Censure d'internet au Mali

La censure d'internet au Mali, fait référence au blocage par l'État des principaux réseaux sociaux et sites d'informations et à la coupure partielle ou totale d'internet au Mali.

La première coupure des réseaux sociaux date d'. Depuis, la coupure d'internet dans le pays est devenue récurrente. En , le gouvernement du Mali interdit Starlink en invoquant des raisons de sécurité et l'absence d'homologation officielle.

Censure en 2016

Le , pour la première fois au Mali, l'accès à internet et aux réseaux sociaux est bloqué. Il s'agit du blocage de Facebook et Twitter et des perturbations de l'application WhatsApp. Des réseaux sociaux très utilisés dans le pays[1]. Cette censure nationale intervient à la suite de violentes manifestations à Bamako en réponse à l'arrestation de l'animateur radio Mohamed Youssouf Bathily[2]. Il est accusé d'atteinte aux mœurs et d'injure publique à caractère sexuel[3].

Pour contourner l'interruption, les internautes utilisent des VPN. Le gouvernement quant à lui a nié son implication dans ces coupures[4].

Condamnation

Internet sans frontière a condamné cette coupure, la considérant comme une attaque contre les libertés en ligne des Maliens et la jugeant dangereuse et contreproductive[5],[4]. La société civile, les activistes, les journalistes et les internautes ont qualifié cette coupure d'atteinte à la liberté d'expression et au droit à l'information[6],[1].

Censure en 2018

Lors du premier tour de l'élection présidentielle malienne de 2018 au Mali, Twitter et WhatsApp sont bloqués le . Ils étaient inaccessibles sur le réseau d'Orange Mali qui est le principal opérateur du pays. Le site de Guardian Project qui donne une possibilité de contournement de cette coupure a été bloqué également. L'Open Observatory of Network Interference rapporte le avoir observé des perturbations sur les réseaux sociaux le [7]. Internet Society publie un communiqué où ils constatent une lenteur inhabituelle pour accéder aux réseaux sociaux[8].

Le , avant la proclamation des résultats officiels de l'élection présidentielle, l'accès à l'internet mobile est totalement coupé à Bamako et dans plusieurs régions dont Tombouctou et Gao[8]. Internet mobile est resté inaccessible jusqu'à la matinée du [9]. Les connexions ADSL sont restées accessibles[8].

Condamnation

Internet Sans Frontières condamne cette énième coupure d'internet au Mali, estimant que le Mali bafoue les principes du droit international sur la liberté d'expression. Sa directrice exécutive Julie Owono affirme que « L’accès à Internet et à l’information qui y est disponible est un droit fondamental, a fortiori en période électorale. Nous sommes très inquiets que la Mali devienne familier de méthodes de censure qui empêche à des millions de citoyen de communiquer à travers les réseaux sociaux, et de s’informer des moyens de contourner la censure. Les autorités maliennes, et les opérateurs télécoms concernés devraient faire preuve de transparence et expliquer ce qui se passe »[10].

Paradigm initiative publie un communiqué le où l'organisation estime que ces actes violent les droits de l'homme et appelle le gouvernement Malin à rétablir sans délai l'ensemble des réseaux internet[11].

Censure entre 2019 et 2024

Entre 2019 et 2023 l'internet est fréquemment perturbé au Mali surtout lors des manifestations. Des ralentissements sont récurrents et des blocages ciblés[12]. De plus, le Mali compte parmi les pays africains avec un nombre record de coupures selon le rapport Access Now[13].

Le , les autorités maliennes interdisent la commercialisation et l'utilisation du terminal internet StarLink d'Elon Musk. Le gouvernement compte démanteler les terminaux puis examiner la faisabilité de l'utilisation légale[14].

La première raison de cette interdiction est la prolifération d'entreprises commercialisant les kits Starlink sans autorisation. Pour le gouvernement, ces entreprises vendent et installent des équipements de communication frauduleusement dans le pays[14].

Ensuite vient la question de la sécurité. Les autorités soulignent que l'usage de cette technologie n'est pas contrôlé. Hors mis les ONG présentes au Mali qui l'utilisent, plusieurs particuliers ont acquis ces kits, dont les groupes terroristes et groupes armés qui l'utilisent pour communiquer notamment dans les régions du centre et du nord[15],[16].

En , Starlink est de nouveau autorisé au Mali avec une levée de six mois de l'interdiction d'importer et de commercialiser les kits[17],[18]. Cette fois son utilisation est encadrée et contrôlée par des dispositions de l'Etat du Mali[19],[20].

Notes et références

  1. « Mali : qui a suspendu les réseaux sociaux ? », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
  2. ↑ « Arrestation au Mali de Mohamed Youssouf Bathily », sur BBC News Afrique, (consulté le )
  3. ↑ « Mali : le chroniqueur Ras Bath libéré », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. sgadjigo, « Liberté d’expression et réseaux sociaux au Mali : quelles limites pour le citoyen et l’Etat ? », sur Studio Tamani - Informations, débats, magazines : toute l’actualité du Mali, en 5 langues, (consulté le )
  5. ↑ « Facebook et Twitter bloqués au Mali, un recul pour la démocratie », sur Internet Sans Frontières, (consulté le )
  6. ↑ « Au Mali, les réseaux sociaux sont coupés depuis ce mercredi », sur sahelien.com, (consulté le )
  7. ↑ (en) Maria Xynou et Julie Owono2018-07-31, « Mali: Social media disruptions amid 2018 presidential election? », sur ooni.org, (consulté le )
  8. « Mali : internet mobile inaccessible en amont de l’annonce des résultats de la présidentielle », sur JeuneAfrique.com (consulté le )
  9. ↑ AfricaNews, « Mali : internet mobile inaccessible avant les résultats de la présidentielle », sur Africanews, 2018-08-16cest10:21:00+02:00 (consulté le )
  10. ↑ « Mali : Censure des réseaux sociaux pendant l’élection présidentielle de 2018 », sur Internet Sans Frontières, (consulté le )
  11. ↑ (en-US) Administrative, « Déclaration de Paradigm Initiative sur les pertubations d’Internet au Mali », sur Paradigm Initiative, (consulté le )
  12. ↑ « Tensions au Mali: internet et les réseaux sociaux aussi perturbés », sur RFI, (consulté le )
  13. ↑ cfeditorfr, « Internet Coupé À un Niveau Record en Afrique », sur Mali, (consulté le )
  14. « Mali : Starlink, le terminal internet d'Elon Musk interdit », (consulté le )
  15. ↑ « Mali: les deux raisons de l’interdiction des terminaux internet Starlink d’Elon Musk », sur Le 360 Afrique (consulté le )
  16. ↑ « Starlink, le nouvel atout des groupes rebelles et djihadistes au Sahel », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  17. ↑ « Mali: le fournisseur internet Starlink est à nouveau autorisé, mais il sera encadré », sur RFI, (consulté le )
  18. ↑ « Le pouvoir malien lève l'interdiction des kits Starlink », sur Voice of America, (consulté le )
  19. ↑ « Elon Musk: une interdiction levée contre une de ses sociétés en Afrique », sur La Nouvelle Tribune, (consulté le )
  20. ↑ Chiencoro, « Au Mali comme au Niger — le retour de Starlink, un tournant pour la souveraineté numérique des États du Sahel », sur Sahel Tribune, (consulté le )

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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