Campomanesia phaea

Campomanesia phaea
Description de cette image, également commentée ci-après
Vue de l'arbre à São Paulo
Classification de Cronquist (1981)
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Sous-classe Rosidae
Ordre Myrtales
Famille Myrtaceae
Genre Campomanesia

Espèce

Campomanesia phaea
(Berg) Landrum, 1984

Classification APG III (2009)

"Représentation graphique de la classification phylogénétique"
Clade Angiospermes
Clade Dicotylédones vraies
Clade Rosidées
Clade Malvidées
Ordre Myrtales
Famille Myrtaceae
Sous-famille Myrtoideae
Tribu Myrteae
Groupe Pimenta

Statut de conservation UICN

(LC )(LC )
LC (2012) : Préoccupation mineure

synonymes

  • Abbevillea phaea O. Berg; Fl. Bras [Martius] 14(1): 435 (1857)
  • Paivaea langsdorfii O. Berg [Martius] 14(1): 614 (1859)/
  • Paivaea phaea O. Berg Mattos
  • Campomanesia phaea O. Berg/ Mattos; Loefgrenia 90: 4 (1986)

Campomanesia phaea ou cambuci en portugais du Brésil est une espèce de plantes fruitière de la famille des Myrtaceae, endémique de la foret atlantique du sud-est brésilien: Etats de Paranà, Rio de Janeiro -Serra do Mar-, São Paulo et Minas Gerais[1]Fervedouro). L'arbre est nommé Cambucizeiro.

En langues tupi-guarani il se dit 'ybakamusi (= fruit qui a la forme d'un pot[2])[3] qui a donné cambuci, parfois écrit cambuchi. Depuis 2005 les chercheurs brésiliens affirment un potentiel d'industrialisation de la culture et de la transformation du fruit[4]. Le statut de conservation a été modifié en 2012, pour Préoccupation mineure[5] elle était auparavant classée vulnérable par l'UICN[6] .

Description

Arbre qui peut atteindre 16 m[5], sauvage (forêt dense ombrophile atlantique de la côte nord de São Paulo) et cultivé à petite échelle[7]. La tronc écailleux mesure 20 à 30 cm de diamètre. Les feuilles sont opposées, pétiolées, vert vif côté sol et plus claires côté ciel. Les grandes fleurs sont blanches, axillaires et solitaires avec 5 pétales, et de nombreuses étamines[1], la pollinisation est faite par une abeille nocturne qui s'oriente au parfum de la fleur[8].

Fruit du Cambuci, au centre le fruit immature

Le fruit vert à maturité charnu de 5 à 6 cm de diamètre en zone médiane est «semblable au citron, avec une écorce fine, beaucoup de jus, acide comme le raisin sauvage» (Marcgrave, Hist. Nat. Bras., 141)[3], la fructification (d'avril à juin) est abondante, la pulpe charnue est consommée par les tapirs[9] les ratons crabiers et les pacas[6], très appréciée par l'homme[7]. Chaque fruit contient 1 à 4 graines dont la germination (30 jours et plus) est aléatoire et le développement des plantules sont très lents[10]. L'acidité de fruit est forte (pH = 2,91), ses propriétés aromatiques en font un condiment des aliments et des boissons, des glaces, de liqueurs et du soda[1]. La saveur est décrite comme piquante persistante et agréable et le parfum citronné[4].

Culture

Selon une étude menée à Paraibuna il existait en 2020 16 producteurs avec un verger total 108 specimens, la production moyenne par arbre est 46,5 kg. 41 % des fruits étaient transformés en jus, 27 % utilisés en alimentation animale, liqueur, gelée et sirop[11]. La culture se développe lentement.

La reproduction par graine exige un pH acide, le milieu de culture in vitro a été décrit en 2021[12]. La rusticité n'est pas connue, le cambuci est suspecté moins rustique que la goyave.

Ecologie

Le cambuci est recommandé pour la restauration des zones dégradées de préservation permanente en climat tropical. Sa croissance est lente, spécialement en milieu découvert. Les populations locales le reproduisent par semis[13].

