Berto Ricci
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(à 35 ans) Libye |
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Mafalda Mariotti |
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Roberto Ricci, dit Berto, né à Florence en 1905 et mort à Bir Gandula, Libye, en 1941, est un écrivain, poète et journaliste italien.
Il fut l'un des grands penseurs du fascisme, il fonda la revue L'Universale et collabora à l’École de mystique fasciste dirigée par Niccolò Giani et Guido Pallotta. Il collabora au Il Popolo d'Italia, Critica fascista et Il selvaggio. Il fut un ami personnel de Indro Montanelli avec qui il collabora à L'Universale.
Biographie
Jeunesse et études
Roberto Ricci (« Berto » à partir de son article dans Il Selvaggio du 30 mars 1927) naît à Florence en mai 1905, via Scialoja[1]. Éduqué dans une famille petite-bourgeoise, bien que modeste, par son père Arturo, fonctionnaire des chemins de fer, et sa mère, Bianca Stazzoni, fille d'un artisan sculpteur sur bois, Berto Ricci, après avoir fréquenté l'école avec des résultats brillants, s'inscrit en 1922 à l'École polytechnique de Turin, pour ensuite obtenir son diplôme en mathématiques et physique à Florence en 1926[1]. C'est aussi l'année où il se fiance avec Mafalda Mariotti (qu'il n'épousera que six ans plus tard, le 20 novembre)[1].
Au début des années 1920, les lectures de Ricci sont essentiellement rattachable à la culture subversive et anarchiste. Ce n'est que plus tard, vers 1927, qu'il se convainc, attiré par la dimension révolutionnaire du fascisme de Mussolini, de demander sa carte au Parti national fasciste (PNF)[1].
D'Il Selvaggio et L'Universale
Ses débuts littéraires ont lieu en 1927 dans la revue liée au mouvement « strapaesana » Il Selvaggio, dirigée par Mino Maccari. C'est dans ses premiers articles que sont développés les thèmes qui seront affinés dans sa revue L'Universale : l'anti-bourgeoisisme (la bourgeoisie entendue comme catégorie d'esprit), la volonté révolutionnaire et rénovatrice, ainsi que la réédification d'une identité culturale qui devait avoir ses propres modèles, entre autres, chez Giosue Carducci et Ottone Rosai[1]. Ce dernier devint la référence spirituelle pour l'essai Il Rosai, publié en juillet 1930 avec Dino Garrone[2], mais aussi pour ce qui est la revue L'Universale, revue publiée à partir de janvier 1931, et dont la ligne éditoriale critiquait vivement le fascisme conservateur et le nationalisme :
« Nous fondons cette feuille avec la volonté d'agir sur l'histoire italienne. […] Nous avons l'incroyable ambition de porter la littérature et l'art à la hauteur de la primauté. Nous serons donc universels, et contre tout reste de nationalisme »[1].
Dans un pamphlet de 1931 intitulé Errori del Nazionalismo Italico, après avoir défini le nationalisme comme « bourgeois et né de la bourgeoisie » (conservateur, antirévolutionnaire), Ricci appelait à une Italie « Grande, humaine, universelle », qui deviendrait le « chef des peuples »[1].
Disposant de plusieurs jeunes collaborateurs, comme Icilio Petrone et Diano Brocchi, et peu apprécié par les dirigeants du PNF, L'Universale continu sa publication jusqu'au 25 août 1935, date de fermeture par Mussolini qui, peu de temps avant, avait reçu Ricci avec plusieurs de ses collaborateurs, au Palazzo Venezia à l'été 1934. À la même période, Ricci tenait, depuis 1933, la rubrique Bazar du Popolo d'Italia[1].
« Il n'est plus le temps de papier imprimé » : engagements militaires et mort
Souhaitant mettre en pratique ses idées et estimant qu'« il n'est plus temps de papier imprimé », Ricci s'engage, en 1935, comme volontaire pour la campagne d'Éthiopie. Mobilisé le 27 avril 1935, il revient à la vie civile la fin de l'année suivante[1]. Après avoir participé en 1940 à la première convention nationale de l'École de mystique fasciste, il part pour le front de nouveau comme volontaire, avant de mourir le 2 février 1941 à Bir Gandula, sur la route Berta-Marana, mitraillé par un spitfire anglais. Il est enterré au cimetière militaire des combattants d'Outre-mer de Bari sous le nom de Roberto Ricci.

