Belu-Simion Fainaru

Belu-Simion Fainaru
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Naissance

Bucarest (Roumanie)
Nom dans la langue maternelle
בלו-סימיון פאינארו
Nom de naissance
Belu-Simion Fainaru
Nationalité
israélienne et roumaine
Activité
Sculpteur, artiste d'installation, commissaire d'exposition
Formation
Université de Haïfa
Université de Chicago
Domus Academy
Académie royale des beaux-arts de Bruxelles
Lieu de travail
Haïfa et Anvers
Mouvement
Art contemporain
Distinction
Prix Israël (2025)

Belu-Simion Fainaru (en hébreu : בלו-סימיון פאינארו), né le 6 novembre 1959 à Bucarest, est un sculpteur, artiste d’installation et commissaire d’exposition israélien d’origine roumaine.

Son œuvre, marquée par des références à la mémoire juive, à l’exil, au langage et à la mystique juive, s’inscrit dans le champ de l’art contemporain. Il a notamment participé à la documenta IX et à plusieurs éditions de la Biennale de Venise.

Biographie

Belu-Simion Fainaru naît à Bucarest en 1959 dans une famille juive roumaine. Son père, architecte, a été interné dans un camp de travail pendant la Seconde Guerre mondiale[1].

En 1973, sa famille émigre en Israël[2].

Entre 1980 et 1983, il étudie l’art et la philosophie à l’université de Haïfa puis obtient un Master of Fine Arts à l’université de Chicago en 1984[2].

Il poursuit ensuite sa formation à la Domus Academy de Milan puis à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles[3].

Au début des années 1990, il participe à la documenta IX de Cassel[4], ce qui contribue à sa reconnaissance internationale.

Il participe à la Biennale de Venise en 1993 puis y représente la Roumanie lors de l’édition 2019[5].

Parallèlement à son activité artistique, il cofonde en 1993 l’organisation culturelle Pyramid à Haïfa[2]. Il participe ensuite à la création de la Mediterranean Biennale en 2008 et fonde en 2014 la Free International Art Academy avec Hubertus Wunschik[6].

Il participe également à des initiatives artistiques de dialogue israélo-arabe, notamment autour de l’Arab Museum of Contemporary Art de Sakhnin[1].

Des œuvres de Belu-Simion Fainaru figurent dans les collections du Musée d’Israël à Jérusalem[7].

Il vit et travaille entre Haïfa et Anvers[2].

Œuvre

Sham (« Là-bas »), 1996, pierre, verre, fer et terre. Sculpture de Belu-Simion Fainaru fondée sur un jeu de mots hébreu entre sham (« là-bas ») et shem (« nom »).

L’œuvre de Belu-Simion Fainaru associe sculpture, installation, dessin et vidéo[8].

Son travail entretient un dialogue étroit avec la pensée juive, notamment le Talmud et la kabbale[1]. Plusieurs critiques rapprochent également son œuvre de l’univers poétique de Paul Celan[8].

Selon le critique Damien Aubel, les notions de "vide", de "néant" et de "réparation" (tikkun) occupent une place centrale dans son travail[1].

Les motifs du mariage juif traditionnel, des robes de mariée et du verre brisé apparaissent régulièrement dans ses installations, où ils prennent une dimension symbolique et métaphysique[1].

Plusieurs de ses œuvres mobilisent également des références architecturales et domestiques, comme Jewish Kitchen: Visual Text (2003) ou Black Milk[1].

Certaines de ses installations interrogent aussi les fractures sociales contemporaines. L’exposition The Homeless (1999) transforme ainsi l’espace d’exposition en habitat temporaire destiné à des personnes sans domicile[6].

Controverse autour de la Biennale de Venise 2026

En 2026, la désignation de Belu-Simion Fainaru pour représenter Israël à la Biennale de Venise fait l’objet d’appels au boycott émanant de certains artistes, militants et acteurs culturels dans le contexte des controverses internationales liées à la guerre Israël-Hamas déclenchée après les attaques du 7 octobre 2023[9],[10],[11],[12].

La décision du jury international de ne pas prendre en considération les représentants israéliens et russes suscite des réactions critiques de la part de responsables politiques et institutionnels, certains dénonçant une politisation des critères artistiques ainsi qu’une atteinte au principe de neutralité des grandes expositions internationales, à la liberté artistique et au dialogue culturel[13],[14],[15],[10].

Des médias israéliens, tels que The Times of Israel et Ynetnews, présentent la controverse comme révélatrice des difficultés croissantes rencontrées par certains artistes israéliens dans les grandes manifestations culturelles internationales depuis le déclenchement de la guerre Israël-Hamas[16],[17].

Dans un entretien accordé à la revue Transfuge, Fainaru défend l’idée que l’art doit demeurer un espace de dialogue et s’oppose aux appels au boycott culturel[1].

Le jury annonce finalement sa démission collective quelques jours avant l’ouverture de la manifestation[18],[19],[20].

Distinctions

  • Bourses de l’America-Israel Cultural Foundation[2]
  • Prix Sandberg pour l’art israélien[3]
  • Prix du ministre israélien de la Culture[6]
  • Prix Israël dans le domaine des arts interdisciplinaires (2025)[2]

Notes et références

  1. Damien Aubel, « Un kabbaliste à Venise », Transfuge, no 198,‎ , p. 86
  2. (en) « Belu-Simion Fainaru », sur Ocula (consulté le )
  3. « Belu-Simion Fainaru », sur S.M.A.K. (consulté le )
  4. (de) Christoph Brockhaus, Kulturräume: Skulptur seit 1970, DuMont, (ISBN 3-7701-5048-1)
  5. (en) « Belu-Simion Fainaru », sur Kubaparis (consulté le )
  6. (en) « Belu-Simion Făinaru », sur Anca Poterasu Gallery (consulté le )
  7. (en) « Belu Simion Fainaru », sur The Israel Museum (consulté le )
  8. (en) « Belu-Simion Fainaru », sur Artsy (consulté le )
  9. (en) « Israel's participation at Venice Biennale 2026 sparks calls for boycott », sur The National (consulté le )
  10. « Coup de gueule – Biennale de Venise : de quoi Yto Barrada est-elle le nom ? », sur Transfuge (consulté le )
  11. « Des artistes de Haïfa exposent à Cuba alors que le Vieux Continent les boycotte », sur The Times of Israel (consulté le )
  12. (en) « Boycott calls follow Israel's Entry into Venice Biennale 2026 », sur ArtDependence (consulté le )
  13. (en) « Venice Biennale thrown into fresh turmoil as art jury resigns », sur Reuters (consulté le )
  14. (en) « Israel’s foreign ministry accuses Venice Biennale's jury of ‘politicising’ exhibition », sur The Art Newspaper (consulté le )
  15. « Biennale de Venise : le jury démissionne après la polémique sur la présence de la Russie au festival », sur Le Figaro (consulté le )
  16. (en) « Jury of Italy’s Venice Biennale resigns after demanding Israel, Russia be excluded », sur The Times of Israel (consulté le )
  17. (en) « Venice Biennale controversy », sur Ynetnews (consulté le )
  18. « La Biennale de Venise se déchire face à la participation de la Russie et d’Israël », sur RFI (consulté le )
  19. (en) « Venice Biennale jury quits amid row over Russia and Israel », sur The Guardian (consulté le )
  20. (es) « Terremoto en la Bienal de Venecia: el jurado dimite en bloque », sur El País (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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