Caserne Belliard

Caserne Belliard
Présentation
Type
Destination initiale
Caserne de cavalerie
Destination actuelle
Habitations
Style
Architecte
Auguste Garnereau
Ingénieur
Parent de Curzon
Matériau
Calcaire, moellon, pierre de taille, ardoise, tuile plate
Construction
Rénovation
Commanditaire
Propriétaire
Propriété privée
Patrimonialité
Localisation
Pays
Commune
Adresse
19, 19bis rue Kléber
Coordonnées
46° 27′ 48″ N, 0° 48′ 01″ O
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Localisation sur la carte de la Vendée
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La caserne Belliard est une caserne militaire située au 19, 19 bis rue Kléber à Fontenay-le-Comte, dans le département de la Vendée, en France[1].

Description

L’ensemble des édifices est appareillé en moellons calcaires, à l’exception de l’avant-corps du bâtiment principal, exécuté en pierre de taille. La caserne proprement dite adopte un plan régulier en U ; elle est coiffée d’une couverture en ardoise, composée, pour le corps central, d’un toit à longs pans assorti de croupes, tandis que les ailes latérales reçoivent des toitures brisées à croupes également brisées. Les écuries édifiées au XVIIIe siècle présentent un dispositif symétrique en fer à cheval et sont recouvertes d’une toiture à longs pans en tuile plate. Le vestibule du bâtiment principal est pourvu d’un couvrement voûté.

Histoire

L’établissement de cette caserne est envisagé dès 1720, lorsque Claude Masse, ingénieur du roi, fait figurer sur le plan urbain de la cité l’assiette destinée à son implantation. Toutefois, il faut attendre le 28 juillet 1750, sous le règne de Louis XV, pour que le conseil du roi de France entérine officiellement l’édification d’un bâtiment castral voué au cantonnement d’une unité de cavalerie, afin de satisfaire aux nécessités stratégiques et aux contraintes inhérentes à l’organisation militaire[2].

En 1752, la municipalité procède à l’acquisition des emprises foncières requises pour l’exécution du projet et assure, dans un premier temps, le financement intégral du chantier au moyen des recettes issues de l’octroi. Néanmoins, dès l’année 1753, l’insuffisance des disponibilités budgétaires la contraint à recourir à l’emprunt afin d’honorer les charges afférentes aux travaux. Le dessein élaboré par Parent reçoit l’agrément du corps municipal le 9 juin 1750, avant d’être entériné par le Conseil d’État le 28 juillet suivant[1]. L’adjudication des travaux intervient dès le 9 août au bénéfice de Maupetit, entrepreneur établi à Fontenay ; toutefois, l’incapacité de ce dernier à satisfaire aux clauses de son marché entraîne son remplacement par Alexandre Hiou, entrepreneur choletais. À la suite du décès de celui-ci, survenu en mai 1755, la conduite du chantier échoit à Charles Fonteneau, alors constitué tuteur des enfants d’Hiou[1].

Une expertise est diligentée le 16 avril 1760 afin d’apprécier l’état d’avancement des travaux déjà exécutés par Hiou. Cette opération réunit l’architecte et entrepreneur fontenaisien Dumesnil, ainsi que Parent lui-même[1]. Antérieurement à cette date, mais dans une séquence chronologique difficile à circonscrire avec précision, Jacques Morillon, originaire de Fontenay, apparaît sous la dénomination d’« entrepreneur des casernes », tandis que Jacques Durand est ponctuellement mentionné comme chargé de la conduite des ouvrages[1].

Les travaux de sculpture et de serrurerie furent entrepris autour de 1765. Ils furent confiés respectivement à Héricart, sculpteur, et à Jean-Baptiste Trutteau, serrurier fontenaisien. Parmi les autres artisans, on relève le couvreur en ardoise Louis Perdreau. En outre, une carrière située à Biossais fut louée à un certain Brunet, propriétaire du lieu[1].

Le 20 avril 1764, Parent établit un nouveau devis relatif à l’édification de deux pavillons destinés au logement des officiers, appelés à prendre place de part et d’autre du corps principal de l’édifice[1]. Ce dessein, déjà mentionné en 1752, reçoit dès 1754 un assentiment de principe du Conseil d’État ; il demeure toutefois sans suite et ne connaît aucune exécution matérielle[1]. Les 15 janvier et 7 février 1765, une inspection de la caserne est ensuite conduite conjointement par Parent, Morillon, le maire et les échevins[1].

