Berthe Dagmar
Albertine Hamon
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 52 ans) 20e arrondissement de Paris |
| Nom de naissance |
Albertine Blanche Augusta Marie Hamon |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Père |
Jules Hamon (d) |
| Mère |
Blanche Hamon (d) |
| Fratrie |
Anna Hamon (d) |
| Conjoint |
Jean Durand (de à ) |
Albertine Blanche Augusta Marie Hamon dite Berthe Dagmar, née à Agon (Manche) le [1] et morte à Paris 20e le [2], est une actrice et réalisatrice française.
Biographie
Albertine Blanche Marie Augustine Hamon, fille de Jules Hamon, capitaine au long-cours, naît à Agon où son père s'était établi[3]. Elle apprend à lire dans Les Aventures du capitaine Corcoran d'Alfred Assollant[3].
Elle est ensuite actrice de cinéma de 1910 à 1928. En 1910, elle tourne son premier film réalisé par Jean Durand, rencontré deux ans auparavant[3]. Dans ce cadre, elle tourne une dizaine de métrages[4] avec des bêtes fauves (lions, panthères, ours, singes, pythons) préparées par différents dompteurs, ce qui n'empêche pas la lionne Léa de lui infliger une grave blessure[5],[6],[7] sur le tournage de Marie chez les fauves (1922)[8]. Risquant ainsi sa vie[9], elle s'adonne également à la danse et à l'équitation dans ces films[10], allant jusqu'à se placer sous des trains en marche[3]. Son intrépidité lui vaut le surnom de « Reine des Pouittes »[3]. Elle refuse néanmoins de se voir qualifier de dompteuse, refusant toute idée de domination sur les animaux[11]. Aurore Spiers rapproche ses rôles de ceux des « reines des séries américaines » à la même époque[4].
À travers ces films, tournés en Camargue, elle acquiert une certaine popularité au fil des années[4].
Berthe Dagmar épouse en Jean Durand[12] sous la direction duquel elle tourna la plupart de ses films. Perçue comme une épouse infidèle et à l'influence néfaste sur son mari[13], elle s'installe au 17, rue des Fêtes[14], avec Durand et un boa de compagnie[3].
N'étant plus employée par Gaumont, elle connaît un retour difficile au cinéma après la Grande Guerre, connaissant un succès moindre[4]. C'est elle qui, en 1920, renoue le contact avec Folco de Baroncelli pour organiser quatre autres tournages de la série Marie, en Camargue avec Durand[15].
Face au loup (1926) est son dernier film dirigé par Durand[3]. Par la suite, elle devient co-réalisatrice avec son mari[3], successivement de Palaces (1927), L'Île d'amour (1928), et La Femme rêvée (1929)[4], qui sont davantage dans une veine music hall et Art déco, et participe d'une « culture colonialiste »[4]. Ce rôle est selon Spiers « largement dissimulé »[4].
En 1932, elle publie avec Durand un roman-feuilleton dans L'Ouest-Éclair, intitulé Marie la Gaieté et inspiré de leur film éponyme[4]. Elle donne seule Les Animaux chez nous à Paris-Soir[4].
Elle meurt à l'hôpital Tenon à l'âge de 52 ans.
Filmographie
Actrice
- 1910 : Les Aventures d'un cow-boy à Paris
- 1910 : Le Rembrandt de la rue Lepic
- 1911 : Le Baptême de Calino
- 1911 : Calino cocher
- 1911 : La Prairie en feu : Mrs Brooks
- 1911 : Non ! Tu ne sortiras pas sans moi !
- 1911 : Eugénie, redresse-toi
- 1911 : Cent Dollars mort ou vif : Daisy Davidson
- 1911 : Pendaison à Jefferson City : la cavalière courageuse
- 1911 : Calino veut être cow-boy
- 1911 : La Lune de miel de Zigoto : Paméla
- 1911 : Zigoto et l'Affaire du collier / Zigoto et le collier
- 1911 : La Trouvaille de Zigoto
- 1912 : Calino courtier en paratonnerre
- 1912 : Zigoto plombier d'occasion
- 1912 : Onésime horloger : la femme d'Onésime
- 1912 : Onésime est trop timide
- 1912 : Onésime et la toilette de Mademoiselle Badinois : Mlle Badinois
- 1912 : Onésime gentleman détective : la femme d'Onésime
- 1912 : Onésime et le Nourrisson de la nourrice indigne : la fiancée d'Onésime
- 1912 : Onésime et l'éléphant détective : l'amoureuse d'Onésime
- 1912 : Sous la griffe
- 1912 : Le Railway de la mort : Daisy Davidson
- 1912 : Le Collier vivant : Helena Burton
- 1912 : Le Révolver matrimonial : Daisy Davidson
- 1912 : La Course à l'amour
- 1912 : Onésime et le Chien bienfaisant de Jean Durand : Sophie
- 1912 : L'Homme et l'Ourse
- 1912 : Cœur ardent : Mouche-de-Feu
- 1912 : Calino dompteur par amour
- 1912 : Calino chef de gare : une voyageuse
- 1912 : Zigoto et le petit oiseau des îles
- 1912 : Zigoto promène ses amis : Dolores Loueston d'Alpaga
- 1912 : Zigoto et le château mystérieux : Madeleine Cauville
- 1912 : Zigoto et la Blanchisseuse : Alphonsine
- 1912 : Onésime écrit un roman d'amour : la servante
- 1913 : Onésime aime trop sa belle-mère : la femme d'Onésime
- 1913 : Onésime débute au théâtre
- 1913 : Onésime et la panthère de Calino : la femme d'Onésime
- 1913 : Onésime sur le sentier de la guerre : Carmencita Olavacca
- 1913 : Onésime et le cœur du tzigane : la femme d'Onésime
- 1913 : La Mort qui frôle : Nelly Dawis
- 1913 : La Mort du milliardaire : miss Walker
- 1913 : Les Papiers du mort : Eddie Beckle
- 1914 : Onésime gardien du foyer : la femme mariée
- 1914 : Le Jugement du fauve : Betty Barrow
- 1914 : Fauves et Bandits : Jeanne Bregny
- 1914 : Les Lions dans la nuit : Jeanny Pera
- 1919 : Serpentin cœur de lion
- 1920 : Impéria de Jean Durand : Militza
- 1921 : Marie la Gaîté, film en 5 parties de Jean Durand : Marie[16],[17],[18]
- 1922 : Marie chez les loups / Face aux loups, de Jean Durand : Marie Quadrille[19]
- 1922 : Marie chez les fauves / Marie, les fauves et les hommes, film en 4 parties de Jean Durand : Marie Ancell[20],[21],[22],[23],[24],[25],[26]
- 1922 : Marie, la femme au singe, film en 4 parties de Jean Durand : Marie la bohémienne[27],[28],[29],[30]
- 1928 : L'Île d'amour / Bicchi de Jean Durand : une femme[31]
Assistante réalisatrice
- 1927 : Palaces de Jean Durand
Réalisatrice
- 1928 : L'Île d'amour / Bicchi, co-réalisé avec Jean Durand
Bibliographie
- Catalogue des films français de fiction de 1908 à 1918 de Raymond Chirat et Eric Le Roy, Cinémathèque française, librairie du Premier Siècle de Cinéma, 1995.
