Bring It On Home to Me

Bring It On Home to Me

Single de Sam Cooke
extrait de l'album The Best of Sam Cooke
Face A Having a Party
Sortie
Enregistré
RCA (Hollywood, Californie)
Durée 2:37
Genre Rhythm and blues, soul, pop, gospel
Format 7" / 45 tours
Auteur-compositeur Sam Cooke
Producteur Hugo & Luigi (en)
Label RCA

Singles de Sam Cooke

Bring It On Home to Me est une chanson écrite et interprétée en 1962 par le chanteur américain de musique soul Sam Cooke. Produite par Hugo & Luigi (en), arrangée et dirigée par René Hall (en), la chanson est éditée en single le chez RCA Victor avec Having a Party[1],[2]. Elle atteint la 2e place du classement Hot R&B Sides du magazine Billboard[3] et la 13e place du Billboard Hot 100[4]. Devenue un standard pop, elle est reprise par de nombreux artistes de tous genres[5].

Bring It On Home to Me est décrite comme « la première chanson probable à définir l'expérience de la soul »[6]. Elle fait partie de la liste des « 500 chansons qui ont façonné le rock and roll » du Rock and Roll Hall of Fame[7].

Contexte

Bring It On Home to Me, tout comme Having a Party, est écrite » au printemps 1962 alors que Sam Cooke est en tournée pour Henry Wynn. La chanson est d'abord proposée à son collègue chanteur Dee Clark, qui la refuse[8]. À Atlanta, Cooke appele le coproducteur Luigi Creatore et lui propose les deux titres. Creatore apprécie les chansons et organise une séance d'enregistrement à Los Angeles, prévue deux semaines plus tard. L'ambiance de la séance « correspond au titre » de la chanson, selon le biographe Peter Guralnick, car de nombreux amis ont été invités. « C'était une séance très joyeuse », se souvient l'ingénieur du son Al Schmitt. « Tout le monde s'amusait comme un fou. On faisait danser les gens sur la piste, et certaines prises étaient hilarantes, il y avait tellement d'improvisation ». René Hall a réuni un groupe de dix-huit musiciens, « composé de six violons, deux altos, deux violoncelles et un saxophone, plus une section rythmique de sept musiciens incluant deux percussionnistes, deux bassistes, deux guitares et un piano »[9].

La chanson est une réécriture importante du titre de 1959 I Want to Go Home de Charles Brown et Amos Milburn, lui-même inspiré d'un spiritual familier, et conserve sa saveur gospel. La chanson diffère sensiblement par son refrain (« Bring it to me, bring your sweet lovin', bring it on home to me ») ouvertement profane[9]. C'est le premier clin d'œil sérieux de Cooke à ses racines gospel. « Il sentait qu'il avait besoin de plus de poids, que cette légèreté ne le soutiendrait pas », déclare J.W. Alexander[8]. La chanson vise un son similaire à celui de l'ancien groupe de Cooke, The Soul Stirrers. La première version originale, inédite, inclut les voix de Lou Rawls, J.W. Alexander, Fred Smith (ancien assistant A&R chez Keen Records) et « probablement » des Sims Twins. Dans une deuxième version, finale, Cooke choisit Lou Rawls seul pour fournir la deuxième voix dans un modèle « appel et réponse aussi vieux que tout ce qui existe dans la tradition musicale afro-américaine »[8]. La voix gutturale, de Lou Rawls vient en contrepoint de la voix douce de Sam Cooke[10].

Personnel

Bring It On Home to Me est enregistrée le au Studio 1 de RCA, dans le quartier d'Hollywood à Los Angeles, en Californie. Al Schmitt est l'ingénieur du son, et la séance est dirigée et arrangée par René Hall. Les musiciens enregistrent également Having a Party le même jour[8].

Les crédits sont issus du livret de la compilation de 2003 Portrait of a Legend: 1951–1964[8].

