Capricieuse (1916)
| Capricieuse | |
| Type | canonnière anti-sous-marine |
|---|---|
| Classe | classe Ardent |
| Fonction | militaire |
| Histoire | |
| A servi dans | |
| Commanditaire | |
| Chantier naval | Ateliers et chantiers de la Loire, Saint-Nazaire |
| Fabrication | acier |
| Lancement | 5 juillet 1916 |
| Commission | 1916 |
| Statut | Désarmée le 18 février 1935, vendue |
| Équipage | |
| Équipage | 55 hommes |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 60,20 m |
| Maître-bau | 7,20 m |
| Tirant d'eau | 2,90 m |
| Déplacement | 310 tonnes |
| Propulsion | |
| Puissance | 2500 ch |
| Vitesse | 17 nœuds |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | |
| Rayon d'action |
|
| Carrière | |
| Pavillon | France |
| Indicatif | CP |
La Capricieuse est une canonnière[1] de lutte anti-sous-marine de la Marine française, de classe Ardent. Elle a également été classée successivement comme dragueur de mines et comme aviso.
Conception
La Capricieuse (sixième bâtiment de la Marine française à porter ce nom) est une canonnière de la même série que l'Audacieuse, prévue pour la protection des convois contre les sous-marins[2]. Elle est construite par les Ateliers et chantiers de la Loire à Saint-Nazaire[3].
Elle a une longueur de 60,20 m[2],[3],[4], un maître-bau (largeur) de 7,20 mètres[3],[4] (ou 6,80 m selon certaines sources[2]), un tirant d'eau de 2,90 mètres[3],[4] (ou 2,50 m selon certaines sources[2]), un déplacement de 266[3], 310[4] ou 320 à 350[2] tonnes. Sa propulsion est assurée par une machine à vapeur alternative à triple expansion, d’une puissance qui varie, selon les sources, entre 1200 à 1500[3], 1800[2] ou 2500 ch[4], alimentée par une chaudière au charbon Normand ou Delaunay-Belleville[3]. Elle a deux cheminées[2] et une seule hélice[3]. Sa vitesse maximum est de 14-15 à 17 nœuds[2],[3],[4]. Son rayon d'action est de 2000 à 3000 milles marins à 10 nœuds[2],[3] ou 1600 milles marins à vitesse maximum[2]. Elle emporte 85 tonnes de charbon[3]. Son armement initial se compose de deux canons de 100 mm[2],[3],[4] et de grenades anti-sous-marines[3],[4]. Son équipage est de 55 hommes[3],[4].
Historique
La construction de la Capricieuse commence en 1916. Elle est mise à flot le [3], terminée et mise en service la même année[2],[3],[4]
Première Guerre mondiale
Dès son entrée en service en 1916, la Capricieuse est affectée à la flottille de la IVème Région maritime[2]. En 1917-1918 elle est affectée à la 9ème Division de patrouilles en mer Égée[3],[4]. De 1916 à 1918, elle patrouille dans la mer Ionienne et la mer Égée, et escorte de nombreux convois en Méditerranée orientale[2].
Le , le paquebot mixte Sontay (13500 tonnes de déplacement), de la Compagnie des Messageries maritimes, est torpillé par le sous-marin allemand U-33 (commandant : Kapitänleutnant Gustav Siess) entre Malte et la Tunisie à la position 35° 01′ N, 16° 17′ E. Le Sontay était en provenance de Salonique. Après avoir fait escale à Milo, il faisait route vers Marseille. La mer était grosse et la brise de nord-ouest était fraîche. Le navire s’enfonça rapidement par l’avant, là où la torpille l’avait atteint, et coula en quelques minutes. Il y a 49 disparus, membres d’équipage et militaires en permission, ainsi que le commandant, le lieutenant de vaisseau auxiliaire Mages. 476 autres personnes réussirent à monter dans les canots et radeaux de sauvetage[5],[6]. Les navires d'escorte du Sontay sont les avisos-canonnières Capricieuse et Moqueuse. La Capricieuse et la Moqueuse attaquent (en vain) l'U-33 qui vient de couler le Sontay[3], puis recueillent les plus de 350 rescapés du naufrage[3],[4]. La Moqueuse et la Capricieuse sauvent respectivement 317 et 69 survivants, malgré les conditions de mer très éprouvantes[5],[6].
