Boubacar Ould Messaoud
Boubacar Ould Messaoud, né le à Rosso (Colonie de la Mauritanie) et mort le à Nouakchott (Mauritanie), est un militant associatif et homme politique mauritanien, fondateur et président de l'association SOS Esclaves Mauritanie. Il est également architecte de formation[1].
Biographie
Boubacar Ould Messaoud est né dans une famille d’esclaves, ayant eu la chance d’aller à l’école à Rosso. Depuis son plus jeune âge, il s’engage dans la contestation de la légitimité de l’esclavage et dans la lutte pour son abolition en Mauritanie. De 1964 à 1967, il étudie à l’École nationale d’ingénierie de Bamako (Mali). De 1967 à 1968, il réalise une année d’études préparatoires aux grandes écoles soviétiques à l'université d'État de Moscou. Puis d' à , il intègre l’Institut d’architecture de Moscou pour obtenir un diplôme de Master of Sciences in Architecture (MSA) avec mention excellente.
Il adhère en 1978 à l’Organisation de libération et d’émancipation des Haratines (EL HOR). Dans ce cadre à la suite de la vente d’une esclave, il organise et participe aux manifestations de protestations dans les villes d’Atar, de Zouerate, Nouadhibou et Nouakchott qui entraînèrent des arrestations massives parmi les membres de EL HOR dont les dirigeants en qui furent jugés et condamnés pour manifestation sur la voie publique, création et administration d’une organisation non autorisée, de deux à six mois de prison par la Cour spéciale de justice, un tribunal militaire siégeant en session foraine à Rosso. C'était « L’affaire Boubacar Messaoud & Consorts ». Deux semaines après le verdict, le , survient la déclaration d’abolition de l’esclavage adoptée par le Comité militaire de salut national et le est promulguée l’ordonnance N°81 234 portant sur l'abolition de l'esclavage sur toutes ses formes.
Il participe à la dénonciation des crimes racistes des années 1989-1992, notamment les déportations et les exécutions extrajudiciaires de centaines de négro-mauritaniens. En 1995, il fonde avec un groupe de démocrates appartenant à diverses ethnies et issus de toutes les classes sociales, SOS Esclaves, une ONG de défense et de promotion des droits de l'homme qui place au centre de son combat la lutte pour l’éradication de l’esclavage. Il est condamné à 13 mois de prison en 1998 pour administration d’organisation non autorisée.
Il figure parmi les personnalités invitées par la France pour participer à la commémoration du 50ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme du 7 au . Il participe également aux états généraux de défenseurs des droits humains à Paris du 8 au .
En 2002, il est de nouveau arrêté pour témoignage, sur les ondes de Radio France internationale, relatif à un cas d’esclavage du premier conseiller de l'ambassade des États-Unis à Nouakchott. En 2003, à la suite des pressions intérieures et extérieures exercées sur le gouvernement pour la criminalisation des pratiques esclavagistes, une Loi sanctionnant la traite des personnes a été promulguée.
Longtemps interdite, SOS Esclaves a, enfin, été reconnue officiellement par le gouvernement le . Au cours des dernières années du régime de dictature qui furent marquées par la multiplication d’arrestations arbitraires et de procès politiques, l’organisation s’est mobilisée dans l’observation vigilante du déroulement de ceux–ci en vue de la sensibilisation de l’opinion sur l’exigence du respect du droit de la défense. L’absence de la peine de mort dans le verdict est sans doute due à l’impact de la mobilisation de l’opinion nationale et internationale contre les violations des droits de la défense au procès des putschistes, dans la caserne militaire de Wad Naga, relevées quotidiennement dans les rapports d’observation de SOS Esclaves et par la presse.
À la suite du coup d’État du , la logique de confrontation et de dénonciation qui prévalait avec le régime déchu a fait place à un esprit de dialogue et d’échanges sur les sujets relatifs aux droits de l’homme d’une manière générale et de l’esclavage en particulier. SOS Esclaves et les autres organisations de défense des droits de l’homme s’attellent à convaincre les autorités de la transition de la sincérité de leur combat pour la promotion des droits de l’homme et l’instauration d’un État de droit juste et démocratique.
Le , un responsable de son organisation annonce son décès à Nouakchott[2].
Prix des droits de l'homme
- 2009 : Anti-Slavery International[réf. souhaitée]
- 2010 : Prix des Droits de l'homme de la République française
- 2008 : Hero Acting to End Modern-Day Slavery Award, États-Unis[réf. souhaitée]
Publications
- Co-auteur des rapports périodiques de SOS Esclaves sur l’esclavage et sur toutes les autres violations des droits de l’Homme ;
- Contribution publiée dans le journal des Africanistes 70 (1-2) : « L’esclavage en Mauritanie : De l’idéologie du silence à la mise en question » ;
- Co–auteur en 2004 du rapport des organisations nationales des droits de l’homme membres du FONADH (Forum des organisations nationales des droits de l’homme), rapport alternatif au rapport du gouvernement mauritanien présenté au comité des Nations unies pour l’élimination de toutes les formes de discriminations raciales (CERD).
- L’univers carcéral en Mauritanie.
- L’usage de la torture en Mauritanie.
Références
- ↑ Sahara Media, « Nécrologie : décès de Boubacar Ould Messaoud, icône de la lutte pour les droits humains », sur Saharamedias FR, (consulté le )
- ↑ Le Monde avec AFP, « Boubacar Ould Messaoud, figure de la lutte antiesclavagiste en Mauritanie, est mort », sur Le Monde, (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- : Yahoo Forum Flamnet, SOS Esclaves Mauritanie, section Europe.
- : Maliweb.net, Entretien avec Boubacar Ould Messaoud.
- : Barrada unblog, Boubacar Ould Messaoud, président de SOS-Esclaves, à La Tribune.
- : La Mauritanie s’appuie sur l’islam pour criminaliser l’esclavage, une interview de Boubacar Ould Messaoud.
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