Château de Bourdeilles
| Château de Bourdeilles | ||||
Vue des deux châteaux | ||||
| Architecte | Famille de Maulmont et Jacquette de Montbron | |||
|---|---|---|---|---|
| Début construction | XIIIe siècle | |||
| Fin construction | XVIe siècle | |||
| Propriétaire initial | famille de Bourdeille (sans "s") | |||
| Destination initiale | contrôle d'un point de passage sur la Dronne | |||
| Propriétaire actuel | Dordogne (département) | |||
| Destination actuelle | musée ouvert au public | |||
| Protection | ||||
| Coordonnées | 45° 19′ 20″ nord, 0° 35′ 12″ est | |||
| Pays | ||||
| Région historique | Périgord | |||
| Région administrative | Nouvelle-Aquitaine | |||
| Département | Dordogne | |||
| Commune | Bourdeilles | |||
| Géolocalisation sur la carte : Dordogne
Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Aquitaine
Géolocalisation sur la carte : France
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Le château de Bourdeilles en Dordogne est un ensemble formé de deux châteaux : l'un est une forteresse médiévale du XIIIe siècle construite par Géraud de Maulmont ; l'autre est un palais Renaissance du XVIe siècle construit par Jacquette de Montbron sur le site de l'ancien château baronnal de la famille de Bourdeille. L'ensemble du site est classé au titre des monuments historiques en 1919[1].
Localisation
Le château est bâti sur un long rocher, sur la rive gauche de la Dronne, sur la commune de Bourdeilles, dans le département français de la Dordogne. Il surveillait un gué sur la Dronne transformé ensuite en pont médiéval[2].
Historique
Origine
La plus vieille mention écrite de Bourdeilles date de 670. Autour de l'an 1000 existe une tour appartenant à un baron contrôlant un territoire équivalent à 20 paroisses. On dit que Bourdeilles est l'une des 4 baronnies du Périgord avec Biron, Beynac, et Mareuil. Le château de Bourdeilles est mentionné pour la première fois en 1183[3]. Sans doute propriété de la famille de Bourdeille (sans "s" final), il est alors dans la mouvance de l'abbaye de Brantôme, ce qui fut confirmé par un arrêt de 1279[4]. Il contrôlait alors l'un des itinéraires de Périgueux à Angoulême au point de franchissement de la Dronne. Un bourg s'est formé au pied du château entre le pont et l'église[5].
Une forteresse médiévale dans la Guerre de Cent Ans
La division du site en deux châteaux date du début du XIIIe siècle lorsque le baron Hélie IV de Bourdeille a des enfants de deux lits différents. La première partie du château (sur le site actuelle du château renaissance) avec la tour haute et la baronnie revient à Hélie V de Bourdeille tandis que la seconde moitié du site (sur le site du donjon actuel) est donnée aux frères cadets. Cette seconde moitié du site passe ensuite à la famille de Maulmont puis au roi de France. En 1340, le roi Philippe VI de Valois échange avec le comte de Périgord sa moitié de Bourdeilles contre Bergerac. En 1369, dans le contexte de la Guerre de Cent ans, le comte de Périgord (propriétaire de la partie ouest du château de Bourdeilles) prend le parti du roi de France. En conséquence, le fils aîné du roi d'Angleterre, le Prince de Galles Édouard de Woodstock (connu sous le nom de Prince Noir), qui est chargé d'administrer la Guyenne, envoie les comtes de Cambridge et de Penbrock attaquer Bourdeilles. Le château de Bourdeilles se rend, après un siège de 11 semaines. Le baron de Bourdeille est chassé et se réfugie au château de la Tour-Blanche. Le château baronnal (sur le site de l'actuel château renaissance) est rasé. En 1372, le château est repris par des partisans du roi de France, mais repasse aux main des Anglais en 1375. Enfin, le 17 août 1377, une armée commandée par Bertrand du Guesclin reprend Bourdeilles. Elle prendra ensuite Bergerac mais ne mènera pas le siège de Bordeaux jusqu'au bout. Bordeaux restera aux Anglais encore plus d'un siècle ![6]
Dans un procès-verbal dressé le à l'occasion de la remise de la châtellenie au nouveau comte de Périgord Louis d'Orléans, on trouve une description du château qui précise la présence de deux châteaux : celui des comtes de Périgord (partie ouest) et celui de la baronnie (partie est), ruiné[7].
- Les parties s'affrontant à Bourdeilles
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Famille de Bourdeille -

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Édouard de Woodstock Prince d'Aquitaine -
Maison de Valois Rois de France
Le château médiéval

Il occupe toute la terrasse ouest et se compose d'un logis seigneurial avec un donjon octogonal, précédé d'une cour entourée de hautes murailles fortifiées.
Géraud de Maulmont a entrepris la construction du donjon à partir de 1283, selon un modèle similaire à celui qui avait été retenu à Châlus pour un autre de ses châteaux, Châlus Maulmont. Sa construction aurait commencé vers 1280[8] et se serait achevée au siècle suivant. Il est haut de 35 mètres, avec des murs épais de 2,50 mètres, et surmonté d'une terrasse panoramique d'où l'on a une vue imprenable sur Bourdeilles.
