Ceratiomyxa fruticulosa

Buisson cireux

Ceratiomyxa fruticulosa
Description de l'image Mycetozoa_Bifurcation_Sporocarp.jpg.
Classification MycoBank
Règne Protozoa
Division Myxomycota
Classe Protosteliomycetes
Ordre Protosteliales
Famille Ceratiomyxaceae
Genre Ceratiomyxa

Espèce

Ceratiomyxa fruticulosa
(O.F.Müll.) T.Macbr., 1899

Ceratiomyxa fruticulosa, le Buisson cireux, est une espèce de myxomycètes que l'on peut retrouver dans quasiment toutes les régions du monde, dans les bois et forêts. Sa période d'observation s'étend d'avril à octobre (fin printemps vers début automne) selon les localisations[1].

C'est une espèce généraliste qui tolère une grande variété de conditions environnementales et qui a une large gamme de ressources alimentaires.

Ceratiomyxa fruticulosa est formée d'une sorte de petits bâtons blanchâtres, presque translucides. Elle est souvent regroupée en masse dense pouvant être importante, même si elle peut être retrouvée individuellement.

Morphologie

Structures filamenteuses reliées à la base, ressemblant à des flocons.

La morphologie de cette espèce est légèrement différente des autres myxomycètes. À la surface de son substrat peuvent être observés de fins filaments ramifiés et reliés à la base, ayant un aspect translucide et une consistance gélatineuse. Ces fructifications sont généralement blanches mais peuvent prendre des teintes rosées ou jaunâtres, notamment lors de la maturation.

Les filaments font individuellement quelques millimètres au plus et sont regroupés sous forme de « petits buissons » constitués de plusieurs (souvent deux à quatre) individus. Sa forme générale peut ressembler à de véritables flocons de neige, de structure presque cristalline visuellement.

Juste avant le stade de maturité, il change de forme et prend l'aspect d'un plasmode ressemblant à une glaire blanchâtre. Il existe au sein du genre Ceratiomyxa plusieurs morphologies de sporocystes : ici, cette espèce prend la forme « fruticulus », composé de courts piliers en forme de doigts, provenant d'une origine commune, d'où son aspect « buissonné »[2]. Après la sporulation, les spores peuvent prendre différentes formes : globuleuses, hyalines, ovoïdes, lisses ou elliptiques, d'une taille de 6 à 7 × 10-¹³ µm[3]. Celles-ci sont soutenues par des colonnes sporogènes qui mesurent entre 1 à 10 mm de haut, appelées hypothalles, une généralité des myxomycètes, qu'on considère comme la colonne entière du plasmode[4].

L'individu ne dégage pas d'odeur particulière.

Répartition

Ceratiomyxa fruticulosa possède une répartition cosmopolite. C'est-à-dire qu'on peut la retrouver dans la plupart des régions du monde. C'est l'espèce du genre Ceratiomyxa qui possède la plus grande niche écologique, particulièrement dans les forêts tropicales secondaires car contrairement aux autres, ces forêts sont moins affectées par l'hétérogénéité des ressources et des organismes qui influencent les niveaux d'acidité des substrats[5].

En France, elle s'étend dans les écosystèmes terrestres entre 0 et 500 m d'altitude mais a été observée jusqu'à 2 000 m d'altitude[1].

Elle vit surtout sur le bois en décomposition, par exemple sur les bûches ou les souches, qui sont les habitats idéaux pour sa croissance. Cette espèce prolifère en masse après les pluies, lorsqu'il y a une bonne humidité, et s'étend notamment en colonies éparses. Elle peut parfois se trouver sur des branches d'arbres[6].

À un certain stade de leur cycle, leurs micro-habitats sont plus difficiles à déterminer car ils sont sous forme de micro-organismes[7].

Répartition de Ceratiomyxa fruticulosa dans le monde. (2025) Les zones en rouge représentent celles où C. fruticulosa a été enregistrée. Plus le rouge est sombre, plus la densité de l'espèce est grande[8].

Mode de nutrition du plasmodium

Schéma de la phagocytose des Amœbozoaires.

C'est un organisme hétérotrophe saprophage : il se nourrit de matières organiques en décomposition, d'hyphes fongiques, de bactéries, ou d'autres micro-organismes comme les eucaryotes unicellulaires.

Pour cela, il phagocyte sa cible : il l'entoure grâce à ses pseudopodes (qui lui servent également à se déplacer), la digère grâce aux lysosomes, puis en absorbe les nutriments, et enfin, il relargue les déchets de sa digestion[9].

Mode et cycle de vie

Le cycle de vie de Ceratiomyxa fruticulosa est assez inédit et différent de celui des autres espèces appartenant à la classe des myxomycètes. En effet, avant la sporulation, l'organisme se transforme en plasmode (H) aussi appelé plasmodium, qui s’étale sur son substrat.

Plamode étendu de Ceratiomyxa fruticulosa. (H)
Extension du stade producteur de spore. (A)

De cette structure se produit une fructification et émergent des sortes de piliers et de tiges dressées : ce sont les colonnes sporogènes (hypothalles) pouvant être simples ou ramifiées. Au même moment, se déroule une division mitotique synchrone et le plasmode se segmente en spores uninucléées (protospores) (I), c'est-à-dire à un noyau. Ici, les spores ne sont pas des endospores comme les autres myxomycètes mais des exospores, c'est-à-dire qu'elles sont produites à l’extérieur. Celles-ci sont portées par de fins pédoncules individuels qui apparaissent à la surface des colonnes (A).

À maturité, après environ 24 heures, les spores germent (B), subissent généralement deux divisions des noyaux considérées comme des méioses amenant à la production de cellules à quatre noyaux (C). Par la suite, la spore germe afin de donner naissance à un protoplaste (phase filamenteuse) particulier à cet organisme qui va absorber de l'eau afin d'accroître sa taille.

