Cahiers de littérature orale
| Cahiers de littérature orale | |
| Titre abrégé | CLO |
|---|---|
| Discipline | anthropologie, ethnolinguistique |
| Langue | français
anglais |
| Rédactrice en chef | Sandra Bornand
Manon Brouillet |
| Publication | |
| Maison d’édition | Presses de l'INALCO (France) |
| Période de publication | depuis 1976 |
| Fréquence | semestrielle |
| Libre accès | accès libre en ligne |
| Indexation | |
| ISSN (papier) | 0396-891X |
| ISSN (web) | 2266-1816 |
| Liens | |

Les Cahiers de littérature orale, aussi abrégés CLO, est une revue scientifique française consacrée aux productions de l'oralité à travers le monde. Fondée en 1976 par Geneviève Calame-Griaule[1],[2] et une équipe de chercheurs, elle donne lieu à deux numéros par an. Chaque numéro explore un thème spécifique concernant les arts de la parole (verbal arts), dans toute leur diversité. Les CLO publient principalement, en français mais également en anglais, des articles scientifiques inédits (textes de réflexion, études et témoignages) et des comptes rendus d'ouvrages[2].
Depuis 2013, la revue est accessible en libre accès sur OpenEdition Journals, où tous les numéros à partir du 62 (2007) peuvent être consultés dans leur intégralité.
Dès , le comité de rédaction des CLO rejoint le mouvement des Revues en lutte[3] et a participé aux différentes mobilisations pour la défense de la recherche publique, puis plus récemment à celui des sciences sociales contre l'extrême-droite[4]. Un numéro hors série a été publié en 2020 en guise de signe de lutte sous le titre « Oralités contestataires »[5].
Présentation
Les Cahiers de littérature orale sont nés de la volonté d'offrir davantage de visibilité et de légitimité à la « littérature orale de partout et de toujours »[6]. Les CLO étaient à l'origine la plateforme de travail du groupe « Oralité et domaines oraux (collecte de littérature orale, anthropologie de l’oralité, relation oral‑écrit) »[7] d'un centre de recherche qui réunissait des enseignants et chercheurs de l'INALCO, du CNRS et de l'EPHE, pour la plupart des anthropologues africanistes. Le groupe de recherche réunit alors Geneviève Calame-Griaule, Pierre Alexandre, Luc Bouquiaux, Jean Derive, Jacques Dournes et Michèle Dussutour-Hammer. Geneviève Calame-Griaule prend ensuite la direction du comité de rédaction qu’elle assumera jusqu’en 2011[8],[a]. La revue s'est définie comme « un lieu d'expression et de rencontre pour tous ceux qui travaillaient dans le domaine de l'oralité »[6] et n'a de cesse de réfléchir à ce qu'est la littérature orale et comment elle s'étudie : en prenant en compte la subjectivité de l'enquêteur et de l'enquêté, les contextes de réalisation de performances ou encore la pluridisciplinarité[9].
C'est la première revue, à l'échelle internationale, qui traite des productions de l'oralité, la revue américaine Oral Tradition n’ayant vu le jour que dix ans plus tard[10].
Liens institutionnels
Les CLO sont à leur commencement publiés par les P.O.F. (Publications Orientalistes de France), puis à partir du numéro 7 par l'INALCO[11], rejoignent ainsi les Publications Langues O’[12]. Dès le numéro 32, la revue est soutenue par le Centre de Recherche sur l'Oralité (C.R.O.), puis à partir du numéro 50-60 par le Centre d'Études et de Recherche sur les Littératures et les Oralités du Monde (C.E.R.L.O.M.). À partir du numéro 70, elle est rattachée au LLACAN (UMR 8135, CNRS, INALCO, puis CNRS, INALCO, EPHE), avant de devenir en 2024 une revue d’association[13], publiée par l’association Les ami·es des Cahiers de littérature orale.
Objectifs éditoriaux
Dès leurs premières publications, les Cahiers de littérature orale se donnent comme objet d'étudier les arts de la parole dans toute leur diversité. Cette ouverture se manifeste non seulement sur le plan géographique et disciplinaire, mais aussi sur la variété des thématiques abordées.
