Casablanca Finance City
| Casablanca Finance City | ||
Casablanca Finance City en 2025. | ||
| Administration | ||
|---|---|---|
| Pays | ||
| Région | Casablanca-Settat | |
| Préfecture | Préfecture de Casablanca | |
| Ville | Casablanca | |
| Autorité de régulation | Casablanca Finance City Authority | |
| Type | Centre financier et quartier d'affaires | |
| Étapes d’urbanisation | Années 2010 | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | 33° 33′ 25″ nord, 7° 39′ 26″ ouest | |
| Transport | ||
| Tramway | T2 | |
| Localisation | ||
| Géolocalisation sur la carte : Casablanca
| ||
Casablanca Finance City (CFC ; arabe : القطب المالي للدار البيضاء) est un quartier d'affaires situé à Casablanca, au Maroc. Il sert de plateforme régionale pour les institutions financières, les sociétés multinationales et les cabinets de services professionnels opérant en Afrique[1].
CFC figure dans le Global Financial Centres Index et s’est constamment classé comme le principal centre financier d’Afrique et parmi les pôles financiers mondiaux les plus importants[2].
Histoire
La Casablanca Finance City Authority (CFCA), anciennement Morocco Financial Board (MFBoard), est une société anonyme de droit privé dirigée par Said Ibrahimi, issue d’une initiative public-privée. Elle a pour objectif déclaré de faire de Casablanca un hub régional de l'industrie financière en Afrique.
La CFCA a été créée en , avec un tour de table représentatif du paysage financier du Royaume, incluant Bank Al-Maghrib, la Bourse de Casablanca et la Caisse de Dépôt et de Gestion.
La loi 44-10, relative au statut CFC et promulguée en , a confié à la CFCA le pilotage global ainsi que la promotion institutionnelle de « Casablanca Finance City »[3]. Le décret d’application de cette loi a institué la commission CFC, chargée de l’octroi du statut, et a désigné la CFCA comme secrétariat de cette commission.
Les sociétés installées à Casablanca Finance City bénéficient d’un régime fiscal dérogatoire :
- une exonération totale d’impôt sur les sociétés pendant 5 ans ;
- une imposition au taux réduit de 15 % au-delà de cette période (plafonnée à 8,75 % pour l’impôt sur les sociétés, selon une enquête de Cash Investigation publiée en 2021 sur la base des Pandora Papers), contre plus de 30 % dans le régime commun au Maroc ou en France[4].
Stratégie et partenariats
La stratégie de Casablanca Finance City vise à consolider sa position de plateforme régionale en Afrique tout en développant des liens avec d’autres centres financiers internationaux.
Depuis sa création, CFC a signé plusieurs accords de coopération. Parmi eux figurent :
- un protocole d’accord avec le Qatar Financial Centre Authority (QFC) portant sur la fintech, la gestion privée et la formation[5] ;
- un accord avec l'Abu Dhabi Global Market (ADGM) en 2019, axé sur la finance islamique, la finance durable et les technologies financières[6] ;
- une coopération avec Toronto Finance International, destinée à renforcer les échanges avec l’Amérique du Nord[7].
En Afrique, CFC a conclu des partenariats avec une vingtaine d’agences nationales de promotion des investissements. Le centre participe également à des initiatives liées à la finance durable, notamment dans le cadre de projets d’infrastructures menés par le fonds Africa50[8].
Ces partenariats s’articulent autour de trois axes principaux : la diversification géographique, le développement de nouveaux secteurs (fintech, finance verte) et la coopération institutionnelle.
Classements internationaux
Casablanca Finance City a intégré le GFCI en 2014, en se classant 62e centre financier mondial. En , elle atteignait la 42e place, gagnant ainsi 20 rangs en un an et devenant la deuxième place africaine derrière Johannesburg. Le , CFC a dépassé sa rivale sud-africaine et s’est hissée au premier rang continental, à la 33e place mondiale[9],[10].
En 2019, CFC occupait la 22e place dans le rapport GFCI 25, contre la 28e un an auparavant.
Cependant, le cadre fiscal très favorable de CFC a conduit à l’inscription du Maroc sur la liste grise européenne des juridictions fiscales à risque durant 4 ans. Une réforme du statut CFC, entamée en 2020, a permis au pays d’en sortir définitivement en 2023.
En , CFC se classait 54e au niveau mondial dans le GFCI, tout en conservant la première place africaine, malgré les ajustements fiscaux intervenus[11].