Le , la Capricieuse est torpillée à son tour (mais sans succès) par un sous-marin ennemi, comme l'atteste le rapport du lieutenant de vaisseau Godfroy, commandant la Capricieuse. Celle-ci escortait, avec le Lansquenet et L'Impatiente, le convoi composé du Ville de Paris et du Condé, parti de Messine la veille, le . Avant l’escale de Messine, un navire du convoi (le paquebot L'Himalaya) avait déjà été coulé le . La Capricieuse avait alors recueilli de nombreux naufragés du paquebot. La Capricieuse avait été chargée d’assurer l’éclairage en avant du convoi, exactement à 15 milles en avant de celui-ci, afin de repérer les sous-marins ennemis et de les obliger à manœuvrer ou à plonger avant d’avoir pu apercevoir le convoi[3].
Vers 20 h 32, à la position 37° 07′ N, 20° 20′ E, le sillage d’une torpille, perpendiculaire à la route de la Capricieuse, apparaît sur bâbord. La torpille passe sous son avant et poursuit sa trajectoire à perte de vue vers le Sud. La Capricieuse donne l’alerte au convoi par TSF et par deux fusées rouges, tout en se dirigeant à vitesse maximale vers le point de départ de la torpille, à 1200 mètres sur bâbord. La Capricieuse recherche méthodiquement le sous-marin jusqu’à la nuit noire, mais sans résultat. Dans l’incertitude complète de la position du sous-marin, elle ne lance pas de grenades. Elle finit par rejoindre le convoi[3].
Le LV Godfroy estime que son navire a été sauvé par une erreur de l’ennemi. La torpille devait être réglée pour une assez grande immersion, supérieure au tirant d'eau de la Capricieuse. Le camouflage de celle-ci, conjugué à l’éclairage du moment, avec la lumière incertaine du crépuscule, a trompé l’ennemi sur la nature du bâtiment qu’il attaquait. Avec sa cheminée agrandie et la modification de sa silhouette, l’ennemi a dû prendre le patrouilleur pour un torpilleur[3].
L’identité du sous-marin attaquant a été découverte par la suite : il s'agissait de l'U-31 de la marine austro-hongroise (capitaine : Linienschiffsleutnant Franz Nejebsy). Son rapport ne mentionne pas le convoi, mais seulement qu’à 20 h 20 il a repéré un navire ennemi à 25 milles à l’ouest de Nisis Strofádhes, a tiré une torpille et entendu une explosion 6 minutes plus tard[3].
La Capricieuse est reclassée comme dragueur de mines[2] en 1917[3],[4].
Entre-deux-guerres
La Capricieuse rentre à Toulon[4] en 1920[3]. En 1924, elle est reclassée comme aviso de 2ème classe[3],[4]. Le [2],[3], elle rallie la Division navale du Levant[4] basée à Beyrouth. Elle effectue de nombreuses missions sur les côtes de Syrie, à Rhodes, Chypre, dans les îles grecques et en Égypte[2],[3].
Elle redevient canonnière en 1925. En 1926 elle est affectée à la 6e escadrille de dragage à Bizerte. En 1929, elle est de nouveau aviso de 2ème classe. Désarmée le , elle est condamnée le même jour[3],[4] et vendue par les Domaines de Toulon le à la Société du Matériel Naval du Midi pour 15.840 Francs[7].
Commandants
- 1916-1917 : Lieutenant de vaisseau René-Émile Godfroy[8]
Articles connexes
Notes et références
- ↑ « CAPRICIEUSE - Canonnière », sur Service historique de la Défense (consulté le ).
- « Les bâtiments ayant porté le nom de La Capricieuse », sur Net-Marine (consulté le ).
- Ar Brav, « CAPRICIEUSE - Dragueur-canonnière », sur Forum PAGES 14-18, (consulté le ).
- Capitaine Patrick, « * CAPRICIEUSE (1916/1935) », sur Marines de Guerre et Poste Navale (consulté le ).
- « La Moqueuse », sur Milguerres (consulté le ).
- Philippe RAMONA, « le paquebot SONTAY des Messageries Maritimes », sur L'Encyclopédie des Messageries Maritimes (consulté le ).
- ↑ La Journée Industrielle du 3 mars 1936
- ↑ « René Émile GODFROY (1885 - 1981) », sur Ecole Navale / Espace tradition / Officiers célèbres (consulté le ).
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