Cathédrale d'Ischia

Cathédrale d'Ischia
Image illustrative de l’article Cathédrale d'Ischia
Présentation
Nom local Cattedrale di Santa Maria Assunta
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse d'Ischia
Début de la construction 1388
Fin des travaux 1810
Autres campagnes de travaux 1752, 1912, 2017
Style dominant Baroque
Géographie
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Drapeau de la Campanie Campanie
Province Naples
Ville Ischia
Coordonnées 40° 43′ 57″ nord, 13° 57′ 31″ est
Géolocalisation sur la carte : Italie
(Voir situation sur carte : Italie)
Cathédrale d'Ischia

La cathédrale d'Ischia ou cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomtion (en italien : cattedrale di Santa Maria Assunta) est une église catholique romaine d'Ischia, en Italie. Il s'agit de la cathédrale du diocèse d'Ischia.

Histoire

Après la mort en 1388 de Giovanni Cossa, gouverneur d'Ischia et de Procida, son fils Pietro fit construire une grande église dédiée à la Madonna della Scala à Ischia Ponte. Un couvent fut également bâti à proximité, confié aux pères Augustins. La famille Cossa était l'une des plus illustres de l'île et jouissait d'une grande considération auprès de la cour angevine de Naples. Le frère de Pietro, Baldassarre, accéda au trône pontifical sous le nom de Jean XXIII, mais, en raison des conflits ecclésiastiques qui agitaient l'époque, il est considéré comme un antipape dans l'histoire de la papauté[1].

Auparavant et au fil des siècles, l'ancienne cathédrale fut démolie et reconstruite à trois reprises. Le siège épiscopal se trouvait alors dans l'ancienne cité de Geronda, située dans l'actuelle pinède de Fiaiano[1]. Une forte éruption du volcan Fondo Ferraro eut lieu en 1301 qui détruisit une partie de la région. Aussi l'église-mère, ainsi que toute la population d'Ischia, fut transférée sur le petit îlot du château aragonais, relié à l'île principale par un pont construit en 1438 sur ordre d'Alphonse d'Aragon. Remaniée au XVIIe siècle, elle fut le théâtre d'événements solennels, tels que le mariage de Vittoria Colonna et Francesco Fernando d'Avalos (1530–1571), un noble et homme politique italien, en 1509[2]. Cette situation perdura jusqu'en 1809, date à laquelle des tirs de canon anglais, postés sur la colline de Sorronzano, détruisirent la cathédrale[1].

La façade.
La nef centrale.
Le plafond de la nef.

Suite à ces événements désastreux, les chanoines obtinrent le transfert de la cathédrale à l'église Santa Maria della Scala, annexée au couvent des Augustins d'Ischia Ponte, dans un lieu moins exposé aux attaques et plus facilement accessible. Les œuvres d'art ayant survécu au bombardement y furent transférées. Ainsi, Joachim Murat, roi de Naples, par décret daté de Paris du , accordait au chapitre d'Ischia l'église de S. Maria della Scala « avec tous les ornements sacrés, ustensiles et meubles qui s'y trouvent pour y établir l'église cathédrale ».

L'année 1809 fut également l'année de la loi par laquelle Joachim Murat supprima de nombreux ordres monastiques et confisqua leurs biens. Les Augustins furent également contraints d'abandonner leur couvent. Ils reviendront quelque temps après, en 1820, à la suite du retour des Bourbons et de la création du royaume des Deux-Siciles[3].

Les chanoines, donc, en tant qu'hôtes de l'église de S. Maria della Scala, se trouvèrent être les propriétaires de l'église et entreprirent immédiatement, bien que dans de graves difficultés économiques, l'adaptation indispensable de la structure à la nouvelle fonction qu'elle devait remplir. Cette œuvre fut poursuivie par les évêques, à commencer par Giuseppe d’Amante (1818-1843) qui, après presque dix-neuf ans de vacance du diocèse, vint renouer les fils de la succession des évêques[4].

