Ben Segal

Ben Segal
Ben Segal en 2014.
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Distinction

Ben Maurice Segal, né le à Tel-Aviv, est un informaticien anglo-suisse. Il est connu pour son rôle de promoteur d'Internet[1],[2].

Biographie

Ben Segal naît le à Tel-Aviv[réf. souhaitée]. Il possède les nationalités britannique et suisse[3].

Il est étudiant à la William Hulme's Grammar School de Manchester, puis à l'Imperial College de Londres, où il obtient un baccalauréat en sciences physiques et mathématiques en 1958[4].

De 1958 à 1962, Ben Segal travaille pour la division industrielle de l'Autorité britannique de l'énergie atomique, à Risley, sur le développement de réacteurs surgénérateurs rapides[5]. Il travaille ensuite à Détroit, sur le projet de surgénérateur rapide Enrico Fermi de 1962 à 1965[6], puis de 1966 à 1971 à l'université Stanford en Californie où il prépare un doctorat en génie mécanique et nucléaire sous la direction de Joel Henry Ferziger[7]. Sa thèse de doctorat a pour titre : Shock wave structure using nonlinear model Boltzmann equations.

En , Ben Segal retourne en Europe et travaille comme programmeur système, puis comme spécialiste des réseaux informatiques au CERN (Centre européen pour la recherche nucléaire), à Genève. Hormis une année sabbatique en 1977 au laboratoire Bell Northern Research de Palo Alto, Ben Segal reste au CERN jusqu'à sa retraite en 2002[8].

Réalisations

Entre 1985 et 1988, Ben Segal coordonne l'introduction au CERN des protocoles Internet TCP/IP, ce qui permet l'interconnexion des principaux systèmes informatiques du laboratoire avant que le CERN ne rejoigne l'Internet mondial au début de 1989[9],[10],[11],[12],[8].

À partir de 1989, Ben Segal joue un rôle majeur dans le projet « SHIFT », qui remplace les ordinateurs centraux du CERN par des clusters Unix distribués[13],[14].

Segal est alors responsable du réseau informatique haute performance du système. En 2000, SHIFT a multiplié par cent la puissance de calcul installée du CERN. L'architecture SHIFT est ensuite étendue pour construire la grille mondiale de calcul du LHC, utilisée depuis lors pour l'analyse des données expérimentales fournies par le grand collisionneur de hadrons du CERN. En 2001, le CERN a reçu le prix Computerworld Honors du XXIe siècle pour cette application innovante des technologies de l'information au service de la société[15],[16],[17].

Ben Segal, Tim Berners-Lee, Next et Robert Cailliau célèbrent le 20e anniversaire du texte de Berners-Lee, intitulé « Information Management: A Proposal », adressé à la direction du CERN[18].

Les travaux de Segal sur TCP/IP et l'acceptation d'Internet par le CERN en 1989 ont permis à Tim Berners-Lee de développer le World Wide Web et ses protocoles associés[19],[20]. Berners-Lee a reconnu en 2014 que Segal était un mentor pendant les années où il a développé le Web[21].

Après sa retraite, Segal est membre honoraire du personnel du CERN jusqu'en 2023. Il a cofondé le projet LHC@home du CERN, dont il continue à être un membre actif[22],[23], et qui a attiré plusieurs centaines de milliers de contributeurs depuis son lancement en 2004[24],[25],[26]. Il est un des membres fondateurs de l'Internet Society (ISOC),(section de Genève), et est élu au conseil d'administration de l'ISOC entre 1997 et 2000[27],[28].

Distinction

Références

  1. « Ben Segal », Internet Hall of Fame (consulté le )
  2. Internet Society, « How the Web Got its 'Lingua Franca' », Internet Hall of Fame, (consulté le ).
  3. « Page personnelle de Ben Segal »
  4. From the Web to the Grid and Beyond, Berlin, Heidelberg, Springer Berlin Heidelberg, coll. « The Frontiers Collection », , xvi–xvii (ISBN 978-3-642-23156-8, DOI 10.1007/978-3-642-23157-5, lire en ligne), « Biographies of chapter authors: Ben Segal ».
  5. (en) B. M. Segal A method for estimating fast-reactor one-group cross-sections (rapport), United Kingdom Atomic Energy Authority. Industrial Group H. Q., Risley, Lancs, England, (lire en ligne)
  6. B. M. Segal, « Improved calculations of sodium worth in the Enrico Fermi fast reactor », Transactions of the American Nuclear Society (U.S.), vol. 7,‎ (lire en ligne).
  7. Ben M. Segal et Joel H. Ferziger, « Shock-Wave Structure using Nonlinear Model Boltzmann Equations », The Physics of Fluids, vol. 15, no 7,‎ , p. 1233–1247 (DOI 10.1063/1.1694072, lire en ligne Accès payant).
  8. « Internet prehistory at CERN », CERN, (consulté le ).
  9. James Gillies et R. Cailliau, How the Web was Born: The Story of the World Wide Web, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-286207-5, lire en ligne), p. 83–90.
  10. Shantha Liyanage, Markus Nordberg et Marilena Streit-Bianchi, Big Science, Innovation, and Societal Contributions: The Organisations and Collaborations in Big Science Experiments, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-888119-3, lire en ligne), p. 266.
  11. Ahmed Sayeed, You Could Be the Winner (volume II), Sankalp Publication, (ISBN 978-93-88660-66-2, lire en ligne), p. 143
  12. Ian Brown, Research Handbook on Governance of the Internet, Edward Elgar Publishing, (ISBN 978-1-84980-504-9, lire en ligne)
  13. « Enormer Schub », Der Spiegel,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. J. P. Baud, J. J. Bunn, F. Cane et D. Foster, « SHIFT: the scalable heterogeneous integrated facility for HEP computing », Workshop on Detector and Event Simulation in High Energy Physics: Monte Carlo '91, 8–12 Apr 1991, Amsterdam, the Netherlands,‎ , p. 41–56 (lire en ligne).
  15. The Computerworld Honors Program: The laureate, (lire en ligne).
  16. « CERN computing wins top award », CERN Courier, vol. 41, no 7,‎ , p. 8 (lire en ligne)
  17. « Prestigious US award for CERN computing », CERN, (consulté le )
  18. Tim Berners-Lee, « Information Management: A Proposal » [archive du ], w3.org, The World Wide Web Consortium (consulté le ).
  19. « Standardization and innovation - CERN conference proceedings », ISO (consulté le ), p. 21–28
  20. Ben Segal, « Book review: How the Web was Born », CERN Courier, (consulté le )
  21. « Tim Berners-Lee Inductee Biography », Internet Hall of Fame (consulté le ).
  22. « History | LHC@home », lhcathome.web.cern.ch (consulté le )
  23. « History of LHC@home » [archive du ], LHC@home.
  24. Amber Dance, « Computers take on more than aliens », www.symmetrymagazine.org, (consulté le )
  25. Regina Lenart-Gansiniec, Crowdsourcing and Knowledge Management in Contemporary Business Environments, IGI Global, , 189–194 p. (ISBN 978-1-5225-4201-8, lire en ligne)
  26. Carlos Aguado Sanchez, Jakob Blomer, Predrag Buncic et Gang Chen, « Volunteer Clouds and Citizen Cyberscience for LHC Physics », Journal of Physics: Conference Series, vol. 331, no 6,‎ , p. 062022 (ISSN 1742-6596, DOI 10.1088/1742-6596/331/6/062022, Bibcode 2011JPhCS.331f2022A)
  27. « List of All Past and Present Trustees », Internet Society (consulté le )
  28. « 1997-1998 », Internet Society (consulté le ).

Liens externes

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