- [Lacassin 2004] Francis Lacassin, À la recherche de Jean Durand, Paris, AFRHC, (ISBN 2-913758-80-0).
- Bernard Bastide. Aux sources du cinéma en Camargue : Joe Hamman et Folco de Baroncelli. Avignon : Palais du Roure-Fondation Jeanne de Flandreysy, 2018, coll. Les Écrits du Palais.
- [Spiers 2023] Aurore Spiers, « Berthe Dagmar », dans Jane Gaines, Radha Vatsal, and Monica Dall'Asta (dir.), Women Film Pioneers Project, New York, Columbia University Libraries, (lire en ligne).
Notes et références
- ↑ Acte de naissance no 5 (vue 544:669) avec mention marginale du mariage. Archives départementales de la Manche en ligne, état-civil d'Agon, registre NMD 1873-1882.
- ↑ Acte de décès no 370 (vue 7/31). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 20e arrondissement, registre des décès de 1934. L'acte précise qu'elle est décédée à l'Hôpital Tenon.
- Lacassin 2004, p. 60.
- Spiers 2023.
- ↑ Cinéma Spectacles, no 136, 8 janvier 1922.
- ↑ « Un accident », Ciné-Journal, no 648, 14 janvier 1922, p. 25 (lire en ligne).
- ↑ « La griffe qui déchire », Cinémagazine, no 3, 20 janvier 1922, p. 92 (lire en ligne).
- ↑ Paul Adrian, Cirque au cinéma, cinéma au cirque, Paris, chez l'auteur, 1984, p. 99.
- ↑ Lacassin 2004, p. 74.
- ↑ Lacassin 2004, p. 75.
- ↑ Maurice Kéroul, « Hors de l'écran : Dagmar », Le Film, no 174, septembre 1920 (lire en ligne).
- ↑ Acte de mariage no 1388 (vue 10/31). Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du 10e arrondissement, registre des mariages de 1917.
- ↑ Lacassin 2004, p. 61.
- ↑ Lacassin 2004, p. 84.
- ↑ Lacassin 2004, p. 71.
- ↑ Recension par Marcel Yonnet dans Le Courrier cinématographique, no 26, 25 juin 1921.
- ↑ « Production hebdomadaire », La Cinématographie française no 138, 25 juin 1921, p. 64.
- ↑ René Hervouin, « Les présentations », Hebdo-Film, no 33, 13 août 1921, p. 25.
- ↑ Les cinémas. Les prochains films. "Marie chez les loups". Comoedia, 8 novembre 1921, p. 3, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Chez Gaumont. Marie chez les fauves. Ciné-Journal, 20 mai 1922, p. 13, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Berthe Dagmar dans "Marie chez les fauves". Ciné-Journal, 27 mai 1922, p. 26, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ Lucien Wahl, « Marie, les fauves et les hommes », Cinéa, no 31, 9 décembre 1921, p. 16 (lire en ligne).
- ↑ Mon ciné no 13, 18 mai 1922.
- ↑ « Productions hebdomadaires », La Cinématographie française, no 185, 20 mai 1922, p. 56 (lire en ligne).
- ↑ M. B. [?], « Les Présentations », Hebdo-Film no 20, 20 mai 1922, p. 29 (lire en ligne).
- ↑ Jean Chataignier, « Les Films de la semaine », Le Journal, 7 juillet 1922 (lire en ligne).
- ↑ Chez Gaumont. Marie, femme au singe. Ciné-Journal, 2 décembre 1922, p. 17, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ « Les Présentations », Hebdo-Film, 2 décembre 1923, p. 4.
- ↑ Yan B. Dyl. [...], « Les soirées parisiennes : Marie, femme au singe », Le Courrier cinématographique, no 5, 3 février 1923, p. 29-30 (lire en ligne).
- ↑ René Jeanne, « Les films de la semaine », Le Petit Journal, 19 janvier 1923 (lire en ligne).
- ↑ Les carnets du studio. L'Île d'amour. Cinéa, 15 novembre 1927, p. 32, lire en ligne sur Gallica.
Liens externes
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