Centre d'enfouissement de Nonant-le-Pin

Centre d'enfouissement de Nonant-le-Pin
Image illustrative de l’article Centre d'enfouissement de Nonant-le-Pin
328e jour de blocus devant l'entrée du site (2014)
Localisation
Situation Nonant-le-Pin, Basse-Normandie
Drapeau de la France France
Coordonnées 48° 41′ 50″ nord, 0° 12′ 34″ est
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Centre d'enfouissement de Nonant-le-Pin
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Centre d'enfouissement de Nonant-le-Pin
Installations
Classe d'objets enfouis Déchets non dangereux
Capacité 2,5 millions de tonnes
Superficie 55 ha
Fonctionnement
Opérateur Guy Dauphin Environnement
Date d'ouverture 2013
Date de fermeture 2016

Le centre d'enfouissement de Nonant-le-Pin est une centre d'enfouissement situé dans la commune de Nonant-le-Pin dans l'Orne en Basse-Normandie. Il a été mis en service le [1] et fermé en 2016[2]. Il est l'objet d'importantes polémiques[3].

Caractéristique

Il possède une capacité prévue de 2,5 millions de tonnes[3]. Il comprend un centre de tri et d'enfouissement de déchets non recyclables issus de broyage d'automobiles usagées. Il est géré par Guy Dauphin Environnement. La concession a été prise pour 17 ans et la surface représente 55 hectares et devrait engendrer la présence de 60 à 90 camions par jour.

Contestation

Les opposants au projet craignent une pollution des sols et des eaux, ainsi qu'une rotation importante de camions. Ces impacts seraient préjudiciables à l'élevage de chevaux situés à proximité du haras du Pin, connu pour ses trotteurs français[3]. Parmi ces opposants, on compte l'animateur Thierry Ardisson, mais également d'autres célébrités comme Luc Besson, Guillaume Canet, Lorànt Deutsch[4],[5], Emmanuel Chaunu, Yann Arthus-Bertrand, ainsi que des élus européens, nationaux, régionaux ou départementaux, dont José Bové et Laurent Beauvais, président de la région Basse-Normandie.

Histoire

En 2006, une demande d’exploitation du site est faite aux pouvoirs publics par l'entreprise Guy Dauphin Environnement [5].

Un avis défavorable est émis par l'enquête publique menée de février à [6]. Les travaux ont démarré à la suite de l'avis favorable du tribunal administratif de Caen.

En 2011, le site décroche l'autorisation d'exploitation[5].

Le , la ministre de l'écologie Delphine Batho impose un réexamen du dossier et suspend toute procédure de mise en exploitation du chantier en attendant les conclusions d'une commission d'experts indépendants.

Le , l'exploitation du site est validée par le Conseil d'État, puis le , le « donner acte » est obtenu[5]. Le site a été mis en exploitation le , mais a été bloqué à partir du , entretemps des déchets ont été acheminés jusqu'au site, accompagnés de forces de l'ordre[5] quelques heures après l'ouverture pour finalement bloquer l'entrée du site.

En , la cour d'appel de Caen ordonne l'expulsion des opposants à l'enfouissement[1],[7].

Le , le tribunal des référés d'Argentan ordonne la pose de scellés temporaire sur le site pour maintenir sa fermeture jusqu'aux prélèvements sur le site[8],[9].

L'entreprise demande, devant le tribunal administratif de Caen, le même mois, réparation de son préjudice à l'État pour un montant 4,45 millions d'euros, car les opposants ne sont toujours pas expulsés du site[1]. Dans le même temps, l'entreprise est sommée de débarrasser 1 856 tonnes de déchets pour [1].

Le , le tribunal de grande instance d'Argentan ordonne la fermeture définitive du site et ainsi que la paiement par GDE d'une amende de 10 000 €, à la suite de la découverte de morceaux de pneumatiques sur le site, stockage non autorisé sur le site[10],[11].

L'État a été condamné en juin, par le tribunal administratif de Caen, à indemniser GDE à hauteur de 700 000 pour ne pas avoir arrêté le blocage du site[12].

En , la gendarmerie évacue les opposants du site[12],[13].

Le , la cour d'appel de Caen annonce l'annulation de la fermeture définitive du site ordonné par le tribunal de grande instance d'Argentan[14]

Le , le tribunal administratif de Caen annule l'arrêt du préfet de l'Orne du , qui à la demande de la ministre de l'écologie a ordonné l'arrêt du centre de tri associé à la décharge[15],[16].

Le , l'autorisation d’exploitation est annulée par la cour administrative d’appel de Nantes[17],[18].

