Centrale nucléaire de Koursk
| Localisation | |
|---|---|
| Coordonnées |
51° 40′ 30″ N, 35° 36′ 20″ E |
| Opérateur | |
| Construction | |
| Mise en service | |
| Statut |
Kursk-1 et 2 : arrêt définitif Kursk-3 et 4 : opérationnel Kursk-5 : abandonné Kursk 2-1 : opérationnel Kursk 2-2 et 2-3 : en construction Kursk 2-4 : en projet |
| Direction |
Viatcheslav Alexandrovitch Fedioukine |
| Effectifs |
4000 personnes |
| Type |
RBMK et REP de modèle VVER-TOI |
|---|---|
| Puissance nominale |
2 x 925 MW 1 x 1 250 MW |
| Production annuelle |
18,72 TWh (2022) |
|---|---|
| Facteur de charge |
74% |
| Production moyenne |
18 TWh à 28 TWh |
| Production totale |
929 TWh (2022) |
| Source froide | |
|---|---|
| Site web |
|
|
|
La centrale nucléaire de Koursk (en russe : Курская АЭС, Kourskaïa AES) est une centrale nucléaire russe située à Kourtchatov, à 40 km à l'ouest de la ville de Koursk dans l'oblast de Koursk, à l'ouest de la Russie, au bord de la rivière Seïm.
Le propriétaire et exploitant est l'entreprise d'État Rosenergoatom. La centrale approvisionne l'oblast de Koursk et les 19 régions avoisinantes.
Depuis le , le site comprend quatre réacteurs du type RBMK d'une puissance 1 000 MWe dont deux sont opérationnels et deux autres définitivement à l'arrêt ; ainsi que trois réacteurs à eau pressurisée de modèle VVER-TOI d'une puissance 1 250 MWe dont un opérationnel et deux autres en construction.
Caractéristiques générales du site
La disposition générale de la centrale et l'aspect extérieur de la partie comportant les réacteur RBMK rappellent à s'y méprendre la centrale nucléaire de Tchernobyl, construite durant la même période.
La centrale est raccordée au système énergétique unifié de la Russie par :
- six lignes en 330 kV : quatre lignes pour l'alimentation électrique de la région plus deux pour le nord de l'Ukraine .
- trois lignes en 750 kV : une ligne pour la région de Belgorod ; une ligne pour le nord-est de l'Ukraine et une ligne pour la région de Briansk.
- une ligne de 110 kV est utilisée pour l'alimentation de secours pour ses propres besoins.
Caractéristiques des réacteurs
Koursk 1
La première partie de la centrale date de l'ère soviétique. Quatre réacteurs de modèle RBMK-1000 sont construits de 1972 à 1986 (Koursk-1 à 4), développant une puissance électrique nette de 925 MWe chacun. Il s'agit du même modèle de réacteurs que ceux de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Ces derniers voient leurs mesures de protection renforcées après la catastrophe de 1986, bien que restant insuffisante pour des standards occidentaux. La durée d'exploitation initiale des réacteurs est de 30 ans, mais tous reçoivent une extension de leur permit d'exploitation pour 15 années supplémentaires[1].
D'autres RBMK-1000 étaient prévus sur le site. La construction de Koursk-5 débute en 1985 mais est stoppée au décours de la catastrophe de Tchernobyl.
Koursk 2
Il est prévu de remplacer les RBMK au terme de leur 45 ans d'exploitation par des réacteurs à eau pressurisée russes de modèle VVER-TOI/V510. Ces derniers sont aux normes de sûretés occidentales, et développent une puissance électrique nette de 1 250 MWe chacun. Il s'agit des premiers réacteur de ce modèle en construction[1].
La construction de Koursk II-1 commence le , suivie de Koursk II-2 le [2]. Deux dernières unités VVER-TOI sont également en projet sur le site[3],[4]. Koursk II-1 est connecté au réseau le [5] et mis en service commercial le [6]. La construction de Koursk II-3 commence le [7].
Définitions
Les caractéristiques des réacteurs sont données dans les tableaux ci-après ; les données sont principalement issues de la base de données PRIS (Power Reactor Information System) de l’Agence international de l'énergie atomique (AIEA) qui définit ainsi les termes[8] :
- la puissance nette correspond à la puissance électrique délivrée sur le réseau et sert d'indicateur en termes de puissance installée ;
- la puissance brute correspond à la puissance délivrée par l'alternateur (soit la puissance nette augmentée de la consommation interne de la centrale) ;
- la puissance thermique correspond, à la puissance délivrée par la chaudière nucléaire.
Le début de construction correspond à la date de coulage des fondations du bâtiment réacteur. Une tranche (nom utilisé pour un réacteur complet) est considérée comme opérationnelle après son premier couplage au réseau électrique. La mise en service commerciale est le transfert contractuel de l’installation du constructeur vers le propriétaire ; intervenant en principe après réalisation des tests réglementaires et contractuels, et après fonctionnement continu à 100 % pendant une durée définie au contrat de construction.
