Berthe Dagmar

Albertine Hamon

Berthe Dagmar
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Albertine Blanche Augusta Marie Hamon
Nationalité
Activités
Père
Jules Hamon (d)
Mère
Blanche Hamon (d)
Fratrie
Anna Hamon (d)
Conjoint
Jean Durand (de à )

Albertine Blanche Augusta Marie Hamon dite Berthe Dagmar, née à Agon (Manche) le [1] et morte à Paris 20e le [2], est une actrice et réalisatrice française.

Biographie

Albertine Blanche Marie Augustine Hamon, fille de Jules Hamon, capitaine au long-cours, naît à Agon où son père s'était établi[3]. Elle apprend à lire dans Les Aventures du capitaine Corcoran d'Alfred Assollant[3].

Elle est ensuite actrice de cinéma de 1910 à 1928. En 1910, elle tourne son premier film réalisé par Jean Durand, rencontré deux ans auparavant[3]. Dans ce cadre, elle tourne une dizaine de métrages[4] avec des bêtes fauves (lions, panthères, ours, singes, pythons) préparées par différents dompteurs, ce qui n'empêche pas la lionne Léa de lui infliger une grave blessure[5],[6],[7] sur le tournage de Marie chez les fauves (1922)[8]. Risquant ainsi sa vie[9], elle s'adonne également à la danse et à l'équitation dans ces films[10], allant jusqu'à se placer sous des trains en marche[3]. Son intrépidité lui vaut le surnom de « Reine des Pouittes »[3]. Elle refuse néanmoins de se voir qualifier de dompteuse, refusant toute idée de domination sur les animaux[11]. Aurore Spiers rapproche ses rôles de ceux des « reines des séries américaines » à la même époque[4].

À travers ces films, tournés en Camargue, elle acquiert une certaine popularité au fil des années[4].

Berthe Dagmar épouse en Jean Durand[12] sous la direction duquel elle tourna la plupart de ses films. Perçue comme une épouse infidèle et à l'influence néfaste sur son mari[13], elle s'installe au 17, rue des Fêtes[14], avec Durand et un boa de compagnie[3].

N'étant plus employée par Gaumont, elle connaît un retour difficile au cinéma après la Grande Guerre, connaissant un succès moindre[4]. C'est elle qui, en 1920, renoue le contact avec Folco de Baroncelli pour organiser quatre autres tournages de la série Marie, en Camargue avec Durand[15].

Face au loup (1926) est son dernier film dirigé par Durand[3]. Par la suite, elle devient co-réalisatrice avec son mari[3], successivement de Palaces (1927), L'Île d'amour (1928), et La Femme rêvée (1929)[4], qui sont davantage dans une veine music hall et Art déco, et participe d'une « culture colonialiste »[4]. Ce rôle est selon Spiers « largement dissimulé »[4].

En 1932, elle publie avec Durand un roman-feuilleton dans L'Ouest-Éclair, intitulé Marie la Gaieté et inspiré de leur film éponyme[4]. Elle donne seule Les Animaux chez nous à Paris-Soir[4].

Elle meurt à l'hôpital Tenon à l'âge de 52 ans.

Filmographie

Actrice

Assistante réalisatrice

Réalisatrice

Bibliographie

  • Catalogue des films français de fiction de 1908 à 1918 de Raymond Chirat et Eric Le Roy, Cinémathèque française, librairie du Premier Siècle de Cinéma, 1995.
  • [Lacassin 2004] Francis Lacassin, À la recherche de Jean Durand, Paris, AFRHC, (ISBN 2-913758-80-0).
  • Bernard Bastide. Aux sources du cinéma en Camargue : Joe Hamman et Folco de Baroncelli. Avignon : Palais du Roure-Fondation Jeanne de Flandreysy, 2018, coll. Les Écrits du Palais.
  • [Spiers 2023] Aurore Spiers, « Berthe Dagmar », dans Jane Gaines, Radha Vatsal, and Monica Dall'Asta (dir.), Women Film Pioneers Project, New York, Columbia University Libraries, (lire en ligne).

Notes et références

  1. Acte de naissance no 5 (vue 544:669) avec mention marginale du mariage. Archives départementales de la Manche en ligne, état-civil d'Agon, registre NMD 1873-1882.
  2. Acte de décès no 370 (vue 7/31). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 20e arrondissement, registre des décès de 1934. L'acte précise qu'elle est décédée à l'Hôpital Tenon.
  3. Lacassin 2004, p. 60.
  4. Spiers 2023.
  5. Cinéma Spectacles, no 136, 8 janvier 1922.
  6. « Un accident », Ciné-Journal, no 648, 14 janvier 1922, p. 25 (lire en ligne).
  7. « La griffe qui déchire », Cinémagazine, no 3, 20 janvier 1922, p. 92 (lire en ligne).
  8. Paul Adrian, Cirque au cinéma, cinéma au cirque, Paris, chez l'auteur, 1984, p. 99.
  9. Lacassin 2004, p. 74.
  10. Lacassin 2004, p. 75.
  11. Maurice Kéroul, « Hors de l'écran : Dagmar », Le Film, no 174, septembre 1920 (lire en ligne).
  12. Acte de mariage no 1388 (vue 10/31). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 10e arrondissement, registre des mariages de 1917.
  13. Lacassin 2004, p. 61.
  14. Lacassin 2004, p. 84.
  15. Lacassin 2004, p. 71.
  16. Recension par Marcel Yonnet dans Le Courrier cinématographique, no 26, 25 juin 1921.
  17. « Production hebdomadaire », La Cinématographie française no 138, 25 juin 1921, p. 64.
  18. René Hervouin, « Les présentations », Hebdo-Film, no 33, 13 août 1921, p. 25.
  19. Les cinémas. Les prochains films. "Marie chez les loups". Comoedia, 8 novembre 1921, p. 3, lire en ligne sur Gallica.
  20. Chez Gaumont. Marie chez les fauves. Ciné-Journal, 20 mai 1922, p. 13, lire en ligne sur Gallica.
  21. Berthe Dagmar dans "Marie chez les fauves". Ciné-Journal, 27 mai 1922, p. 26, lire en ligne sur Gallica.
  22. Lucien Wahl, « Marie, les fauves et les hommes », Cinéa, no 31, 9 décembre 1921, p. 16 (lire en ligne).
  23. Mon ciné no 13, 18 mai 1922.
  24. « Productions hebdomadaires », La Cinématographie française, no 185, 20 mai 1922, p. 56 (lire en ligne).
  25. M. B. [?], « Les Présentations », Hebdo-Film no 20, 20 mai 1922, p. 29 (lire en ligne).
  26. Jean Chataignier, « Les Films de la semaine », Le Journal, 7 juillet 1922 (lire en ligne).
  27. Chez Gaumont. Marie, femme au singe. Ciné-Journal, 2 décembre 1922, p. 17, lire en ligne sur Gallica.
  28. « Les Présentations », Hebdo-Film, 2 décembre 1923, p. 4.
  29. Yan B. Dyl. [...], « Les soirées parisiennes : Marie, femme au singe », Le Courrier cinématographique, no 5, 3 février 1923, p. 29-30 (lire en ligne).
  30. René Jeanne, « Les films de la semaine », Le Petit Journal, 19 janvier 1923 (lire en ligne).
  31. Les carnets du studio. L'Île d'amour. Cinéa, 15 novembre 1927, p. 32, lire en ligne sur Gallica.

Liens externes

  • icône décorative Portail du cinéma français