Enregistrements ultérieurs

Reprises

Les reprises les plus marquantes de la chanson incluent des enregistrements par :

  • The Big Three (en), single de 1964 (Decca Records) – le premier enregistrement britanniques de la chanson.
  • The Supremes en 1965 sur leur album hommage à Sam Cooke, récemment décédé, We Remember Sam Cooke.
  • The Animals en 1965 en hommage à Cooke. C'est leur dernier single avec l'organiste original Alan Price. Cette version atteint la 7e place au Royaume-Uni et la 32e au Hot 100 américain[11]. Cash Box indique qu'elle est interprétée dans un style funky efficace et chargé d'émotion[12]. Record World déclare que « le clan britannique traite avec acharnement la formidable chanson de Sam Cooke. Ils martèlent ce rythme avec une intensité croissante »[13].
  • Otis Redding et Carla Thomas sur leur album King & Queen de 1967. John Lennon a dit un jour que c'était sa version préférée de cette chanson[14].
  • La version d'Eddie Floyd, extraite de son album studio I've Never Found a Girl, atteint la 4e place des charts R&B[15] et la 17e dans le Hot 100 en 1968[16].
  • Rod Stewart sort cette chanson en 1974, dans le cadre d'un medley avec You Send Me, en double face A avec Farewell, et l'a classe 7e au palmarès des singles britanniques[17].
  • Lou Rawls qui, après avoir participé à l'enregistrement original de Sam Cooke, propose sa propre interprétation du morceau en 1970. Celle-ci se classe no 45 dans les charts R&B[18] et no 96 dans les charts pop[19].
  • John Lennon l'inclue dans son album Rock 'n' Roll en 1975, dans un medley avec Send Me Some Lovin' (en). Il l'a entendue pour la première fois à Liverpool, au début de sa vingtaine, et l'a beaucoup appréciée, l'improvisant fréquemment. Il hésitait à publier son interprétation, suivant de si près les versions de Dave Mason et Rod Stewart[14].
  • Le chanteur jamaïcain Johnny Clarke connaît un succès local avec sa version en 1976[20].
  • Mickey Gilley l'enregistre la même année pour son album studio Gilley's Smokin', lui donnant une tournure honky tonk. Il atteint la première place des classements country américain et canadien. Il atteint également la 101e position du classement pop et reçoit le prix du « Single de l'année » aux Academy of Country Music Awards[21],[22].
  • Paul McCartney sur son album Snova v SSSR paru en 1988 en Union soviétique.
  • The Dixie Chicks épurent la chanson en ne reprenant que des voix, des claquements de doigts et des basses pincées en 1990 sur l'album Thank Heavens for Dale Evans. Leur version, d'une durée de moins de deux minutes, révèle leurs harmonies blues[23].
  • Le chanteur néo-zélandais Aaradhna (en) reprend la chanson sur son album Sweet Soul Music, sorti en 2008. Cet enregistrement est certifié disque d'or par la Recorded Music NZ (RMNZ) en 2023[24].

La chanson est également enregistrée par Billy Preston, Little Richard, The Zombies, Sonny and Cher, Wilson Pickett, Aretha Franklin, Bill Haley, Van Morrison[25], Percy Sledge, Dennis Brown, Status Quo, Joan Jett, B. B. King, George Benson et Al Jarreau, UB40, Michael Bublé ainsi que Francis Cabrel avec Beverly Jo Scott et Michael Jones[5],[26].

Adaptations et autres utilisations

Classements et certifications

Version originale de Sam Cooke

Palmarès Meilleure
position
Date
Drapeau des États-Unis États-UnisBillboardHot 100 [3] 13
Drapeau des États-Unis États-UnisBillboardHot R&B Sides [30] 2
Pays Certification Unités certifiées Date
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RadioScope) [24] Disque de platine 2 × Platine
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni (BPI) [31] Disque d'or Or 400 000

Version des Animals

Palmarès Meilleure
position
Date
Drapeau de la Belgique Belgique (Wallonie) – Ultratop 50 Singles [32] 46
Drapeau du Canada CanadaRPM [33] 7
Drapeau des États-Unis États-UnisBillboardHot 100 [11] 32
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-UniUK Singles Chart[34] 7

