Côtes-de-provence La Londe
| Côtes-de-provence La Londe | |
Vignoble de l'AOC côtes-de-provence La Londe. | |
| Appellation(s) principale(s) | côtes-de-provence[1] |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | dénomination au sein d'une AOP |
| Reconnue depuis | 2008 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de Provence |
| Localisation | Var |
| Saison | deux sèches (en hiver et en été) et deux plus humides (en automne et printemps) |
| Climat | méditerranéen |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
2 859 heures (à Toulon) |
| Sol | phyllades, quartzite, grès |
| Superficie totale | 411 hectares |
| Superficie plantée | 136 ha (en 2024)[2] |
| Nombre de domaines viticoles | 34 caves particulières et coopératives |
| Cépages dominants | syrah, grenache, cinsault et mourvèdre |
| Vins produits | 65 % rosés, 20 % rouges et 15 % blancs |
| Production | 6 362 hectolitres (en 2024)[2] |
| Pieds à l'hectare | min. 4 000 ceps/ha, soit max. 2,5 m2/pied[3] |
| Rendement moyen à l'hectare | 46 hl/ha en rosé, 48 en rouge et 45 en blanc (en 2024)[2] |
Un côtes-de-provence La Londe, ou plus simplement un la-londe[1], est un vin produit en rosé, rouge ou blanc sur le littoral varois de la mer Méditerranée entre Hyères et Bormes-les-Mimosas, en passant par La Londe-les-Maures.
Il s'agit d'une dénomination géographique au sein de l'appellation côtes-de-provence.
Histoire
Le littoral provençal a été colonisé par les Grecs : vers -600, les Phocéens s'installent à Marseille (en grec, Massalia; en latin, Massilia). Ils essaiment à Nice (Nikaia), Antibes (Antipolis), Hyères (Olbia), Six-Fours (Tauroeis), Arles (Arelate), Agde (Agathé), et au sud de Nîmes. Antérieurement la région était peuplée de Celtes appelés aussi Ligures ou Celto-Ligures[4].
C'est lors de la création de Massalia que les Phocéens implantent la vigne dans la Gaule celtique, les vignobles étant circonscrit à d'étroits espaces proches du littoral[5].
Laurent Bouby explique[6] : « Au 1er millénaire avant notre ère, avec la colonisation phocéenne à Marseille et le dynamisme commercial des civilisations méditerranéennes (étrusques, grecques et phénico-puniques), la production et les échanges de vins explosent dans l’Ouest méditerranéen. On devine aisément la suite : des millions d’hectolitres de vins inondent le monde gaulois »[5].
Justin, dans son Abrégé des histoires philippiques (Historiarum Philippicarum, Livre XLIII, chap. IV,1-2), un ouvrage qu'il présente dans sa préface comme un florilège des passages les plus importants et les plus intéressants du volumineux Historiæ phillippicæ et totius mundi origines et terræ situs rédigé par Trogue Pompée à l’époque d’Auguste, explique : « Sous l'influence des Phocéens, les Gaulois adoucirent et quittèrent leur barbarie et apprirent à mener une vie plus douce, à cultiver la terre et à entourer les villes de remparts. Ils s'habituèrent à vivre sous l'empire des lois plutôt que sous celui des armes, à tailler la vigne et à planter l'olivier, et le progrès des hommes et des choses fut si brillant qu'il semblait, non pas que la Grèce eût émigré en Gaule, mais que la Gaule eût passé dans la Grèce »[7].
Passées les grandes invasions, les abbayes provençales de Saint-Victor, à Marseille, de Saint-Honorat, dans l'île de Lérins, puis du Tholonet, vont reconstitué et développer le vignoble[8].
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, « les friands vins de clérets de la Provence » furent très appréciés à la Cour de France, où leur notoriété bénéficia de la plume de Madame de Sévigné qui effectuait de fréquents séjours en Provence.
Le vignoble, déjà connu en 1848 sous le nom de Côtes de Provence, a dû être reconstruit au début du XXe siècle après la crise phylloxérique. Grâce aux efforts de quelques pionniers, un nouveau pas est franchi en 1951 avec l’accession en VDQS « côtes-de-provence ». Elle sera agrandie par deux arrêtés, puis l’accession en AOC par le décret du . La dénomination géographique côtes-de-provence La Londe a été acceptée par l'INAO en 2008[9] et autorisée en avril 2009[10]. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en août 2025[3].