Jus de cambuci

Une variété a été décrite sur les rives de la Coruja par Mattos (1997): Campomanesia phaea var. lauroana (Mattos), nom commun le Cambuci de Boraceia. Le fruit a une forme différente du cambuci avec une base plate et une maturité septembre-octobre.

On suspecte une grande variabilité du cambuci, un collectionneur de fruitiers d'Avaré a décrit (2010) plusieurs variétés de cambuci, à peau fine, à peau dure, qu'il a nommées empadinha, mirim jaune, guabiroba, riscado, globozinho, enrugado, taça-escuro[14]. Des mesures précises réalisées en 2017 ont montré une forte variabilité des fruits dans le même verger[15].

Ethnomédecine et recherche

Les fruits et l'écorce ont des usages médicinaux traditionnels contre la fièvre[10]. Les fruits sont riches en vitamines B, A et C, en fer et en tanin, il contiennent des composés phénoliques, qui préviennent l'hyperglycémie postprandiale[16], de l'acide ascorbique, des composés volatils et des caroténoïdes. Ils sont peu sucrés avec 5 % de glucides totaux[4]. Ils renforcent le système immunitaire et à régulent le cholestérol[6].

Les abondantes publications académiques (depuis 2003) ont mis en évidence l'activité antibactérienne, antifongique, antivirale, anti-inflammatoire, antidiabétique, gastroprotectrice et antidépressive[17]. Chez la souris obèse ils améliorent la résistance à l'insuline et la stéatose hépatique (2021)[18].

Manifestations

Le festival de Cambuci est organisé chaque année en novembre ou en juin à Salesópolis et Rio Grande da Serra[19], de nombreux plats, des sucreries et confiseries à base de cambusi y sont présentés et consommés[20].

Bibliographie

  • (pt) Roberto Tsuyoshi Adati. Estudo biofarmacognostico Campomanesia phaea (O.Berg.) Landrum. Myrtaceae. São Paulo Universidade - Faculdade de Ciências farmacêuticas. These de maitrise. 146 p. 2001[21].
  • (pt) Tatiane de Oliveira Tokairin. Caracterização e conservação pós-colheita de cambuci, fruto nativo da Mata Atlântica. Thèse de doctorat en Sciences. Piracicaba, 133 p. 2017[22]. (Les fruits ont un arome variable selon le stade de maturité, plus verts les arômes sont herbacés, éthérés ou piquants, et en mûrissant, ils commencent à présenter des arômes fruités et camphrés. La composition et le gout évolue rapidement après la récolte)