Pensées
« Nous croyons dans l'absolu politique, qu'est l'empire : nous abhorrons qui le nomme en vain »
— Berto Ricci, L'Universale, année 1, n°1, 3 janvier 1931
De formation anarchiste, Ricci a toujours proposé sa propre version du fascisme avec une forte empreinte sociale et sans compromis envers la bourgeoisie (il faut comprendre comme catégorie de l'esprit). Il soutint une « modernité italienne à venir , condition première de notre puissance nationale » et il s'affirma « d'une tradition [notre] civile, enrichi d'un millénaire chrétien mais sensiblement et robustement païen » [3].
Même dans les « années de consensus », il ne se lasse pas d'invoquer une « révolution perpétuelle » qui combat ceux qui ont trouvé leur place dans le régime et disposant, selon Ricci, d'une mentalité bourgeoise étrangère à l'esprit de la révolution fasciste. Il écrivait, concernant le capitalisme et le communisme :
« Enfin, il n’existe pas de Fascisme anticommuniste. Il existe le Fascisme qui est spiritualisme politique en acte, universalisme italien, qui part de l’homme total […] il est anticommuniste comme il est anticapitaliste […]. Mais le bolchevisme, en tant que mouvement européen, n'a pu se concevoir et se développer qu'en vertu d'une injustice sociale séculaire qui en est la responsable précise. Pour les écrivains fascistes, une négation du communisme qui ne serait pas en même temps une négation tout aussi claire et explicite de la civilisation bourgeoise dans toutes ses acceptions de gauche et de droite n’a aucun sens. Qu'on ne nous objecte pas que pour nier la civilisation du fief et de l'argent, l'existence et l'action du corporatisme suffisent »[4].
Pour l'écrivain florentin, il s'agissait d'accompagner la lutte contre les « Anglais du dedans » comme à celle « des Anglais de dehors ».
Philosophiquement, il s'oppose à Giovanni Gentile, publiant en réponse à l'idéalisme du philosophe sicilien un Manifesto Realista qui suscita l'intérêt de Julius Evola, lui aussi engagé au cours de ces années dans une bataille philosophique anti-idéaliste.
Œuvres
Œuvres de l'auteur
- (it) Berto Ricci, Poesie, Ed. Vallecchi,
- (it) Berto Ricci, Lo scrittore italiano,
- (it) Berto Ricci, Errori del nazionalismo italiano,
- (it) Berto Ricci, Corona Ferrea,
- (it) Berto Ricci (perdu à la guerre), Tempo di sintesi,
- (it) Berto Ricci, La rivoluzione fascista, Società editrice Barbarossa,
Œuvres en collaboration
- (it) AA. VV., Il Rosai, L'Economica Firenze,
- (it) O. Goldsmith, Il vicario di Wakefield, Ed. Vallecchi,
- (it) Francesco Petrarca, Il meglio del Petrarca, Ed. Vallecchi,
- (it) AA. VV., Processo alla borghesia, Ed. Roma,
Anthologies
- (it) AA. VV., Avvisi, Ed. Vallecchi,
- (it) Diano Brocchi, Antologia de "L'Universale", Casa editrice Giardini Pisa,
- (it) Diano Brocchi, Prose e Ritmi, Giovanni Volpe Editore,
- (it) Diano Brocchi, L’Universale, Ediz. del Borghese
Notes et références
- (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Berto Ricci » (voir la liste des auteurs).
- Berto Ricci (préf. Claudio Marrotti), Lettere alla moglie durante la seconda guerra mondiale con il diario della moglie Mafalda, Giorgio Pozzi Editore, (lire en ligne)
- ↑ Paolo Buchignani, « Il «Santo» estetico-politico. Arte, «socialità», «rivoluzione» nell'opuscolo «Il Rosai» di Berto Ricci, Dino Garrone et al., luglio 1930 », Rivista di politica, no 4, , p. 93-108 (lire en ligne)
- ↑ L'Universale, année II, n°8-9, août-septembre 1932
- ↑ Gianpasquale Santomassimo, La terza via fascista. Il mito del corporativismo, Roma, Carocci, (lire en ligne), p. 303
Bibliographie
- (it) Paolo Buchignani, Un fascismo impossibile. L'eresia di Berto Ricci nella cultura del ventennio, Il Mulino,
- (it) Aldo Grandi, Gli eroi di Mussolini, Rizzoli Bur,
- Gianpasquale Santomassimo, La terza via fascista. Il mito del corporativismo, Roma, Carocci, 2006.
Liens externes
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