Les caractéristiques détaillées des réacteurs sont les suivantes[9] :
| Nom du Réacteur | Modèle | Statut | Puissance | Début de
construction |
Raccordement au réseau | Mise en service
commercial |
Arrêt définitif | ||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Nette
(MWe) |
Brute
(MWe) |
Thermique
(MWth) | |||||||
| Koursk-1[10] | RBMK-1000 | Arrêt définitif | 925 | 1 000 | 3 200 | [11] | |||
| Koursk-2[12] | Arrêt définitif | 925 | 1 000 | 3 200 | [13] | ||||
| Koursk-3[14] | Opérationnel | 925 | 1 000 | 3 200 | prévue en 2033[15] | ||||
| Koursk-4[16] | Opérationnel | 925 | 1 000 | 3 200 | prévue en 2035[15] | ||||
| Koursk-5[1] | Abandonné | ~925 | ~1 000 | ~3 200 | 1985 | 2012 | |||
| Koursk- 2-1[17] |
VVER-TOI/V510 | Opérationnel | 1 200 | 1 255 | 3 300 | ||||
| Koursk- 2-2[18] |
En construction | 1 200 | 1 255 | 3 300 | |||||
| Koursk- 2-3[1] |
En construction | 1 200 | 1 255 | 3 300 | |||||
| Koursk- 2-4[1] |
En projet | ~1 200 | ~1 255 | ~3 300 | |||||
Risques liés aux combats avec l'Ukraine
La centrale est située à proximité de l'Ukraine, impliquant un risque potentiel pour sa sécurité dans le cadre du conflit lié à l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. Le , le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi, visite la centrale nucléaire de Koursk, alors que des combats de déroulent sur le sol Russe à 50 kilomètres du site. Le gouvernement russe affirme huit jours plus tôt, que la centrale a été visée par des drones de combat ukrainiens. Grossi estime que la responsabilité de Moscou aurait été de suspendre le fonctionnement des réacteurs. En revanche, il juge « exagéré » de comparer Koursk à la catastrophe de Tchernobyl, « mais c'est le même type de réacteurs, et il n'y a pas de protection spécifique ». Selon Robert Kelley, ancien directeur des inspections pour l'agence, « la possibilité d'un incident de type Tchernobyl avec un réacteur qui explose et brûle pendant des jours est de zéro ». Un danger demeure toutefois, selon lui, si un missile touchait les infrastructures de stockage de combustible usagé, ce qui libérerait des gaz et particules radioactifs dans une zone limitée aux alentours[19].
Notes et références
- « Nuclear Power in Russia | Russian Nuclear Energy - World Nuclear Association », sur www.world-nuclear.org (consulté le )
- ↑ « Russie: lancement de la construction de la première tranche VVER-TOI | Forum nucléaire suisse », sur www.nuklearforum.ch (consulté le )
- ↑ (en) « Third unit at Kursk II gets approval from Rostekhnadzor », sur World Nuclear News, (consulté le )
- ↑ (en) « Fourth unit at Kursk II gets Rostekhnadzor go-ahead », sur World Nuclear News, (consulté le )
- ↑ (en) « First Kursk II unit connected to the grid », sur World Nuclear News, (consulté le )
- ↑ (en) « Rostekhnadzor approves Kursk II's first unit's readiness », sur World Nuclear News, (consulté le )
- ↑ (en) « Concreting completed of Kursk II's third reactor building foundation », sur World Nuclear News, (consulté le )
- ↑ (en) « Glossaire », sur AIEA PRIS Base de données réacteurs, (consulté le ).
- ↑ « Kursk npp »
- ↑ « PRIS - Reactor Details », sur pris.iaea.org (consulté le )
- ↑ (ru) « После 45-ти лет успешной работы окончательно остановлен первый энергоблок Курской АЭС с реактором РБМК-1000 », sur Атомная энергия 2.0, (consulté le )
- ↑ « PRIS - Reactor Details », sur pris.iaea.org (consulté le )
- ↑ (ru) « Второй энергоблок РБМК-1000 Курской АЭС окончательно остановлен после 45 лет успешной эксплуатации | Атомная энергия 2.0 », sur www.atomic-energy.ru (consulté le )
- ↑ « PRIS - Reactor Details », sur pris.iaea.org (consulté le )
- (ru) « Станки становятся в строй », sur Коммерсантъ, (consulté le )
- ↑ « PRIS - Reactor Details », sur pris.iaea.org (consulté le )
- ↑ « PRIS - Reactor Details », sur pris.iaea.org (consulté le ).
- ↑ « PRIS - Reactor Details », sur pris.iaea.org (consulté le )
- ↑ Yves Bourdillon, L'AIEA au chevet de la centrale nucléaire russe à l'orée des combats, Les Échos, 27 août 2024.
Liens externes
- https://www.rosenergoatom.ru/en/npp/kursk-npp/
- https://pris.iaea.org/PRIS/CountryStatistics/ReactorDetails.aspx?current=476
- https://pris.iaea.org/PRIS/CountryStatistics/ReactorDetails.aspx?current=485
- https://pris.iaea.org/PRIS/CountryStatistics/ReactorDetails.aspx?current=497
- https://pris.iaea.org/PRIS/CountryStatistics/ReactorDetails.aspx?current=498
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