Caroline Leaf

Caroline Leaf
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Caroline Leaf, née le à Seattle aux États-Unis, est une réalisatrice, écrivaine, productrice et animatrice canado-américaine reconnue pour ses techniques d'animation novatrices, notamment l'animation sur sable et la peinture sur verre. Elle a réalisé de nombreux courts métrages d'animation, et est surtout connue pour avoir été l'une des cinéastes pionnières de l'Office national du film du Canada (ONF)[1] où elle travaille de 1972 à 1992. Elle a également expérimenté de nouvelles techniques pratiques avec le format IMAX 70 mm. Ses œuvres sont souvent représentatives de la culture canadienne et repose sur la narration. Caroline Leaf vit aujourd'hui à Londres, en Angleterre, où elle possède un atelier et y travaille à l'huile et sur papier, et réalise des dessins de paysages à l'aide d'un iPad. Elle enseigne également à la National Film and Television School.

Biographie et débuts

Leaf est née à Seattle, dans l'État de Washington, et a vécu à Boston. Elle a étudié au Radcliffe College, où elle s'est spécialisée en sciences de l'architecture et en arts visuels de 1964 à 1968[2]. Au cours de sa dernière année d'études, elle s'est inscrite à un cours d'animation dispensé par Derek Lamb, et conçu comme un exercice créatif et une étude approfondie du mouvement, et non comme une formation professionnelle. Au court de cet enseignement, elle développe l'animation sur sable (sable de plage étalé sur une table lumineuse) et réalise son premier film, Sand, or Peter and the Wolf grâce auquel elle obtient une bourse de l'université Harvard. Après l'obtention de son diplôme, elle s'installe en Italie pendant un an afin de se consacrer pleinement au dessin. Par la suite, elle retourne à Harvard, où elle réalise son deuxième film d'animation, Orfeo, cette fois peint sur du verre. Elle travaille ensuite en freelance depuis un studio à Boston et y réalise How Beaver Stole Fire. En 1972, Leaf s'installe à Montréal pour travailler comme animatrice et réalisatrice à l'Office national du film du Canada (ONF)[2] dans les départements d'animation francophone et anglophone jusqu'en 1991. Au cours de ces années, elle réalise neuf films d'animation, dont le premier fut La chouette qui épousa une oie : une légende esquimaude, et de marionnettes ainsi qu'un documentaire[3],[4],[5],[6].

La réalisation de La chouette qui épousa une oie : une légende esquimaude a notamment nécessité deux voyages dans l'Arctique canadien, d'abord pour collaborer sur les dessins avec l'artiste inuvialuk Agnes Nanogak, puis pour enregistrer les effets sonores du film. Son court métrage le plus célèbre est The Street, qui a été dessiné directement sous la caméra à l'aide d'un mélange de peinture et de glycérine. Adapté de la nouvelle de Mordecai Richler, il a été nommé pour l'Oscar du meilleur court métrage d'animation lors de la 49e cérémonie des Oscars[7]. Il figure également au programme de l'Animation Show of Shows[8].

Leaf a co-réalisé un film documentaire d'animation intitulé Interview with Veronika Soul. Elle a réalisé un film documentaire sur les chanteuses Kate & Anna McGarrigle, produit par Derek Lamb[9]. En 1990, elle a réalisé sa première animation depuis près d’une décennie en rayant l’émulsion d’un film couleur noir de 70 mm exposé, puis en le re-tournant sur un film de 35 mm. Elle a travaillé pendant deux ans en utilisant cette technique sur la version originale de son film Two Sisters, intitulée Entre Deux Soeurs, dont le ton et l'histoire sont sombres. Il remporte le prix du meilleur court métrage au Festival international du film d’animation d’Annecy en 1991[10].

En 1991, elle a quitte l'ONF et le monde de l'animation pour se consacrer à la peinture à l'huile en tant qu'artiste plasticienne. En 2004, elle a contribué à l'animation Suite for Freedom, un film sur le chemin de fer clandestin produit par Acme Filmworks à Los Angeles; sa partie s'intitulait Slavery.

