Bodycount (concept sexiste)

Le bodycount ou body count est un concept masculiniste faisant référence au nombre de partenaires avec lesquelles une personne a eu des relations sexuelles[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9]. Le concept est utilisé par des masculinistes et repris par des personnalités d'extrême-droite pour humilier et juger les femmes[2].
Origines
Le terme bodycount est initialement associé au nombre de morts chez l'ennemi dans un contexte militaire et notamment dans les guerres de Corée et du Vietnam[7]. À partir des années 2000, le terme commence à être utilisé dans un contexte sexuel pour désigner le nombre de partenaires sexuels d'une personne[7].
Théorie masculiniste
Des masculinistes comme Stéphane Edouard ou Alex Hitchens (en) diffusent la théorie considérant qu'un bodycount élevé chez une femme signifierait qu'aucun de ses partenaires n'a voulu d'elle pour une relation stable[2],[7]. Des personnalités d'extrême-droite comme Thaïs d'Escufon reprennent leurs arguments en considérant qu'une femme ayant de nombreux partenaires est une femme qui n'arrive pas à choisir un homme[2],[7]. À l'inverse, les hommes au bodycount élevés sont valorisés car cela représenterait une victoire et leur capacité à convaincre[7],[3].
Cette théorie s'appuie sur des arguments qui se veulent scientifiques, mais qui ne sont étayés par aucune donnée, selon laquelle au fur et à mesure des rapports sexuels, les femmes développeraient de moins en moins d’ocytocine, hormone supposée selon les promoteurs du bodycount être liée à l'instinct maternel et à la capacité d'attachement amoureux[8].
Cette théorie se propage notamment sur les réseaux sociaux, via des vidéos tournées notamment dans la rue dans lesquelles des hommes et des femmes sont interrogés sur leur expérience sexuelle[3],[1]. Ces vidéos reçoivent de nombreux commentaires incitant à la stigmatisation sexuelle des femmes, appelée slut-shaming[3].
Statistiques
Selon une étude américaine de 2013, les femmes tendent à minimiser le nombre de leurs partenaires sexuels alors que les hommes ont tendance à augmenter le leur, afin de mieux correspondre aux stéréotypes de genre attendus[3].
Voir aussi
Articles connexes
Références
- Camille Pineau, « Qu’est-ce que le « body count », ce décompte de partenaires sexuels ultra-sexiste ? », sur Le HuffPost, (consulté le )
- Manon Mariani, « Le "bodycount" : quand un jeu devient un symbole anti-féministe », sur France Inter, (consulté le )
- « Le 'body count', ce jeu qui peut rapidement tourner au sexisme - RTBF Actus », sur RTBF (consulté le )
- ↑ Matthieu Heyman, « Qu’est-ce que le « body count », cette théorie sexiste partagée par une influenceuse d’extrême droite ? », sur Le Point.fr (consulté le )
- ↑ « Le "bodycount" consistant à compter le nombre de partenaires sexuels: nouveau mot pour vieille rhétorique sexiste », sur Mouv', (consulté le )
- ↑ Arièle Bonte, « « Bodycount » : comment le fait de compter ses partenaires sexuels piège les jeunes », sur Le Point.fr, (consulté le )
- Anne-Toscane Viudes, « Le « bodycount », ou comptage des partenaires sexuels, devient la nouvelle manie des masculinistes », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- Katia Dansoko, « Le «bodycount», l’obsession masculiniste pour le passé sexuel des femmes », Libération, (lire en ligne [archive]
, consulté le )
- ↑ « Les mots du genre : « bodycount », des cadavres de guerre au contrôle du corps des femmes - Elle », sur elle.fr, (consulté le )
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