Une approche internationale
Depuis sa création, la revue des Cahiers de littérature orale s'est engagée à explorer la richesse des arts de la parole à l'échelle mondiale. Chaque numéro offre une plateforme pour des contributions étudiant diverses régions du globe, sur tous les continents. De plus, la revue s'intéresse à différentes époques, certains articles portant sur la Grèce ancienne et résonnant dans les milieux hellénistes[14],[15].
Une approche interdisciplinaire
La revue propose des perspectives provenant de diverses disciplines telles que l'anthropologie, l'ethnolinguistique et la littérature, ou encore plus récemment l'ethnocritique comme dans le n°93 (2023) à travers les contributions de Jean-Marie Privat[16] et Sophie Ménard[17]. La revue est un lieu de rencontre des disciplines et permet dans le même temps leur développement.
Mettre en valeur les genres de la littérature orale
Chaque numéro de la revue porte sur un genre spécifique de la littérature orale. Par exemple :
- 72 | 2012, Contes à rendre
- 89-90 | 2021, Théâtre, performance et parole politique dans l'espace public
- 91-92 | 2022, Donner de la voix : slogans et chants contestataires
Définition d'une méthodologie et de pratiques
Dans son double numéro 63-64, la revue a pour but de « rendre compte de l’évolution des pratiques d’enquêtes en littérature orale et de s’interroger sur les recherches actuelles »[9]. Cela passe notamment par la prise en compte de la subjectivité de l'enquêteur et de l'enquêté, mais également du contexte de ce qu'est une performance.
Cette définition méthodologique est surtout une exploration perpétuelle : dans son numéro consacré à Bob Dylan (n°94, 2024), la revue présente un nouvel outil, le code VOVA[18] qui propose une entextualisation du répertoire dylanien.
Indexation
Les Cahiers de littérature orale figurent sur la liste des revues référentes en anthropologie, ethnologie et folklore de l'HCERES en 2016, 2017 et 2021[19]. La revue est également référencée sur la base Mir@bel[20] et ERIHPLUS[21].
Les 50 ans de la revue : un colloque nommé « Oralité(s). Hier, aujourd’hui, demain »
A l'occasion du cinquantenaire des Cahiers de la littérature orale, un colloque international a été organisé à l’Ethnopôle GARAE, à Carcassonne et en visioconférence les 27 et [22]. Ce colloque a donné lieu à des discussions entre chercheur·euses, à une exposition et à une soirée autour d'un conte musical[23].
Les discussions
Le colloque a été l'occasion de resituer les évolutions d'un champ d'étude en pleine mutation et en pleine expansion au niveau des terrains d'étude, des disciplines, des corpus. La revue a en effet été témoin de ces changements, au cours de 50 ans d’activité et de 100 numéros[24]. Au fur et à mesure, la revue s’est ouverte à l’ethnopoétique, l’anthropologie linguistique, l’ethnocritique et l’ethnomusicologie tout en conservant un fort ancrage anthropologique[25].
Les discussions ont exploré diverses notions liées à l'oralité à partir de pratiques situées. En Asie centrale, en Grèce, sur l'archipel de Vanuatu, au Niger, à Wallis, en France hexagonale, en Martinique, au Sénégal ou sur Internet, les chercheur·euses s'interrogent sur les dynamiques langagières, les usages de l'oral, ses effets, ses modes d'expression[26]...
Pour les Cahiers de la littérature orale, il existe plusieurs facettes de l'oralité : l'oralité comme culture, l’oralité comme genre de discours, l’oralité comme pratique ordinaire, l’oralité comme rite, l’oralité comme mode anthropologique de communication, l’oralité comme (ambi-)valence culturelle[27]...
L'exposition
L'exposition « Au fil des CLO » à l'ethnopôle Garae de Carcassonne est revenue sur 50 ans de publications. L’exposition a été organisée autour de huit modules thématiques, articulés autour de kakémonos et de quelques objets. D'anciens ouvrages et numéros de revues conservés au centre de documentation du GARAE ont été rendus visibles au public. Pour rendre hommage à la pratique orale, un montage audiovisuel a complété l’exposition. Il est composé d’extraits d’entretien avec Geneviève Calame-Griaule et Daniel Fabre ainsi que de deux documentaires courts[28]. Cette exposition a été pensée pour voyager et circulera dans les universités.
