pour piano, violon et violoncelle, op.15
- Quatuor à cordes
- Quatuor à cordes nº 1 (De ma vie) en mi mineur (1876)
- Quatuor à cordes no 2 en ré mineur (1883)
Piano
- Sonate en sol mineur (1846)
- Bagatelles et impromptus
- Six pièces caractéristiques
- Feuillets d'album opus 2
- Feuillets d'album opus 3
- Esquisses, opus 4
- Esquisses, opus 5
- Rêves
- Danses tchèques
Hommages
En astronomie, sont nommés en son honneur le cratère mercurien Smetana, depuis 1985[27], et l'astéroïde (2047) Smetana, découvert en 1971[28].
Notes et références
- ↑ Gérard Pernon, Dictionnaire de la musique, Paris, Editions Jean-paul Gisserot, , 320 p. (ISBN 978-2-87747-918-9, lire en ligne), p. 265-266
- ↑ François-René Tranchefort, Guide de la musique symphonique, Fayard, , 896 p. (ISBN 978-2-213-64075-4, présentation en ligne)
- ↑ Erismann 2001, p. 229-230.
- ↑ Erismann 2001, p. 231-232.
- ↑ Erismann 2001, p. 232.
- ↑ (en)Michael Saffle, Liszt and His World: Proceedings of the International Liszt Conference Held at Virginia Polytechnic Institute and State University, 20-23 May 1993, Pendragon Press, (ISBN 9780945193340, lire en ligne), p. 295-299
- ↑ (en) Kelly St. Pierre, Bedrich Smetana : Myth, Music, and Propaganda, Rochester, Boydell & Brewer, (ISBN 978-1-58046-510-6, lire en ligne), p. 28
- ↑ Erismann 2001, p. 235.
- ↑ Erismann 2001, p. 237.
- ↑ Erismann 2001, p. 238.
- ↑ Erismann 2001, p. 239.
- ↑ Erismann 2001, p. 243.
- ↑ Erismann 2001, p. 244-245.
- ↑ Erismann 2001, p. 246-248.
- ↑ Erismann 2001, p. 250-251.
- ↑ Erismann 2001, p. 253.
- Erismann 2001, p. 256.
- « Bedrich Smetana, l'autre grand sourd et la controverse sur sa maladie »
- ↑ Erismann 2001, p. 255.
- ↑ Erismann 2001, p. 256-258.
- ↑ Erismann 2001, p. 258-259.
- ↑ Erismann 2001, p. 259-262.
- ↑ Claude Fernandez, Le Meurtre de la Desiillusion, Beaumont, Livagora, , 164 p. (ISBN 978-2-9541391-2-8, lire en ligne), p. 49-50
- ↑ Piotr Kaminski, Mille et un opéras, Fayard, (ISBN 978-2-213-60017-8), p. 1424
- ↑ « Bedřich Smetana (1824-1884) Epoque Romantique », sur radioclassique.fr (consulté le )
- ↑ Erismann 2001, p. 263.
- ↑ « Planetary Names: Smetana on Mercury », sur planetarynames.wr.usgs.gov (consulté le )
- ↑ (en) « (2047) Smetana », dans Dictionary of Minor Planet Names, Springer, (ISBN 978-3-540-29925-7, DOI 10.1007/978-3-540-29925-7_2048, lire en ligne), p. 166–166
Bibliographie
- Guy Erismann, Smetana, l'éveilleur, Actes Sud, (ISBN 2868699278)
- Guy Erismann, La Musique dans les pays tchèques, Fayard, (ISBN 2213592055)
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