Château Poséidon

Château de la Borde
Présentation
Type
Fondation
Style
Architecte
Localisation
Adresse
Coordonnées
47° 13′ 28″ N, 1° 36′ 58″ E
Carte

Le château Poséidon, connu sous le toponyme château de la Borde, est un château de style néo-Renaissance situé dans la commune de Val-Fouzon, dans le département de l'Indre en région Centre-Val de Loire. Il s'agit d'une propriété privée.

Localisation

Le château est situé au hameau de la Borde, dans la commune de Varennes-sur-Fouzon, commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Val-Fouzon dans le canton de Saint-Christophe-en-Bazelle du département de l'Indre. La propriété se trouve au fond d'une longue allée qui part d'un embranchement de la RD4, en direction de Chabris. Un peu plmus bas, de l'autre côté de la route, se trouve la laiterie de Varennes.

Historique

Origines

Le château est construit de à d'après les plans établis par l'architecte Alfred Dauvergne[1] (-), à l'époque du Second Empire, période de prospérité agricole et industrielle pour le département de l'Indre, desservi par le chemin de fer dès [2].

Nommé architecte départemental en , Dauvergne réalise plusieurs chantiers et travaux publics à Châteauroux et ses environs qui contribuent à asseoir sa réputation dans la région à partir de . Ces succès lui valent de nombreuses commandes tant privées que publiques, attestées par ses archives conservées aux Archives départementales de l'Indre[3].

La construction suit la démolition d'une ferme fortifiée, dont subsiste une tour isolée à quelques dizaines de mètres en avant de l'édifice actuel. La plupart des autres éléments de cette ferme ont disparu[4]. Les matériaux de démolition de cette première bâtisse sont utilisés pour les fondations et la base du nouveau château.

La famille Boullet

Louis Gustave Boullet (Valençay, - )[N 1] et son épouse Gabrielle Picot d'Agard (1826-1905) font construire le château de Laborde et en sont les premiers occupants. Il est membre d'une famille de propriétaires fonciers et de négociants[N 2]. Le couple a trois enfants : Henry Augustin Louis Boullet (1847-1907)[N 3], Gabrielle Boullet (1851-1923) et Gustave Boullet (1863-1884).

Louis Boullet reprend le domaine de Laborde au décès de sa mère ; il épouse Léonie Marie Louise Conilh de Beyssac (1858-1934) et ils ont trois enfants : Marthe Paillet-Boullet (1886-1963), Pierre Boullet (1889-1956) et Eugène Boullet (1890-1940)[N 4].

Le château est repris par Pierre Boullet et par son épouse et cousine germaine Marie Émilienne Marguerite Conilh de Beyssac (1885-1973)[N 5],[N 6]. Pierre et Marguerite viennent habiter au château entre 1915 et 1925[N 7] où ils fondent leur famille[N 8]. Naissent au château leur fils aîné, Louis Boullet (1916-1997), qui devient prêtre et la cadette des filles, Jacqueline (1919-1976).

Une succession de propriétaires

Entre les deux guerres, le château semble avoir été utilisé comme établissement d'une laiterie et fromagerie[N 9]. En 1925, le château est vendu par les Boullet à Jacques Borel (Fort-de-France 1860 - Paris 1945) qui s'est enrichi dans le commerce du rhum. Il semble avoir acheté le château pour son fils Marie Joseph Jacques Borel (Pointe-à-Pitre 1896 - Paris 1970) qui, après avoir épousé Jeanne Agoin, s'y installe ; y naît leur fils Jacques Marie Lionel Borel (Varennes-sur-Fouzon, 1927 - Jouy 2011).

À partir d'une date non déterminée et jusqu'en 1949, le château est la propriété d'Élie Granat (1889-1969), diplômé de l'École supérieure d'électricité, ingénieur et inventeur distingué pour ses services éminents par une promotion au grade de commandeur de la Légion d'honneur en 1957[5]. Pour l'honorer, la commune de Varennes-sur-Fouzon a donné son nom à une de ses rues principales (route départementale D4) et Granat a été fait citoyen d'honneur en 1952[5].

