Capitaine Mehl (contre-torpilleur)

Capitaine Mehl
illustration de Capitaine Mehl (contre-torpilleur)
Le navire jumeau Bouclier en route

Type contre-torpilleur
Classe classe Bouclier
Histoire
A servi dans  Marine nationale
Chantier naval Ateliers et chantiers de la Loire, Saint-Nazaire
Quille posée 1910
Lancement 20 avril 1912
Statut radié le 10 juillet 1926
Équipage
Équipage 80 à 83
Caractéristiques techniques
Longueur 72,3 à 78,3 m
Maître-bau 7,6 à 8 m
Tirant d'eau 2,9 à 3,3 m
Déplacement 720 à 756 tonnes
Propulsion
Puissance 13000 ch (9694 kW)
Vitesse 30 noeuds (56 km/h)
Caractéristiques militaires
Armement
Rayon d'action 1200 à 1600 milles marins (2200 à 3000 km) à 12 à 14 nœuds (22 à 26 km/h)
Pavillon France

Le Capitaine Mehl était l’un des douze contre-torpilleurs de classe Bouclier construits pour la marine française dans la première décennie du XXe siècle.

Conception

La classe Bouclier a été conçue selon une spécification très générale et les navires différaient considérablement les uns des autres de diverses manières[1]. Les navires avaient une longueur totale de 74 à 78,3 mètres, une largeur de 7,6 à 8 mètres et un tirant d’eau de 2,9 à 3,1 mètres. Conçus pour déplacer 800 tonnes métriques, ils avaient un déplacement de 692 tonnes à charge normale. Leur équipage comptait entre 80 et 83 hommes[1].

Les navires étaient propulsés par une paire de turbines à vapeur Parsons, chacune entraînant un arbre d'hélice utilisant de la vapeur fournie par quatre chaudières à tubes d'eau. Les moteurs ont été conçus pour produire 13000 chevaux (9700 kW), ce qui était destiné à donner aux navires une vitesse de 30 nœuds (56 km/h). Le Capitaine Mehl a largement dépassé cette vitesse, atteignant 31,8 nœuds (58,9 km/h) lors de ses essais en mer. Les navires transportaient suffisamment de mazout pour leur donner une autonomie de 1200 à 1600 milles marins (2200 à 3000 km) à une vitesse de croisière de 12 à 14 nœuds (22 à 26 km/h)[2].

L’armement principal des navires de la classe Bouclier se composait de deux canons de 100 millimètres modèle 1893 dans des affûts simples, un à l’avant et un à l’arrière des superstructures, et de quatre canons de 65 millimètres modèle 1902 répartis au milieu du navire. Ils étaient également équipés de deux affûts jumeaux pour des tubes lance-torpilles de 450 millimètres au milieu du navire[1].

Pendant la Première Guerre mondiale, un canon antiaérien de 45 millimètres ou 75 millimètres, deux mitrailleuses de 8 millimètres et huit ou dix grenades anti-sous-marines de type Guiraud ont été ajoutés aux navires. Le poids supplémentaire a gravement surchargé les navires et réduit leur vitesse maximale à environ 26 nœuds (48 km/h)[1].

Carrière

Commandé aux Ateliers et chantiers de la Loire, le Capitaine Mehl est lancé le à son chantier naval de Saint-Nazaire. Le navire a été achevé plus tard cette année-là[3]. Chose inhabituelle pour un navire de la Marine nationale française, il porte le nom d’un officier de l’armée de terre, capitaine dans la Légion étrangère : Jean-Baptiste Joseph Mehl, né le à Lille (Nord) et mort le lors de la prise de la porte ouest de la citadelle de Sontay. Les opérations contre Phu-Xa et Sontay, menées sous le commandement du contre-amiral Courbet, ont vu l’engagement d’unités très mélangées : tirailleurs algériens, infanterie de marine, fusiliers marins, légionnaires, tirailleurs annamites[4]. L’attaque dans laquelle le capitaine Mehl a été tué avait été menée par les marsouins de la compagnie Bauche, une compagnie et demie de légionnaires (la sienne) et les fusiliers marins[5]. À l'époque, l'infanterie de marine et la marine dépendaient du même Ministère, celui de la Marine et des Colonies. Le choix du nom était donc un hommage de la Marine à l'attention de la Légion. Trois bâtiments successifs de la Marine ont porté son nom : un remorqueur basé en Indochine, en service de 1884 à 1898, et renommé Traly en 1886 ; un torpilleur de haute mer type Balny (1887 à 1909) et enfin le contre-torpilleur de classe Bouclier à partir de 1912[4].

Mis en service en , il devient « torpilleur d'escadre » l'année suivante, le . En , il rejoint l'escadre de la mer du Nord. Il est touché le . Le , il torpille et coule au canon le torpilleur allemand A7 qu’il envoie par le fond. Il est désarmé le et vendu pour démolition[6],[7].

Notes et références

  1. Smigielski, p. 203
  2. ↑ Couhat, pp. 101, 104
  3. ↑ Couhat, p. 104
  4. Loïc Charpentier, « CONTRE-TORPILLEUR CAPITAINE MEHL », sur Marine forum, (consulté le ).
  5. ↑ Histoire militaire de l'Indochine française des débuts à nos jours (juillet 1930) : établie par des officiers de l'état-major du général de division Aubert, commandant supérieur des troupes du groupe de l'Indochine, monsieur Pierre Pasquier étant gouverneur général de l'Indochine, vol. 1, impr. d'Extrême-Orient (Hanoï-Haïphong), , 232 p. (lire en ligne), p. 68-72.
  6. ↑ Ar Brav, « CAPITAINE MEHL - Contre-torpilleur », sur Forum PAGES 14-18, (consulté le ).
  7. ↑ Capitaine Patrick, « CAPITAINE MEHL (1912/1926) », sur Marines de Guerre et Poste Navale (consulté le ).

Bibliographie

  • (en) Jean Labayle Couhat, French Warships of World War I, London, Ian Allan, (ISBN 0-7110-0445-5).
  • Gérard Prévoteaux, La marine française dans la Grande guerre : les combattants oubliés : Tome I 1914–1915, vol. 23, Le Vigen, France, Éditions Lela presse, (ISBN 978-2-37468-000-2).
  • Gérard Prévoteaux, La marine française dans la Grande guerre : les combattants oubliés : Tome II 1916–1918, vol. 27, Le Vigen, France, Éditions Lela presse, (ISBN 978-2-37468-001-9).
  • (en) Stephen S. Roberts, French Warships in the Age of Steam 1859–1914: Design, Construction, Careers and Fates, Barnsley, UK, Seaforth Publishing, (ISBN 978-1-5267-4533-0).
  • Randal Gray, Conway's All the World's Fighting Ships 1906-1921, Annapolis, Maryland, Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-907-3), p. 190-220.

Liens externes

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