Côtes-du-marmandais

Côtes-du-marmandais
Image illustrative de l’article Côtes-du-marmandais
Rosé des côtes-du-marmandais.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1955 (VDQS) et 1990 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Sud-Ouest
Sous-région(s) moyenne Garonne
Localisation Lot-et-Garonne
Climat océanique dégradé
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 019 heures (à Agen-La Garenne)
Superficie plantée 700 hectares (moy. 2022-2024)[1]
Cépages dominants cabernet franc N[note 1], cabernet sauvignon N, merlot N, sauvignon B & G
Vins produits 73 % rouges, 23 % rosés, 6 % blancs
Production 28 000 hectolitres (moy. 2022-2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 41 hl/ha en rouge, 47 en rosé et 52 en blanc (en 2024)[1]
Site web cotes-du-marmandais.com

Un côtes-du-marmandais[note 2] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée produit sur 27 communes à l’ouest du département du Lot-et-Garonne, de part et d'autre de la Garonne, proche de la ville de Marmande. Il fait partie du vignoble du Sud-Ouest. Il est produit en rouge, blanc et rosé.

L'AOC a été reconnue initialement par décret du [3]. La superficie de production est de 700 hectares (moyenne 2022-2024[1]) avec des vins d'assemblage tant pour les rouges que pour les rosés et les blancs. Les vins rouges représentent approximativement 75 % de la production (moyenne 2022-2024) et les vins rosés approximativement 25 %, la superficie consacrée aux vins blancs étant limitée à 30 ha par an[1].

Histoire

Le vignoble du Marmandais faisait partie du vignoble du haut-pays. Ce dernier assurait des livraisons de vins par la Garonne au port de la Lune, à Bordeaux, avant le développement d'un vignoble de Bordeaux assez productif pour assurer les exportations, notamment vers l'Angleterre.

Le vignoble a eu beaucoup de mal à se remettre de l'attaque du phylloxéra, du gel de 1956 et de la dispersion des vignes. Le « Côtes du Marmandais » est reconnu comme un vin de qualité supérieure (VDQS) par l'arrêté du (uniquement pour des rouges et blancs)[4] ; puis ce texte est modifié en (autorisation des rosés ; en rouge le bouchalès ou grappu devient un cépage accessoire limité à 30 % ; en blanc l'ugni blanc devient un cépage principal)[5].

Par le décret du , le côtes-du-marmandais passe en appellation d'origine contrôlée (AOC)[3]. Les conditions de production sont modifiées dès (densité minimale à 4 000 pieds/ha)[6]. Les deux caves coopératives de Beaupuy et Cocumont ont fusionné pour former la « cave du Marmandais »[7] ; l'ensemble assure la plus grosse partie de la production de la zone. Le cahier des charges est publié en [8], puis est modifié en [9], en [10], en [11] et en [2].

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

Le vignoble est situé en Nouvelle-Aquitaine, dans le département de Lot-et-Garonne. Il est partagé en deux entités de part et d'autre de la Garonne. L'aire d'appellation couvre 27 communes à l’ouest du département : Beaupuy, Bouglon, Cambes, Caubon-Saint-Sauveur, Castelnau-sur-Gupie, Cocumont, Escassefort, Guérin, Lachapelle, Lagupie, Lévignac-de-Guyenne, Marcellus, Marmande, Mauvezin-sur-Gupie, Meilhan-sur-Garonne, Monteton, Montpouillan, Peyrière, Romestaing, Saint-Avit, Saint-Géraud, Saint-Martin-Petit, Saint-Sauveur-de-Meilhan, Sainte-Bazeille, Samazan, Seyches et Virazeil[2].

Le vignoble du côtes-du-marmandais est bordé à l'ouest par le vignoble de Bordeaux, avoisinant au nord le vignoble de l'Entre-deux-Mers et au sud le prolongement oriental du vignoble des Graves (en appellation régionale bordeaux). Un peu au nord (mais non-contigu) se trouve le côtes-de-duras. Le buzet se situe au sud-est.

Géologie et orographie

Le vignoble se distingue par une dualité marquée entre la rive droite, dominée par des coteaux argilo-calcaires offrant des vins structurés, et la rive gauche, caractérisée par des terrasses de graves et de sables qui produisent des vins plus souples[2] :

  • rive droite (coteaux) : le relief est constitué d'une succession de collines dans le prolongement de l'Entre-deux-Mers. Le sous-sol repose sur les molasses du Fronsadais en bas de pente, surmontées par le calcaire à astéries (étage Rupélien, anciennement appelé Stampien). Les sommets sont recouverts par les molasses de l'Agenais à faciès limoneux. Ces formations donnent des sols de type rendzines et des sols bruns calcaires profonds ;
  • rive gauche (terrasses) : les molasses de l'Agenais forment l'ossature des coteaux, couronnés par le calcaire aquitanien (étage Miocène). La spécificité du secteur réside dans ses vastes terrasses alluviales (4 à 5 km de large) où affleurent des niveaux argilo-graveleux (étages Oligocène et Miocène) lorsque les limons éoliens de surface ont été décapés par l'érosion.

