Bois Beckett
.jpg)
| Localisation | |
|---|---|
| Coordonnées |
45° 25′ 11″ N, 71° 55′ 35″ O |

Le bois Beckett, officiellement nommé parc du Bois-Beckett[1], est un boisé urbain situé à Sherbrooke. D'une superficie d'environ 80 hectares, le site fait l'objet de mesures de conservation et est accessible au public pour des activités de plein air.
Histoire
Le bois Beckett est associé au major Henry Beckett, qui s'établit à Sherbrooke vers 1820 et participe au développement économique local, notamment par l'exploitation d'une carrière et d'une briqueterie[2].
Vers 1834, il acquiert environ 100 acres de terrain dans le canton d'Orford, puis étend progressivement sa propriété à environ 200 acres. Une partie du terrain est défrichée pour l'agriculture et le pâturage, tandis qu'une érablière est conservée et exploitée pour la production de sucre d'érable[2].
Après son décès, la propriété est transmise à son épouse, puis à leur fils Frederick James Beckett en 1875. Le terrain demeure dans la famille jusqu'en 1963, année où la Ville de Sherbrooke en fait l'acquisition[2].
Le site comprend les vestiges d'anciennes installations agricoles. Un arbre particulier, appelé « érable à l'anneau », consistait en un érable ayant poussé à travers une roue de charrette; il est tombé en 1998 et a été remplacé par une sculpture commémorative inaugurée en 2001[2].
En décembre 2022, la Ville de Sherbrooke annonce l'acquisition du domaine du Val Dormant, une propriété adjacente au bois Beckett, en partenariat avec l'organisme Nature Cantons-de-l'Est. Une partie du terrain est contiguë au bois Beckett et comprend des milieux naturels en bordure de la rivière Saint-François, contribuant à la continuité écologique du secteur[3].
Faune et flore
Le bois Beckett présente une diversité biologique documentée, notamment en ce qui concerne l'avifaune. Environ 130 espèces d'oiseaux y ont été recensées depuis 1960, dont plus d'une centaine y nichent ou y sont observées lors des migrations[4]. Parmi les espèces observées figurent la chouette rayée, le durbec des sapins, le grimpereau brun, le jaseur boréal, la mésange à tête noire, le pic à ventre roux, le piranga écarlate et la sittelle à poitrine blanche[4].
Le site abrite également plusieurs mammifères, dont le cerf de Virginie, ainsi que diverses espèces de petite taille comme l'écureuil gris, l'écureuil roux, le lièvre d'Amérique, le raton laveur, le porc-épic, le renard roux, le coyote, la moufette et la marmotte[4].
La végétation comprend des arbres matures ainsi qu'un ensemble de plantes herbacées qui se développent du printemps à l'automne[5].
Surpopulation de chevreuils
De 2024 à 2026, le bois Beckett fait parfois l'objet de discussion publiques entourant la surpopulation de chevreuils. Selon des informations rapportées par Radio-Canada en 2024, la densité de cervidés dans certains secteurs urbains de la ville dépasse alors largement les seuils jugés soutenables pour l'écosystème, ce qui entraîne une dégradation de la végétation et compromet la régénération de la forêt[6]. Face à cette situation, la Ville et plusieurs experts ont envisagé différentes mesures de contrôle de la population, dont des opérations d'abattage encadrées afin de réduire les impacts environnementaux causés par les cervidés[7]. Ls interventions envisagées au bois Beckett reposent sur des protocoles de sécurité stricts, incluant le choix de zones contrôlées, des horaires limités et la supervision par des chasseurs qualifiés afin de minimiser les risques pour la population voisine[8].
Préservation et valorisation
D'importants efforts citoyens ont été déployés au fil des décennies pour assurer la préservation et la valorisation du bois Beckett. Depuis 1984, le site est administré par le Regroupement du Bois Beckett, un organisme sans but lucratif[9]. Ce regroupement a pour objectif la conservation et la gestion du milieu naturel, ainsi que sa mise en valeur par des activités éducatives et de loisir compatibles avec la protection du territoire[9].
Le 21 juillet 2000, une portion du bois Beckett est reconnue comme forêt ancienne par le ministère des Ressources naturelles du Québec. Cette zone, d'environ six hectares, comprend une érablière à hêtre et des peuplements de pruches, et abritait des arbres pouvant dépasser 270 ans[9].
Le , la ville de Sherbrooke agrandit le bois Beckett en faisant l'acquisition d'un lot complet et d'une partie d'un autre proche des limites actuels du parc pour la somme de 455 000 $[10]. Cet agrandissement comprend 420 m de rive du ruisseau Goodfellow ainsi qu'une érablière mature et une prucheraie[10].
Valorisation littéraire
En 2016, l'écrivain Étienne Beaulieu consacre au bois Beckett le livre Splendeur au bois Beckett, un recueil littéraire, qui regroupe des essais philosophiques et écologiques, publié aux Éditions Nota bene. L'ouvrage présente le lieu comme un exemple de forêt urbaine à préserver et réfléchit aux rapports entre l'être humain, le monde végétal et la crise écologique. L'auteur y aborde l'histoire du site et le rôle de la mobilisation citoyenne dans sa protection à Sherbrooke[11].
Notes et références
- ↑ « Parc du Bois-Beckett - Sherbrooke (Ville) », sur toponymie.gouv.qc.ca (consulté le )
- « Historique », sur Bois Beckett (consulté le )
- ↑ « La Ville fera l'acquisition du domaine Hale-Rogeau », sur Ville de Sherbrooke, (consulté le )
- « Faune », sur Bois Beckett (consulté le )
- ↑ « Flore », sur Bois Beckett (consulté le )
- ↑ « Des chevreuils trop nombreux dans certains parcs de Sherbrooke », Radio-Canada, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Réduction de la population de chevreuils au bois Beckett », Radio-Canada, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Comment chasser les chevreuils du bois Beckett de manière sécuritaire », La Tribune, (lire en ligne, consulté le )
- « Organisme », sur Bois Beckett (consulté le )
- Charles Ferron, « Sherbrooke fait l’acquisition d’un secteur clé du Bois-Beckett », La Tribune (Sherbrooke), (consulté le )
- ↑ Bouffière, Françoise, « Apologie du végétal / Étienne Beaulieu, Splendeur au bois Beckett, Montréal, Éditions Nota bene, collection La ligne du risque, 2016, 142 pages. », Les Cahiers de lecture de L'Action nationale, volume 11, numéro 3, été 2017, p. 17–18.
Annexes
Articles connexes
- Edward Hale
- Charles Rogeau
- Domaine du Val Dormant
- Parc Central de Sherbrooke
- Parc Jacques-Cartier (Sherbrooke)
Liens externes
- Site officiel
- Ressources relatives à la géographie :
- Portail du bois et de la forêt
- Portail de l'Estrie