Bonnard, Pierre et Marthe
| Réalisation | Martin Provost |
|---|---|
| Scénario | Martin Provost |
| Musique | Michael Galasso |
| Acteurs principaux |
Cécile de France Vincent Macaigne |
| Sociétés de production | Les Films du kiosque |
| Pays de production |
|
| Genre | Biographie |
| Durée | 123 minutes |
| Sortie | 2023 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Bonnard, Pierre et Marthe est un film français réalisé par Martin Provost, sorti en 2023.
Synopsis
[Spoiler alert : attention, le synopsis suivant déflore des éléments-clés de l'intrigue].
Le film retrace sur un demi-siècle la vie du peintre français Pierre Bonnard (Vincent Macaigne) et de sa compagne, Marthe (Cécile de France). Le « peintre du bonheur » fait dans plus d'un tiers de ses tableaux le portrait de celle qui devient très vite sa muse et la pierre angulaire de sa vie[1]. Pierre a présenté Marthe à ses amis du tout-Paris de l'art effervescent à cette « Belle Époque » d'avant la Première Guerre mondiale puis de l'entre-deux guerres. Le film montre le couple dans ses relations avec d'autres artistes et leurs proches : Claude Monet et sa femme Alice, les Nabis comme Edouard Vuillard (Grégoire Leprince-Ringuet), Paul Signac, Thadée Natanson, et la pianiste Misia (Anouk Grinberg) qui a été autrefois le modèle de Pierre (et que Marthe soupçonne d'avoir aussi été sa maîtresse), et d'autres encore[2]... « Mais Marthe, intimidée par le milieu artistique parisien, parvient à convaincre Pierre de venir vivre avec elle dans une grande maison [de campagne] à Vernon, loin du tumulte de la capitale »[3].
Là, sur les bords de Seine, ils vivent une relation à la fois charnelle et fusionnelle avec la nature de cette zone fluviale munificente, laquelle influence la peinture de Bonnard et se situe non loin du Giverny de Claude Monet. Celui-ci vient d'ailleurs les visiter en barque avec sa femme Alice, Misia et d'autres amis peintres, ces rencontres tournant mal parfois à cause de l'hostilité entre Marthe et Misia, et de celle du mari jaloux de Misia : Alfred Edwards. Le couple de Pierre et Marthe vit finalement heureux à la campagne mais assez isolé, Pierre travaillant beaucoup à sa peinture, et Marthe se montrant parfois difficile avec son « fort caractère »[4], ou très jalouse (parfois avec raison, mais pas toujours). Pierre emmène alors à Vernon Renée Monchaty (Stacy Martin), une jolie jeune femme qui a été son modèle et sa maîtresse à Paris : Marthe fait sa connaissance et l'accueille bien. Ils vivent même des épisodes érotiques nocturnes à trois. Peu après la jeune femme, amoureuse de Pierre et mal à l'aise dans cette situation trouble, pressentant l'attachement qui lie encore très fort Pierre à Marthe, décide de les quitter, en mettant au défi Pierre (désespéré) de lui prouver son amour en l'épousant elle. Toujours le provoquant elle lui demande ce qu'il ferait si elle était enceinte ; il lui répond qu'il subviendrait à ses besoins et à ceux de l'enfant, mais ce n'est évidemment pas la réponse qu'elle attendait.
Plus tard Pierre s'échappe à Rome avec Renée (sans dire à Marthe que la jeune femme l'accompagne) pour l'inauguration d'un musée et un vernissage. S'étant aperçue que Renée est dans le même train que Pierre, dans le compartiment mitoyen du sien, Marthe découvre sa trahison. Désespérée et furieuse, elle revient dans leur maison de Vernon et saccage l'atelier du peintre. Elle tente alors de se noyer dans le cours d'eau qui borde leur jardin mais y renonce à la dernière extrémité. De retour dans l'atelier de Pierre, elle découvre son propre goût pour la couleur, les pastels et le dessin au fusain ; elle se lance alors dans une création frénétique qui aboutit à une série de tableaux et de dessins de bonne facture. Monet, étant venue la voir à l'improviste avec Vuillard, découvre les tableaux de Marthe, se méprend en les croyant de Pierre, et lui dit qu'avec l'âge l'art d'un peintre s'épure jusqu'à ne conserver que l'essentiel de sa vision, ce qui est une forme d'hommage involontaire à la peinture de Marthe.
