Bogdan Kistiakovski

Bogdan Kistiakovski
Biographie
Naissance
Décès
(à 51 ans)
Krasnodar (Russie soviétique (en))
Nom de naissance
Ѳеодоръ Александровичъ Кистяковскій
Nationalité
Formation
Activités
Père
Alexandre Fiodorovitch Kistiakovski (d)
Fratrie
Vladimir Kistiakovski (d)
Igor Kistiakovski (d)
Conjoint
Maria Berenstamm (d)
Enfants
George Kistiakowsky
Alexander Kistiakowsky (en)
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Maître

Bogdan (Fyodor) Alexandrovitch Kistiakovski (en russe : Богда́н (Фёдор) Алекса́ндрович Кистяко́вский), né le à Kiev et mort le à Krasnodar, est un philosophe, journaliste, sociologue, avocat, théoricien du droit et écrivain russe d'orientation néo-kantienne.

Biographie

Il est né à Kyiv, fils d'Oleksandr Fedorovich Kistiakovski, professeur à l'université de Kyiv, avocat, criminologue et militant nationaliste ukrainien, et d'Oleksandra Ioannovna Mikhel. Il a reçu le prénom de Fedor lors de son baptême.

Il fit ses études secondaires au lycée n° 2 de Kiev (1878-1886, renvoyé en 7e année) et à celui de Tchernigov (1886-1887, renvoyé). Il obtint son baccalauréat en 1888, après avoir réussi l'examen au lycée Alexandre Revel. De 1888 à 1892, il fut successivement renvoyé des facultés d'histoire et de philologie des universités de Kiev et de Kharkiv, ainsi que de la faculté de droit de l'Université de Dorpat, pour sa participation à des cercles clandestins ukrainophiles et à des mouvements étudiants. Durant cette période, il se rapprocha de personnalités marxistes et social-démocrates, acquérant la réputation de « fondateur du marxisme à Kiev ». Il fut arrêté en Galicie autrichienne, soupçonné d'espionnage (1889), puis détenu en Russie, près de la frontière autrichienne, et incarcéré dans une prison de Kiev (1892). Il purgea une peine d'un an d'exil sous surveillance policière à Libau.

En 1895, il partit étudier à l'étranger, notamment à l'Université de Berlin, à la Sorbonne et à l'Université de Strasbourg. En 1898, il soutint sa thèse de doctorat en philosophie, « Société et individualité », publiée l'année suivante à Berlin en allemand et saluée par la critique. De 1901 à 1906 (avec une interruption), il enseigna à l'Université de Heidelberg. Il voyagea ensuite fréquemment à l'étranger pour poursuivre ses études.

Il vécut à Saint-Pétersbourg, Kiev et Moscou. Il participa à la création de l'Union de la Libération. Au début du XXe siècle, il prit ses distances avec le marxisme et collabora à la revue Osvobozhdenie et aux ouvrages collectifs Problèmes de l'idéalisme (1902, article sur l'école sociologique russe) et Vekhi (1909, article «Pour la défense du droit », sur la conscience juridique de l'intelligentsia russe). À partir de 1904, à Kiev, il collabora à la revue Questions de vie. Il édita les œuvres de Mykhaïlo Drahomanov (tome I, Moscou, 1908). Il fut rédacteur en chef de Critical Review (1907-1910), de Legal Herald (1913-1917) et de Legal Notes (1912-1914).

À partir de 1906, il enseigna le droit public et administratif à l'Institut commerciale de Moscou, tout en donnant des cours aux Cours supérieurs pour femmes. En 1909, titulaire d'une maîtrise en droit public, il fut nommé maître de conférences à l'Université de Moscou où il soutint la protestation des professeurs contre la violation de l'autonomie universitaire. Aussi, il refusa d'enseigner à Moscou et rejoignit le lycée de droit Yaroslavl Demidov comme maître de conférences, puis devint professeur au département d'encyclopédie et d'histoire de la philosophie du droit (1911-1916). À partir de 1917, il fut professeur à l'Université de Kiev. Il fut l'un des fondateurs du Parti fédéral démocrate ukrainien en 1917.