Le premier régiment prend garnison dans les lieux dès 1768, concomitamment à l’arrivée du régiment du marquis de Brissac, communément désigné sous l’appellation de « Royal-Bourgogne »[2][3]. Peu d’années après l’achèvement de l’édifice, celui-ci subit diverses déprédations imputées à des militaires indisciplinés. Le 28 mars 1776, l’ingénieur Parent de Curzon dirige néanmoins une campagne de réfection menée avec succès, laquelle permet de restituer à la construction son intégrité structurelle ainsi que sa configuration originelle[1].

Sous la Révolution française, l’autorité étatique s’empare de la caserne et en pérennise la tutelle, la municipalité n’ayant point abdiqué les dispositions du décret du 23 avril 1810[2]. Cette ordonnance concède en effet la propriété du bâti à la commune, à charge pour elle d'en assumer l’entretien. Au cours du XIXe siècle, le site reçoit le nom de « quartier Belliard », en hommage au général éponyme, natif de Fontenay-le-Comte et dignitaire de l’Empire[2]. L'usage consacre néanmoins la dénomination de « quartier de la Remonte », consécutivement à l'implantation d'un dépôt de remonte militaire dont l'activité s'étend d’août 1839 jusqu’en 1914[2]. Les structures équestres sortent de terre entre 1841 et 1843, avant que l'emprise foncière de l'institution ne s’accroisse entre 1849 et 1855 par l’acquisition de parcelles adjacentes[2]. L'ensemble architectural fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques en 1929[1].

Durant la Seconde Guerre mondiale, la caserne se trouve placée sous l’occupation des forces allemandes entre 1940 et 1944[2][3]. À l’issue de la Libération, l’établissement est dévolu à des usages industriels et se voit dépouillé de sa destination militaire initiale[3]. La Société d’exploitation industrielle des tabacs et des allumettes (SEITA) y implante alors provisoirement ses activités jusqu’en octobre 1957[2][3]. Ultérieurement, des entrepôts destinés au séchage du tabac sont édifiés sur l’emprise de l’ancienne carrière ainsi que sur celle de la piste cavalière[2]. En 1959, l’édifice réintègre le service du Génie et fait concomitamment l’objet d’une affectation pérenne à l’administration militaire[2]. Deux ans plus tard, un contingent supplémentaire de bâtiments entre dans le patrimoine de la Société nationale immobilière. En 1970, le Centre mobilisateur 137 est constitué en annexe du Centre mobilisateur 37 ; cette annexe est ensuite dissoute en 1978 afin d’être attribuée au Centre militaire de formation professionnelle numéro 2[2]. À la suite de cette réaffectation, d’importantes opérations de restauration sont entreprises sur les bâtiments concernés.

À compter de 1980, la partie inférieure de l’aile gauche de l’édifice accueille les services techniques du Génie de la Vendée, tandis que l’aile droite tient lieu de résidence au commandant d’armes. En juillet 1985, le Centre militaire de formation professionnelle du 137e régiment d’infanterie de Fontenay-le-Comte est reconfiguré en structure mobilisatrice intégrée au 137e régiment interarmes divisionnaire. Cette réorganisation fait l’objet d’une inauguration officielle la même année sous l’autorité du général de corps d’armée Jacques Servranckx, alors commandant de la 3e région militaire[2].

L’armée évacue l'édifice en 2008, initiant une phase de vacuité qui perdure jusqu'en 2020[3]. Cette même année, de vastes travaux de réhabilitation sont engagés afin de muer le complexe en une structure résidentielle d'une trentaine de logements[4]. Une fraction de ces habitations est livrée à la location dès les derniers mois de l'année 2021[5].

Références

  1. « Caserne Belliard », notice no PA00110112, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Aujard, Robert, 1953- ..., Fontenay-le-Comte : capitale du Bas-Poitou, ville millénaire, R. Aujard, (OCLC 462955351, lire en ligne)
  3. Jordan Guérin-Morin, « Fontenay-le-Comte. L’histoire de la discrète caserne Belliard » Accès libre, sur Ouest-France, (consulté le )
  4. « Fontenay-le-Comte. Plus de 20 appartements de l'ancienne caserne Belliard disponible à la location. » Accès libre, sur Ouest-France, (consulté le )
  5. Malika Merouari, « Fontenay-le-Comte. Une nouvelle vie pour la caserne Belliard » Accès libre, sur Ouest-France, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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