Quant à Renée, filant à Rome avec Pierre un amour qu'elle croit parfait, elle pense enfin l'épouser bientôt. Mais celui-ci — pris de nostalgie pour sa vie à Paris et à la campagne, et pour Marthe dont il ajoute le portrait à un tableau en cours — décide finalement de revenir vers Marthe, son inspiratrice principale. Il dit à Renée que loin de son environnement familier, il ne peut travailler comme il le souhaite à sa peinture. De retour chez lui, voyant à Vernon (ou au Cannet ?) les œuvres de Marthe, il lui confirme que celles-ci sont belles et intéressantes, portant la marque d'une innovation au-delà de la technique et qu'elle a un don qu'elle devra développer avec quelques conseils. Plus tard, ils organisent à Paris une exposition pour les tableaux de Marthe qui y sont bien reçus dans les milieux artistiques qui sont autour de Pierre. Mais au cours de l'exposition, leur ami peintre Vuillard leur apprend que Renée à Rome, désespérée du départ de Pierre, s'est suicidée en s'ouvrant les veines dans sa baignoire. Pierre alors a un malaise car il comprend qu'il est responsable de la mort de la jeune femme, et s'en accuse publiquement devant leurs amis. Pierre et Marthe rentrent alors chez eux à la campagne pour encaisser le choc et cacher leur peine.
Pierre finit par consentir à épouser Marthe ; ils vieillissent ensemble et s'aiment toujours. Au fil des années, l'état de santé de Marthe se détériore, à la fois physiquement et psychologiquement, et elle sombre dans une sorte de démence[5]. La veille de sa mort elle dit pourtant à Pierre ce qui, en Orient selon Alfred Edwards, est le plus fort des mots d'amour : « enterre-moi ! » (car l'idée d'une vie sans l'autre, orpheline de l'amour, est insoutenable pour elle). Mais Pierre ne se souvient pas de cette proposition qu'Edwards leur fit lors d'un de leurs repas convivial qui avait mal fini. Après la mort de Marthe, Pierre conserve intacte sa chambre à coucher. Les dernières images du film montrent un rêve de Pierre où il retrouve le souvenir heureux de Marthe jeune, et où ils se poursuivent nus en riant dans la forêt puis plongent ensemble dans la Seine[6]...
Fiche technique
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques Unifrance, présente dans la section « Liens externes ».
- Titre original : Bonnard, Pierre et Marthe
- Réalisateur et scénario : Martin Provost
- Musique : Michael Galasso
- Décors : Jérémie Duchier
- Costumes : Pierre-Jean Larroque
- Photographie : Guillaume Schiffman
- Son : Ivan Dumas
- Montage : Tina Baz
- Production : François Kraus et Denis Pineau-Valencienne
- Production exécutive : Sylvain Monod
- Sociétés de production : Les Films du kiosque ; France 3 Cinéma et Volapuk (coproductions françaises) ; Umedia (coproduction belge) ; et 9 SOFICA (en association avec)
- Sociétés de distribution : Memento Distribution (France) ; Frenetic Films (suisse romande), Imagine Film Distribution (Belgique), Sphère Films (Québec)
- Pays de production :
France - Langue originale : français
- Format : couleur — 1,85:1 — son 5.1
- Genre : biographie, comédie dramatique, romance
- Durée : 123 minutes
- Dates de sortie :
- France : (festival de Cannes) ; (sortie nationale)[7]
- Belgique :
- Suisse romande :
- Québec :
Les droits d'exploitation pour l'Allemagne ont été vendus au distributeur de films Prokino et pour l'Autriche à Panda Lichtspiele[1].
Distribution
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».
- Vincent Macaigne : Pierre Bonnard
- Cécile de France : Marthe de Méligny
- Stacy Martin : Renée Monchaty (d)
- Anouk Grinberg : Misia Godebska
- Grégoire Leprince-Ringuet : Édouard Vuillard
- André Marcon : Claude Monet
- Hélène Alexandridis : Alice Hoschedé, compagne de Monet
- Stanislas Merhar : Thadée Natanson, 1er mari de Misia
- Peter Van Den Begin : Alfred Edwards, 2e mari de Misia
- Marcel Gonzalez : José Maria Sert, 3e mari de Misia
- César Domboy : Charles Terrasse, neveu de Pierre
- Jonathan Frajenberg : Paul Signac
- Jean-Christophe Brétignière : Eugène Druet
- Philippe Richardin : Maurice Denis
- Benoît Allemane : le médecin de Vernon
- Vincent Londez : le médecin du Cannet
- Yveline Hamon : Honorine Boursin
- Isabelle Andréani : ?
Production
Genèse et développement
Bonnard, Pierre et Marthe est le septième long métrage du réalisateur et scénariste français Martin Provost, qui a également été acteur. Il s'était auparavant fait connaître, entre autres, par la biographie d'artiste à succès comme Séraphine (2008), film qui dressait le portrait de la peintre Séraphine Louis (1864-1942).
Martin Provost dit avoir reçu de sa mère, lorsqu'il était enfant, une reproduction d'un des tableaux de Bonnard représentant Marthe, et l'avoir accroché dans sa chambre pour pouvoir le regarder en se couchant : « Quelque chose dans ce tableau, sa sensualité, son étrangeté, m'a fasciné. C'était comme une fenêtre sur un autre monde »[2]. Son film est « le portrait d'un couple qui soulève la question [de] ce que c'est d'être la femme d'un peintre », et montre « l'alchimie entre l'homme et la femme »[5].
