Boniface de Castellane (1758-1837)
Boniface de Castellane-Novejean, 1er marquis de Castellane, né le à Paris et mort le à Paris[1], est un général et homme politique français.
Biographie
Famille
Boniface Louis André de Castellane-Novejean est le fils d'Esprit François Henri de Castellane-Novejean, enseigne de gendarmerie, et de Louise Charlotte Charron de Menars. Il est le frère d'Esprit Boniface de Castellane-Novejean (1763-1838).
Il épouse en 1778 Adélaïde Louise Guyonne de Rohan-Chabot (fille de Charles-Rosalie et Guyonne Hyacinthe de Pons, et petite-fille de Guy-Auguste), puis en 1810, Alexandrine Charlotte de Rohan-Chabot (cousine germaine de la précédente ; fille du duc Louis-Antoine et petite-fille de Guy-Auguste). Du premier mariage est issu le maréchal de France Boniface de Castellane-Novejean.
Avant la Révolution
En 1774, il est sous-lieutenant au régiment d'Aunis-infanterie avant de devenir mestre de camp en second, puis colonel du régiment de Sègur-dragons qui est transformé en chasseurs le : le régiment des chasseurs du Hainaut[2].
Franc-maçon, il est membre de la loge parisienne « La Candeur »[3], fondée le [4].
Pendant la Révolution
En 1789, il est élu député aux États généraux par la noblesse du bailliage de Châteauneuf-en-Thymerais, dans le Perche[2]. Il est un des premiers de son ordre à se joindre au Tiers état et se montre un libéral très mesuré au début de la session, mais il n'approuve pas les mesures strictes votées contre les émigrés[5] ainsi que celles qui frappent les ecclésiastiques.
Il participe au débat sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et formule en grande partie l'article X de la Déclaration concernant la liberté des opinions religieuses. Une âpre discussion lui fait retirer la liberté des cultes de sa motion qui ne contenait plus que l'article suivant : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions religieuses ». Après d'autres amendements et sous-amendements, la version définitive de l'article X est adoptée le en ces termes : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi. » Il demande également l'abolition des lettres de cachet et refuse au roi le droit de veto.
En , il est promu maréchal de camp mais donne sa démission après la journée du 10 août 1792[2]. Il est emprisonné sous la Terreur[6] et libéré après la chute de Robespierre le .
Sous le Consulat et le Premier Empire
Retiré à la campagne, il établit alors, dit-on[5], une maison de commerce à Paris.
Son ami le prince de Talleyrand-Périgord lui fait obtenir en 1802 la préfecture des Basses-Pyrénées[7], qu'il conserve jusqu'en 1810. Les électeurs de ce département l'élisent candidat au Sénat conservateur, sans qu'il y soit admis. En , il ordonne l'arrestation des « Bohémiens », hommes, femmes et enfants, du Pays basque[8]
Il est nommé maître des requêtes, officier de la Légion d'honneur et grand-croix de l'Ordre du mérite civil de la Couronne de Bavière. Cependant, il perd sa préfecture et vient à Paris siéger au Conseil d'État[5].
Il donne son adhésion à la déchéance de Napoléon Ier en 1814 et devient alors chevalier de Saint-Louis et commandant de la Légion d'honneur. Il signe son opposition à l'acte additionnel pendant les Cent-Jours[5].
Il vote la mort du maréchal Ney.
Sous la Restauration
Pair de France le [7].
En 1817, Louis XVIII de France le promeut lieutenant général[7].
Armoiries
| Figure | Blasonnement |
|
De gueules, à la tour donjonnée de 3 pièces d'or, maçonnée de sable, celle du milieu plus élevée.[9] |
Notes et références
- ↑ « Cote LH/446/13 », base Léonore, ministère français de la Culture
- Société de l'histoire de la révolution française 1903, p. 538.
- ↑ Anissa Rousse, Un imprimeur-libraire à l'Assemblée Nationale: Jean-André Périsse-Duluc : (D'après la correspondance Périsse/Willermoz conservée à la bibliothèque municipale de Lyon), Lyon, Université de Lyon, coll. « Diplôme national de master », , 87 p. (lire en ligne [PDF]), p. 49.
- ↑ Georges Renauld, Antoine Destutt de Tracy : homme de la liberté, pionnier de l'enseignement secondaire laïque et républicain, Athènes, Detrad, coll. « Les francs-maçons méconnus », , 228 p. (ISBN 978-2-905-31967-8), p. 217.
- Étienne-Léon Lamothe-Langon, Biographie des préfets : depuis l'organisation des préfectures (3 mars 1800) jusqu'à ce jour, Les Marchands de Nouveautés, (ISBN 9780543921741, lire en ligne)
- ↑ Institut d'histoire de la Révolution française, La Révolution française : revue historique, Paris, Rieder, , 598 p. (lire en ligne sur Gallica), p. 76.
- Société de l'histoire de la révolution française 1903, p. 539.
- ↑ Arrêté du 1er frimaire an XI ordonnant l'arrestation des Bohémiens du Pays-Basque, Basses-Pyrénées,
(Wikisource).
- ↑ sous la direction de M. de Martres, Revue historique de la noblesse, vol. 4, Paris, Au cabinet héraldique, , 464 p. (lire en ligne), p. 320
Sources
- Archives nationales, base Leonore, LH//446/13, dossier de Légion d'honneur (avec extrait de baptême. Numérisé. LH//446/16, dossier de son frère Esprit Boniface.
Bibliographie
- Société de l'histoire de la révolution française, La Révolution française: revue d'histoire contemporaine, Paris, Charavay frères, , 586 p. (disponible sur Internet Archive), p. 538-539.
. - « Boniface de Castellane (1758-1837) », dans Adolphe Robert et Gaston Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, Edgar Bourloton, 1889-1891 [détail de l’édition]
Articles connexes
- Maison de Castellane.
- Boniface de Castellane, son fils.
- Sophie de Castellane, sa petite fille.
- Henri de Castellane, son petit-fils.
- Marie de Castellane, son arrière-petite-fille.
- Stanislas de Castellane, son arrière arrière-petit-fils.
- Boniface de Castellane, son arrière arrière-petit-fils.
- Boniface de Castellane, son arrière arrière arrière-petit-fils.
- Liste des députés du bailliage de Châteauneuf-en-Thymerais
- Liste des députés d'Eure-et-Loir
Liens externes
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