Blaise Metreweli

Blaise Metreweli
Fonctions
Chef du Secret Intelligence Service
En fonction depuis le
(7 mois et 21 jours)
Premier ministre Keir Starmer
Prédécesseur Richard Moore
Biographie
Nom de naissance Blaise Metreveli
Date de naissance
Lieu de naissance Borough londonien de Brent
Nationalité Britannique

Blaise Metreweli, née le à Brent[1], est une fonctionnaire britannique, chef du Secret Intelligence Service (MI6) à partir du [2],[3].

Biographie

Enfance et formation

Blaise Florence Metreweli[4] est née le à Brent près de Londres[1]. Avec ses frères et sœurs, elle passe une partie de son enfance à Hong Kong où son père a une chaire en imagerie médicale à la Chinese University of Hong Kong[5]. Puis à Riyad en Arabie Saoudite de 1982 à 1985 où son père fait une résidence médicale militaire[6].

Elle étudie à Cheltenham Ladies' College jusqu'en 1993 où elle refuse le rôle de school captain. Puis, elle étudie à Westminster School à Londres où elle suit des cours de russe, d'économie, d'histoire et d'art. Elle y est school captain de 1994 à 1995 avec 598 garçons et 70 filles sous sa supervision[7].

Elle étudie l'anthropologie au Pembroke College à Cambridge où elle obtient un Bachelor of Arts en 1998[6]. Elle fait partie de l'équipage vainqueur de la Women's Boat Race en 1997 contre l'équipe de l'université d'Oxford[8]. Elle est dans la même promotion que les athlètes olympiques Sarah Winckless[9], Francesca Zino[10] et Alison Mowbray[11].

Carrière

Blaise Metreweli rejoint le MI6 en 1999 où elle travaille comme agent de renseignement, notamment à un niveau élevé au MI5. Elle passe une grande partie du début de sa carrière au Moyen-Orient, alors que la Grande Bretagne est militairement impliquée en Afghanistan et en Iraq[12]. Elle participe à la lutte contre le terrorisme, gère les menaces d'Etat dans un contexte géopolitique complexe incluant la surveillance biométrique chinoise et les cyberattaques russes[6]. De 2000 à 2003, elle est le Second Secrétaire (en) à l'Économie à Dubaï pour le Foreign and Commonwealth Office[4].

Elle donne des interviews sous pseudonyme à plusieurs journaux : « Director K » pour The Telegraph en 2021, « Ada » pour le Financial Times en 2022[12]. Elle est surnommée « Doctor K » lorsqu'elle remplace la direction du service de contre-espionnages contre les États hostiles au MI5 à partir de . Puis, on la nomme « Q » à partir de quand elle devient directrice générale de la technologie et de l'innovation au MI6[13]. Pour la première fois alors, 3 des 4 directeurs généraux sont des femmes[14].

Ce même mois, elle est nommée directrice du Secret Intelligence Service (MI6), succédant à Richard Moore, dont le mandat expire le . Elle sera la première femme à occuper cette charge[15],[16]. Elle est sélectionnée parmi 4 candidats, dont 3 des agences de renseignement britanniques et Barbara Woodward du Foreign Office[17]. Elle sera le 3e dirigeant à avoir étudié au préalable au Pembroke College de Cambridge[12].

Décorations

Compagnon de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges (CMG) remis à la King's Birthday Honours le en tant que directrice générale du Foreign, Commonwealth and Development Office pour ses « services rendus à la politique étrangère britannique »[18]

Famille

Le père de Blaise Metreweli est Constantine Metreweli, un radiologue et vétéran de l'armée britannique. Il a pris le nom de son beau-père géorgien David Metreweli et n'a jamais connu son père, Constantine Dobrowolski, un collaborateur nazi ukrainien[1],[5].