Le château est ensuite la propriété de la Coopérative agricole d'élevage du Berry, spécialisée dans l'insémination artificielle de bovins. L'administration s'installe dans le château, une dépendance accueille le laboratoire qui récolte les semences des taureaux, hébergés dans des écuries. Après quelques années, les activités se ralentissent puis disparaissent.

En 1980, la propriété est acquise par un Allemand qui y mène grand train, en extorquant ses clients. Déclaré en faillite, la justice fait procéder à la vente publique de la propriété cinq ans plus tard. Une des victimes obtient le château de la Borde qui imagine vainement un projet de complexe hôtelier.

Le dernier vestige du précédent château, datant du XVIIe siècle.
La façade sud du château dans son état de 2025.

Par acte du , une société anonyme à directoire et conseil de surveillance est créée, dénommée « Château de la Borde golf et country club ». Les associés acquièrent également des terres agricoles adjacentes qui leur permettent de réunir une propriété de 200 ha[N 10]. Ils étudient des projets de centre de vacances de luxe, offrant une capacité de plus de 500 lits et accompagné d'un golf de dix-huit trous. Ces projets avortent, faute d'avoir trouvé les financements nécessaires. Découragés, les propriétaires abandonnent et cherchent à se défaire de la propriété.

Le château sur une carte postale ancienne.

En conséquence, le château demeure inoccupé pendant une quarantaine d'années. Pendant ce laps de temps, le bâtiment se détériore et des vols de mobilier (manteaux de cheminée, ferronnerie, chandeliers) sont commis. Malgré cela, le château demeure dans un état relativement protégé, grâce à un système d'alarme et à la surveillance d'un voisin attentif[6].

Le château est racheté en 2025 par deux Québécois[7]. L'avancée de la rénovation du lieu est consultable sur la chaîne YouTube qui lui est dédiée[8].

Description

Vue aérienne du château, début XXe siècle.

L'édifice se compose d'un imposant corps central, flanqué de quatre tours symétriques. La façade principale est marquée d'un avant-corps orné d'échauguettes d'angle. La façade présente un décor abondant : cordons, pilastres, chapiteaux, puissante corniche au sommet. Les combles sont éclairés par des lucarnes d'esprit Renaissance[9].

L'imposant corps central s'étend sur cinq niveaux :

  • les caves, y compris les anciennes cuisines et le système de chauffage ;
  • le bel-étage avec les salons d'apparat et les pièces de séjour ;
  • le premier étage, avec une petite chapelle, ainsi que plusieurs chambres avec leur salle de bain ;
  • le deuxième étage avec les chambres mansardées, destinées au personnel ;
  • les greniers avec les charpentes en bois.
Détail d'un vitrail.
Détail d'un vitrail.

Plusieurs pièces sont agrémentées par des vitraux exécutés par le maître verrier Julien-Léopold Lobin (1814-1864) ou par son fils Lucien-Léopold Lobin (1837-1892)[réf. nécessaire].

Ont en outre été préservés la porte d'entrée, l'escalier monumental, les boiseries et portes, les plafonds sculptés et les parquets dans de nombreuses pièces, les fresques sur les murs du salon dédié à la chasse, les manteaux de cheminée à l'étage, des parquets et des carrelages, l'escalier de service, les charpentes. Les façades et les toitures sont généralement demeurées en bon état.

Le château est dénommé « Poséidon » par les explorateurs urbains, d'après la sculpture qui orne l'escalier central du bâtiment[10]. Les nouveaux occupants adoptent ce nom pour se distinguer de la dizaine d'autres châteaux et lieux commerciaux français portant le nom Laborde[11].

Le projet de restauration comprend, outre le château, la tour-donjon de l'ancien château, la maison du concierge (datant de 1960), la grille d'entrée du domaine et le mur de clôture, le parc et le bois s'étendant sur 15 hectares[10], une maison en ruine à l'intérieur du bois, des vestiges archéologiques.

Restauration

Le château a été acquis en par un couple de Canadiens tous deux nés en 1990, Thomas Garneau-Bertrand, assureur et Damien Verhaegen, revendeur d'objets et accessoires « vintage » de luxe[10].