Le conte-musical
Le conteur burkinabé KPG (Kientega Pingdéwindé Gérard) a performé son spectacle « Sooré – le chemin », accompagné à la musique et au chant par Bassitey (artiste-musicien, rappeur-slameur du groupe Negroïde). Sooré est le nom de son deuxième album, qu’il présente ainsi :
« Dans cet album, je parle du chemin, du chemin de vie. Je retrace l'histoire de chaque homme, de chaque femme. J'y mets aussi en lumière nos valeurs culturelles, notamment celles des Bougba. Les Bougba viennent de la famille des Nionionsé et des forgerons. Ce sont des devins capables de se connecter à l'Entité Mère pour prendre des connaissances pour sauver l'humanité, pour sauver sa région, pour sauver la population et l'espace dans lequel elle vit[29]. »
Le conte permet à l'artiste d'évoquer des thèmes profonds comme, par exemple : l'enfance, la mort, la justice[30]. Il partage ainsi une approche de la culture mossi et, plus précisément, du groupe socio-professionnel des forgerons. La langue est pour lui terrain d'exploration, de traduction et de transmission de valeurs positives. Il souhaite que chaque enfant soit fier de sa culture et de sa langue[29]. Selon Fabino Prod, journaliste culturel à Infos Culture Du Faso, “l’oralité devient mémoire vivante et lien entre les mondes” au cours de ce spectacle[31].
Numéros de la revue
62 . Le livre parle, 2007
63-64 . Pratiques d'enquêtes, 2008
65 . Autour de la performance, 2009/1
66 . Mémoire des CLO, 2009/2
67-68 . Quand l'art prend la parole, 2010
69 . Paroles de jeux, paroles de crise, 2011/1
70 . L'adresse indirecte ou la parole détournée, 2011/2
71 . Interlocutions périlleuses, 2012/1
72 . Contes à rendre, 2012/2
73-74 . D'un rythme à l'autre, 2013
75-76 . L'autre voix de la littérature, 2014
77-78 . Paroles publiques, paroles confidentielles, 2015
79 . Des vies extraordinaires : les territoires du récit, 2016/1
80 . Des vies extraordinaires : motifs héroïques et hagiographiques, 2016/2
81 . Le poète et l'inspiration, 2017/1
82 . Jouer avec le genre dans les arts de la parole, 2017/2
83 . Geneviève Calame-Griaule, 2018/1
84 . Le Récit généalogique, 2018/2
85 . Eclats de parole, 2019/1
86 . L'Heure du conte, 2019/2
Hors-Série . Oralités contestataires, 2020
87 . Ec(h)opoétiques, 2020/1
88 . Oralités enfantines et littératures, 2020/2
89-90 . Théâtre, performance et parole politique dans l'espace public, 2021
91-92 . Donner de la voix : slogans et chants contestataires, 2022
93 . Oralités de bonheur, oralités de malheur, 2023/1
94 . Bob Dylan, le pluriel des voix, 2023/2
95-96 . Poésies performatives : approches croisées, 2024Voir aussi
Notes et références
- ↑ La direction du comité de rédaction a ensuite été assurée jusqu’en 2024 par Nicole Belmont et Cécile Leguy, rejointes en 2017 par Sandra Bornand.
