Ce que nous sommes (bande dessinée)

Ce que nous sommes
One shot
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Auteur Zep

Pays Drapeau de la France France
Éditeur Rue de Sèvres
Première publication 2022
ISBN 9782810204984

Ce que nous sommes est une bande dessinée de Zep pour le scénario, le dessin et les couleurs. Le livre a été publié en 2022 aux éditions Rue de Sèvres.

Synopsis

En 2113, il est possible de recevoir un implant cérébral et de vivre ainsi dans une réalité virtuelle permettant toutes sortes d’expériences sensorielles. Cette 'augmentation' est cependant réservée aux plus fortunés et l’installation consomme une grande partie de l’énergie disponible pour l'ensemble de la population. Constant, jeune homme aisé, vit au centre de la ville, bien protégé de la banlieue pauvre. Il profite de son second cerveau, implanté afin de lui faire connaitre toutes les expériences imaginables en réalité virtuelle. Mais à la suite d'un malaise, il est soudainement déconnecté. Amnésique, ne sachant plus ni lire ni écrire, il va être recueilli par une famille ayant peu de ressources, vivant en périphérie et appelés "les gens de la forêt". Pour l’aider, ils l’envoient chez Hazel, une jeune femme vivant dans la forêt mais connaissant bien la technologie. Pour en savoir plus, Hazel et Constant attaquent une clinique pirate. Mais Hazel se fait enlever et Constant part la chercher en repassant dans la cité des augmentés…

Album

Personnages

  • Constant : Personnage principal, jeune héros “augmenté”
  • Hazel: Jeune femme vivant dans la forêt et qui va aider Constant dans sa quête de mémoire
  • Professeur Harsh: Médecin posant des implants cérébraux illégaux
  • Ruben : Le chien d’Hazel

Analyse

Style

Cet ouvrage est le quatrième album de style 'réaliste' de l'auteur, Zep[1]. Comme le note Thierry Soulard: « Titeuf est désormais loin d’être l’oeuvre qui le définit. Depuis que le petit héros qui a lancé sa carrière a grandi, Zep a réussi avec brio à se démarquer de sa série phare et à imposer son virage artistique. Tout en continuant les albums jeunesse, il a multiplié les projets de rupture, développant de nouvelles thématiques ici, tentant parfois un nouveau style de dessin »[2]. Le dessin est convaincant et selon S.de Boysson : « Le père du célèbre Titeuf dessine bien, c’est indéniable. Avec une remarquable économie de moyens, il pratique une ligne claire classique et sobre aux couleurs douces »[3].

Comme le note Sophie Pilaire: « Avec un dessin réaliste et des couleurs tranchées – bleu dans l’univers virtuel, rouge dans celui de la réalité –, Zep offre une intrigue très aboutie qui résume nos dérives et nos interrogations. L’homme a complètement quitté la nature, et n’a plus d’autre solution que d’essayer d’y retrouver une place… à la façon des survivalistes pour commencer »[4]. Le style aérien contribue à la fluidité de la lecture comme le note O.Delcroix: « Dans cet album aux tons pastel, qui se lit d’une traite, le créateur de Titeuf poursuit son exploration d’une veine graphique plus mature et psychologique. »[5].

Thèmes abordés

L’époque, un futur proche, et l’histoire rendent les faits réalistes et touchants. Comme l’écrit L.Compère : « Cette dystopie se déroule dans un futur proche, et nous n'avons aucun mal à nous projeter sur une telle issue. Par ce biais, Zep nous questionne : quels sont les dangers auxquels nous sommes exposés ? Que voulons-nous vraiment pour l'humanité ? Apprenons-nous véritablement sans être au contact des autres ? »[6].

L'ouvrage est complémentaire de toutes les questions actuelles plutôt relatives à notre évolution par rapport à une connectivité de plus en plus forte. Ici l'auteur va à contre-sens et comme l'écrit Gwénaëlle Le Mercier: « Si depuis la naissance, notre individualité était virtuellement connectée à un système qui peut nous faire assimiler tous les apprentissages beaucoup plus vite que le temps nécessaire à leur acquisition dans une vie normale, alors que deviendrions-nous si cette mémoire numérique s’effaçait brutalement du jour au lendemain ? » [7]. Alex ajoute sur la question de l’acquisition de connaissances sans effort et dans leur intégralité: « Mais la vie peut-elle encore avoir de la saveur lorsque plus rien n’est à découvrir ? »[8].

