Black So Man
Black So Man de son vrai nom Bintogoma Traoré, né le à Koudougou, en Haute-Volta, et mort le à Abidjan, en Côte d'Ivoire est un musicien et reggaeman burkinabè.
Biographie
Naissance et jeunesse
Bintogoma Traoré est né le à Koudougou, en Haute-Volta, actuel Burkina Faso. Le jeune homme exerce différents métiers (vendeurs d’œufs ambulant, employé dans une porcherie...) avant de produire quatre cassettes entre 1994 et 1998 qui le font connaître auprès d'un large public au Burkina Faso et en Afrique de l'ouest[1].
Carrière
En 1997, au fait de sa gloire, il enregistre à Abidjan l'album Tout le monde et personne. L'album contient notamment les titres "Soutiens aux Étalons" (surnom de l'équipe nationale de football du Burkina) et "Burkina 98" qui rencontrent un grand succès à l'occasion de la Coupe d'Afrique des Nations se déroulant en février 1998[1].
Musicalement, le style de Black So Man emprunte au reggae mais aussi au zouglou et au djandabi (un rythme traditionnel mossi) qu'il remet au goût du jour grâce à une production électronique et un chant rauque qui rend sa musique facilement identifiable[2].
Black So Man est aussi un musicien et chanteur engagé du Burkina Faso[3]. Dans ses textes, il dénonce métaphoriquement les conditions de vie et critique l'élite politique. A l'image d'un Fela au Nigéria ou d'un Peter Tosh en Jamaïque - deux de ses modèles - il n'hésite pas à s'attaquer ouvertement au gouvernement de son pays. Le titre "On s'en fout", emblématique de cette veine pamphlétaire, dresse ainsi un tableau féroce des conditions de vie sous la présidence de Blaise Compaoré[2].
Son premier album est un grand succès et il est considéré, malgré sa courte carrière, comme l'un des meilleurs musiciens de son pays et de toute l'Afrique de l'ouest[4].
Décès
Black So Man est grièvement blessé dans un accident de la route survenu en qui le laisse paraplégique, et il meurt à Abidjan au début de l'année 2002[5]. Une rumeur circule selon laquelle Black So Man aurait été tué pour avoir critiqué le système burkinabè. Sa compagne et mère de son fils déclare dans une interview ne pas croire à la thèse de l'assassinat politique, elle estime que la confusion est peut-être due au fait que l’accident a eu lieu dans une zone sécurisée par le régiment de sécurité présidentielle.
Hommage
Un film de 52 minutes titré L'Ombre de Black est réalisé pour lui rendre hommage. Le film retrace le parcours de l'artiste de sa naissance à sa mort[6].
Notes et références
- « Black So Man, l'étoile filante de la pop burkinabé, rééditée par Secousse - Radio Nova », sur https://www.nova.fr/ (consulté le )
- Agnès Faivre, « Burkina Faso. Avec « On s'en fout », Black So Man étrillait le système Compaoré - Série », sur Afrique XXI, (consulté le )
- ↑ nassaramoaga, « Black So Man - Bruits d'Afrique », sur Bruits d'Afrique (consulté le )
- ↑ « Black So Man : la résurrection, pour la mémoire avec "L’ombre de (...) », sur lefaso.net (consulté le )
- ↑ « AllAfrica »
- ↑ « Black So Man : la résurrection, pour la mémoire avec "L’ombre de Black". », sur lefaso.net (consulté le )
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