En 1919, il fut élu membre à part entière de la toute nouvelle Académie des sciences d'Ukraine et, accompagné de son premier président,Vladimir Vernadski, il fit un voyage à Rostov-sur-le-Don pour rencontrer Anton Denikine dans le but de défendre les intérêts de l'académie, voyage au cours duquel il tomba malade, subit une intervention chirurgicale et mourut à Krasnodar.

Famille

Épouse — Maria Vilyamovna Kistyakovskaya (née Berenstam ; pseudonyme Veren M. V. ; 1869 — ), écrivaine, petite-fille du philosophe orthodoxe O. M. Novitsky, sœur des avocats V. V. Berenstam et M. V. Berenstam. Avec N. K. Krupskaya, elle enseigna dans des écoles ouvrières à Saint-Pétersbourg. Elle écrivit plusieurs ouvrages de pédagogie, dont : « Histoires sur la lutte de l'homme contre la nature » (de 1897 à 1927, l'ouvrage connut sept éditions), « La première expérience d'une école ouvrière libre "Maison de l'enfant libre" » (Moscou-Pétersbourg, 1923 ; 2e éd. : Moscou, 1924. Coécrit avec E. E. Gorbunova-Posadova). Leurs fils :

Contribution à la théorie du droit

Le concept de droit se réduit à des définitions fondamentales : étatique-organisationnelle, sociologique, psychologique, normative.

  • Le concept étatique-organisationnel ou impératif du droit. Le droit est ce que l'État décrète comme étant considéré comme loi.

Les lois de l'État sont un ensemble de normes dont l'application est imposée, protégée et garantie par l'État.

  • Le concept sociologique de droit. Le droit – ce terme ne possède pas de définition précise (« solidarité sociale », « environnement paisible », etc.). Les lois étatiques sont élaborées à partir des relations juridiques émergentes ; les précédents nationaux et internationaux sont pris en compte.
  • Le concept psychologique du droit. Le droit est un sentiment de légalité. Les lois de l'État constituent un ensemble codifié d'expériences psychologiques du devoir ou de l'obligation, de nature impérative et attributive.
  • Le concept normatif du droit. Le droit définit les obligations de chacun. Les lois étatiques constituent un ensemble de normes qui incarnent des idées sur ce qui est convenable et qui déterminent les relations entre les personnes.
  • Conception juridico-dogmatique et juridico-politique du droit.

Dans le cadre de ces interprétations, le concept de droit est compris comme la systématisation des phénomènes juridiques visant à résoudre les problèmes purement pratiques de la jurisprudence dogmatique.

Le droit est un ensemble de règles qui indiquent comment trouver des solutions, au sein des normes juridiques existantes, à tous les cas de conflits d'intérêts ou de divergences d'opinions sur le bien et le mal. Grâce à diverses techniques de dogmatique juridique, les normes du droit existant sont transformées en concepts et catégories juridiques, formant ainsi un système juridique logique.

Publications

Il s'est distingué par plusieurs ouvrages portant sur la méthodologie des sciences sociales, la théorie juridique générale et le droit public. Parmi ceux-ci :

  • Gesellschaft und Einzelwesen. Eine methodologische Studie (Берлин, 1899; докторская диссертация)
  • Идея равенства с социологической точки зрения // Мир Божий. 1900, № 4
  • Категория необходимости и справедливости при исследовании социальных явлений // Жизнь. 1900, № 5-6
  • Русская социологическая школа и категория возможности при решении социально-этических проблем. (Проблемы идеализма, 1902)
  • В защиту научно-философского идеализма / Б. А. Кистяковский // Вопросы философии и психологии. — М.: Моск. психол. общ-во, 1907. — Кн. 1 (86)
  • Реальность объективного права // Логос. 1910. кн. 2
  • Право как социальное явление // Вопросы права. 1911, кн. 8. № 4
  • Страницы прошлого: к истории конституционного движения в России: по поводу книги: В. Я. Богучарский. Из истории политической борьбы в 70-х и 80-х гг. XIX века. Партия «Народной воли», её происхождение, судьбы и гибель, Москва, 1912, IV+483 / Б. Кистяковский. — Москва: Тип. П. П. Рябушинского, 1912. — IV, 131 с. [1]
  • Наши задачи // Юридический вестник. 1913, кн. 1
  • Сущность государственной власти / Б. А. Кистяковский. — Ярославль: Тип. Губ. правл., 1913. — 41 с.
  • Кризис юриспруденции и дилетантизм в философии // Юридический вестник. 1914, кн. 5;
  • Социальные науки и право Архивная копия от 4 марта 2016 на Wayback Machine. Очерки по методологии социальных наук и общей теории права / Б. А. Кистяковский. — М.: М. и С. Сабашниковы, 1916. — 704 с.
  • Непрерывность правового порядка // Юридический вестник. 1917, кн. 17
  • Методология и её значение для социальных наук и юриспруденции // Юридический вестник. 1917, кн. 18
  • В защиту права (Интеллигенция и правосознание) / Б. А. Кистяковский // Вехи: Сборник статей о русской интеллигенции. Из глубины: Сборник статей о русской революции. — М.: Правда, 1991. 608 с. — С. 122—149.[2] Архивная копия от 16 июня 2010 на Wayback Machine