La cathédrale a fait l'objet de plusieurs travaux de restauration, notamment ceux de 1912 lorsque le revêtement du sol a été refait en marbre blanc de Carrare et gris de Bardiglio, réalisé grâce à un don. En 2017, ce fut des travaux de consolidation et d'étanchéité[5].

Architecture et décoration

Le crucifix catalan.
Les fonts baptismaux.

L'édifice présente une vaste façade baroque à trois entrées protégées par de robustes grilles et une élégante mosaïque, réalisée par des artistes contemporains, qui orne le porche central[1]. À l'arrière à gauche, se dresse l'imposant clocher, construit en 1596, et qui servit de tour de guet et d'abri pour permettre à la population de se protéger lors de fréquents raids de pirates venus de Turquie et d'Afrique du Nord (Barbaresques)[6]. Il ne servit seulement de clocher qu'en 1613[7].

L'intérieur, lumineux, est à trois nefs, dominées par un dôme inspiré de Bramante. Le sol en marbre date de 1912, fruit d'un don, tandis qu'au-dessus, au centre, se trouve une effigie en stuc d'une femme, que la tradition populaire identifie comme le visage de l'épouse de Pietro Cossa, fondateur de l'église[1].

De nombreuses peintures, pour la plupart du XVIIIe siècle, ornent les murs de la cathédrale. Parmi elles, les plus importantes sont l'œuvre de Giacinto Diano, un artiste originaire de Pouzzoles. Ces toiles sont des œuvres de jeunesse de l'artiste, datant de 1758-1760[4].

La sacristie renferme d'autres tableaux intéressants, dont certains proviennent de l'ancienne cathédrale. Parmi eux, un panneau représentant saint Georges terrassant le dragon est attribué, selon les archives de la Surintendance, à Teodoro d'Errico, nom italianisé du peintre flamand Dirk Hendricksz, figure importante de la peinture parisienne, auteur de plafonds à caissons et de prestigieux retables[1].

Dans l'église, outre les peintures, on trouve de nombreuses autres œuvres d'art, notamment, un rare crucifix de l'art roman en Catalogne datant de la deuxième moitié du XIIIe siècle et provenant du château[1]. Il a été déplacé de la nef gauche au maître-autel central.

L'autel de marbre, construit en même temps que la balustrade baroque entre 1746 et 1764, provient également de l'ancienne église.

Les fonts baptismaux situés dans la nef gauche, juste après l'entrée : ils servirent au baptême de saint Jean-Joseph de la Croix, saint patron de l'île d'Ischia, dont les reliques reposent dans la collégiale du Saint-Esprit, en face[8].

À l'extrémité de la nef droite, la chapelle du Saint-Sacrement est dédiée à la Madonna della Libera, dont l'image, sur un panneau du XIVe siècle, offre un sourire maternel. Objet d'une vénération historique, devant laquelle de nombreux dignitaires auraient souvent prié comme Vittoria Colonna pour le retour de son bien-aimé, lequel à son retour, saint et sauf et victorieux, ne manqua pas de remercier de retrouver son épouse et son île[7].

Notes et références

  1. (it) La cathédrale de l'Assomption, Les églises d'Ischia, Achille della Ragione, sur guidecampania.com
  2. (it) Chiesa di Santa Maria Assunta, BeWeb.
  3. (it) La restauration de l'ordre des Augustins dans le royaume de Naples (1819-1838), sur ghirardacci.it
  4. [(it) Cattedrale, diocesi di Ischia.
  5. Cattedrale di Santa Maria Assunta, notice historique, BeWeb.
  6. (it) Les invasions pirates, sur ischia.org
  7. (it) Cattedrale dell’Assunta, Isola d'Ischia.
  8. (it) La cattedrale dell'Assunta di Ischia Ponte, sur prontoischia.it

Annexes

Article connexe

Liens externes

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