- ↑ Éric Jolly, « Geneviève Calame-Griaule (1924-2013) », L’Homme. Revue française d’anthropologie, no 213, , p. 7–18 (ISSN 0439-4216, DOI 10.4000/lhomme.23653, lire en ligne, consulté le )
- « Cahiers de Littérature Orale revue arts langagiers genres littéraires oraux », sur Ent’revues, (consulté le )
- ↑ hkhugo, « Liste et motions des revues », sur Université Ouverte, (consulté le )
- ↑ « Revue en luttes : les sciences sociales contre l'extrême-droite | Communiqué », sur x, (consulté le )
- ↑ anitabo, « #NumérosEnLutte », sur Université Ouverte, (consulté le )
- Geneviève Calame-Griaule, « Editorial », Cahiers de littérature orale, vol. 39-40, , p. 17
- ↑ Nicole Belmont et Cécile Leguy, « Éditorial », Cahiers de littérature orale, no 83, , p. 9–17 (ISSN 0396-891X, DOI 10.4000/clo.4586, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Cécile Leguy, « Ethnologie et langage au fil d’un parcours passionné. Geneviève Calame-Griaule (1924-2013) », Journal des africanistes, nos 84-2, , p. 277–285 (ISSN 0399-0346, DOI 10.4000/africanistes.4204, lire en ligne, consulté le )
- « Brunhilde Biebuyck, Sandra Bornand et Cécile Leguy (dirigé par). Pratiques d’enquêtes. Cahiers de Littérature Orale, n° 63-64, Publication Langues O’, 2008. Compte rendu de Caroline Panis (CEPED, UMR 196, Paris-Descartes) », Langage et société, vol. 136, no 2, , p. 141a–144 (ISSN 0181-4095, DOI 10.3917/ls.136.0141, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Sandra Bornand et Cécile Leguy, « Chapitre 4 - Arts de la parole, de la mémoire et de l’improvisation », dans Sandra Bornand et Cécile Leguy, Anthropologie des pratiques langagières, Paris, Armand Colin, coll. « Collection U », (ISBN 220028778X), p.101-130
- ↑ « Cahiers de littérature orale », sur www.openedition.org (consulté le )
- ↑ Encyclopædia Universalis, « Biographie de GENEVIÈVE CALAME-GRIAULE (1924-2013) », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
- ↑ « Association LES AMI.ES DES CAHIERS DE LITTERATURE ORALE »
, sur L'annuaire des entreprises data gouv (consulté le )
- ↑ Françoise Létoublon, « Récits de rêves. Cahiers de littérature orale 51, 2002 », GAIA. Revue interdisciplinaire sur la Grèce ancienne, vol. 9, no 1, , p. 244–247 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Françoise Létoublon, « Voix, écritures, Cahiers de littérature orale, n° 52, 2002, numéro coordonné par Nicole Belmont », GAIA. Revue interdisciplinaire sur la Grèce ancienne, vol. 10, no 1, , p. 384–385 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Jean-Marie Privat | ETHNOCRITIQUE », sur ethnocritique.com (consulté le )
- ↑ « Sophie Ménard | ETHNOCRITIQUE »
, sur ethnocritique.com (consulté le )
- ↑ « VOVA », sur vovarts.org (consulté le )
- ↑ « JournalBase V8.0 », sur https://journalbase.cnrs.fr/index.php?op=2 (consulté le )
- ↑ Mirabel, « Mirabel : revue Cahiers de littérature orale », sur @mirabel_revues (consulté le )
- ↑ « Journal information | ERIH PLUS », sur kanalregister.hkdir.no (consulté le )
- ↑ Florence Goyet, « Oralités. Hier, aujourd’hui, demain. », Le Carnet du Projet Épopée., (lire en ligne)
- ↑ « COLLOQUE : Oralité(s). Hier, aujourd’hui, demain - Garae. http://www.garae.fr/new/spip.php?article576. Consulté le 2 septembre 2025. » (consulté le )
- ↑ Fabula, Équipe de recherche., « Colloque du Cinquantenaire des Cahiers de Littérature Orale (Carcassone) », sur Fabula, (consulté le )
- ↑ Carnets de littératures africaines, « Hier, aujourd’hui, demain: Colloque à l’occasion des 50 ans des Cahiers de littérature orale », sur Hypothèses, (consulté le )
- ↑ NASCIMENTO, Balthazar DO, « [CLO] Colloque International │ Oralité(s). Hier, aujourd’hui, demain │ 27 & 28 mai », sur LACITO, (consulté le )
- ↑ « Appel à contributions : Oralité(s) Hier – Aujourd’hui – Demain, Carcassonne, mai 2025 », sur SIDF — Société Internationale de Diachronie du Français, (consulté le )
- ↑ Brandsma, Peter, « ORALITÉ(S) HIER-AUJOURD’HUI-DEMAIN. Colloque du Cinquantenaire des Cahiers de littérature orale. », sur Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 (consulté le )
- « Album « Sooré » : KPG retourne aux sources ! », sur Infos Sciences Culture (consulté le )
- ↑ « Page d’accueil KPG Conteur », sur Compagnie KPG (consulté le )
- ↑ Fabino Prod, « Sãnãba K P G sur les routes de l’oralité : cap sur Carcassonne avec “Sooré (le chemin) », sur Infos Culture Du Faso.,
Liens externes
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