Bocage (acteur)

| Directeur Théâtre de l'Odéon (d) | |
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| - | |
| Naissance | |
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| Décès |
(à 62 ans) Boulevard Beaumarchais (3e arrondissement de Paris) |
| Sépulture |
Cimetière du Montparnasse ( - |
| Nom de naissance |
Pierre François Touzé |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Enfant | |
| Parentèle |
Paul Bocage (neveu) |

Pierre François Touzé, dit Bocage, né le 20 brumaire an VIII () à Rouen et mort le à Paris 3e, est un comédien français.
Biographie
Issu d’une famille pauvre d’ouvriers toiliers du quartier Martainville, Bocage est, dès l’enfance, contraint de travailler dans une fabrique de tissage pour se nourrir. Ayant appris à lire et à écrire sans être allé à l’école, il se met à lire, dans sa jeunesse, Shakespeare. Ayant fini par se retrouver sur la scène, il fait, pour réaliser son rêve, le voyage à pied de sa ville natale vers la capitale où il entra au Conservatoire de Paris, avant de devoir le quitter en raison de son manque de ressources financières[1].
Beau, talentueux et indiscipliné, il connait des débuts difficiles et doit se produire plusieurs années dans d’obscurs théâtres de province, avant de rejoindre la troupe de la Porte-Saint-Martin. Attaché aux divers théâtres de drames de Paris, il se fait une grande popularité comme interprète des principales créations romantiques : Antony, Marion Delorme, La Tour de Nesle, Don Juan de Marana, etc., où il portait une distinction superbe et une énergie passionnée[2].
Dans les années 1830, il compte au nombre des amants de George Sand[3].
Membre de la Comédie-Française, il y joue le répertoire classique, et y joue encore la Vieillesse de Richelieu d’Octave Feuillet et Paul Bocage, en 1849[4]. Il appartient aussi au théâtre de l'Odéon, dont il devient le directeur, en , avant d’en être licencié en , pour activités anti-gouvernementales. L’ardeur avec laquelle il se mêlait au mouvement littéraire de son temps avait en effet acquis à ce citoyen politiquement actif, une influence dont il a essayé de faire un moyen d’action politique, lors de la Révolution, pour se mettre sur les rangs pour la représentation nationale, mais ceci a affecté sa carrière théâtrale car il a souvent mis, en tant que directeur, les représentations de l’Odéon au service de la propagande révolutionnaire[2].
En , il parait au Vaudeville dans le Marbrier, d’Alexandre Dumas ; en , il remplit plusieurs rôles dans le Paris de Paul Meurice, à la Porte-Saint-Martin. En , il crée le rôle de l’amiral Byng dans l’Amiral de l’Escadre Bleue, de Paul Foucher, au Cirque impérial. Ayant obtenu, en , la direction du théâtre Saint-Marcel, il y joue dans plusieurs pièces, mais les éléments de succès manquaient à ce théâtre éloigné. En , il va jouer sur le théâtre de Belleville, et s’y montre encore avec supériorité dans son ancien rôle de Buridan. Enfin, peu de temps avant de mourir, il crée à l’Ambigu-Comique le rôle du vieux duc dans les Beaux Messieurs de Bois Doré, qui, selon l’expression de Théophile Gautier,
« fit voir à la jeune génération surprise ce qu’était ce Bocage dont nous lui faisions des récits[5]. »
Toutes les scènes lui allaient, il avait aussi représenté au Gymnase Jarvis l’honnête homme, Henri Hamelin et le Marchand de Londres[4].
À la vente de sa garde-robe théâtrale, Virginie Déjazet a réclamé comme un précieux souvenir le poignard qui servait à l’artiste dans Antony.
Inhumé au cimetière du Montparnasse, ses cendres ont été transférées à l'ossuaire du Père-Lachaise le . Il était le père de l'auteur dramatique Henry Bocage et l'oncle du romancier et librettiste Paul Bocage[4].
Iconographie
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Bocage dans le rôle de Buridan, dans la pièce La Tour de Nesle d'Alexandre Dumas, 1832. -
Bocage par Benjamin (1839). -
Bocage dans Antony par Benjamin, 1838.
- Le musée national du château de Compiègne conserve deux estampes d’Alphonse-Léon Noël et de Benjamin Roubaud représentant Bocage
- François Louis Couché, Bocage dans le rôle de Buridan, dans la Tour de Nesle d’Alexandre Dumas, gravure de 1831
- Auguste Charpentier (1813-1880), Portrait de Bocage, artiste dramatique, avant 1862, huile sur toile, musée des beaux-arts de Rouen[6]
Bibliographie
- Paul Ginisty, Bocage, Paris, Félix Alcan, , 171 p., pl. ; in-8º (lire en ligne sur Gallica).
Notes et références
- ↑ Edmond-Denis Manne et Charles Ménétrier, Galerie historique des acteurs français, mimes et paradistes : qui se sont rendus célèbres dans les annales des scènes secondaires depuis 1760 jusqu’à nos jours, pour servir de complément à la troupe de Nicolet, N. Scheuring, , 384 p. (lire en ligne), p. 244 et suiv..
- Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, , 2096 p. (lire en ligne), p. 277.
- ↑ (en) Evelyne Bloch-Dano, The last love of George Sand : a literary biography, New York, Simon and Schuster, , 288 p. (ISBN 978-1-62872-560-5, présentation en ligne), p. 279.
- William Duckett fils, Dictionnaire de la conversation et de la lecture, t. 1, supplément, Paris, Firmin Didot Frères, , 805 p. (lire en ligne), p. 574.
- ↑ Théophile Gautier, « Bocage », dans Histoire du romantisme, Paris, G. Charpentier et Cie, , 420 vi-410 p., in-18 (lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Portrait de Bocage, artiste dramatique », notice no 00000057946, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Joconde, ministère français de la Culture
Liens externes
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