Catalogus Baronum

Catalogus Baronum
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Le Catalogus Baronum est le nom moderne donné à une compilation angevine de registres administratifs et militaires relatifs aux obligations des barons du Royaume de Sicile. La compilation conservée fut réalisée en 1322 sous la dynastie angevine, mais elle incorpore des matériaux antérieurs des XIIe et XIIIe siècles[1],[2]. Souvent interprété avant tout comme un registre féodal ou militaire, le Catalogus constitue aussi une source fondamentale pour l’étude de la seigneurie, de l’organisation comtale, de l’agence aristocratique et de l’administration royale dans les provinces continentales du royaume[3],[4]. Il sert à documenter le service militaire dû au roi, mais aussi à reconstruire la hiérarchie des pouvoirs aristocratiques et certaines formes de contrôle exercées par la monarchie sur l’espace péninsulaire[5]. Le manuscrit original a disparu dans l’incendie des archives de Naples en 1943 pendant la Seconde Guerre mondiale, mais son contenu est connu grâce à des copies et à des éditions antérieures.

Il était originellement contenu dans un manuscrit du Registre angevin 1322 A (242), conservé à l’Archivio di Stato di Napoli. Les registres angevins formaient l’un des plus importants ensembles documentaires du Moyen Âge, avec 378 in-folios et environ 500 000 documents couvrant surtout la période de 1265 à 1435[6]. Le témoin conservé au XIVe siècle reposait lui-même sur une version plus ancienne, dite « copie souabe », dérivée d’un manuscrit normand aujourd’hui perdu[2]. Son contenu a subsisté grâce au travail d’Evelyn Jamison, qui a exploité des photographies antérieures à la destruction du manuscrit et en a publié une édition critique en 1972[1].

Contenu

Le manuscrit est structuré en trois ensembles documentaires distincts, de chronologies différentes et couvrant plusieurs régions du royaume. Il permet de déterminer la hiérarchie des fiefs ainsi que la consistance de leur service militaire, établie de manière proportionnée selon l’importance du fief[7]. Le document renseigne aussi l’emplacement des fiefs, leurs détenteurs et les liens de dépendance qui les relient à un comte ou à un baron[1].

Dans cette partie, il est possible de distinguer une catégorie particulière de fiefs, les feuda quaternata. Les plus importants d’entre eux devaient le service militaire directement au roi, qu’ils fussent tenus immédiatement de la couronne ou par l’intermédiaire d’un comte ou d’un baron[7]. Les fiefs plus modestes échappent souvent à l’enregistrement du Catalogus et ne doivent pas le service militaire direct. D’autres clauses indiquent également que les châteaux des comtes et des barons devaient être mis à la disposition du roi en cas de réquisition. Les roturiers, c’est-à-dire les tenures non féodales, n’apparaissent pas dans le premier registre[7].

Le répertoire permet aussi de mesurer l’importance des fiefs et certaines formes de leur évolution. Chaque entrée comporte en général le nom du détenteur, la consistance initiale du fief ou sa figure d’augmentum, son emplacement et sa dépendance seigneuriale[1]. Parmi les catégories mentionnées figurent les milites, les villani et les commendatarii[8].

Le Catalogus Baronum contient trois registres distincts d’époques différentes et couvrant plusieurs régions du royaume :

  • le Quaternus magne expeditionis, compilé initialement sous Roger II en 1150-1151 puis révisé sous Guillaume II en 1167-1168[9] ;
  • un second registre composé sous Guillaume II vers 1175, limité aux chevaliers d’Aquino, d’Arce et de Sora ;
  • le Pheudatarii iusticiaratus Capitanatae, rédigé sous Frédéric II en 1239-1240 et consacré aux feudataires du Capitanat[1].

Quaternus magne expeditionis

La version originale du Catalogus Baronum est le volet appelé Quaternus magne expeditionis, ou simplement Quaternus. Cette partie du document fut vraisemblablement produite dans un contexte de préparation militaire face aux menaces extérieures, notamment byzantines, autour de 1150-1151. Le texte initial fut révisé en 1167, à la suite d’une nouvelle crise militaire, et plusieurs indices externes suggèrent l’existence d’une version intermédiaire entre 1156 et 1158[8].

Le Quaternus relevait d’une initiative de Roger II visant à enregistrer les droits et obligations militaires de ses chevaliers, ainsi que d’autres chevaliers et sergents du royaume. Il porte non seulement sur les services dus à la couronne, mais aussi sur certains biens patrimoniaux et ecclésiastiques[8]. Il répertorie les fiefs de la couronne dans la principauté de Capoue, le duché d'Apulie et de Calabre et les Abruzzes. Dans une lecture plus large, ce premier registre peut aussi être compris comme un instrument de territorialisation du service et de mise en ordre d’une noblesse dont les obligations demeuraient en partie négociées, variables et politiquement situées[4].