En , pendant la rébellion de Yaroslavl, l'imprimerie où se trouvait le manuscrit de son livre « Le droit et les sciences du droit », que le savant considérait comme l'œuvre de sa vie, fut incendiée.

Notes et références

(ru) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en russe intitulé « Кистяковский, Богдан Александрович » (voir la liste des auteurs).

Bibliographie

  • Василенко Н. П. Материалы к научной биографии Б. А. Кистяковского / Н. П. Василенко // Кистяковский Б. А. Философия и социология права. — М.: РХГИ, 1998. — С. 492.
  •  
  • Голосенко И. А. Социология на неокантианской платформе: Б.Кистяковский и В. М. Хвостов // Российская социология. СПб.: Изд-во СПб Ун-та, 1993;
  • Голосенко И. А., Козловский В. В. История русской социологии XIX—XX вв. М.: «Онега», 1995.
  • Куценко Н. А. Кистяковский // Новая философская энциклопедия : в 4 т. / пред. науч.-ред. совета В. С. Стёпин. — 2-е изд., испр. и доп. — М. : Мысль, 2010. — 2816 с.
  • Лушникова, М. В. Трудовое право, теория права и гуманитарные дисциплины : жизнь и научное наследие И. И. Дитятина, Б. А. Кистяковского / М. В. Лушникова // Вестник трудового права и права социального обеспечения. Вып. 1 : Основатели ярославской школы трудового права и права социального обеспечения: портреты на фоне времени / Под ред. А. М. Лушникова, М. В. Лушниковой. — Ярославль: Яросл. гос. ун-т, 2006. — С. 49—58.
  • Покровский И. А. Иррациональное в области права. / И. А. Покровский. // Юридический вестник. — 1915. — Книга XI (III). — С. 5-18.
    • «Иррациональное» в области права: Отдельный оттиск из журнала «Юридический Вестник» 1915 г., кн. XI(III). — Москва: Типография Г. Лисснера и Д. Совко, 1915. — 16 с.
  • Колеров М. А., Плотников Н. С. Примечания. // Вехи: Сборник статей о русской интеллигенции. Из глубины: Сборник статей о русской революции. — М.: Правда, 1991. 608 с. — С. 531—548.
  • Савальский В. А. Основы философии права в научном идеализме: Марбургская школа философии: Коген, Наторп, Штаммлер и др. Т. 1- [Этико-юридическая проблема в философской системе Германа Когена]. / В. А. Савальский. — Москва: тип. Моск. ун-та, 1908. — VIII, 3-361 с.
  • Савельев А. О Богдане Александровиче Кистяковском / А. Савельев // Наше наследие. — 1990. — № 14. — С. 11—12.
  • Сорокин П. А. Категория «должного» и её применение к изучению общественных явлений // Юридический вестник. 1917. кн. 17
  • Социологическая мысль в России. Л.: «Наука», 1978.
  • Фатеев А. Н. Русский методолог теории права. (Б. А. Кистяковский. Социальные науки и право. Очерки по методологии социальных наук и общей теории права. М., М. и С. Сабашниковы): [Рец.] / Ар. Фатеев. — Харьков: тип. и лит. М. Зильберберг и с-вья, 1917. — [2], 45 с.

Sources

Liens externes

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