Bombardement de l'école de Minab
| Bombardement de l'école de Minab | ||
Secouristes et témoins présents à l'école après l'attaque. | ||
| Date | à 10 h 45 (UTC+03:30) | |
|---|---|---|
| Lieu | Minab, Hormozgan ( |
|
| Victimes | Principalement des écolières iraniennes | |
| Type | Frappe aérienne | |
| Morts | Au moins 168 selon l'UNICEF[1] | |
| Blessés | 95 | |
| Auteurs | Armée américaine | |
| Guerre | Guerre d'Iran | |
| Coordonnées | 27° 06′ 35″ nord, 57° 05′ 05″ est | |
| Géolocalisation sur la carte : Iran
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Le bombardement de l'école de Minab est une attaque menée le contre une école primaire pour filles située à Minab, en Iran, lors de la première journée des frappes israélo-américaines contre le pays. Au moins 168 personnes sont tuées, principalement des écolières âgées de 7 à 12 ans selon l’Unicef, et 95 autres blessées[2],[3]. L'armée américaine est à l'origine du massacre[4].
Contexte
Pendant les négociations entre l'Iran et les États-Unis, menées sous l'égide d'Oman, le , Israël et les États-Unis bombardent l'Iran.
Déroulement
Le au matin, dans le cadre de la vague de frappes aériennes israélo-américaines menées à travers l'Iran, l'école primaire pour filles Shajareh Tayyebeh, située à Minab dans le Hormozgan, est touchée par plusieurs missiles[5],[6]. Les frappes, qui débutent vers 10 h, heure locale, coïncident avec le moment où les familles iraniennes conduisent habituellement leurs enfants à l'école, le samedi étant un jour ouvrable en Iran (le premier jour de la semaine). Selon l'organisation de défense des droits humains Hengaw, environ 170 élèves se trouvaient dans l'établissement au moment de l'attaque[3], principalement des filles âgées de sept à douze ans[7].
La frappe survient à 10 h 45, heure locale[8], au moment du changement de cours dans l'établissement. Elle détruit les murs du bâtiment et provoque l'effondrement du toit, ensevelissant plusieurs personnes sous les décombres. Les secours mobilisent des grues et des pelles pour dégager les victimes, sous les yeux de nombreux témoins, parmi lesquels des parents d'élèves.
Les premiers secours arrivent rapidement sur les lieux, tandis qu'un périmètre de sécurité est mis en place. Les corps des victimes sont ensuite remis à leurs proches dans un point de rassemblement situé à proximité[9]. Des images authentifiées par la BBC prises immédiatement après les frappes montrent des scènes de panique : des familles hurlent tandis que des personnes recherchent des victimes dans les décombres[6].
L'établissement se trouvait apparemment à proximité d'une base navale du Corps des gardiens de la révolution islamique, elle-même visée par une autre frappe aérienne le même jour[10],[5]. Selon une association d'enseignants, le bâtiment avait auparavant servi de site militaire avant d'être reconverti en établissement scolaire[11].
Des vidéos montrant la destruction de l'école Shajareh Tayyebeh immédiatement après l'attaque sont authentifiées par le New York Times[3], Reuters et l'organisation iranienne de vérification des faits Factnameh[5]. De son côté, Drop Site News recueille et publie les témoignages de plusieurs parents dont les enfants figurent parmi les victimes[9]. Les images pointent la responsabilité des États-Unis dans ce bombardement meurtrier[12],[13].
Bilan
L'UNICEF a confirmé, au , qu'au moins 168 personnes avaient été tuées dans le bombardement, en grande majorité des écolières âgées de sept à douze ans. Les autorités iraniennes ont fait état de 175 morts[1], dont 14 enseignants[11].
Responsabilité
Une grande partie de la presse internationale s'abstient d'attribuer formellement l'attaque à Israël ou aux États-Unis, les deux pays niant toute implication[14]. Certaines sources avancent néanmoins l'hypothèse d'une responsabilité israélienne[15], tandis que d'autres avancent une responsabilité américaine[16],[17], et expliquent le bombardement par une erreur de ciblage due à l'ancien usage de ce bâtiment, soit par un dommage collatéral du à sa proximité avec un bâtiment militaire contrôlés par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique[11],[16]. Le vice-gouverneur Ahmad Nafisi accuse Israël[18]. Interrogé au sujet de cette frappe, le porte-parole du Commandement central américain (Centcom) déclare à la presse avoir pris connaissance des informations faisant état de dommages causés aux civils par les opérations militaires en cours, et mener une enquête[11].
