Blason du royaume nasride de Grenade
| Blason des nasrides | |
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| Détails | |
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| Écu | De gueule à la bande d'or, sur laquelle est écrit en arabe cursif لا غالب إلا الله. |
| Devise | wa-la galiba illa Allah, Il n’y a de vainqueur que Dieu |
Le royaume nasride a utilisé comme symbole un blason héraldique, toujours visible aujourd'hui sur les murs calligraphiés de sa capitale palatiale, l'Alhambra.
Histoire
Originalité du blason musulman
Le code héraldique s'inscrit dans la tradition des royaumes chrétiens de l'Europe de l'Ouest, et rares sont les exemples d'adoption d'emblèmes par les sociétés musulmanes ou celles d'Europe orientale, sous influence byzantine. Pour cette raison, le blason du royaume nasride de Grenade est un exemple exceptionnel de l'auto-représentation d'une communauté grâce à des concepts nouveaux issus de métissages culturels.
L'émirat de Grenade, crée en 1237 (634 AH), est vassal du royaume de Castille depuis 1246 (643 AH) et chaque année pendant ses deux siècles d'existence, il lui paye un lourd tribut. La création d'un blason sur le modèle des royaumes chrétiens frontaliers menaçant de finir la Reconquista peut être interprétée comme une forme de légitimation de la souveraineté autonome.
Vestiges dans l'Alhambra
Le blason apparaît de nombreuses fois sur les murs des palais de l'Alhambra. Parfois simplement la forme d'un écu stylisé est représenté au sein d'un décor végétal. Il peut alors être accompagné de quatre cartouches reprenant la devise nasride.
Plus rarement, mais tout de même assez régulièrement, le blason contient la bande et la devise de la dynastie grenadine.
Description
Blasonnement
De gueule, à la bande d'or, sur lequel est écrit de gueule en arabe coufique ou typique la devise de la dynastie nasride, لا غالب إلا الله.
Devise
La devise nasride لا غالب إلا الله (Wa-lā gāliba illā-Allāh), signifie Seul Dieu est vainqueur (traduit aussi par Il n'y a d'autre vainqueur que Dieu)[1].
Cette devise remonte à la réponse que Mohamed ben Nazar, fondateur de la dynastie nasride, aurait donnée aux chrétiens qui, après la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212, criaient : « Victor, Victor ! » Ce à quoi Alhamar aurait répondu : « Il n'y a qu'un seul vainqueur, et c'est Dieu. » Selon d'autres sources, l'épisode s'est produit en 1238, lorsque Mohamed ben Nazar entre dans Grenade après l'avoir conquise. La version de Lafuente Alcántara affirme que la devise et le drapeau remontent à la bataille d'Alarcos, au cours de laquelle, selon la légende, un ange les aurait agités du haut d'un cheval blanc, comme dans l'histoire de Santiago Matamoros (saint Jacques le Tueur de Maures)[2].
Le procédé symbolique apparaît aussi connoté avec les signes de soumission à Dieu. Ainsi, Mohammed Ier adopte le titre honorifique de al-Ghalib bi-llah (le Vainqueur par [la grâce de] Dieu), avec lequel il est acclamé à Grenade en (Ramadan 635 AH) selon les chroniques.
Bien que la phrase Seul Dieu est vainqueur n'apparaît pas dans le Coran, elle évoque la parole divine et des phrases du livre sacré, ainsi que le début de la profession de foi La ilaha illa Allah (il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu), que l'on accouple souvent à la devise, comme dans le drapeau almohade, dans les monnaies ou dans les inscriptions murales. Elle peut être considéré comme une formule pieuse, évoquant le principe coranique fondamental de l'Unicité et l'exclusive Prévalence divine ou tawhid.
La devise s'appuie en outre sur un des noms de Dieu, al-Ghalib (voir notamment le 21e verset de la douzième sourate, Yusuf, du Qorʾān), dont le sens peut être traduit par le Vainqueur ou le Triomphant, donnant un sens sacré à l'expression.
Couleur de l'émail

Les rares écus de pierre et céramique de l'Alhambra conservant un peu de peinture nous présentent le blason sous diverses déclinaisons chromatiques. D'or à la bande d'azur comme sur la plinthe de la Salle des Deux-Sœurs, d'azur à la bande d'or comme sur les azulejos de la porte d'accès au palais de Comares.
Mais sur les coupoles elliptiques en bois des de l'iwan central de la Salle des Rois, à l'est de la cour des Lions, l'emblème est peint de gueule à la bande d'or. L'on sait en outre que la couleur rouge était la couleur distinctive de la dynastie royale nazarí[3]. Le nom de famille du fondateur, Mohammed al-Ahmar, le Rouge, et l'origine du nom de l'Alhambra (en arabe : الْحَمْرَاء, Al-Ḥamrā' , « la rouge »), fait pencher la balance en faveur de cet émail. Dans l'Atlas de la Méditerranée de Cresques (XIVe siècle) l’étendard grenadin apparaît avec la devise au-afiyya (santé, bien-être…) d'or sur fond rouge[4].
On remarque l'absence de meuble, respectant l'injonction coranique de non-représentation des figures animées.
Notes et références
- ↑ José Miguel Puerta Vilchez, Lire l'Alhambra : Guide visuel du monument à travers ses inscriptions, Grenade, Patronato de la Alhamba y Generalif, Edilux, s.l., , 364 p. (ISBN 978-84-95856-31-9, lire en ligne), p. 26
- ↑ [http://www.armada.mde.es/ArmadaPortal/page/Portal/ArmadaEspannola/conocenos_historia/03_bandera_armada--02_primer_ensenas Puede verse una recreación del estandarte en la web oficial de la Armada Española, donde el texto que aparece es la primera sura del Corán: "Solo hay un Dios", usado genéricamente por todos los musulmanes.
- ↑ Un précieux drapeau lorquina dans un exposé à Murcie
- ↑ Revue Internationale de Sciences du Terroir.
Voir aussi
- Portail de l’héraldique
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