Carlotta Walls LaNier

| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activités |
| Personnes liées |
Minnijean Brown-Trickey, Elizabeth Eckford, Ernest Green (en), Thelma Mothershed-Wair, Melba Pattillo Beals |
|---|---|
| Distinctions |
Carlotta Walls LaNier, née le à Little Rock, est la plus jeune des Little Rock Nine, groupe de neuf élèves afro-américains qui déségrèguent le lycée Central de Little Rock en 1957.
Influencée par Rosa Parks, elle rejoint la classe de seconde au lycée Central de Little Rock en 1957, malgré les insultes racistes des étudiants blancs, une attaque à la bombe contre sa maison et la fermeture de l'établissement l'année suivante. Elle obtient son diplôme en 1960.
Elle commence sa carrière en 1968 à la Young Women's Christian Association, crée en 1977 une agence immobilière à Denver et publie en 2009 ses mémoires A Mighty Long Way.
Elle reçoit plusieurs prix et honneurs : la médaille Spingarn (1958) ; la Médaille d’or du Congrès (1999) et en 2015, elle rentre au National Women’s Hall of Fame.
Biographie
Origines
Carlotta Walls LaNier, naît le à Little Rock, de Cartelyou et Juianita Walls. Elle est l'aînée de trois filles (Tina et Loujuana[1]). Sa mère est secrétaire au Bureau du logement social, tandis que son père est maçon et vétéran de la Seconde Guerre mondiale[2].
Son engagement envers les droits civiques est influencé par le témoignage familiale de son arrière-arrière-grand-père Hiram Holloway, témoin des ventes d’esclaves en Floride et en Géorgie[3].
Études
En 1954, l’arrêt Brown v. Board of Education met fin à la ségrégation scolaire. Inspirée par l’exemple de Rosa Parks et désirant obtenir la meilleure éducation possible[2], Carlotta Walls LaNier décide de s'inscrire sans prévenir ses parents, au lycée Central de Little Rock, situé près de chez elle[4]. Sa carte d'enregistrement arrive en juillet, elle fait partie des 147 enfants noirs à s'être inscrit pour le printemps. Y voyant une opportunité, ses parents acceptent[1].
« Le chemin vers le succès passe par l’éducation[3]. C'est la mesure que j'ai prise à l'âge de 14 ans en signant cette petite feuille de papier pour aller au lycée Little Rock Central. Toute opportunité qui se présente, qu'il s'agisse d'une fissure dans la porte ou d'une porte grande ouverte, vous êtes censé la franchir. » Dit-elle[5].

Le [6], sa rentrée scolaire est marquée par l’intervention de la garde nationale qui lui interdit l’accès au lycée, ainsi que par des manifestations ségrégationnistes et l’explosion de bombes la veille[7]. Ce n’est qu'à partir du [5],[8], après l’intervention du président Dwight D. Eisenhower, qu’elle peut entrer dans l’établissement, escortée par les troupes fédérales[9]. Elle y rentre avec huit autres élèves afro-américains : Minnijean Brown, Elizabeth Eckford, Ernest Green, Thelma Mothershed, Melba Pattillo, Gloria Ray, Terrence Roberts et Jefferson Thomas[5]. Leur groupe se fait appeler Little Rock Nine[4],[10],[11],[12],[13]. Tous doivent faire face à des violences quotidiennes tels que des crachats et des insultes et leurs parents perdent leurs emplois[10].

L’année suivante, elle se voit refuser l’accès à Central High School, car le gouverneur Orval Faubus ferme les quatre lycées publics de Little Rock[13] après un vote massif de la population blanche opposée à leur intégration. Carlotta Walls LaNier termine sa 11e année en suivant des cours par correspondance[8] à l'Université de l'Arkansas. Elle vit et étudie alors à Cleveland et à Chicago, auprès de familles d’accueil[1], avant de retourner en présentiel à l’automne 1959[9]. Le , un mois avant l’obtention de son diplôme[2], une bombe explose dans sa maison alors qu’elle s’y trouve avec sa mère et sa sœur. Elle devient la première femme noire à obtenir son diplôme du lycée Central[13]. Parmi les 9 étudiants de Little Rock Nine, elle fait partie des trois qui obtiennent le diplôme[1].
« Je me suis levée le lendemain matin même après que ma maison ait été bombardée et je suis retournée à l'école parce que si je n'y étais pas allée, ils auraient eu l'impression d'avoir gagné. J'ai obtenu mon diplôme. Je suis la seule femme des ‘Little Rock Nine’ à participer à l'exercice de remise des diplômes au lycée Little Rock Central, et je suis très fière de ce diplôme parce que j'ai terminé ce que j'ai commencé. » Déclare-t-elle[14].
Au début des années 1960, Carlotta Walls LaNier étudie dans l'anonymat à l’Université d’État du Michigan, puis s’installe avec sa famille à Kansas City, puis à Denver en 1963[1]. Ce déménagement est dû aux bombardements[1], aux difficultés de son père à trouver un emploi après la crise de 1957[2], ainsi qu’aux réactions négatives suscitées par son engagement pour l’égalité dans l’éducation[15].
En 1968, elle obtient une licence au Colorado State College (aujourd’hui l’Université du Nord du Colorado)[2],[16]. En 1973, elle obtient le diplôme de directrice au Denver East High[1].
Carrière
En 1968, Carlotta Walls LaNier commence sa carrière en tant qu'administratrice de programmes pour adolescents à la Young Women's Christian Association (YWCA)[2].
En 1977, elle fonde une agence immobilière à Denver, la Nier and Company et travaille comme courtier immobilier durant 30 ans[11]. Elle préside aussi, pendant un temps, la Little Rock Nine Foundation, une organisation de bourses d’études dédiée à l’égalité d’accès à l’éducation pour les Afro-Américains. Elle siège aussi comme administratrice à l’Iliff School of Theology ainsi qu’à l’Université du Colorado du Nord[2].
En 2009, elle publie ses mémoires, A Mighty Long Way: My Journey to Justice at Little Rock Central High School[2]. Elle travaille pour Brokers Guild Homes[11].
Vie privée
En 1968, Carlotta Walls LaNier épouse Ira C. « Ike » LaNier, avec qui elle fait un fils et une fille (Whitney et Brooke[1]). Elle réside dans le Colorado, à Englewood[2].
Récompenses et distinctions

