Blanca Brisac Vázquez

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Blanca Brisac Vázquez (Saint-Sébastien, 1910-Madrid, ) est l'une des Treize Roses, treize femmes espagnoles fusillées le devant les murs extérieurs du cimetière de l'Almudena après la fin de la guerre civile, avec quarante-trois hommes. Elle avait 29 ans. Tous ont été accusés d'appartenir aux Jeunesses socialistes unifiées (JSU) ou au Parti communiste d'Espagne (PCE).
Biographie
Blanca Brisac est l'aînée des trois filles d'un français juif qui, après avoir été propriétaire d'une usine de parapluies à Bayonne, s'est établi à Saint-Sébastien, ayant déserté l'armée française pendant la Première Guerre mondiale. La famille s'installe ensuite à Madrid où Blanca rencontre son époux Enrique García Mazas. Blanca est pianiste et couturière. Tous les deux jouent au cinéma Alcalá dans le groupe de musique qui accompagne les films muets projetés dans la salle. Elle joue du piano et lui du violon[1]. Après leur mariage, il travaille en jouant du violon dans un café et elle aide à la vente des ouvrages qu'elle coud à la maison. Ils ont deux enfants, l'aînée, Mercedes, qui est morte d'une pneumonie peu après sa naissance, et un fils, Enrique[2].
Blanca Brisac est emprisonnée à la prison pour femmes de Ventas le [3]. Dans le dossier numéro 30 426, un témoin mentionne que, à son domicile, une tentative de complot contre le général Franco le jour de la parade du premier anniversaire de la Victoire est en préparation ; pourtant, cette circonstance, considérée aujourd'hui incertaine, n'a pas fait l'objet d'une accusation. La délatrice est la belle-sœur de Juan Canepa, ami de García Mazas[4]. Tous les deux appartiennent au syndicat de professeurs d'orchestre. À la fin de la guerre civile, Canepa demande de l'aide à son ami car il vit de la charité de quelques voisins. Ils sont arrêtés et, après une déclaration dans laquelle ils nient toutes les charges, elle, son mari, Esteban Dodignon et Domingo Cándido Luengo sont conduits en prison, eux à la prison de Yeserías et elle, à la prison pour femmes de Ventas. Juan Canepa s'y suicide dans un cachot, selon la version officielle[5].
L'assassinat de Blanca Brisac, comme celui des autres Roses et des quarante-trois Œillets, est considéré comme un acte de représailles pour l'attentat commis par trois autres militants des JSU contre le commandant de la garde civile et membre du service d'information et police militaire franquiste, Isaac Gabaldón, sa fille et le conducteur José Luis Díez Madrigal. Pourtant, Blanca Brisac n'a jamais été accusée de cet attentat, pas plus qu'aucune des Roses, puisqu'elles étaient incarcérées lorsqu'il a eu lieu.
Elle est condamnée à mort parce qu'il a été « prouvé qu'elle était membre des JSU et son époux membre aussi du Parti communiste et qu'ils étaient intervenus dans les travaux d'organisation d'activités de la JSU ».
Blanca Brisac est fusillée le . Le premier tir ne l'a pas tuée tout de suite, et elle a crié en demandant de l'aide avant d'être achevée par un tir de grâce. Son mari avait été fusillé quelques heures auparavant[6],[7].
Postérité
- Las 13 rosas, film d'Emilio Martínez Lázaro. Son personnage est joué par l'actrice Pilar López de Ayala.
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Lettre de Blanca Brisac écrite à son fils quelques heures avant d'être fusillée.
- Documentaire Que mon nom ne s'efface pas de l'Histoire (Les Treize Roses rouges).
Références
- ↑ (es) « Quienes eran » (consulté le )
- ↑ Carlos Fonseca, Trece rosas rojas : [la conmovedora historia de trece mujeres fusiladas en Madrid, RBA, (ISBN 84-473-4002-3, OCLC 803886782, lire en ligne)
- ↑ « Cárcel de ventas » [archive du 27 de febrero de 2021], carceldeventas.madrid.es (consulté le )
- ↑ (es) Fernando Hernández Holgado, « La prisión militante: las cárceles franquistas de mujeres de Barcelona y Madrid (1939-1945) », eprints.ucm.es, (consulté le )
- ↑ Fernando Hernández Holgado, La prisión militante las cárceles franquistas de mujeres de Barcelona y Madrid (1939-1945), Universidad Complutense de Madrid, (ISBN 978-84-695-0327-0, OCLC 929343024, lire en ligne)
- ↑ (es) Fernando Hernández Holgado, Mujeres encarceladas: la prisión de Ventas, de la República al franquismo, 1931-1941, Marcial Pons Historia, (ISBN 978-84-95379-64-1, lire en ligne)
- ↑ (es) Jaume Sobrequés i Callicó, Carme Molinero et Margarita Tintó Sala, Congreso: los campos de concentración y el mundo penitenciario en España durante la Guerra Civil y el franquismo, Museu d'História de Catalunya, (ISBN 978-84-8432-440-9, lire en ligne)
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