Version d'Eddie Floyd

Palmarès Meilleure
position
Date
Drapeau du Canada CanadaRPM – RPM 100[35] 24
Drapeau des États-Unis États-UnisBillboardHot 100[16] 17
Drapeau des États-Unis États-UnisBillboardHot Rhythm & Blues Singles[15] 4

Version de Lou Rawls

Palmarès Meilleure
position
Date
Drapeau des États-Unis États-UnisBillboardHot 100[19] 96
Drapeau des États-Unis États-UnisBillboardHot Rhythm & Blues Singles[18] 45

Version de Mickey Gilley

Palmarès Meilleure
position
Date
Drapeau du Canada CanadaRPM – Country Tracks[21] 1
Drapeau des États-Unis États-UnisBillboardBubbling Under Hot 100[22] 1
Drapeau des États-Unis États-UnisBillboardHot Country Songs[21],[22] 1

Dans la culture populaire

Le hit de Sam Cooke, ou ses versions ultérieures, est intégré dans de nombreux médias (films, séries ou publicité).

Cinéma

  • Bring It On Home to Me est interprétée par la chanteuse allemande Ingeburg Thomsen, qui prête sa voix à l'actrice Mary Ketikidou, dans le film de 1982, Die Heartbreakers[36].
  • Elle apparaît dans l'avant-dernière scène du film de 1987, Nuit de folie.
  • La chanson est interprétée par les acteurs du film Les Commitments et figure sur l'album de la bande originale The Commitments Vol. 2: Music from the Original Motion Picture Soundtrack paru en 1992.
  • La version du duo Otis Redding et Carla Thomas est présente dans le film de 1996 Au revoir à jamais.
  • La chanson figure dans la bande originale du film Ali en 2001, interprétée par David Elliot.
  • Elle est utilisée dans la scène d'ouverture du film de 2017, Jessie.
  • Elle est apparaît également dans le film de 2017, Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2.
  • Elle figure dans le film de 2022, The Good House.

Téléfilms et séries télévisées

  • Bring It On Home to Me apparaît dans le téléfilm français de 1994 US Go Home.
  • La chanson est présente dans l'épisode 5 de la mini-série américaine de science-fiction 22.11.63, sortie en 2016.
  • La chanson est brièvement utilisée en 2020 dans l'épisode 5 de la saison 1 de la comédie sportive américaine Ted Lasso.
  • La série télévisée Ozark diffuse la chanson en 2022 dans l'épisode 1 de la saison 4, The Beginning of the End, lors de la scène de la piscine avec Ruth, Jonah et Wyatt au Lazy-O. Elle figure également dans le dernier épisode de la saison 4, A Hard Way to Go.

Publicité

  • La chanson est utilisée dans une publicité de Noël pour Walmart en 2018, mettant en scène un ours en peluche qui erre dans les allées du magasin la nuit jusqu'à ce qu'il soit ramené à la maison pour Noël par une petite fille.