Le , le pourvoi en cassation de GDE est rejeté[2], confirmant l'annulation de l'autorisation d’exploitation.

Trafic d'influence

Alain Lambert, alors président du conseil général de l'Orne, est accusé par deux associations d'avoir d'avoir usé de son influence afin de favoriser un projet de méga-centre d’enfouissement de déchets automobiles dans l’Orne avec la complicité de son directeur de cabinet. Le , Alain Lambert est reconnu coupable de trafic d’influence dans le cadre de l’installation du centre d'enfouissement de Nonant-le-Pin lors de son mandat de président au conseil général de l’Orne[19]. Il est condamné à deux ans de prison avec sursis simple, à une amende de 100 000 € et trois ans d’inéligibilité[20],[21]. Il annonce faire appel, mais décide en de passer par une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité afin de bénéficier d'une réduction de peine[22]. Le , Alain Lambert est condamné par la cour d'appel de Paris à 18 mois de prison avec sursis, 60 000 euros d'amende ainsi qu'à une peine d'inéligibilité de trois ans[23],[24].

Galerie

Références

  1. A Nonant-le-Pin, une décharge qui dérange, Gilles van Kote, Le Monde, 11 avril 2014
  2. « GDE à Nonant-le-Pin : le dernier pourvoi rejeté ce vendredi », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. "Ruades au haras", article de Gilles Van Kote pour Le Monde, dimanche 17 mars 2013, pages 16 et 17.
  4. ↑ Quand Ardisson manifeste au pays des haras, L'Express, 23 avril 2013.
  5. La bataille des haras de l'Orne contre une déchetterie, Angélique Négroni, 1er novembre 2013
  6. ↑ Rapport d'enquêtes publiques conjointes, Département de l'Orne, 16 mars 2007
  7. ↑ Nonant-le-Pin : la décharge occupée veut être indemnisée, Angélique Négroni, Le Figaro, 14 avril 2014
  8. ↑ GDE à Nonant-le-Pin. La justice ordonne la mise sous scellés du site, Ouest-France, 18 avril 2014
  9. ↑ Nonant-le-Pin: scellés à la décharge GDE, Le Figaro, 17 avril 2014
  10. ↑ La justice prononce la fermeture définitive du site de GDE à Nonant-le-Pin, E. M., Tendance Ouest, 14 mai 2014
  11. ↑ Orne : la justice ordonne la fermeture de la décharge de Nonant, Le Parisien, 14 mai 2014
  12. La police évacue une décharge géante bloquée depuis un an dans l'Orne, Le Figaro, 6 octobre 2014
  13. ↑ Décharge bloquée dans l’Orne: évacuation des opposants, Libération, 6 octobre 2014
  14. ↑ Nonant-le-Pin : l'imbroglio juridique se complique, Dorothée Laperche, Actu-environnement, 23 janvier 2015
  15. ↑ Décharge de Nonant-le-Pin : Ségolène Royal désavouée par la justice, Le Parisien, 23 octobre 2015
  16. ↑ GDE veut faire annuler l’interdiction d’exploiter son centre de Nonant-le-Pin, Claire Garnier, Usine Nouvelle, 25 septembre 2015
  17. ↑ GDE à Nonant. Retour sur dix années de tension autour du site, Ouest France, 20 mai 2016
  18. ↑ « Cour administrative d'appel de Nantes, 2ème chambre, 20 mai 2016, 12NT02190 »
  19. ↑ « Alain Lambert, ancien ministre du budget, condamné à deux ans de prison avec sursis pour trafic d’influence passif », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. ↑ Jean VENTOUILLAC et François BOSCHER, « Trafic d’influence : l’ancien ministre Alain Lambert condamné dans l’affaire GDE », sur Ouest-France.fr, (consulté le )
  21. ↑ AFP, « Alain Lambert, ancien ministre du budget, condamné à deux ans de prison avec sursis pour trafic d’influence passif », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ) « Fin 2014, une plainte avait été déposée par deux associations pour des faits d’atteinte à la probité contre Alain Lambert, alors président du conseil général de l’Orne, et son directeur de cabinet ».
  22. ↑ « Affaire GDE dans l’Orne : Alain Lambert et Alain Pelleray reconnaissent leur culpabilité », sur actu.fr, (consulté le )
  23. ↑ Jules DERENNE et François BOSCHER, « Trafic d’influence : Alain Lambert est définitivement condamné dans l’affaire GDE » Accès payant, sur Ouest-France, Ouest-France, (consulté le )
  24. ↑ Vincent Guerrier, « Affaire GDE dans l’Orne : Alain Lambert et Alain Pelleray reconnaissent leur culpabilité », Le Perche,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Liens externes

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