Buste de Mary Cathcart

| Artiste | |
|---|---|
| Localisation |
Le buste de Mary Cathcart a été réalisé entre 1768 et 1772 par Marie-Anne Collot.
Plusieurs exemplaires de ce buste ont été réalisés. Le plâtre original de 1768 est conservé au musée du Louvre ; deux bustes en marbre blanc sont conservés, l'un daté de 1792 au Musée de Leningrad et un autre, non terminé, au Musée des Beaux-Arts de Nancy.
Description de l'œuvre
Il s'agit d'un portait de jeune fille, au visage ovale. Elle sourit, le visage légèrement incliné en avant. Son regard est à demi-baissé.
Elle possède un ruban, duquel s'échappent de larges mèches de cheveux entourés d'un cordon de perle, dont l'une retombe sur l'épaule gauche.
Le modèle
Mary Cathcart est la seconde d'une famille d'aristocrates, fille de Charles Cathcart, ambassadeur de Grande-Bretagne en Russie.
Ils visitent ensemble l'atelier de Marie-Anne Collot en avant de partir pour Saint-Pétersbourg (Russie) en 1768. Ils continuent d'avoir des contacts récurrents avec l'artiste jusque l'été 1772.
Elle se marie le avec Thomas Graham, futur baron de Lynedoch.
Réception de l'œuvre
Le buste de Mary Cathcart a été considéré comme la première pièce majeure de Marie-Anne Collot. Il a suscité l'admiration de l'Académie de Paris. Un éloge lui est consacré :
Enfin, le dernier ouvrage que j'ai vu dans l'atelier de Mlle Collot est le buste de Miss Cathcart fille de M. l'ambassadeur d'Angleterre. La tête de cette jeune personne est une des plus jolies qu'on puisse imaginer, et il faut convenir que l'artiste a rendu avec toute l'exactitude et tout le talent possibles la finesse des traits de son modèle, et ce sourire gracieux, et la douce passion de la modestie qui est prononcée avec tant de vérité sur cette physionomie, et qui la rend si intéressante. Ce qui la relève encore davantage à mes yeux, c'est que Miss C..., suivant le très raisonnable et très louable coutume de son pays, n'ajoute pas aux roses que la nature lui a données, une masse de vermillon qui ne pourrait que la rendre méconnaissable [réf. souhaitée]
(...) Je reviens au buste de Miss Cathcart qui ressemble si parfaitement à son modèle, l'un et l'autre réunissent cet heureux et rare assemblage de tout ce qui exerce un empire puissant sur le cœur de l'homme. Vous y voyez cette qualité enchanteresse sans laquelle toute beauté est morte, ce je ne sais quoi si pathétique et si inexplicable, qui quelquefois frappe et disparait comme un éclair, cette grâce, don précieux de la nature qui se trouve dans si peu de personnes, qui plaît à tout le monde, et duquel les poëtes ont cru devoir former le cortège riant de l'amour.[réf. souhaitée]
Critique de l'attribution
Cette attribution doit être remise en cause. En effet, Mary Cathcart est née le et ne peut avoir été en âge d'être le modèle de ce buste, dont la première version (celle en plâtre au Louvre) est datée de 1768. Elle aurait eu onze ans[1].
Par ailleurs, le buste de Nancy, a été originellement considéré comme un autoportrait de Marie-Anne Collot[2]. Non signé et non daté, il provient de la succession de l'artiste par le leg de sa fille Mme de Jankowitz au musée de Nancy en 1866 et serait le seul buste en marbre conservé par la famille[3].
Enfin, on peut noter l'existence d'un portrait, daté de 1765, d'une enfant de l'age correspondant à celui qu'aurait eu Mlle Cathcart, dans l'ancienne collection Hottinger. Ce buste a été vendu chez Christie's (Paris) le 2003.
Notes et références
- ↑ (en) Michael Levey,, « Letter: Marie-Anne Collot and Miss Cathcart », Burlington, nos 12/1965, , Page: 633 (lire en ligne)
- ↑ Louis Réau,, « Les bustes de Marie-Anne Collot », La Renaissance, vol. vol. XIV, , p. 306-312.
- ↑ (en) Opperman, Hal N., « Marie-Anne Collot in Russia: Two Portraits », Burlington, nos 08/1965, , Pages: 408-412+415
Bibliographie
- Louis Réau, « Une femme sculptrice française au dix-huitième siècle, Marie-Anne Collot (Madame Falconet) », dans L'Art et les Artistes, , p. 165-171.
- Louis Réau, « Une femme sculptrice française au XVIIIe siècle, Marie-Anne Collot (1748-1821) », dans Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français, 1924, p. 219-229.
- Louis Réau, « Les bustes de Marie-Anne Collot », dans La Renaissance, vol. XIV, 1931, p. 306-312.
- M. L. Becker, « Le buste de Diderot, de Collot à Houdon », L'Objet d'art, no 412, .
Liens externes
- Portail de la sculpture