Notes et références

  1. (en) « Sam Cooke – Having A Party / Bring It On Home To Me », sur Discogs (consulté le ).
  2. (en) « Sam Cooke - Bring It On Home To Me / Having A Party », sur 45cat (consulté le ).
  3. (en) « Sam Cooke - Chart history », sur Billboard. Billboard Hot 100, Prometheus Global Media (consulté le ).
  4. (en) Joel Whitburn, Top Pop Singles 1955-2002, Menomonee Falls, Wisconsin, Record Research Inc., (ISBN 0-89820-155-1, lire en ligne), p. 151.
  5. (en) « Covers of Bring It on Home to Me written by Sam Cooke », sur SecondHandSongs (consulté le ).
  6. (en) Jim Miller (dir.) et Joe McEwen, The Rolling Stone Illustrated History of Rock & Roll, Rolling Stone, (ISBN 978-0-3947-3238-1), « Sam Cooke », p. 113-116.
  7. (en) « 500 Songs That Shaped Rock », sur Infoplease (consulté le ).
  8. (en) Peter Guralnick, « Sam Cooke - Portrait of a Legend 1951-1964 » (notes de CD), sur Album Liner Notes, ABKCO (92642), (consulté le ).
  9. (en) Peter Guralnick, Dream Boogie : The Triumph of Sam Cooke, New York, Little, Brown, (ISBN 978-0-3162-1097-3, lire en ligne), p. 404–406.
  10. (en) Colin Larkin, Encyclopedia of Popular Music, Omnibus Press, , 5e éd. (ISBN 978-0-8571-2595-8, lire en ligne), p. 2004.
  11. Whitburn 2003, p. 19.
  12. (en) « Record Reviews », Cash Box, vol. XXVI, no 42,‎ , p. 12 (ISSN 0008-7289, lire en ligne [PDF]).
  13. (en) « Single Pick », Record World, vol. 19, no 935,‎ , p. 1 (ISSN 2640-0065, lire en ligne [PDF]).
  14. (en) Denny Somach, A Walk Down Abbey Road, Crossroad Press, (ISBN 978-0-4630-9940-7), p. 44.
  15. (en) « Eddie Floyd - Chart history », sur Billboard R&B/Hip-Hop Songs, Prometheus Global Media (consulté le ).
  16. Whitburn 2003, p. 251.
  17. (en) « Farewell/Bring It On Home to Me/You Send Me by Rod Stewart -Chart history », sur Official Charts (consulté le ).
  18. (en) « Lou Rawls - Chart history », sur Billboard R&B/Hip-Hop Songs, Prometheus Global Media (consulté le ).
  19. (en) « Lou Rawls - Chart history », sur Billboard Hot 100, Prometheus Global Media (consulté le ).
  20. (en) Dave Thompson, Reggae & Caribbean Music, San Francisco, Backbeat Books, (ISBN 978-0-8793-0655-7, lire en ligne), p. 74.
  21. (en) Millie Zeiler, « Top 10 Mickey Gilley Songs », sur Classic Rock History, (consulté le ).
  22. (en) Joel Whitburn, Top Country Singles, 1944-1993, Menomonee Falls, Record Research, (ISBN 978-0-7935-5013-5, lire en ligne), p. 136.
  23. (en) Ace Collins, All About the Dixie Chicks, New York, St. Martin's Publishing Group, (ISBN 978-1-2500-9758-3, lire en ligne), p. 35-36.
  24. (en) « Single Certification Search », sur RadioScope (consulté le ).
  25. (en) Daniel Kreps, « Watch Van Morrison’s Soaring Live Rendition of Sam Cooke Classic », sur Rolling Stone, (consulté le ).
  26. (en) « Covers of Bring It on Home to Me by Sam Cooke », sur WhoSampled (consulté le ).
  27. Larkin 2011, p. 2005.
  28. (en) « Reviens donc chez nous by Johnny Hallyday », sur SecondHandSongs (consulté le ).
  29. (en) « Songs that Sampled Bring It on Home to Me by Sam Cooke », sur WhoSampled (consulté le ).
  30. (en) « Sam Cooke - Chart history », sur Billboard. R&B/Hip-Hop Songs, Prometheus Global Media (consulté le ).
  31. (en) « British single certifications – Sam Cooke – Bring It On Home To Me », sur British Phonographic Industry (consulté le ).
  32. « The Animals – Bring It On Home To Me », sur Ultratop (consulté le ).
  33. (en) « R.P.M. Play Sheet » [image], sur Bibliothèque et Archives Canada (consulté le ).
  34. (en) « Bring It On Home to Me by Animals -Chart history », sur Official Charts (consulté le ).
  35. (en) « The RPM 100 » [PDF], sur Bibliothèque et Archives Canada (consulté le ).
  36. (de) « Ingeburg Thomsen » [blog], sur Silvae, (consulté le ).

Liens externes

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