Carolina Coronado

Carolina Coronado
Portrait de Carolina Coronado par Federico de Madrazo y Küntz, 1850, Musée du Prado
Biographie
Naissance
Décès
(à 90 ans)
Lisbonne
Sépulture
Cimetière de San Juan, à Badajoz (d)
Nom de naissance
Victoria Carolina Coronado y Romero de Tejada
Nationalité
Activités
Conjoint
Horatio J. Perry (d) (à partir de )
Parentèle
Carlos Groizard Coronado (d) (neveu)
Autres informations
Membre de
Société abolitionniste espagnole (en)
Mouvement
Plaque commémorative.

Carolina Coronado Romero de Tejada (1820 – , 1911) est une écrivaine romantique espagnole considérée comme l'égale de sa contemporaine Rosalía de Castro. Elle connut un succès tel qu'on la surnomma « la Bécquer féminine » en référence au poète Gustavo Adolfo Bécquer. Carolina Coronado mourut à Lisbonne au Portugal le .

Biographie

Jeunesse

Monument à Carolina Coronado à Almendralejo

Carolina Coronado naquit à Almendralejo, dans la province de Badajoz en Estrémadure, en 1820[1]. Sa famille était aisée et d'idées libérales, ce qui valut au père et au grand-père de Carolina d'être persécutés sous le règne anti-libéral de Ferdinand VII d'Espagne : son grand-père Fermín Coronado était mort en 1820 des conséquences de mauvais traitements, tandis que son père Nicolás, emprisonné en 1825, fut amnistié en 1829[2].

C'est à la suite de l'incarcération de son père que la famille de Carolina déménagea vers la capitale provinciale, Badajoz[3]. Carolina y reçut l'éducation traditionnellement réservée aux filles de son époque : bonnes manières, couture et travaux ménagers. Cependant on sait qu'elle reçut une bonne culture musicale[2] et excellait au piano et à la harpe[4]. Elle montra tôt de l'intérêt pour la littérature, lisant des livres de genres divers qu'elle empruntait à la bibliothèque paternelle[4]. C'est ainsi qu'elle se mit à écrire des poèmes dès l'âge de dix ans[3]. En 1839, un de ses poèmes, l'ode « A una pluma » écrit à l'âge de 14 ans fut publié dans la revue madrilène El Piloto[2], grâce à l'intervention de sa famille auprès de cercles libéraux[4]. Pour autant celle-ci n'encourageait pas Carolina à poursuivre une carrière littéraire[2],[4].

Carolina Coronado reçut l'aide et les conseils du dramaturge libéral Juan Eugenio Hartzenbusch avec lequel elle correspondit régulièrement, et qui l'aida à publier son premier recueil de poèmes en 1843[4]. Le poète de tendance libérale José de Espronceda l'accueillit favorablement.

Il est possible que son tempérament romantique ait été inspiré par les crises de catalepsie dont elle souffrait[4]. Elle fit embaumer son mari défunt, refusant de l'enterrer, et eut même plusieurs « prémonitions » dans lesquelles elle prédit la mort de ses enfants.

Vie à Madrid

En 1844 une crise d'épilepsie la laissa pour morte et elle reçut l'hommage officiel de poètes et d'écrivains, ce qui accrut sa reconnaissance et sa notoriété[4]. En 1848 une maladie nerveuse la laissa à demi paralysée et les médecins lui recommandèrent de prendre les eaux près de Madrid, où elle s'installa en 1850[2].

En 1852 elle épousa Horatio Justus Perry, premier secrétaire à l'ambassade des États-Unis[4]. Sa beauté et son talent firent remarquer Carolina Coronado des cercles littéraires et de la cour d'Isabelle II[2], et sa maison de la rue de Lagasca devint un centre de la vie littéraire madrilène, et le refuge des hommes politiques pourchassés après la tentative de soulèvement du . Des personnalités telles qu'Ángel de Saavedra, duc de Rivas, Manuel José Quintana ou Emilio Castelar y Ripoll fréquentèrent son salon[2].

Son fils Horacio meurt à l'âge de deux ans en 1854, puis dix-neuf ans plus tard, en 1873, sa fille Carolina, dont elle fait embaumer le corps, conservé au couvent de las Madres Pascualas de Recoletos[2]. Le couple s'installe alors à Lisbonne, à Paço de Arcos puis au palais de la Mitra à Loures. Le mari de Carolina meurt en 1891, et elle le fait également embaumer et conserver dans la chapelle familiale. Carolina meurt le . La seule fille survivante, Matilde, et son mari le marquis de Torres-Cabrera, font transporter ses restes, ainsi que ceux de son mari, à Badajoz[2].

Œuvre

  • Alfonso IV de León
  • El divino Figueroa
  • La exclaustrada
  • Un alcalde de monterilla
  • Luz
  • El bonete de San Ramón
  • Poesías (1843)
  • El cuadro de la Esperanza (1846)
  • Paquita. La luz del Tajo. Adoración (1850)
  • Jarilla (1851)
  • Páginas de un diario. Adoración (1851)
  • El siglo de las Reynas (1852)
  • Poesías de la señorita doña Carolina Coronado (1852)[5]
  • La Sigea (1854)[6]
  • ¡No hay nada más triste que el último adiós! (1859)
  • España y Napoleón (1861)
  • La rueda de la Desgracia. Manuscrito de un Conde (1873)
  • A un poeta del porvenir (1874)
  • Vanidad de vanidades (1875)
  • Anales del Tajo. Lisboa. Descripción en prosa (1875)
  • Jarilla (1878)[7]
  • La rueda de la desgracia. Manuscrito de un conde (1878)[8]

Carolina Coronado collabore épisodiquement à la revue culturelle Museo de las Familias (1843-1870)[9].

Références

  1. ↑ Ou selon d'autres sources, le 21 août 1821 ou encore le 12 décembre 1821
  2. Andrea Gallo, « Carolina Coronado », sur Escritoras y Pensadoras Europeas (consulté le )
  3. « Carolina Coronado », sur le site de escritoras.com, (consulté le )
  4. Christelle Schreiber-Di Cesare, « L'itinéraire d'une féministe romantique : Carolina Coronado, femme et poète entre force et fragilité », sur le site de Belphegor - Littérature populaire et culture médiatique (consulté le )
  5. ↑ (es) Poesías de la señorita doña Carolina Coronado en ligne sur Internet Archive.
  6. ↑ (es) La Sigea en ligne sur Internet Archive.
  7. ↑ (es) Jarilla en ligne sur Google Livres.
  8. ↑ (es) La rueda de la desgracia. Manuscrito de un conde en ligne sur Google Livres.
  9. ↑ (es) Bibliothèque nationale d'Espagne, « Fiche et hémérothèque du Museo de las Familias », sur hemerotecadigital.bne.es (consulté le ).

Liens externes

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