Influence artistique

Leaf a découvert une méthode d'animation artisanale, spontanée et artistique, dans le cadre de son cours d'animation à Harvard, qu'elle a ensuite développée tout au long de sa carrière professionnelle, devenant ainsi une pionnière de l'animation sur sable et sur verre, ainsi que de la gravure à la main sur pellicule tout en maîtrisant l'art des transitions fluides, et en axant ses animations sur la narration. Ses films ont pour objectif de mettre en scène des personnages aux problèmes complexes et auxquels le public peut s’identifier. Ses récits sont pour la plupart des adaptations littéraires et reflètent son contenu narratif souvent sombre.

Leaf est également considérée comme une cinéaste canadienne influente en raison de sa longue carrière au sein de l'Office national du film du Canada et de la manière dont elle représente la culture canadienne dans ses films. Cela transparaît principalement dans ses films The Street, The Owl who Married a Goose et Kate and Anna McGarrigle.

Depuis 2000, Leaf possède un atelier à Londres, en Angleterre, et a développé un style personnel tant dans la peinture à l'huile que dans le dessin sur papier. Son œuvre est vue comme abstraite et s'articule principalement autour de la création de traces et d'une quête personnelle visant à créer des espaces dans lesquels le spectateur est invité à pénétrer. Elle a également développé un style de peinture de paysage qu'elle souhaite vivant, issu de l'observation directe de la nature, et réalise des croquis lors de sorties sur le terrain à l'aide de papier et de crayon, mais aussi sur iPad, notamment à l'aide d'applications telles que Brushes et ProCreate.

Œuvre

  • 1969 : Sand or Peter and the Wolf[11]
  • 1974 : The Owl Who Married a Goose: An Eskimo Legend[12]
  • 1976 : The Street
  • 1977 : The Metamorphosis of Mr. Samsa
  • 1979 : Interview
  • 1993 : Two Sisters / Entre deux sœurs

Distinctions

  • Montréal World Film Festival
  • Melbourne International Film Festival
  • Krakow Film Festival
  • 1996 : Zagreb World Festival of Animated Films = lifetime achievement award
  • 2017 : Annie Awards = Windsor McCay Award

Notes et références

  1. « Caroline Leaf - Sur la corde raide », sur Desseins animés, (consulté le ) : « l’œuvre cinématographique de Caroline Leaf est fondatrice d’une véritable « école » internationale »
  2. « Conversation avec Caroline Leaf », sur NEF Animation (consulté le )
  3. (en) National Film Board of Canada, « Hand-Crafted Cinema Animation Workshop with Caroline Leaf », sur National Film Board of Canada (consulté le )
  4. (en) Government of Canada, National Film Board of Canada, « National Film Board of Canada » [archive du ], sur onf-nfb.gc.ca (consulté le )
  5. « Le cinéma de Caroline Leaf : grandeur et humanisme – Ciné-Bulles », sur Érudit (consulté le )
  6. Internet Archive, Women and experimental filmmaking, Urbana : University of Illinois, (ISBN 978-0-252-03006-2 et 978-0-252-07251-2, lire en ligne)
  7. (en) National Film Board of Canada, « The Street », sur National Film Board of Canada (consulté le )
  8. (en) « Inspired Animated Shorts Programs to Cinemas, Museums, Academia, Industry. », sur www.animationshowofshows.com (consulté le )
  9. (en) National Film Board of Canada, « Kate and Anna McGarrigle », sur National Film Board of Canada (consulté le )
  10. (en) National Film Board of Canada, « Two Sisters », sur National Film Board of Canada (consulté le )
  11. « Caroline Leaf », sur www.thecanadianencyclopedia.ca (consulté le )
  12. « Caroline Leaf - Sur la corde raide - Un cinema fait main », sur Potemkine (consulté le )

Liens externes

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