Tournage
Le tournage n'a pas eu lieu dans la maison originale de Bonnard au Cannet, car Provost la trouvait trop intégrée à la ville et souhaitait « plus d'espace et de nature » : il a donc filmé « à Toulon et ses environs », notamment au Domaine d'Orvès à La Valette-du-Var, les scènes du Cannet[4].
Pour le rôle du peintre, Macaigne a dû perdre du poids selon les souhaits du réalisateur afin de se rapprocher physiquement de son personnage[8]. Selon Provost, Cécile de France a créé avec Marthe « un personnage ambigu avec des zones d'ombre très fortes »[5].
Cécile de France a pour sa part fait l'éloge des décors du film : « Marthe et Pierre Bonnard composaient un couple légendaire. Elle avait un fort caractère, c’était sa muse qu’il a peinte sous toutes les coutures. Pierre Bonnard était fasciné par la lumière du Sud, et on a joué dans des décors extraordinaires »[4].
Guillaume Schiffman, qui avait déjà travaillé avec Provost sur La Bonne Épouse en 2020, est ici le chef opérateur. L'équipe de tournage comprenait également le costumier Pierre-Jean Larroque et le décorateur Jérémie Duchier. Les producteurs étaient François Kraus et Denis Pineau-Valencienne des Films du kiosque[2], qui avaient également travaillé sur le précédent film de Provost.
Distinction
- Festival de Cannes 2023 : sélection « Cannes Première »
Analyse et accueil
Œuvres visibles dans le film
De nombreuses œuvres réalisées par Pierre Bonnard sont visibles, notamment :
- Œuvres visibles dans le film
-
L'Homme et la Femme -
Le Bain -
L'Amandier en fleurs
Peinture / cinéma : reflets croisés
Le tableau de Bonnard Le Bain trouve plusieurs échos dans les images du film : Marthe dans sa baignoire se baignant longtemps selon les recommandations de leur médecin pour soigner son asthme, mais aussi Renée s'ouvrant les veines dans sa baignoire à Rome. D'une manière générale, les images aquatiques sont omniprésentes dans le film comme dans les tableaux de Bonnard, de Monet ou de Renoir : promenades en barque, baignades heureuses ou au contraire dispute entre Marthe et Misia au milieu de la rivière, peinture au bord de l'eau, mais aussi tentative de suicide de Marthe par noyade dans la même rivière, ou encore la fin tragique de Renée dans sa baignoire l'eau se teintant peu à peu du rouge de son sang...
Le film a été assez bien accueilli par la critique et les spectateurs, notamment pour le jeu des acteurs, pour la recherche de paysages et de décors somptueux ainsi que pour un travail de la lumière en résonance avec la peinture de Pierre et de Marthe Bonnard[9],[4]. Ainsi, on peut lire par exemple : « De remarquables comédiens pour une biographie artistique émouvante, soutenue par une très belle direction artistique »[3], lors de la diffusion du film sur France 3 le 18 mai 2026. Le film a été loué pour sa mise en correspondance du travail du peintre (vu de près) sur la couleur, la lumière, les formes (dans ses peintures et ses dessins), avec les couleurs présentes dans les décors naturels, dans la carnation du corps des comédiens, lesquelles sont mises en valeur par le travail sur la lumière du film effectué par l'équipe de réalisation.
Notes et références
- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Bonnard, Pierre et Marthe » (voir la liste des auteurs).
- (en) Elsa Keslassy, « ‘Bonnard, Pierre and Marthe’ Sells to Major Markets (..), First Stills Unveiled », sur Variety, .
- (en) Elsa Keslassy, « Memento International Boards Romance Drama About French Painters (...) », sur Variety, .
- « Bonnard, Pierre et Marthe », Télé Z, no 2279, , page 39.
- Alexandre Carini, « Les confidences de Cécile de France qui vient présenter "La passagère" à Cannes », Nice matin, (lire en ligne).
- Alexandre Carini, « Marthe Bonnard », Nice Matin, , p. 36.
- ↑ « Bonnard, Pierre et Marthe », sur Allociné (consulté le ).
- ↑ « Bonnard, Pierre et Marthe », sur memento.eu (consulté le ).
- ↑ « Dossier de presse : Bonnard, Pierre et Marthe » [PDF], sur Unifrance, Memento Distribution.
- ↑ Allociné, « Bonnard, Pierre et Marthe est-il un bon film ? Les spectateurs donnent leur avis sur cette histoire d'amour et de peinture avec Cécile de France et Vincent Macaigne », sur allocine.fr, (consulté le ).
Voir aussi
Bibliographie
- « Dossier de presse : Bonnard, Pierre et Marthe » [PDF], sur Unifrance, Memento Distribution
Liens externes
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