Bobèche

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
Vers 1841 ? |
| Nom de naissance |
Jean Antoine Anne Mandelard |
| Nationalité | |
| Activités |
Jean Antoine Anne Mandelard, dit Bobèche, né le à Paris et peut-être mort vers 1841, est un paradiste français sous l’Empire et la Restauration, dont la renommée fut grande.
Biographie
Jeunesse et famille
Antoine Mandelard naît en 1791 à Paris, fils de Jean Baptiste Mandelard, tapissier du faubourg Saint-Antoine, et de Madeleine Dubé, son épouse[1]. La carte de sûreté délivrée en 1793 à son père indique que ce dernier est né en 1732, sous le nom de Mandelar, à « Marent?, Palatinat »[2].
En 1812, devenu « mécanicien », Antoine Mandelard épouse à Livry Marie Marguerite Charpentier, « fille de confiance »[3].
Parcours
Bobèche est indissociable de son compagnon Auguste Guérin, dit Galimafré. Ces deux paradistes firent, pendant plus de vingt années, la joie du boulevard du Temple. Ils sont célèbres pour leur grosse gaieté et leur goût de la farce populaire. À l’époque, ce boulevard était le rendez-vous de tout Paris, rempli de théâtres, de loges d’acrobates, de spectacles et de curiosités de toutes sortes.
Il était fils d'un tapissier de Paris, et son véritable nom était Mardelard ou Mandelard[4]. Tout jeune, il jouait, avec Guérin, des parades qui faisaient rire leurs compagnons d’atelier. Ils s'engagèrent chez un maître acrobate du boulevard, nommé Dromale. Il devint Bobèche, Guérin devint Galimafré.
Bobèche était un long garçon, maigre, efflanqué, assez bien de sa personne, qui jouait le rôle de Jocrisse.
Cet admirable Jocrisse était si naïf, si malheureux, si étonné dont les calembredaines balourdes, qui n’étaient pas sans quelque fond de raillerie, faisaient le bonheur du populaire des boulevards, était toujours si nouveau, il se mêlait avec tant de bonheur aux plus terribles événements politiques de son temps, il avait des formules si heureuses et si nettes, pour juger les hommes et les choses ; il remplaçait si bien la liberté de la presse dont il était le seul et le courageux représentant, qu’il était impossible, même aux esprits les plus distingués, de ne pas se plaire à ses saillies toujours renouvelées, souvent burlesques, quelquefois éloquentes, à sa malice sans fiel, à sa grâce sans art ; facile et fugitive conversation d’un bouffon qu’on aime, et qui parle d’autant plus volontiers avec son auditoire, qu’il l’amusait gratis aux bagatelles de la porte. L’esprit fin et mordant qu’il cachait sous la niaiserie obligée de son emploi lui attirait parfois des désagréments avec la police. Ses lazzis étaient répétés partout : « On prétend que le commerce ne va pas, dit-il un jour dans ses parades. J'avais trois chemises : j'en ai déjà vendu deux ! »
Il était immuablement vêtu d'un costume singulier (culottes jaunes, bas bleus, habit rouge et bicorne gris surmonté d'un papillon), faisait preuve d'un sang froid imperturbable, et présentait invariablement un visage impassible[5].
Le sang-froid de Bobèche était inimitable ; il n’aurait pas ri quand bien même on l’aurait fait maréchal de France : c’était un bouffon sérieux, de la bonne qualité des bouffons. Il devint une des célébrités de Paris, et non seulement il était chéri de son public ordinaire, mais les plus grands salons se l’arrachaient. Il n’y avait pas de belle fête dans le grand monde si Bobèche n’y venait débiter ses sornettes avec son compère Galimafré.
Bobèche, ses plaisanteries un peu salées, avait son franc-parler. Sa malice était moins naïve qu’elle ne le voulait paraître. Il mêlait coq-à-l’âne, calembours, réflexions bouffonnes, toujours sous forme de dialogue avec son compère.
L’un et l’autre avaient tant de succès, surtout quand ils jouaient ensemble, qu’ils allongeaient démesurément leurs parades et que le commissaire dut s’en plaindre plus d’une fois, à cause de l’encombrement qu’elles produisaient sur le boulevard, où la circulation s’en trouvait interrompue. Et au milieu des amateurs habituels, des partisans ordinaires des deux pitres, on voyait souvent de fins lettrés comme Nodier, de grands comédiens comme Monvel, qui venaient les entendre et les voir avec un véritable plaisir[6].