Ces filaments s'arrondissent au fur et à mesure, sont soumis à une division mitotique et forment huit cellules essaimeuses (D) (cellules flagellées) qui peuvent se propulser dans l'eau. Ces cellules flagellées peuvent posséder deux longs flagelles apicaux, ou un long flagelle et un très court, tandis que certaines cellules semblent n'avoir qu'un seul long flagelle. Celles-ci effectuent ensuite des mitoses puis génèrent des myxamibes (E) (cellules haploïdes) qui peuvent donner des populations importantes, par reproduction sexuée ou asexuée. Ces myxamibes se déplacent dans le substrat et y obtiennent de l'énergie pour se multiplier et fusionner (F), et former un organisme diploïde, avant de refaire un cycle en revenant au stade de plasmode (H) qui peut se développer (J).

Dessin à la main du cycle de vie de Ceratiomyxa fruticulosa (2025).

Taxinomie

Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Ceratiomyxa fruticulosa T. Macbr., 1899[10]. L'espèce a été initialement classée dans le genre Byssus sous le basionyme Byssus fruticulosa O.F. Müll., 1777[10].

L'espèce se nome en français « Buisson cireux »[11].

Elle a été décrite pour la première fois en 1729 par Pier Antonio Micheli, initialement sous le nom Puccina ramose.

Ceratiomyxa fruticulosa est l'espèce la plus étudiée de son genre et a fait l'objet au XIXe et XXe siècles d'observations approfondies comme par Famintzin et Woronin en 1873 ou Gilbert en 1935.

Le genre Ceratiomyxa était auparavant considéré comme une plante ou un champignon, par la suite comme un myxomycète par Martin et Alexopoulos en 1969[12], puis tel un Protosteliidae par Olive en 1970 pour finalement être reclassé comme un myxomycète.

Synonymes

Ceratiomyxa fruticulosa a pour synonymes[10] :

  • Byssus fruticulosa O.F. Müll., 1777
  • Famintzinia fruticulosa (T. Macbr.) Ladó, 2001
  • Isaria mucida Schumach., 1803

Liste des formes et variétés

Selon MycoBank (22 mai 2026)[10] :

  • Ceratiomyxa fruticulosa f. aurantiaca Jaap, 1922
  • Ceratiomyxa fruticulosa f. aurea (Link) Y. Yamam., 1998
  • Ceratiomyxa fruticulosa f. flava (Alb. & Schwein.) Y. Yamam., 1998
  • Ceratiomyxa fruticulosa f. fruticulosa
  • Ceratiomyxa fruticulosa f. rosea Y. Yamam., 1998
  • Ceratiomyxa fruticulosa var. arbuscula (Berk. & Broome) Nann.-Bremek., 1975
  • Ceratiomyxa fruticulosa var. caesia (E. Jahn) G. Lister, 1925
  • Ceratiomyxa fruticulosa var. comata Lavrov, 1929
  • Ceratiomyxa fruticulosa var. descendens Emoto, 1933
  • Ceratiomyxa fruticulosa var. flexuosa (Lister) G. Lister, 1911
  • Ceratiomyxa fruticulosa var. fruticulosa
  • Ceratiomyxa fruticulosa var. porioides (Alb. & Schwein.) G. Lister, 1911
  • Ceratiomyxa fruticulosa var. rosella Cejp, 1962

Publication originale

  • (en) Macbride, T.H., The North American slime-moulds, , p. 1-231

Notes et références

  1. « Ceratiomyxa fruticulosa | Atlas SINP-Oc - SINP de l'Occitanie », sur sinp-occitanie.fr (consulté le )
  2. (en) Henry C. Gilbert, « Critical Events in the Life History of Ceratiomyxa », American Journal of Botany, vol. 22, no 1,‎ , p. 52–74 (ISSN 1537-2197, DOI 10.1002/j.1537-2197.1935.tb05008.x, lire en ligne, consulté le )
  3. (en) Lindsay S. Olive et Carmen Stoianovitch, « Observations on the Mycetozoan Genus Ceratiomyxa : Description of a New Species », Mycologia, vol. 71, no 3,‎ , p. 546 (DOI 10.2307/3759064, lire en ligne, consulté le )
  4. Raymond W. Scheetz, « The Ultrastructure of Ceratiomyxa fruticulosa », Mycologia, vol. 64, no 1,‎ , p. 38 (DOI 10.2307/3758012, lire en ligne, consulté le )
  5. Carlos Rojas, Martin Schnittler, Daniella Biffi et Steven L. Stephenson, « Microhabitat and Niche Separation in Species of Ceratiomyxa », Mycologia, vol. 100, no 6,‎ , p. 843–850 (ISSN 0027-5514, lire en ligne, consulté le )
  6. (en) Henry C. Gilbert, « Critical Events in the Life History of Ceratiomyxa », American Journal of Botany, vol. 22, no 1,‎ , p. 52–74 (ISSN 1537-2197, DOI 10.1002/j.1537-2197.1935.tb05008.x, lire en ligne, consulté le )
  7. « Wayback Machine » [archive du ], sur www.researchgate.net (consulté le )
  8. (en) « Ceratiomyxa fruticulosa (O.F.Müll.) T.Macbr., 1899 », sur www.gbif.org (consulté le )
  9. « Wayback Machine » [archive du ], sur www.researchgate.net (consulté le )
  10. V. Robert, G. Stegehuis and J. Stalpers. 2005. The MycoBank engine and related databases. https://www.mycobank.org/, consulté le 22 mai 2026.
  11. GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 22 mai 2026.
  12. Alexopoulos Martin, 1969_Martin_Alexopoulos_Myxomycetes, (lire en ligne)

Liens externes

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