Notes et références

  1. Atena Editora, Frutas nativas da Mata Atlântica: importância, oportunidades, desafios e o papel da agroecologia para sua difusão, (lire en ligne)
  2. (pt-BR) « Dicionário de Tupi antigo - A língua indígena clássica do Brasil - Livro », sur Grupo Editorial Global (consulté le )
  3. (pt) Eduardo de Almeida Navarro, Dicionário tupi antigo: a língua indígena clássica do Brasil, Global Editora, (ISBN 978-85-260-1933-1, lire en ligne)
  4. « Establishing a secure connection ... », sur www.scielo.br (DOI 10.1590/s0100-29452005000200014, consulté le )
  5. (pt-BR) « CNCFlora • Campomanesia phaea (O.Berg) Landrum », sur proflora.jbrj.gov.br (consulté le )
  6. Tiago Malta, Flora Da Mata Atlântica Mais Indicadas Para O Reflorestamento (Segunda Edição), (lire en ligne)
  7. Internet Archive, World List of Threatened Trees, Eisenbrauns, (ISBN 978-1-899628-10-0, lire en ligne)
  8. (en) G. D. Cordeiro, M. Pinheiro, S. Dötterl et I. Alves-dos-Santos, « Pollination of Campomanesia phaea (Myrtaceae) by night-active bees: a new nocturnal pollination system mediated by floral scent », Plant Biology, vol. 19, no 2,‎ , p. 132–139 (ISSN 1438-8677, DOI 10.1111/plb.12520, lire en ligne, consulté le )
  9. Sociedade Brasileira de Mastozoologia, Livro de Resumos CBMz 2012, (lire en ligne)
  10. (en) María Lúcia Kawasaki et Leslie R. Landrum, « A rare and potentially economic fruit of Brazil,Campomanesia pheaea (Myrtaceae) », Economic Botany, vol. 51, no 4,‎ , p. 403–405 (ISSN 1874-9364, DOI 10.1007/BF02861053, lire en ligne, consulté le )
  11. Baixar - Febrace (lire en ligne)
  12. (en) Christian Aparecido Demétrio, Jessica Fernanda de Oliveira Jacob, Guilherme Bovi Ambrosano et Ênio Tiago de Oliveira, « In vitro propagation of cambuci (Campomanesia phaea): An endangered exotic fruit and ornamental plant from Brazilian Atlantic Forest », Plant Cell, Tissue and Organ Culture (PCTOC), vol. 145, no 1,‎ , p. 203–208 (ISSN 1573-5044, DOI 10.1007/s11240-020-02002-1, lire en ligne, consulté le )
  13. (pt) Cristiane Campanini, Ana Paula do Nascimento Lamano-Ferreira, Maria Solange Francos et Mauricio Lamano-Ferreira, « ETNOECOLOGIA DO CAMBUCI (Campomanesia phaea (O. Berg) LANDRUM) PELA POPULAÇÃO DE PARANAPIACABA, SUDESTE DO BRASIL », Revista em Agronegócio e Meio Ambiente, vol. 10, no 4,‎ , p. 1179–1203 (ISSN 2176-9168, DOI 10.17765/2176-9168.2017v10n4p1179-1203, lire en ligne, consulté le )
  14. (pt-BR) « CONHEÇA O CAMBUCI, FRUTA NATIVA DA SERRA DO MAR », (consulté le )
  15. (en) Maria Cecília Sanches Azevedo, Rafaela Rossi E. Silva, Angelo Pedro Jacomino et Maria Inés Genovese, « Physicochemical variability of cambuci fruit ( Campomanesia phaea ) from the same orchard, from different locations and at different ripening stages: Physicochemical variability of cambuci fruit », Journal of the Science of Food and Agriculture, vol. 97, no 2,‎ , p. 526–535 (DOI 10.1002/jsfa.7756, lire en ligne, consulté le )
  16. (en) « Campomanesia phaea », sur www.b4fn.org (consulté le )
  17. (en) Juver Andrey Jimenez Moreno, Vanessa Cosme Ferreira, Larissa Castro Ampese et Leonardo de Freitas Marinho, « An overview of the ellagic acid and proanthocyanidins’ polyphenols from cambuci (Campomanesia Phaea Berg): Myrtaceae’s family », European Food Research and Technology, vol. 250, no 3,‎ , p. 859–876 (ISSN 1438-2385, DOI 10.1007/s00217-023-04413-8, lire en ligne, consulté le )
  18. Carlos M. Donado-Pestana, Érika V. M. Pessoa, Larissa Rodrigues et Rafaela Rossi, « Polyphenols of cambuci (Campomanesia phaea (O. Berg.)) fruit ameliorate insulin resistance and hepatic steatosis in obese mice », Food Chemistry, vol. 340,‎ , p. 128169 (ISSN 0308-8146, DOI 10.1016/j.foodchem.2020.128169, lire en ligne, consulté le )
  19. (pt-BR) « Rio Grande da Serra | XVII Festival do Cambuci! NOVAS DATAS » (consulté le )
  20. (pt-BR) « FESTIVAL DO CAMBUCI 2022 – Polo de Ecoturismo de São Paulo » (consulté le )
  21. https://www.teses.usp.br/teses/disponiveis/9/9138/tde-13012012-111440/publico/Roberto_Tsuyoshi_Adati_Mestrado.pdf
  22. https://www.teses.usp.br/teses/disponiveis/11/11136/tde-24082017-134117/publico/Tatiane_de_Oliveira_Tokairin_versao_revisada.pdf

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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