Emménageant le , ils ont l'ambition de rendre au château sa splendeur ancienne et l'intention d'en faire leur demeure. Ils offriront le bel-étage à des activités événementielles et les chambres aux étages au logement touristique. Ils se sont fixé une période de cinq à dix ans afin de réaliser leur rêve sous tous ses aspects[12].

De à , ils réalisent la rénovation complète de la maison du concierge, afin d'en faire leur résidence provisoire, à côté du château en restauration[13],[11],[14].

Bibliographie

  • Martine Roy, « On suit notre rêve : ils ont quitté leur vie au Québec pour donner une seconde vie au château de la Borde, à Val-Fouzon », La Nouvelle République,‎ (lire en ligne Accès payant).
  • Cécile Verin, « Une aventure unique: ce couple de Québécois a tout plaqué pour un château français abandonné », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  • Maude Larin-Kieran, « Deux Québécois deviennent propriétaires d’un château en France », TVA Nouvelles,‎ (lire en ligne).
  • Christian Panvert, « Adoubé par les villageois, un couple de Canadiens restaure un château abandonné dans l'Indre », Le Parisien,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).

Notes et références

Notes

  1. Son père, Louis Auguste Boullet est indiqué dans les actes publics comme percepteur et marchand.
  2. À son mariage, les témoins étaient: pour lui, Jules Boullet, oncle et propriétaire, Antoine Martin, cousin et notaire, pour son épouse, Antoine Picot, officier de santé et cousin, François Desfosses, notaire et cousin.
  3. Ce Louis Boullet est membre de la société des agriculteurs de France en 1890, résidant au "Château Neuf" de Graves (Léognan) et au "château de la Borde-Varennes" En ligne, p. 1007, Gallica.
  4. Mme veuve Louis Boullet et ses trois enfants sont cités dans l'annuaire du tout Sud-Ouest de 1911 En ligne, p. 163.
  5. Marie Émilienne Marguerite Conilh de Beyssac est la nièce de Marie Louise Conilh et la sœur de Jean-Jacques Conilh de Beyssac (1890-1918).
  6. Les Conilh avaient le général Jean Romain Conilh de Beyssac (1749-1820) comme ancêtre
  7. Le dénombrement de 1926 précise explicitement Néant au regard de la mention 12 "château de la Borde". En ligne.
  8. Trois filles, dont les deux aînées, les jumelles Solange (1918-2010) et Geneviève (1918-2018), sont nées à Caudéran. Le benjamin Francis Boullet (1925-1981), né à Issac, épouse Marie-France Le Goüais (1934-2022), fille d'Yves Le Goüais (1902-1962) et de Marie de Dieuleveult (1911-1997).
  9. L'information donnée sur le site de la "Laiterie de Varennes" indique : « Après la Première Guerre mondiale, Louis Trougnou fabrique le fromage "Je suis de France" et achète le château de la Borde à une comtesse anglaise. Il y installe sa fromagerie ». L'effigie du château de la Borde apparaît sur les couvercles des boîtes de coulommiers Historique du site fromager en ligne.
  10. La société au capital de 250 000 francs est radiée du registre du commerce et des sociétés le 15 novembre 2012 [1].

Références

  1. Centre-Val de Loire : 5 châteaux en ruine sauvés par un travail de restauration acharné, 29 mars 2026.
  2. du Pouget 1999, p. 15.
  3. du Pouget 1999, p. 16.
  4. du Pouget 1999, p. 25.
  5. Base Léonore, dossier 169429.
  6. Mabilleau 2024.
  7. Jean-Philippe Elme & Cécile Mette, « Vidéo. "Un rêve devient réalité" : Deux Québécois quittent le Canada pour redonner vie à un château abandonné depuis 40 ans » [html], sur franceinfo.fr, (consulté le ).
  8. « Château Poséidon », sur YouTube (consulté le ).
  9. Du Pouget 1999, p. 25.
  10. Catherine Rollot, « Acheter un château, le restaurer soi-même et y vivre au milieu des gravats : les néochâtelains, rois de la débrouille », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  11. Verin 2025.
  12. « EN IMAGES - Deux Québécois redonnent vie au château de Val-Fouzon dans l'Indre - ici », sur ici, le média de la vie locale, (consulté le ).
  13. Roy 2015.
  14. Larin-Kieran 2024.

Articles connexes

Liens externes

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