Climatologie

Le vignoble reçoit l'influence d'un climat océanique, atténuée par son éloignement de l'océan Atlantique et par la protection relative de la forêt des Landes. Les précipitations sont réparties de manière homogène sans excès et l'ensoleillement est optimal. La station météorologique de Duras (au lieu-dit Le Boucaud, à 112 mètres d'altitude : 44° 41′ 06″ N, 0° 12′ 18″ E)[12] fournit les moyennes suivantes :

Relevés à Duras de 1981 à 2010
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 9,3 11,2 14,8 17,4 21,4 24,9 27,4 27,4 24 19,3 13,1 9,6 18,4
Moyenne 5,8 6,9 9,8 12 15,8 19,1 21,2 21,1 18,1 14,5 9,2 6,4 13,4
Minimale moyenne 2,4 2,7 4,8 6,7 10,2 13,2 15 14,9 12,1 9,7 5,4 3,1 8,4
Nombre de jours avec gel 9,2 8 3,7 0,5 0 0 0 0 0 0,5 4 8,4 34,3
Précipitations
Hauteur (mm) 68,3 60,9 57,4 77,3 71 58,6 51,2 58,8 67,6 74 80,6 78,1 803,8
9,3
2,4
68,3
30 mm
60 mm
jan.
11,2
2,7
60,9
fév.
14,8
4,8
57,4
mars
17,4
6,7
77,3
avril
21,4
10,2
71
mai
24,9
13,2
58,6
juin
27,4
15
51,2
jui.
27,4
14,9
58,8
août
24
12,1
67,6
sep.
19,3
9,7
74
oct.
13,1
5,4
80,6
nov.
9,6
3,1
78,1
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Vins blancs

Le côtes du marmandais blanc est un vin de sauvignon. Les cépages principaux sont en effet le sauvignon blanc B[note 1] et le sauvignon gris G. Ils doivent représenter à eux deux, au moins 70 % de l'encépagement. Les cépages complémentaires muscadelle B et sémillon B sont autorisés dans la limite de 30 %[14]. L'encépagement est l'ensemble des parcelles d'une appellation, plantée dans une couleur de cépage.

Vins rouges et rosés

Les cépages majoritaires sont le cabernet franc N, le cabernet-sauvignon N et le merlot N. Ils sont limités dans leur ensemble à 85 % de l'encépagement. Les cépages complémentaires sont l'abouriou N, le fer servadou N, le gamay N, et la syrah N. L'ensemble des cépages complémentaires ne doit pas dépasser 50 % de l'encépagement[14].

Avant l'arrivée du phylloxera, l'abouriou, cépage très précoce dans le vignoble marmandais, était très présent[15], il est aujourd'hui un cépage relique.

Pratiques culturales

La densité de plantation doit être d'au moins 4000 pieds par hectare. L'écartement maximum entre rang est de 2,5 mètres[2].

La taille de la vigne doit se faire en guyot, cordon de royat ou à cot. Le nombre d'yeux fructifères est limité à 15 par pied de vigne, après l'ébourgeonnage. Le palissage de la vigne est obligatoire et doit avoir une hauteur minimale d'au moins 0,55 fois l'écartement entre rangs. La qualité du feuillage est importante, elle détermine la bonne réception du soleil et son étalement favorise une bonne photosynthèse[2].

Le vignes doivent être conduites pour donner un bon état sanitaire de la vendange et du feuillage. Le sol ne peut être désherbé en totalité, sauf pour faner une herbe en mauvais état dans le but de la resemer. Les pieds de vigne morts ou manquants doivent être remplacés avant d'atteindre 20 % du total de la parcelle. Au-delà de cette valeur, un abaissement du rendement de la parcelle du même pourcentage est appliqué[2].

L'irrigation est interdite du jusqu'à la récolte. Toutefois, le décret précise qu'elle peut être exceptionnellement autorisée[2]. Dans ce cas, elle est réservée aux conditions particulières de sècheresse d'un millésime et peut avoir lieu du au , ce qui correspond aux stades de développement de la vigne fermeture de la grappe (grains formés qui se touchent) et "véraison". (le raisin change de couleur) Cette autorisation est demandée par l'organisme de défense et de gestion de l'appellation auprès de l'INAO, motivée par des données climatiques et de l'état des vignes qui nécessitent la mesure. Le directeur de l'INAO peut accorder la dérogation après avis du comité régional INAO de Toulouse. Le viticulteur qui le juge nécessaire s'engage à déclarer les parcelles irriguées avec la surface et le cépage à l'organisme d'inspection, et le matériel d'irrigation ne doit pas être enterré[16].