Médiatisation

Dans la préface de l’ouvrage Droit bancaire et financier marocain, publié aux éditions Revue Banque par les avocats d’affaires Alain Gauvin et Kawtar Raji-Briand[12], Dominique Strauss-Kahn souligne « le dynamisme du secteur bancaire marocain », qu’il décrit comme un moteur régional. Selon lui, les banques marocaines « sont maintenant conquérantes » en Afrique, où elles ont remplacé certaines banques françaises, mais aussi en Europe et ailleurs, pour accompagner les grands groupes et servir la diaspora. Il met également en avant la cohabitation « harmonieuse » entre banques islamiques et banques conventionnelles, permise par la régulation de la Banque centrale du Maroc.
De son côté, Alain Gauvin a salué l’adoption d’une loi sur les OPCI, qui a permis au Royaume d’encourager les fonds de placements collectifs en titrisation (FPCT)[13],[14].
Controverses
En 2021, les Pandora Papers et une enquête de l’émission Cash Investigation ont révélé que l’ancien directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, avait utilisé Casablanca Finance City pour y enregistrer la société Parnasse International, bénéficiant ainsi du régime fiscal préférentiel de la zone franche. Selon les documents publiés, cette implantation a permis d’éviter le paiement de plusieurs centaines de milliers d’euros d’impôts[15].
Entreprises et institutions majeures
Depuis sa création, Casablanca Finance City a attiré une communauté d’acteurs régionaux et internationaux. En 2024, le hub comptait plus de 200 entreprises membres[1], actives dans les domaines financiers, juridiques, industriels et technologiques.
Parmi les multinationales installées à CFC figurent[16] :
- Huawei Technologies
- Schneider Electric
- Mastercard Africa Incorporated
- Visa International
- KPMG
- Deloitte
CFC accueille également plusieurs institutions financières et entreprises marocaines de premier plan, notamment :
- la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraites (CIMR), qui y a installé son siège en [17] ;
- Attijariwafa bank[18] ;
- le Groupe Banque Centrale Populaire (BCP)[19].
Notes et références
- (en-GB) Eromo Egbejule, « High-rise, high expectations: is Casablanca’s finance hub a model for African development? », The Guardian, (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « The Global Financial Centres Index 37 » [PDF], sur longfinance.net, (consulté le )
- ↑ Yatim Salaheddine, « Casablanca Finance City (CFC) : découvrir le statut », sur Upsilon Consulting, (consulté le )
- ↑ « Avec Casablanca Finance City, le Maroc se rêve en porte d'entrée de l'Afrique », sur Les Échos, (consulté le )
- ↑ (en) « QFC ties up with CFC to boost financial sectors in Qatar, Morocco », sur Qatar Tribune, (consulté le )
- ↑ (en) « Abu Dhabi Global Market and Casablanca Finance City sign agreement », sur www.adgm.com, (consulté le )
- ↑ « Actualités Finance: Accord entre Casablanca Finance & Toronto Finance », sur Finances News Hebdo (consulté le )
- ↑ (en) « Casablanca Finance City and Africa50 launch the report “Developing African Infrastructure in Challenging Times" », sur www.africa50.com (consulté le )
- ↑ CFC domine le classement africain
- ↑ CFC gagne 11 places
- ↑ LE MATIN, « Casa Finance City en tête des centres financiers en Afrique », sur Le Matin (consulté le )
- ↑ (en-US) « Alain Gauvin – ASAFO & CO. » (consulté le )
- ↑ « OPCI et FPCT : Concurrents ou complémentaires ? », sur La Nouvelle Tribune, (consulté le )
- ↑ « Il faut se réjouir de la qualité des autorités bancaires et financières au Maroc », La Vie Éco, 19 juillet 2019.
- ↑ « Cash Investigation – Enquête sur un homme d'influence », (consulté le )
- ↑ (en) « Casablanca Finance City: Morocco’s ambition to be Africa’s economic gateway », (consulté le )
- ↑ « La CIMR déménage à Casablanca Finance City », sur Médias24, (consulté le )
- ↑ « Attijariwafa bank absorbe sa filiale immobilière Borj Attijari », sur Le Matin.ma, (consulté le )
- ↑ « Tour BCP | TESS », sur www.tess.fr (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
Bibliographie
- Moroccan investment: How to attain Casablanca Finance City status - ProQuest (lire en ligne)
- Moroccan regulator: why Casablanca is the key to Africa - ProQuest (lire en ligne)
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