Approches historiographiques récentes

Les travaux récents ont sensiblement renouvelé l’interprétation du Catalogus Baronum. James Hill a proposé une relecture centrée sur le recrutement et l’administration des armées du royaume normand, en insistant sur le fait que le document ne doit pas être lu comme une simple nomenclature statique de fiefs, mais comme un instrument lié aux exigences de mobilisation et de contrôle militaire de la monarchie[8].

Hervin Fernández-Aceves a toutefois poussé plus loin cette relecture en montrant que, pour le XIIe siècle et pour l’espace continental du royaume, le Catalogus ne peut être réduit ni à une simple liste de prestations militaires ni à l’illustration d’un schéma féodal déjà donné. Il permet aussi de reconstruire des processus de réorganisation comtale, les formes d’agence aristocratique et les modalités concrètes de l’administration royale[4]. Dans cette perspective, les expeditiones ne renvoient pas seulement à une mobilisation ponctuelle ou réactive, mais à une organisation militaire contingente, articulée à des hiérarchies nobiliaires négociées et relayée par des structures parallèles de contrôle royal, notamment à travers les comestabuli[5].

Autrement dit, le Catalogus Baronum ne vaut pas seulement comme liste de prestations dues au roi. Il constitue aussi un observatoire privilégié des rapports entre aristocratie, fiscalité militaire, organisation comtale et pouvoir royal dans l’Italie méridionale normande[3].

Lien avec les croisades

Le Quaternus magne expeditionis permet aussi d’en apprendre davantage sur l’implication du Royaume de Sicile dans les premières croisades. La monarchie sicilienne normande semble y avoir exercé un contrôle étroit sur la participation militaire, malgré un engagement relativement limité du royaume en Terre sainte. Cela pose un problème à une partie de l’historiographie moderne, qui tend à sous-estimer la contribution des Normands du sud de l’Italie lorsqu’il est question des contingents italiens engagés en Orient[10].

Dans le premier registre du Catalogus Baronum, neuf fiefs recensés attirent l’attention sur ce contexte de croisades parce qu’ils portent le nom de Bohémond, le chef du contingent italo-normand de la première croisade : Boamundus Manupelli (I et II), Buamundus de Cagnano, Boamundus Malerba, Boa Salparum, Boamundus Travallie, Boemondo Britto, Boemondo Gatto et Boemondo de Balbano[10]. L’émergence de ce nom dans l’onomastique normande du sud de l’Italie semble refléter la réputation de ce chef devenu prince d’Antioche[10].

Exemple d'extrait

L’édition d’Evelyn Jamison est d’une importance décisive, puisqu’il s’agit du dernier témoin substantiel du contenu du manuscrit original. Le Catalogus Baronum comporte plusieurs entrées latines qui suivent généralement une structure assez régulière : le nom de l’individu, ce qu’il possède, puis ce qu’il doit en soldats ou le nombre qu’il a fourni au royaume. Par exemple, l’une des entrées indique que Boamundus de Cagnano doit fournir deux soldats, mais qu’avec l’augmentum il en fournit huit, ainsi que huit serviteurs[1].

Organisation normande du Royaume de Sicile

Le Catalogus Baronum a une importance majeure pour l’étude de l’organisation militaire du royaume normand de Sicile. La période antérieure à la fondation du royaume en 1130 fut marquée par les divisions et les conflits[8].

Contexte militaire avant l'invasion normande

La formule du service militaire demeurait problématique avant la constitution d’une véritable unité politique. Le sud de l’Italie était divisé sur les plans ethnique, politique et religieux. Des cités lombardes dominaient le nord-ouest et l’ouest, tandis que les territoires orientaux et méridionaux relevaient directement de l’Empire byzantin. Aucune armée unifiée ne s’y trouvait durablement établie[8].

Cependant, les États lombards possédaient déjà des formes d’organisation militaire comparables à certains égards à celles que les Normands allaient ensuite systématiser. La principale différence tenait à la transmission de la terre, qui n’était pas strictement liée à un devoir militaire continu mais davantage au service de l’État et à la fidélité envers celui-ci[8].

Féodalité et administration

La notion de féodalité a longtemps servi de cadre général pour lire le Catalogus Baronum, mais son emploi tend souvent à aplatir la spécificité du document et à faire croire qu’il suffirait d’y voir l’expression d’un ordre féodal déjà constitué[7]. Or, le texte montre une réalité plus mobile et plus hétérogène. Il enregistre certes des obligations liées à la détention de fiefs, mais il révèle surtout un effort de mise en lisibilité administrative de rapports de pouvoir très inégaux, territorialement différenciés et politiquement négociés[4].