En 1958, Carlotta Walls LaNier, en présence des autres membres du Little Rock Nine et de Daisy Bates, se voit décerner la médaille Spingarn par la National Association for the Advancement of Colored People. Plus tard, en 1999, le président Bill Clinton leur décerne la Médaille d’or du Congrès[2]. Elle est aussi titulaire de quatre doctorats honorifiques[13].
En , elle est intronisée au National Women's Hall of Fame à Seneca Falls, dans l'État de New York[2],[13].
Au Musée national d'histoire afro-américaine de Rochester, se trouvent la robe et le bulletin scolaire de Carlotta Walls LaNier[10]qu'elle leur a elle-même légué[7].
Publications
- (en) A Mighty Long Way : My Journey to Justice at Little Rock Central High School, , 336 p. (ISBN 0345511018, lire en ligne)
- (en) Carlotta Walls LaNier et Lisa Frazier Page, A Mighty Long Way (Adapted for Young Readers) : My Journey to Justice at Little Rock Central High School, Random House Children's Books, , 304 p. (ISBN 9780593486771)
- (en) Carlotta Walls Lanier et Lisa Frazier Page (ill. Vanessa Brantley-Newton), Carlotta's Special Dress : How a Walk to School Changed Civil Rights History, Little, Brown Books for Young Readers, (ISBN 9780316572545)
Références
- (en-US) Dave Curtinn, « A lonely march to equality »
, sur The Denver Post, (consulté le )
- (en-US) « Carlotta Walls LaNier (1942–) »
, sur Encyclopedia of Arkansas, (consulté le )
- (en-US) Laura Miller, « Member of the Little Rock Nine shares her story of desegregation »
, sur MSU Denver RED, (consulté le )
- (en) Yvette Moore, « Meet Carlotta Walls LaNier »
, sur Our Time Press, (consulté le )
- (en-US) Quintessa Williams, « Why Little Rock Nine’s Legacy Still Matters »
, sur Word In Black, (consulté le )
- ↑ (en) Ben Cosgrove, « Brave Hearts: Remembering the Little Rock Nine », TIME, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le )
- (en) Leah Binkovitz, « Q+A: The Youngest of the Little Rock Nine Talks About Her First Day of School », sur Smithsonian Magazine (consulté le )
- (en) Lina Mai, « ‘I Had a Right to Be at Central’: Remembering Little Rock’s Integration Battle », Time, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le )
- (en-US) Jim Ross et Clé Barclay, « In the wake of the Central High crisis, crime and injustice »
, sur Arkansas Times, (consulté le )
- (en) Ginny Ryan, « Carlotta Walls LaNier of 'Little Rock Nine' speaks at Empowering Women Luncheon »
, sur WHAM, (consulté le )
- (en-US) « Carlotta LaNier », sur Colorado Women's Hall of Fame (consulté le )
- ↑ (en-US) « 2023 Dr. Carlotta Walls LaNier », sur Colorado Governor's Citizenship Medals (consulté le )
- (en) John Moore, « Carlotta Walls LaNier on the enduring lessons from Little Rock »
, sur Denver Gazette, (consulté le )
- ↑ (en) NBC Universal, « Carlotta Walls LaNier of the ‘Little Rock Nine’ talks about efforts to integrate schools in Arkansas in 1957 »
, sur https://www.actionnews5.com, (consulté le )
- ↑ (en) Jasmine L. Harris, « Carlotta Walls LaNier babysat my mom—Brown v. Board was watered down »
, sur Newsweek, (consulté le )
- ↑ (en) Meredith Turk, « Carlotta Walls LaNier Reflects On 60 Years Since The Little Rock Nine »
, sur Colorado Public Radio, (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
- (en) Daisy Bates, The long shadow of Little Rock : a memoir (mémoire), Fayetteville, University of Arkansas Press, , 260 p. (ISBN 0938626744, DOI https://doi.org/10.2307/j.ctt1ffjfcq, JSTOR https://www.jstor.org/stable/j.ctt1ffjfcq, lire en ligne)
- (en) Beth Roy, Bitters in the Honey : Tales of Hope and Disappointment across Divides of Race and Time, University of Arkansas Press, , 256 p. (ISBN 1557285543)
- (en) Elizabeth Jacoway et Fred Williams, Warriors Don't Cry : An Exercise in Remembrance and Reconciliation, Fayetteville, Univ of Arkansas Press, , 186 p. (ISBN 1557285292)
- (en) Melba Pattillo Beals, Warriors Don't Cry : A Searing Memoir of the Battle to Integrate Little Rock's Central High, Simon & Schuster Books for Young Readers, , 240 p. (ISBN 1416948821)
- (en) Helaine R. Williams, « Carlotta Walls LaNier », Arkansas Democrat-Gazette, , p. 1D, 8D
Liens externes
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Portail des États-Unis
- Portail des Afro-Américains
- Portail de l’éducation