Camille Mallarmé

Camille Mallarmé
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Prix Montyon (1913)

Camille Mallarmé, née en 1886 à Alger et morte le à Florence, est une écrivaine, romancière, traductrice et journaliste franco-italienne.

Biographie

Jeunesse et littérature

Fille de Victor Eugène Mallarmé, avocat au tribunal d'Alger, et de Marie Mathilde Bippert, tous deux d'origine alsacienne et apparentée au poète Stéphane Mallarmé[1], Camille Mallarmé s'installe à Paris avec sa mère après la mort de son père. Dans la capitale française, elle achève ses études de lettres, obtient son diplôme en 1903 et se consacre aussitôt à l'écriture[2]. En 1909, elle effectue son premier voyage en Italie et s'établit à Sienne, où elle rencontre Paolo Orano, son futur mari, alors professeur de philosophie, théoricien syndicaliste révolutionnaire mais également marié et père de deux enfants[2]. Elle commence alors à écrire son premier roman, Le Ressac, auquel l'Académie française décerne le prix Montyon en 1913.

Alternant les séjours entre la France et l'Italie, elle devient une « médiatrice culturelle » entre les deux pays comme conférencière prisée, notamment grâce à ses interventions au Teatro Argentina de Rome, où elle s'exprima sur la littérature enfantine devant un public d'intellectuels et de femmes de la noblesse[2]. Amie de Eleanora Duse et de Gabriele D'Annunzio, Mallarmé participe à la diffusion en France de l'œuvre de Luigi Pirandello.

Passeuse culturelle du fascisme et de l'antisémitisme en France

De sympathie monarchiste et germanophobe[1], elle est interventionniste durant la Première Guerre mondiale et publie plusieurs articles dans La Nuova Antologia et La Diana ainsi que des appels aux femmes à collecter des fonds pour l'achat d'avions. Dans l'entre-deux guerre, elle contribue à la diffusion des écrits fascistes et antisémites de son mari Paolo Orano (Gli ebrei in Italia, 1937) et collabore activement à Je suis partout à partir de 1931[3], dont elle est correspondante en Italie au moment de la promulgation des lois raciales de 1938, et à des journaux classés à droite comme Aux Écoutes (de 1922 à 1933) et Le Gaulois (de 1923 à 1926)[1].

Camille Mallarmé en 1923.

Faisant l'éloge du régime fasciste, Mallarmé y appelle la « France saine » à une alliance avec l’Italie inaugurant un âge d’or de la latinité qui « pourrait renaître lorsqu’un bloc de 80 millions de Latins, dominant de nouveau, d’accord, la Méditerranée, déciderait de ce qui s’appellera éternellement le cœur de l’Histoire »[1]. Dans Le Gaulois, elle affirme également que le fascisme italien montre l’exemple à suivre en France contre le « culte à la fausse déesse Démocratie, laquelle n’a jamais conduit les peuples qu’à la ruine »[1]. Dans Je suis partout, elle dénonce « les dangers que représente pour un corps national la mentalité juive triomphante » :

« Le spectacle que donne la France depuis vingt ans, avec ses scandales financiers juifs à chaîne continue, les convulsions sociales où l’a précipitée le super-Juif Blum, la politique étrangère démente que soutiennent tous les Juifs du gouvernement et de la presse, ce spectacle désespérant pour les Français encore capables de faire usage de leur intelligence, a une éloquence incomparablement plus terrible pour le chef d’Etat attentif, chargé de la responsabilité d’un autre peuple latin, si proche. Ce que les sémites et philosémites de France appellent « libéralisme », « humanitarisme », etc., Mussolini a fini par comprendre que cela signifiait en termes précis : possibilité pour les Juifs de tondre et ruiner les chrétiens légalement »[4].

À partir de l’été 1925, Mallarmé et son mari quittent Rome pour s’installer à Florence. Proche de Pierre Gaxotte en raison de leurs communes positions anti-allemandes, Mallarmé se querelle avec Robert Brasillach, lequel a succédé à Gaxotte en tant que rédacteur en chef de Je suis partout en 1937[1].

Mallarmé décède à Florence le . Elle est enterrée dans le cimetière Porte Sante de Florence. Sa pierre tombale porte les mots avec lesquels D'Annunzio la décrivait : « l'Italienne de France ».

Œuvres

Livres

  • Le Ressac, Paris, Grasset, 1912. (Prix Montyon de l’Académie française en 1913)
  • La Casa seca. Paris, Calmann-Lévy, 1916.
  • La Légende dorée de Mie-seulette (ou La leggenda d’oro di Mollichina), Paris, 1923 (avec illustrations de Duilio Cambellotti).
  • L’Amour sans visage, Paris, Albin Michel, 1924.
  • Un drame ignoré de Michel-Ange, Paris, Firmin-Didot, 1930.

Traductions

  • Luigi Pirandello, La Volupté de l’honneur (La voluttà dell’onore), Paris, Gallimard (collection Blanche), 1925.

Notes et références

  1. Nina Valbousquet, « Latinité et antisémitisme latin au service du fascisme : culture et propagande chez Paolo Orano et Camille Mallarmé, entre France et Italie », Cahiers de la Méditerranée, 95, 2017.,‎ (lire en ligne)
  2. Laura Candiani, « L'Amour sans visage de Camille Mallarmé fête son centenaire »,
  3. Nouvelle histoire de l'extrême droite. France 1780-2025, Seuil, (lire en ligne)
  4. Camille Mallarmé, « Au pied du mur », Je suis partout,‎ , p. 1 (lire en ligne)

Bibliographie

  • Jean-Louis Courtault-Deslandes, Les témoignages inédits de Camille Mallarmé. 1914-1924. Un essai de mediation culturelle et politique entre la France et l'Italie, Thèse de doctorat, 1991.

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