Parallèlement, plusieurs fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux ont cherché à imputer le bombardement aux forces iraniennes[19]. Une fausse preuve contre le régime iranien, détournant une photo ancienne prise à plus de 1 300 kilomètres, circule notamment sur les réseaux sociaux[11]. Des internautes accusent néanmoins le gouvernement iranien de partager la responsabilité de ce drame en n'ayant pas fermé cette école située à côté d'un site militaire[11].
Une enquête détaillée du New York Times établit que l'armée américaine est vraisemblablement l'auteur de l'attaque[20]. Des responsables américains anonymes ont également admis auprès de Reuters qu'il était « probable » que les forces américaines soient « responsables »[21].
Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l'Homme, Volker Türk, dit espérer que l’enquête américaine « sera rapide et qu’elle se déroulera en toute transparence »[1].
L'analyse et la géolocalisation par Bellingcat d'une vidéo d'un bombardement par un missile Tomahawk proche de l'école, montrant également de la fumée s'élevant dans le quartier de l'école, semble également pointer la responsabilité des frappes sur ce quartier vers les États-Unis, seuls belligérants à posséder ces missiles. Bellingcat écrit « Les images semblent contredire l’affirmation du président américain Donald Trump selon laquelle c’est un missile iranien qui a touché l’école »[22]. Étienne Marcuz, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique et spécialiste des armes de guerre confirme l'hypothèse du Tomahawk[12].
L'Iran accuse nommément « Leigh R. Tate, le commandant, et Jeffrey E. York, le commandant en second de l'USS Spruance », d'avoir « ordonné le lancement de missiles Tomahawk à trois reprises, tuant 168 enfants innocents dans une école à #Minab »[23].
Références
- Kareem El Damanhoury, « Death toll at girls' school hit in strike rises to 148 », sur CNN,
- ↑ (en) « Death toll at girls' school hit in strike rises to 148 », sur CNN, (consulté le )
- (en-US) Erika Solomon, Malachy, « Iran Says Dozens Killed in Strike on School », The New York Times, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- ↑ « Selon le New York Times, les Etats-Unis probable auteur du tir sur une école iranienne », sur 20 Minutes, (consulté le )
- (en-GB) Deepa Parent, Tess, « At least 80 children dead as missile reportedly hits school in southern Iran », The Guardian, (lire en ligne, consulté le )
- https://www.bbc.com/mundo/articles/c05vd9611lzo
- ↑ (en) « At least 85 girls killed in strike on school in southern Iran », Middle East Eye, (consulté le )
- ↑ Najmeh Bozorgmehr, « Strike on Iranian primary school kills 85, authorities say », Financial Times, (lire en ligne, consulté le )
- (en) Aslan, « "Small Children Who Knew Nothing of Politics or Wars" », Drop Site News, (consulté le )
- ↑ (en-US) Erika Solomon, Malachy, « Iran Says Dozens Killed in Strike on School », The New York Times, (lire en ligne [archive du ], consulté le )
- Clara Hage, « Que sait-on de la frappe qui a tué plus de 150 élèves et enseignants dans une école en Iran ? », L'Orient-Le Jour, (lire en ligne)
- « Les images pointent la responsabilité des Etats-Unis dans le bombardement meurtrier d'une école pour filles en Iran, malgré le démenti de Washington », sur France Info,
- ↑ « Guerre au Moyen-Orient : le bombardement d’une école en Iran serait dû à une erreur des États-Unis », sur La Croix,
- ↑ « En Iran, Etats-Unis et Israël accusés d'avoir attaqué une école pour filles et fait des dizaines de morts »
, sur Libération,
- ↑ (en) « Israel strikes two schools in Iran, killing more than 80 people », Al Jazeera, (consulté le )
- « Les États-Unis ont-ils bombardé une école primaire en Iran? Voici ce que l'on sait », sur 20 minutes, (consulté le )
- ↑ (en-US) Malachy Browne et Aaron Boxerman, « Analysis Suggests School Was Hit Amid U.S. Strikes on Iranian Naval Base », The New York Times, (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) « More than 50 girls killed in Israeli strike on Iranian school », EFE, (consulté le )
- ↑ Quang Pham, « Le bombardement d'une école en Iran, cible d'intox »
, sur France 24,
- ↑ (en) « Analysis Suggests School Was Hit Amid U.S. Strikes on Iranian Naval Base », sur The New York Times, (consulté le )
- ↑ (en) « Exclusive: US investigation points to likely US responsibility in Iran school strike, sources say », sur Reuters, (consulté le )
- ↑ (en-GB) Trevor Ball, Carlos Gonzales, « Video Shows US Tomahawk Missile Strike Next to Girls’ School in Iran », sur bellingcat, (consulté le )
- ↑ « 'Remember these two criminals': Iran names US officers responsible for Minab school strike », The Times of India, (consulté le )
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