Camille François

Camille François
Camille François en 2011
Biographie
Formation
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Université Columbia (depuis )
Niantic Games Team (-)
Graphika (en) (-)
Jigsaw (en) (-)
Etalab (-)
Mozilla Corporation (-)
Berkman Center for Internet & Society (-)
Defense Advanced Research Projects Agency ()
Google (-)
Membre de
Conseil scientifique de Wikimédia France (d) (-)
Site web

Camille François est une chercheuse française, spécialiste des questions de désinformation et de modération en ligne. Elle travaille notamment sur la question de l'ingérence russe dans le débat public américain.

Biographie

Enfance et études

Camille François grandit à Marseille. Elle est la petite-fille de Gilbert Rastoin, ancien maire de Cassis. Elle étudie le droit humanitaire à Sciences Po et y fonde une association étudiante défendant le principe du logiciel libre. Elle réalise son premier stage en 2007 auprès du député Arnaud Montebourg. En 2010, elle s'installe aux États-Unis et suit un master en sécurité internationale de l'université Columbia[1],[2].

Début de carrière

Elle entre un temps dans la Defense Advanced Research Projects Agency, l'agence du gouvernement américain chargée de la recherche et développement des nouvelles technologies destinées à un usage militaire. Après une expérience chez Mozilla, elle revient quelques mois en France travailler chez Etalab, avant de repartir aux États-Unis[2].

Elle rejoint par ailleurs le Berkman Klein Center for Internet & Society. Elle est recrutée comme chercheuse par Google où elle intègre l'incubateur Jigsaw (en). Elle y travaille sur la question des biais algorithmiques, alors peu étudiés[1],[2].

Étude de la désinformation en ligne

En 2018, elle rejoint Graphika (en), une entreprise spécialisée dans l'analyse de la désinformation et des réseaux sociaux. À son arrivée, elle analyse avec une équipe de chercheurs de l'université d'Oxford les ingérences russes dans l'élection présidentielle américaine de 2016 pour le compte de la commission spéciale sur le renseignement du Sénat des États-Unis. Elle entre en contact avec les petites mains des usines à trolls[3]. Elle est récompensée pour ses travaux par le MIT Technology Review qui la cite parmi les personnalités les plus innovantes dans son Innovators Under 35 (en)[4]. Le Time la classe parmi les 100 personnalités à suivre en 2019[5].

En parallèle de ses activités professionnelles, elle donne à Harvard des cours dans le domaine de la cybersécurité[2]. Elle est nommée en directrice de l'innovation de Graphika[3]. Elle étudie alors l'ingérence russe dans le cadre des élections américaines de 2020, notamment celle menée par l'Internet Research Agency[6]. Elle utilise l'intelligence artificielle pour cartographier les réseaux en ligne et comprendre les modalités de la circulation de l'information[7].

Promotion de la modération en ligne

En 2023, alors qu'elle travaille chez Niantic, elle est chargée par Emmanuel Macron de participer au pilotage des États généraux de l'information[8].

En , dans le cadre du sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle, elle annonce le lancement de l'ONG Roost, visant à améliorer la modération en ligne, notamment dans le domaine de la pédopornographie. Elle lance en des outils en accès libre et crée un espace sur Discord pour faciliter les échanges entre experts[1]. Elle continue ses activités d'enseignement à l'université Columbia, tout en travaillant avec des chercheurs du laboratoire Geode de l'université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis[9].

Vie privée

Elle est mère d'une fille, née en 2025[1].

Notes et références

  1. Marine Protais, « Camille François, la chercheuse qui ouvre la boîte noire de la tech », La Tribune,‎ (lire en ligne)
  2. Fabiola Dor et Julia Lemarchand, « La française Camille François parmi les "35 Innovators Under 35" », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  3. (en) Kate Fazzini, « This former Google exec talked to the social media trolls the Russians paid to influence elections — here’s what she learned », CNBC,‎ (lire en ligne)
  4. Erika Beras, « Camille François », MIT Technology Review,‎ (lire en ligne)
  5. Mark Warner, « Camille François », Time,‎ (lire en ligne)
  6. Alexis De Lancer, « Élections américaines : l’ingérence étrangère (encore) au rendez-vous », Société Radio-Canada,‎ (lire en ligne)
  7. L. L., « Camille François : 30 ans, chercheuse », Challenges, no 622,‎ , p. 59
  8. « Camille François », sur French-American Foundation-France,
  9. Joséphine Boone, « IA : la France en quête de ses chercheurs expatriés », Les Échos,‎ (lire en ligne)

Voir aussi

Liens externes

  • icône décorative Portail d’Internet
  • icône décorative Portail de la recherche scientifique
  • icône décorative Portail des universités américaines
  • icône décorative Portail des universités françaises