Constantine Dobrowolski est un collaborateur nazi ukrainien d'origine germano-polonaise[1]. Né en 1906 dans une famille de nobles propriétaires terriens, il est arrêté en 1926 et condamné à dix ans de prison en Sibérie pour agitation antisoviétique, antisémitisme et dissimulation de son ascendance. Alors qu'il n'a que 11 ans, pendant la guerre civile, les bolcheviks détruisent sa maison et massacrent une partie de sa famille[1]. De retour d'exil en 1937, il est affecté en , pendant la Seconde guerre mondiale, à Dniepropetrovsk au sein de l'Armée rouge pour l'achat de machines-outils[1]. Aussitôt il demande à être envoyé sur le front et déserte à la première occasion pour passer à l’ennemi le [1]. Il collabore avec l'occupant nazi comme informateur dans la région de Tchernihiv[1]. Surnommé « Le Boucher » ou « Agent n°30 » par des officiers allemands, il contribue notamment « personnellement » à « l'extermination des Juifs », comme il l'affirme lui-même dans des courriers échangés avec ses supérieurs[19]. Il organise la fuite de sa femme Varvara et de son fils vers l’Ouest en 1943, alors que l’Armée rouge reprend le territoire de Tchernihiv. Sa dernière trace dans les archives date du mois d', soit un mois avant la libération de la ville par les Soviétiques[1].

Notes et références

  1. (en) Andy Jehring, Vazha Tavberidze et Rebecca Camber, « EXCLUSIVE In a plot twist worthy of John le Carré, we reveal the grandfather of the brilliant new head of MI6 was a Nazi spy chief », Daily Mail,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. (es) EFE, « Una mujer dirigirá el servicio de espionaje británico MI6 por primera vez » [« Une femme dirigera le service d’espionnage britannique MI6 pour la première fois »], eldiario.es, (consulté le )
  3. (en) « Britain’s MI6 spy agency promotes ‘Q’ to be first female head », sur ft.com (consulté le )
  4. (en) « Part IV: Biographical List. The Diplomatic Service List "Matreweli, Blaise Florence" », dans Foreign and Commonwealth Office, (ISBN 978-0-11-591784-4, lire en ligne)
  5. (en) Harry Goodwin, « New MI6 chief's grandfather was Nazi "Butcher" », The Times,‎ (lire en ligne Accès libre)
  6. (en) Rohit David, « Quick Facts About Blaise Metreweli: Age, Career, Family, and Appointment as MI6 First Female Chief », International business Times,‎ (lire en ligne Accès libre)
  7. (en-US) W. F. Deeds, Victoria Combe, « When Amy met Tom, Dick and Harry » Accès limité, sur The Daily Telegraph, Londres, (consulté le )
  8. (en) Jane Kingsbury, Carol Williams, « Crews of the 1990s » [archive du ] Accès libre, sur Cambridge University Women's Boat Club, (consulté le )
  9. (en-GB) BBC Staff, « Olympian Winckless quits rowing », BBC Sport,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le )
  10. (en) Hilary Evans, Arild Gjerde, Jeroen Heijmans, Bill Mallon and all, « Francesca Zino Bio, Stats, and Results » Accès libre, sur Olympics at Sports-Reference.com, (consulté le )
  11. (en) Paul Newman, « British women gain degree of success by capturing silver in quadruple sculls » Accès libre, sur The Independent, (consulté le )
  12. (en-GB) Lebby Eyres et Ed Cumming, « I rowed against ‘C’ – it’s no surprise she’s the new MI6 chief », The Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  13. (en-GB) Robert Mendick, « The new MI6 chief is no diversity hire », The Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  14. (en) Helen Warrell, « British Secret Intelligence Service: The Secret Lives of MI6's Top Female Spies » Accès libre, sur Financial Times, (consulté le )
  15. (it) Gabriele Carrer, « La prima donna al vertice dell’MI6. Starmer sceglie Blaise Metreweli », formiche.net, (consulté le )
  16. (it) Simona Sirianni, « Blaise Metreweli, una donna nel cuore dell’intelligence: svolta storica per l’MI6i », iodonna.it, (consulté le )
  17. (en) Deborah Haynes, « Career spy Blaise Metreweli to become first woman to head MI6 » Accès libre, sur Sky News, (consulté le )
  18. (it) « Blaise Metreweli - Order of Saint Michael and Saint George », sur thegazette.co.uk (consulté le )
  19. « Surnommé « Le Boucher », le grand-père de la future patronne du renseignement britannique était espion pour les Nazis », sur SudOuest.fr, (consulté le )
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