Catherine Durand
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Mme C. Bédacier |
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Catherine Durand, épouse Bédacier, née en 1670 et morte en 1736, est une femme de lettres française.
Catherine Durand a écrit sous son nom de naissance, mais a également eu recours aux noms de plume de Madame D***, Mademoiselle D*** ou M. D. Elle n'emprunte jamais son nom d'épouse, ayant commencé sa carrière d'autrice avant son mariage.
Biographie
Catherine Durand naît en .
Elle écrit des poésies, des pièces de théâtre, huit romans et des contes de fées. Elle fréquente de salon de Madame de Lambert, haut lieu de littérature, arts et philosophie de la société mondaine où sont lus plusieurs de ses textes. Elle est publiée à de nombreuses reprises dans un contexte peu favorable à la publication des autrices et la mise en scène de leur œuvres[1]. Elle se fait connaître pour ses romans aux genres variés, de la nouvelle courte au grand roman en deux volumes, de la fiction historico-galante aux histoires d'amour plus contemporaines. Elle dépeint sans fard les mondanités de son temps[2].
Elle est pionnière dans l'usage de nouvelles formes d'écriture dans le roman peu usité et le conte de fées du mouvement précieux avec son premier roman La Comtesse de Mortane en 1699. Elle suit la mode des proverbes dès le XVIIe siècle en publiant Comédies en proverbes (1699) à la suite d'Adrien de Montluc et Benserade. Le recueil de dix saynètes paraît en appendice du roman Le Voyage de campagne de la comtesse de Murat. Le terme de proverbes comme genre littéraire désigne un quolibet, une plaisanterie courte et légère, à la fois critique et comique, assez proche des exercices littéraires mondains des salons (Hôtel de Rambouillet, Hôtel de Guise, Hôtel de Richelieu, Hôtel de Condé) pouvant mettre mis en scène et en musique au théâtre[1].
Catherine Durand encourage la liberté personnelle et remet en question l'ordre sociale en présentant des histoires de femmes insoumises et rebelles remettant en question les préjugés sociaux sur un ton badin et ironique[1] sans pour autant bafouer les convenances sociales. Elle moque l'hypocrisie des bienséances demandées aux femmes, dénonce les lieux d'emprisonnement comme les couvents et les maisons de campagne isolées[2].
Son « Ode à la louange de Louis XIV » reçoit le Prix de poésie de l'Académie française en [2].
Elle écrit aussi un livret d'opéra resté inachevé Adraste, publié après sa mort[2].
En , elle reçoit le privilège collectif pour la publication de ses œuvres complètes dans le but de perpétuer sa réputation littéraire. Elle meurt en avant la publication du dernier volume de ses œuvres[2].
Bibliographie
Œuvres
- Comédies en proverbes, Paris, 1699.
- La Comtesse de Mortane, La Haye, Veuve de Claude Barbin, 1699.
- Histoire des amours de Grégoire VII, du cardinal de Richelieu, de la princesse de Condé, et de la marquise d'Urfé, Cologn[e] [Hollande], Pierre Le Jeune, 1700.
- Les Avantures galantes du chevalier de Themicour, Paris, Pierre Ribou, 1701.
- Le Comte de Cardonne : ou La constance victorieuse, Paris, Ribou, 1702.
- Les Petits Soupers de l’esté, ou, Avantures galantes avec l’origine des fées, Amsterdam, J. Wetstein & G. Smith, 1702.
- Les Belles Grecques ; ou, L’Histoire des plus fameuses courtisanes de la Grèce. Et dialogues nouveaux des galantes modernes, Paris, Saugrain & Prault, 1712.
- La Vengeance contre soy-mesme, et le chat amoureux, 1712 : contes en vers
- Les Mémoires secrets de la cour de Charles VII, roi de France, Paris, Prault père, 1734.
- Les Voyages de campagne, avec Henriette-Julie de Castelnau de Murat, Paris, Prault, 1737.
- Henry, duc des vandales : histoire véritable, Paris, Prault, 1737.
- œuvres de Madame Durand, 1737
Références
- Monika Kulesza, « Au carrefour des formes, au carrefour des sens : Comédies en proverbes de Catherine Durand », Orbis Linguarum, vol. 50, (file:///home/cv/T%C3%A9l%C3%A9chargem
)
- « Théâtre de femmes de l’Ancien Régime. Tome III. xviie-xviiie siècles - Notice », Classiques Garnier, no Tome III, (DOI 10.48611/i, lire en ligne [archive du ], consulté le )
Pour approfondir
Bibliographie
- Anne Defrance, « 1700-1703 : L'Éclipse du conte de fées », dans L’Année 1700, Éd. et intro. Aurélia Gaillard, Préf. Charles Mazouer, Tübingen, Narr, 2004, p. 204–21
- Perry Gethner, Femmes dramaturges en France (1650-1750) : pièces choisies, Paris ; Seattle, Papers on French Seventeenth Century Literature, 1993
- (en) Perry Gethner, « Playful Wit in Salon Games: The Comedy Proverbs of Catherine Durand » dans L’Esprit en France au XVIIe siècle, Éd. François Lagarde, Paris, Papers on French Seventeenth-Century Literature, 1997, p. 225–30
- Denise Godwin, « La Citation dans le recueil de nouvelles encadrées de 1657 à 1691 » dans L’Épreuve du lecteur : Livres et lectures dans le roman d’Ancien Régime », Éd. et intro. Jan Herman, Paul Pelckmans, Nicole Boursier, Louvain, Peeters, 1995, p. 100–08
- Jean Marlio, Catalogue des livres anciens composant la bibliothèque de Mme. D***, Paris, L. Giraud-Badin, 1930-1931
Liens externes
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