Dans le royaume normand de Sicile, la question n’est donc pas seulement celle d’une féodalité abstraite, mais celle de la façon dont la monarchie cherchait à rendre mobilisables, calculables et gouvernables des seigneuries, des comtes et des dépendances militaires aux statuts souvent disparates. Le Catalogus est précisément l’un des instruments de cette opération. Il permet de voir comment le pouvoir royal tentait d’articuler service militaire, hiérarchies aristocratiques et emprise territoriale sur le continent, en particulier dans la principauté de Capoue, les Pouilles, la Calabre et les Abruzzes[4].

Les assises d'Ariano sont souvent invoquées comme le moment fondateur d’un ordre monarchique centralisé ou d’une féodalité normande pleinement systématisée. Une telle lecture est trop linéaire. Le Catalogus Baronum invite plutôt à voir un processus progressif et incomplet, dans lequel la couronne ne supprima pas d’un coup les pouvoirs aristocratiques, mais s’efforça de les encadrer, de les réordonner et de les intégrer à ses propres besoins militaires et administratifs[4].

Les limites du manuscrit doivent être comprises dans ce cadre. Les irrégularités terminologiques, les erreurs de transcription ou de calcul, ainsi que l’hétérogénéité même du matériau conservé n’en font pas seulement un texte imparfait; elles rappellent aussi qu’il s’agit d’un document composite, produit dans des contextes politiques distincts et qu’il ne peut être lu sans précaution comme le reflet transparent d’un système féodal pleinement cohérent[8],[2].

Dans cette perspective, le document ne sert pas seulement à recenser des obligations de chevalerie. Il permet aussi d’observer comment certaines structures comtales furent redéfinies après la création du royaume, comment des seigneuries furent supprimées, réduites ou réattribuées, et comment des officiers comme les comestabuli participaient à la coordination du contrôle militaire dans les provinces continentales[4],[5].

Le Catalogus Baronum ne doit donc pas être traité comme la simple illustration d’un paradigme féodal préexistant. Il est plutôt un document-clé pour comprendre la fabrication concrète du gouvernement royal, les marges d’action de l’aristocratie et la territorialisation du pouvoir dans l’Italie méridionale normande[3].

Le Catalogus Baronum est enfin une source importante pour l’étude de l’onomastique aristocratique dans les Pouilles et la principauté de Capoue au XIIe siècle. Il permet de distinguer les usages anthroponymiques des seigneurs normands et lombards, ainsi que l’emploi progressif de formes patronymiques et toponymiques dans l’aristocratie du royaume[9].

Résistances aux Normands

Lors de la conquête normande de la Sicile et du sud de l’Italie, les différentes régions et groupes de population finirent par adopter, vers le milieu du XIIe siècle, un système d’organisation relativement commun[8]. Cette évolution ne se fit toutefois pas sans résistances. Il y avait déjà eu des révoltes contre d’autres puissances, notamment après l’invasion byzantine du sud de l’Italie en 1081[8].

Guillaume d’Apulie rapporte ainsi que certains considéraient l’expédition comme injuste ou pénible, surtout ceux que retenaient au foyer leurs femmes et leurs enfants, et que le duc dut les contraindre à combattre par la menace[8].

Jusqu’à la création du royaume de Sicile par Roger II, de nombreux conflits opposèrent les différents barons et comtes du sud de l’Italie. Même après avoir tenté d’imposer son autorité sur l’ensemble de l’Italie du Sud continentale, Roger II se heurta à une aristocratie souvent rétive, surtout dans la principauté de Capoue, où plusieurs nobles se groupèrent autour de Rainulf de Caiazzo pour défendre leurs propres libertés[8]. La résistance à Roger II fut également alimentée par les schismes pontificaux et par les prises de position des prétendants au pontificat[11].

C’est dans ce contexte de tensions entre les comtes rebelles, l’aristocratie normande et la monarchie que le Catalogus Baronum fut rédigé. Il peut ainsi être lu comme l’une des réponses administratives et militaires à ces menaces internes et externes, mais aussi comme un instrument de gouvernement destiné à rendre plus lisibles et plus contrôlables des rapports aristocratiques et territoriaux encore instables[8],[4].

