Caritas Pirckheimer

Caritas Pirckheimer
Fonction
Abbesse
Couvent sainte-Claire de Nuremberg (d)
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 65 ans)
Nuremberg
Activité
Nonne (à partir de )
Père
Johannes Pirckheimer (d)
Fratrie
Walburga Pirckheimer (d)
Willibald Pirckheimer
Katharina Pirkheimer (d)
Juliana Geuder (d)
Clara Pirkheimer (d)
Sabina Pirkheimer (d)
Euphemia Pirkheimer (d)
Autres informations
Ordre religieux
Personnes liées
Sixt Tucher (d) (épistolier), Christoph von Scheurl (épistolier), Conrad Celtes (correspondant local de presse et dédicace), Jean Cochlaeus (correspondant local de presse), Albrecht Dürer (correspondant local de presse)
Vue de la sépulture.

Caritas Pirckheimer ( - ) était abbesse du couvent Sainte-Claire de Nuremberg au moment de la Réforme, à laquelle elle s'opposait en raison de la menace que représentait Martin Luther pour les lieux de culte catholiques et les édifices religieux, y compris son propre couvent.

Biographie

Née à Eichstätt sous le nom de Barbara Pirckheimer, elle est l'aînée des douze enfants du docteur Johannes Pirckheimer. Sur cette fratrie, neuf atteignent l'âge adulte, parmi lesquels figure l'éminent humaniste Willibald Pirckheimer.

Jusqu'au décès de sa mère en 1488, elle bénéficie, semble-t-il, d'une éducation humaniste dispensée à domicile. Cette formation lui permet d'acquérir une parfaite maîtrise du latin, une compétence rare pour une femme de son époque.

À l'âge de douze ans, elle entre à l'école du monastère franciscain Sainte-Claire de Nuremberg. Ce monastère est réputé pour sa riche bibliothèque et encourageait les études dans le respect de la règle franciscaine[1]. Son apprentissage est également encouragé par Nicholas Glassberger, confesseur du couvent et lui-même érudit humaniste[1]. Vers l'âge de seize ans, elle entre dans l'ordre et prend le nom de Caritas (ou Charitas ).

Caritas entretient une correspondance active avec diverses personnalités du mouvement humaniste, comme Sixtus Tucher[1]. Elle correspond également régulièrement avec son frère Willibald, qui la présente à d'autres humanistes de renom[1]. Willibald dédie trois livres à Caritas, dans lesquels il louait son érudition, bien qu'elle se soit jugée indigne de cet honneur[2]. Malgré la reconnaissance unanime dont elle faisait l'objet, les autorités considéraient Caritas comme une menace et lui ordonnèrent de cesser d'écrire en latin[2].

La Réforme se déroule rapidement à Nuremberg et, dès 1525, les autorités locales exerçaient un contrôle important sur les monastères[3] Sœur Caritas, alors âgée d'une cinquantaine d'années, reçoit apparemment le soutien de Philippe Mélanchthon, ancien ami proche de Luther, dans sa lutte pour la survie du monastère. Ils se rencontrèrent à la fin de l'année 1525 et Caritas parvient à le convaincre de laisser les couvents tranquilles[4]. Caritas met à profit ses vastes connaissances et les sources à sa disposition pour s'opposer aux tentatives de fermeture de son couvent[5].

Durant son abbatiat, elle tient une chronique des événements survenus au monastère pendant la période de troubles (1524-1528), « comprenant des lettres échangées avec le conseil municipal et des transcriptions de conversations. Plus tard, une dernière section fut ajoutée, peut-être écrite après sa mort, mais incluant des extraits des dernières lettres de Caritas ». Elle écrit également à Conrad Celtis, qui la surnomme la nouvelle Hrotsvitha[6]. Elle meurt à Nuremberg à l'âge de 65 ans. Le sort du couvent, comme on le découvre par la suite, est que les femmes de Sainte-Claire furent autorisées à y demeurer jusqu'à leur mort, mais qu'aucune novice n'est admise. En 1591, le monastère et le cloître cessent d'exister en tant que lieux de culte catholiques.

Dans son livre Chapters on Saint-Lore and Convent Life between AD 500 and AD 1500 (1896), Lina Eckenstein attire l'attention des lecteurs modernes sur la vie et les réalisations de Caritas Pirckheimer.

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Caritas Pirckheimer » (voir la liste des auteurs).
  1. Barker 1995, p. 260.
  2. Barker 1995, p. 261.
  3. Barker 1995, p. 267–268.
  4. Barker 1995, p. 271.
  5. Barker 1995, p. 269.
  6. (en) Helen Watanabe-O’Kelly, A history of women's writing in Germany, Austria, and Switzerland, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-44482-9, OCLC 42004382).

Bibliographie

  • (en) Paula Barker, « Caritas Pirckheimer: A Female Humanist Confronts the Reformation », Sixteenth Century Journal, vol. 26, no 2,‎ , p. 260 (DOI 10.2307/2542789, JSTOR 2542789, lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )

Liens externes

  • icône décorative Portail du catholicisme
  • icône décorative Portail de Nuremberg