Vignoble
Aire de la dénomination
| Images externes | |
| Carte de l'aire d'appellation | |
| Carte des communes concernées | |
| Cartes parcellaires de l'appellation (pas de la dénomination) | |
| Orthophotos du parcellaire de la dénomination | |
Il s'étend sur quatre communes du Var : Bormes-les-Mimosas, La Crau, Hyères et La Londe-les-Maures[3]. Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée en 2024 sous l'appellation est de 136 hectares, dont :
- 90,1 ha en côtes-de-provence La Londe rosé ;
- 26,2 ha en la-londe rouge ;
- 20,4 ha en la-londe blanc[2].
Géologie
Ce terroir comporte quatre types de sols : « les sols sur phyllades très altérées, caillouteux et peu profonds, les sols colluviaux de pente sur phyllades plus ou moins caillouteux, les sols colluviaux des zones d’effondrement avec des cailloux de quartzite, de grès et de phyllades et les sols d’alluvions anciennes avec des cailloux de quartzite, de grès et de phyllades[9]. ».
Climat
Il profite d'un climat méditerranéen. Les températures extrêmes tant hivernales qu'estivales sont atténuées. Les précipitations annuelles sont faibles (inférieures à 700 mm/an). La durée d’insolation est importante et le régime de ventilation par les brises de mer est quasi permanent et de forte amplitude[9].
La station météorologique de Hyères (sur la BAN Le Palyvestre, à 2 mètres d'altitude : 43° 06′ 01″ N, 6° 08′ 49″ E)[11] est représentative des côtes-de-provence du littoral.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 13,6 | 13,8 | 16 | 18,1 | 21,9 | 25,8 | 28,8 | 29 | 25,4 | 21,4 | 17,1 | 14,3 | 20,4 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 9,2 | 9,2 | 11,3 | 13,5 | 17,1 | 20,8 | 23,4 | 23,6 | 20,5 | 17,1 | 13 | 10,1 | 15,7 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | 4,9 | 4,6 | 6,6 | 8,8 | 12,3 | 15,7 | 18,1 | 18,3 | 15,5 | 12,8 | 8,8 | 5,9 | 11 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre de jours avec gel | 2,3 | 2,2 | 0,4 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,2 | 1,5 | 6,6 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 73,7 | 51,2 | 44 | 55,2 | 39,5 | 36,6 | 7,8 | 14,4 | 57,9 | 105,1 | 108,6 | 74,8 | 668,8 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||

Encépagement
Cépages principaux : deux cépages principaux obligatoires parmi :
Méthodes culturales et réglementaires
Les vignes sont conduites en taille courte, à coursons à deux yeux, soit en gobelet soit en cordon de royat (double ou simple). Sauf pour la syrah pour laquelle la taille longue (taille en guillot) est autorisée avec un maximum de 8 yeux francs par pied et 6 yeux francs maximum sur le long bois. La densité de plantation est de 4000 pieds par hectare et le rendement maximal autorisé de 50 hl/ha pour un rendement moyen de 44 hl/ha[9].
Vins
La superficie potentielle de ce vignoble est de 411 hectares, tandis que celle revendiquée est 80 hectares. La production s'élève à 3 500 hectolitres (en vins rosé et rouge) soit 460 000 cols/an[9].
Gastronomie
Type d'exploitations
La filière viticole comprend 34 caves particulières et coopératives[9].
Notes et références
- Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
- « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
- « Cahier des charges de l'appellation d'origine protégée « Côtes de Provence » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du et au BO Agri du .
- ↑ Dominique Garcia, La Celtique méditerranéenne, éditions Errance, Paris, 2004, 206 p.
- Laurent Bouby, ingénieur d’étude au CNRS-CBAE, Montpellier, Vins, vignes, pépins, production viticole aux temps anciens : la science mène l’enquête ! sur le site cnrs.fr
- ↑ Histoire de la vigne et du vin De la Préhistoire à l'Antiquité:
- ↑ La fondation de Massalia, Justin, écrivain latin du IIe siècle
- ↑ Histoire du vignoble sur le site vinsdeprovence.com
- Côtes-de-provence La Londe
- ↑ « Décret n° 2009-356 du 30 mars 2009 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Côtes de Provence » », publié au JORF no 0077 du .
- ↑ « 83069001 – HYERES – B A N LE PALYVESTRE » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
- ↑ « Fiche 83069001 HYERES » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
Voir aussi
Bibliographie
- Pierre Bedot, Guide des vins du Var, Marseille, Jeanne Laffite, Marseille, 1987, , 275 p. (ISBN 2-86276-142-7)
Articles connexes
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