Plus l’Empire allait de victoire en victoire, plus Bobèche était grave et calme. Goguenard de sang-froid, il était le favori des intelligences les plus avancées. Se voyant le seul à oser faire de l’opposition sous l’Empereur, il voulut se faire comédien et changea ses planches en plein vent contre une place de directeur de théâtre à Rouen.
Son métier de paradiste n’empêchait pas Bobèche d’être bon patriote. Le Dictionnaire pittoresque et historique du théâtre d‘Arthur Pougin, 1885, raconte[6] : « En 1814, quand les troupes alliées attaquèrent les buttes Chaumont, Bobèche et Galimafré, postés derrière une barricade de la rue de Meaux prouvèrent, un fusil à la main, que les paillasses du boulevard savaient, à l’occasion, faire autre chose que des grimaces. »
Bobèche s’établit à Bordeaux, mais sans succès[7],[8]. En 1837, Le Monde dramatique écrit : « il est mort depuis longtemps et repose au cimetière du Père-Lachaise, où l'on peut voir son tombeau avec cette inscription : Mardelard [sic], dit Bobèche, roi de la farce, inventeur des queues rouges, mort dans l'exercice de ses fonctions, regretté sincèrement par sa famille, s'il en avait, et les nombreux amis de la gaîté française »[9]. Mais, par une lettre envoyée le de Toulouse, écrite phonétiquement et reproduite dans ce même journal, Mandelard réfute ces informations[10]. Son ancien compagnon, Galimafré, affirmera ne plus avoir de ses nouvelles après 1840 ou 1841[11].
Postérité
Quelques-unes des parades de Bobèche et Galimafré ont été imprimées. Leurs types si populaires ont été mis en scène dans Bobêche et Galimafré, vaudeville-parade en trois actes, par Théodore et Hippolyte Cogniard.
Sources
- Jules Janin, Histoire de la littérature dramatique, Paris, Michel Lévy Frères, t. 2, 1853, p. 245 sq.
- Arthur Pougin, Dictionnaire historique et pittoresque du théâtre et des arts qui s’y rattachent, Paris, Firmin-Didot, 1885, p. 105-107
- Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français, ceux d'hier : biographie, bibliographie, iconographie, Genève, Bibliothèque de la Revue universelle internationale illustrée, 1912, p. 177-179
Notes et références
- ↑ Acte de naissance du , reconstitué le , Paris (ancienne paroisse Sainte-Marguerite), Archives de Paris [lire en ligne] (vues 27-30/51)
- ↑ Carte de sûreté, Mandelard Jean Baptiste, , France, Paris, Cartes d’identité 1792-1795, database, FamilySearch (cote F7/4804, relevé de la Bibliothèque généalogique et d'histoire sociale de France, Créteil) [lire en ligne]
- ↑ Acte de mariage du , Livry-Gargan, Archives départementales de la Seine-Saint-Denis
- ↑ « Bobèche - Nénufar » (consulté le )
- ↑ « La Parade de Bobèche et Galimafré, boulevard du Temple | Paris Musées », sur www.parismuseescollections.paris.fr (consulté le )
- « Bobèche », sur medecine-des-arts.com (consulté le )
- ↑ « Il vient de s'établir à Bordeaux... », sur Gallica, Le Diable boiteux, (consulté le ), p. 3
- ↑ Mémoires de Mlle Flore, actrice des Variétés / [par T. Dumersan et J.-J. Gabriel] ; avec notes et notice par Henri d'Alméras, Paris, Société parisienne d'édition, (lire en ligne), p. 457
- ↑ « Théâtre du Palais-Royal », sur Gallica, Le Monde dramatique, (consulté le ), p. 15
- ↑ « Correspondance », sur Gallica, Le Monde dramatique, (consulté le ), p. 43-45
- ↑ Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français, ceux d'hier : biographie, bibliographie, iconographie.... T. 1 A-D, Genève, Bibliothèque de la Revue universelle internationale illustrée, (lire en ligne), p. 179
Liens externes
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