Cadi (Suisse)

Vue sur la Cadí près de Disentis/Mustér, en amont vers l’ouest

Cadi (féminin, ) fait référence à la région située des deux côtés du Vorderrhein autour de Disentis/Mustér dans le haut Surselva dans le canton suisse des Grisons. Historiquement, ancien territoire sujet de l’abbaye de Disentis.

Situation géographique

La région de Cadí s’étend entre le col de l’Oberalp à l’ouest et Breil/Brigels à l’est. Son nom dérive du latin Casa Dei, signifiant « Maison de Dieu », et fait référence au territoire sujet de l’abbaye de Disentis[1].

La région est divisée en deux zones de part et d’autre de la gorge étroite creusée par la rivière Russein (de: Russeiner Tobel). Cette gorge se situe entre les communes actuelles de Sumvitg et Disentis/Mustér.

Elle délimite la Sursassiala (« au-dessus de la pierre »), qui comprend Disentis/Mustér, Medel (Lucmagn) et Tujetsch ; de la Sutsassiala « au-dessous de la pierre » qui comprend Sumvitg, Trun et Breil/Brigels. Après 1185, le ruisseau de Petersbach, à l’est de Tavanasa, forme la frontière orientale de la Cadi[1].

Langue

La langue historique de la Cadí est le romanche Sursilvan[2]. Au cours du XIXème siècle, la défense du romanche et le refus de la fusion de ce dialecte avec d’autres dialectes romanches est un projet politique et identitaire majeure des forces conservatrices de la vallée de la Surselva[3].

Histoire

La Cadí sur une vieille carte

La Cadi a vu le jour en 765 par le testament de l’évêque Tello qui lègue des terres à l’abbaye de Disentis, située dans la Rhétie. Jusqu’en 1799, la Cadi fait intégralement partie de la seigneurerie ecclésiastique de Disentis.

En 1285, les moines du Cadi apparaissent pour la première fois avec leur propre sceau ; le premier landammann (magistrat en chef) est mentionné en 1371[1].

Un document de 1213 atteste que la principauté abbatiale détenait les droits régaliens et ceux de dîme. Les gens de la Cadi apparaissent avec leur sceau en 1285 et leur premier magistrat, le métral (mistral en romanche, Landammann en allemand) en 1371.

La communauté achète en 1401 l’avouerie du couvent. Les hommes libres "externes" de Laax établis dans la Sutsassiala ont au Moyen Age leur tribunal sur le pré de Saissafratga près de Castrisch; la plupart d’entre eux se font sujets de la Cadi au début du XVIe s.

Jusqu’en 1851, la Cadi est divisée pour l’administration et la basse justice, en quatre cuorts (cours), chacune ayant son vice-métral: Disentis/Mustér, Tujetsch, Breil/Brigels-Medel, Trun-Sumvitg. Les représentants des communautés forment le magistrat de cumin (quatorze membres), le tribunal civil (quatre membres par cuort sous la présidence du métral) et le tribunal criminel (quarante membres). Les affaires politiques relèvent de la cumin grond ("grande commune", soit juridiction) qui, dès 1472, peut choisir le métral sur une liste de trois noms proposés par l’abbé et l’élire librement dès le début du XVIIe s. L’élection avait lieu le lundi de Pentecôte, annuellement de 1472 à 1751, puis tous les deux ans. La commune rachète les dîmes de l’abbaye de Disentis entre 1738 et 1745[1].

En 1799, puis en 1803, la Cadi est dissoute en tant que seigneurie ecclésiastique, mais subsiste comme cumin grond de Disentis jusqu’en 1851. Elle disposait de deux voix à la Diète de la Ligue grise, de deux à cinq représentants au Grand Conseil dès 1803. En 1851, le nouveau cercle de Disentis dans le district du Rhin antérieur (depuis 2001 District de Surselva) s’agrandit de l’ancienne enclave de Schlans, qui deviendra sa septième commune en 1854, lorsque les quatre cuorts feront place à six communes[1].

Notes et références

(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Cadi » (voir la liste des auteurs).
  1. « Cadi », sur hls-dhs-dss.ch (consulté le )
  2. « Rhéto-romanche », sur hls-dhs-dss.ch (consulté le )
  3. Ivo Berther, « "Il mund sutsura - die Welt steht Kopf": alpine Peripherie und Moderne am Beispiel der Landsgemeinde Disentis 1790-1900 », Quellen und Forschungen zur Bündner Geschichte, vol. 25,‎ , _ (DOI 10.5169/seals-939138, lire en ligne, consulté le )

Bibliographie

  • Sandro Decurtins, « In Amt und Würden: Entstehen und Wesen der neuen Elite in der Surselva 1370–1530 », Quellen und Forschungen zur Bündner Geschichte, vol. 30,‎ , _ (DOI 10.5169/seals-939165, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

  • icône décorative Portail du canton des Grisons