L'histoire n'est pas complètement imaginaire car comme l'écrit Laetitia Gayet: « Il (Zep) s'est inspiré d'un projet baptisé Blue Brain, sur la reproduction numérique du cerveau humain, et interrogé l'un des scientifiques engagé sur ces recherches. Il en résulte donc au-delà de l'histoire, une réflexion sur précisément ce que nous sommes, nous humains, sur cette planète »[9].

Le cas de Constant, le personnage principal, est certainement ce qui peut s'imaginer de pire puisqu'il est soudainement privé de tout, y compris la mémoire de sa propre personne. Comme l'écrit S.Lelièvre : « Avec le cas extrême d'un Constant devenu vulnérable et littéralement handicapé sans ses connaissances élémentaires, Zep dépeint une dystopie horrifique captivante nourrie d'un travail intense de collaboration avec un neuroscientifique »[10]. La perte de connaissance de base de Constant est déclinée dans une histoire qui va passer de science fiction à thriller, tout en couvrant les thèmes de prédilection de l'auteur comme le souligne JL. Truc : « La trame bien que classique parfois (on pense à King bien sûr) prend sa place avec une certaine philosophie de l’évolution. On y croit et on suit l’histoire sur un dessin de Zep déjà éprouvé dans The End. Tout en retrouvant tous les thèmes chers à l’auteur dont l’écologie »[11].

Si l’histoire se tient dans un futur très inégalitaire et injuste pour beaucoup de personnes, l’ensemble se veut finalement positif. M.Ghyselings note : « Une histoire bien sombre avec, et c'est la signature de Zep, de belles fenêtres. Car face à la perspective peu réjouissante de voir quelques happy few se goinfrer pour vivre artificiellement des aventures, il y a de quoi déprimer. Ce n'est pas le cas de Zep »[12]. L’auteur se montre très impliqué dans cette réflexion et D.Pasamonik écrit: « Le fait que Zep a prêté à son héros les propres traits de son jeune fils fait comprendre toute la dimension personnelle qu’il donne à cette réflexion qui met en lumière la question du progrès, de son rapport à l’humain et de ses conséquences. »[13].

Notes et références

  1. ↑ Laurence Le Saux, « Zep: “Je garde presque tous mes dessins, ils font partie de moi” », sur telerama.fr, (consulté le )
  2. ↑ Thierry Soulard, « Zep explore « ce que nous sommes », et ce que nous pourrions être », sur bubblebd.com, (consulté le )
  3. ↑ Stéphane de Boysson, « les transhumains n’ont pas fini de s’ennuyer! », sur benzinemag.net, (consulté le )
  4. ↑ Sophie Pilaire, « Critique de ‘Ce que nous sommes’ », sur ricochet-jeunes.org, (consulté le )
  5. ↑ Olivier Delcroix, « Ce que nous sommes, de Zep: la douce violence de mondes futuristes », sur lefigaro.fr, (consulté le )
  6. ↑ Léa Compère, « ‘Critique de Ce que nous sommes de Zep’ », sur planetebd.com, (consulté le )
  7. ↑ Gwénaëlle Le Mercier, « Critique de "Ce que nous sommes" de Zep », sur comixtrip.fr, (consulté le )
  8. ↑ Alex, « Ce que nous sommes: une plongée dans le futur de Zep », sur lesmillemondes.com, (consulté le )
  9. ↑ Laetitia Gayet, « "Ce que nous sommes" par Zep », sur radiofrance.fr, (consulté le )
  10. ↑ Salomé Lelièvre, « Critique de "Ce que nous sommes" », sur actusf.com, (consulté le )
  11. ↑ Jean-Laurent Truc, « Ce que nous sommes, Zep et le cerveau numérique », sur ligneclaire.info, (consulté le )
  12. ↑ Maryse Ghyselings, « Zep: "Avec Ce que nous sommes, je raconte un effondrement" », sur moustique.be, (consulté le )
  13. ↑ Didier Pasamonik, « «Ce que nous sommes», le thriller transhumaniste de Zep », sur actuabd.com, (consulté le )

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