Récolte

Le rendement en raisin est limité à 10 000 kg par hectare, rendement ramené à 9 000 kg en cas d'irrigation. Le rendement en vin fini est de 55 hectolitres par hectare pour les vins rouges et rosés et 60 hl/ha pour les vins blancs[2].

Le raisin est récolté à bonne maturité. Elle est appréciée visuellement, gustativement (dégustation de baies mûres) et par la mesure du taux de sucre: au moins 160 grammes par litre pour le raisin blanc et 170 grammes pour le raisin rouge. Cette valeur correspond à un titre alcoométrique de 10 % vol après vinification[2].

Pour voir leur récolte classée en AOC, les jeunes vignes doivent avoir au moins trois ans[2].

La récolte est essentiellement mécanique.

Vins

Volumes

Les sources INAO de 2005 faisaient état de 2 038 ha ayant produit 121 948 hl. Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[1] :

Année côtes-du-marmandais rouge côtes-du-marmandais rosé côtes-du-marmandais blanc
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 524 18 861 36 106 5 337 51 31 1 107 36
2023 472 19 129 41 174 8 490 49 30 1 609 53
2024 476 19 582 41 181 8 494 47 29 1 476 52

Vinification et élevage

La vinification en blanc se fait avec une macération réduite de quelques heures (macération pelliculaire) ou sans macération, la vendange entrant directement dans le pressoir. La fermentation alcoolique se fait à température maîtrisée[14] afin de préserver les arômes.

Pour le rouge, à l'arrivée au chai, la vendange est mise en cuve pour y fermenter.

Producteurs

  • Château Bazin
  • Château Côte De France
  • Château Soubiran
  • Château Terrebert
  • Château Belma
  • etc.

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.

Références

  1. « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le )
  2. « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Côtes du Marmandais » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  3. « Décret du 2 avril 1990 définissant les conditions de production des vins à appellation d'origine contrôlée « Côtes du Marmandais » », publié au JORF no 80 du .
  4. « Arrêté du 18 mai 1955 relatif aux conditions d'attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » à des vins bénéficiant de l'appellation d'origine « Côtes du Marmandais » », publié au JORF du p. 6249.
  5. « Arrêté du 18 février 1975 sur les conditions d'attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » à des vins bénéficiant de l'appellation d'origine « Côtes du Marmandais » », publié au JORF du .
  6. « Décret du 10 décembre 1991 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Côtes du Marmandais » », publié au JORF no 291 du .
  7. Cave du marmandais sur le site origine-marmandais.fr, consulté le 16 février 2010.
  8. « Décret n° 2009-1262 du 19 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Fronton », « Madiran », « Montravel », « Côtes de Montravel », « Haut-Montravel », « Pécharmant », « Rosette », « Saussignac », « Côtes du Marmandais » et « Cahors » », publié au JORF no 0244 du .
  9. « Décret n° 2011-1784 du 5 décembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Côtes du Marmandais » », publié au JORF no 0283 du .
  10. « Arrêté du 22 mars 2021 homologuant le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Côtes du Marmandais » », publié au JORF no 0076 du .
  11. « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Côtes du Marmandais » », homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  12. « 47086001 – DURAS – Le Boucaud » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  13. « Fiche 47086001 Duras » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  14. Fiche de l'AOC côtes du marmandais, consultée le 15 février 2010, sur le site inao.gouv.fr.
  15. Dégustation de l'abouriou 2007 d'Élian Da Ros sur le site chateauloisel.com, consulté le 15 février 2010.
  16. Article D. 644-23 du code rural sur le site légifrance.gouv.fr consulté le 15 février 2010.

Voir aussi

Bibliographie

  • Guy Lavignac, Cépages du sud-ouest, 2000 ans d'histoire/Mémoires d'un ampélographe, Rodez/Paris, INRA Éditions, , 272 p. (ISBN 2-84156-289-1 et 2738009743).
  • Jules Guyot, Étude des vignobles de France, pour servir à l'enseignement mutuel de la viticulture et de la vinification françaises Tome 1, Jeanne Laffite, coll. « Bibliothèque de l'œnophile », (réimpr. 1982), 2029 p. (ISBN 978-2-7348-0073-6)
  • Paul Strang (trad. de l'anglais), Vins du sud-ouest, Rodez, Éditions du Rouergue, , 347 p. (ISBN 978-2-84156-054-7 et 2-84156-054-6)
  • Pierre Casamayor, L'école des alliances, les mets et les vins, Paris, Hachette pratique, , 301 p. (ISBN 978-2-01-236461-5 et 2-01-236461-6)

Liens externes

Articles connexes

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