Notes et références

  1. (it) Evelyn Jamison, Catalogus Baronum, Rome, Istituto storico italiano per il Medio Evo, (lire en ligne)
  2. Nicholas Smith, « Servicium Debitum and Scutage in Twelfth-Century England with Comparisons to the Regno of Southern Italy », etheses.dur.ac.uk, Durham University,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. (en) Hervin Fernández-Aceves, County and Nobility in Norman Italy : Aristocratic Agency in the Kingdom of Sicily, 1130-1189, Londres, Bloomsbury Academic, (lire en ligne)
  4. (en) Hervin Fernández-Aceves, County and Nobility in Norman Italy : Aristocratic Agency in the Kingdom of Sicily, 1130-1189, Londres, Bloomsbury Academic, , 28-29, 34-35, 52-53 (lire en ligne)
  5. (en) Hervin Fernández-Aceves, « Royal comestabuli and Military Control in the Sicilian Kingdom: A Prosopographical Contribution to the Study of Italo-Norman Aristocracy », Medieval Prosopography, vol. 34,‎ , p. 1-40 (lire en ligne, consulté le )
  6. Jean Longnon, « Les Registres angevins et leur reconstitution. [I Registri della Cancelleria Angioina ricostruiti da Riccardo Filangieri con la collaborazione degli Archivisti napoletani, t. I à XII, 1265-1277] », Journal des Savants, vol. 1, no 1,‎ , p. 27-40 (lire en ligne, consulté le )
  7. Gérard Giordanengo, « Chapitre I. Les féodalités italiennes », dans Les féodalités, Presses Universitaires de France, , 211-262 p. (lire en ligne)
  8. (en) James Hill, « The Catalogus Baronum and the Recruitment and Administration of the Armies of the Norman Kingdom of Sicily: A Re-Examination », Historical Research, vol. 86, no 231,‎ , p. 1-14 (DOI 10.1111/j.1468-2281.2012.00605.x, lire en ligne, consulté le )
  9. Errico Cuozzo, « L'antroponimia aristocratica nel Regnum Siciliae. L'esempio dell'Abruzzo nel Catalogus baronum (1150-1168) », Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Âge, vol. 106, no 2,‎ , p. 653-665 (ISSN 1123-9883, DOI 10.3406/mefr.1994.3394, lire en ligne, consulté le )
  10. Luigi Russo, « Bad Crusaders? The Normans of Southern Italy and the Crusading Movement in the Twelfth Century », dans Anglo-Norman Studies, XXXVIII: Proceedings of the Battle Conference 2015, Woodbridge, Suffolk, Boydell Press, , p. 169-180
  11. Guilhem Dorandeu-Bureu et Annliese Nef, « Le passage à la royauté de Roger II de Sicile en 1130 : propositions pour l’analyse d’une révolution symbolique », Tabularia,‎ (ISSN 1630-7364, DOI 10.4000/tabularia.6540, lire en ligne, consulté le )

Sources

Bibliographie

  • Abulafia, David (1988). Frederick II: A Medieval Emperor. Oxford University Press.
  • (en) Hervin Fernández-Aceves, « Royal comestabuli and Military Control in the Sicilian Kingdom: A Prosopographical Contribution to the Study of Italo-Norman Aristocracy », Medieval Prosopography, vol. 34,‎ , p. 1-40 (lire en ligne)
  • (en) Hervin Fernández-Aceves, County and Nobility in Norman Italy : Aristocratic Agency in the Kingdom of Sicily, 1130-1189, Londres, Bloomsbury Academic, (lire en ligne)
  • Cuozzo, Errico, « L’antroponimia aristocratica nel Regnum Siciliae. L’esempio dell’Abruzzo nel Catalogus baronum (1150-1168) », Mélanges de l’École française de Rome. Moyen Âge, vol. 106, no 2, 1994, p. 653-665.
  • Dorandeu-Bureu, Guilhem et Annliese Nef, « Le passage à la royauté de Roger II de Sicile en 1130 : propositions pour l’analyse d’une révolution symbolique », Tabularia, , p. 1-47.
  • Giordanengo, Gérard, « Chapitre I. Les féodalités italiennes », dans Les féodalités, Presses Universitaires de France, 1998, p. 211-262.
  • Hill, James (2013). "The Catalogus Baronum and the Recruitment and Administration of the Armies of the Norman Kingdom of Sicily: A Re-Examination". Historical Research, 86 (231), p. 1-14. doi:10.1111/j.1468-2281.2012.00605.x.
  • Jamison, Evelyn (éd.), Catalogus Baronum, Rome, Istituto storico italiano per il Medio Evo, coll. « Fonti per la storia d’Italia », 1972.
  • Longnon, Jean, « Les Registres angevins et leur reconstitution. [I Registri della Cancelleria Angioina ricostruiti da Riccardo Filangieri con la collaborazione degli Archivisti napoletani, t. I à XII, 1265-1277] », Journal des Savants, vol. 1, no 1, 1959, p. 27-40.
  • Russo, Luigi, « Bad Crusaders? The Normans of Southern Italy and the Crusading Movement in the Twelfth Century », dans Anglo-Norman Studies, XXXVIII: Proceedings of the Battle Conference 2015, Woodbridge, Suffolk, Boydell Press, 2016, p. 169-180.
  • Smith, N. J. C. (2010). Servicium Debitum and Scutage in Twelfth-Century England with Comparisons to the Regno of Southern Italy (thèse de doctorat), Durham University.

Voir aussi

Liens externes

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