Le palais Renaissance
La construction d'un palais sur l'emplacement de l'ancien château baronnal disparu, est dirigée par Jacquette de Montbron de 1588 à sa mort en 1598[9],[10]. Jacquette de Montbron est en effet la veuve d'André de Bourdeille, qui a été sénéchal de Périgord, et la belle-soeur du célèbre Pierre de Bourdeille. Elle appartient donc à la famille historique des barons de Bourdeille. Il est donc logique qu'elle veuille reconstruire un château à l'emplacement de l'ancien château baronnal détruit pendant la Guerre de Cent Ans. Son style s'inspire des normes architecturales italiennes que Jacquette de Montbron avait découvertes dans les livres de Sebastiano Serlio[11]. Les influences italiennes y sont plus fortes qu'au château de Matha, autre château appartenant à la famille Montbron, notamment car Jacquette de Montbron bénéficie de son passage à la cour au service de Catherine de Médicis[12].[pas clair]
Protection
Le château médiéval, le palais Renaissance, les remparts et la porte d'entrée sont classés au titre des monuments historiques depuis le [1].
Le dernier propriétaire du château membre de la famille de Bourdeille, Henri III Hélie de Bourdeille, meurt en 1947. Son héritière donne le château au département de la Dordogne en 1962. Un couple de collectionneurs, Robert Santiard et Suzanne Bulteau, négocie avec le département le droit d'habiter le château contre sa restauration. A leurs décès en 1968 et 1972 respectivement, leurs collections meublant le logis Renaissance sont cédées au département.[réf. nécessaire]
Tourisme
Les deux châteaux se visitent. Le principal atout du château médiéval est l'accès au sommet du donjon. L'attrait du palais renaissance réside dans les décors d'Ambroise Lenoble et l'exceptionnelle collection de mobilier Haute époque qui y a été installée dans les années 1960.
| Année | Entrées gratuites |
|---|---|
| 2001 | 25 508 |
| 2002 | 30 343 |
| 2003 | 26 865 |
| 2004 | 25 325 |
| 2005 | 25 291 |
| 2006 | 25 000 |
| 2007 | 24 192 |
| 2008 | 22 500 |
| 2009 | 23 000 |
| 2010 | 22 732 |
| 2011 | 24 044 |
| 2012 | 25 047 |
| 2013 | 27 661 |
| 2014 | 27 961 |
| 2017 | 27 832 |
| 2018 | 32 644 |
En 2022, le château a attiré 32 000 visiteurs[14].
Notes et références
- « Château de Bourdeilles », notice no PA00082391, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture, consultée le 17 mai 2011.
- ↑ André Châtelain, L'évolution des châteaux forts dans la France au Moyen Âge, Éditions Publitotal, , 319 p., p. 40.
- ↑ [Congrès archéologique de France, 1927, page 317.
- ↑ Œuvres de M. le chancelier d'Aguesseau, tome 6 1769, page 493.
- ↑ Congrès archéologique de France, Volume 156, 1999, page 120.
- ↑ Bernard Angeli, Conférence donnée au GRHIN le 7 novembre 2013, Éditions Chroniques GRHIN, , 22 p., p. 50.
- ↑ Congrès archéologique de France, Volumes 90 à 91, 1927, page 322.
- ↑ André Châtelain, Châteaux forts - Images de pierre des guerres médiévales, Paris, Rempart, 2003, (ISBN 2-904-365-001), p. 41.
- ↑ Madeleine Lazard, « Jacquette de Montbron, une bâtisseuse humaniste », dans Royaume de fémynie : pouvoirs, contraintes, espaces de liberté des femmes de la Renaissance à la Fronde (communication de congrès), Paris, H. Champion, (ISBN 2745302892, résumé).
- ↑ « Ensemble castral », notice no IA24001108, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Lebeaux 2011, § 16-17.
- ↑ Mélanie Lebeaux, « Jacquette de Montbron (1542–1598), femme « architecte » de la Renaissance entre Angoumois et Périgord », Le Moyen Âge, vol. CXVII, no 3, , p. 545-560, § 22 (lire en ligne).
- ↑ « Fréquentation des Musées de France », sur data.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Le top des sites touristiques de Dordogne », Sud Ouest édition Dordogne, , p. 11.
Annexes
Bibliographie
Par ordre chronologique de publication :
- Vicomte Hélie-Louis-Charles-Gustave de Bourdeille, Notice généalogique sur la maison de Bourdeille , suivie de lettres patentes de 1609 érigeant la baronie d'Archiac en marquisat, en faveur du vicomte Henri de Bourdeille, Paris, 1892 (lire en ligne).
- Marquis de Bourdeille, Maison de Bourdeille en Périgord. Filiation complète établie sur titre depuis 1044 jusqu'en 1893, Troyers, imprimerie Léon Legleu, 1893 (lire en ligne)
- Albert Dujarric-Descombes, « Un peintre de Fontainebleau en Périgord », Revue des études historiques, t. 87, , p. 407-411 (lire en ligne)
- Géraud Lavergne, Le château de Bourdeilles, dans Congrès archéologique de France 90e session. Périgueux. 1927, p. 317-337, Société française d'archéologie, Paris, 1928 (lire en ligne)
- Jean Secret, « Sur trois portraits conservés au château de Bourdeilles », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 103, no 3, , p. 200-206 (lire en ligne)
- Brigitte et Gilles Delluc, « Les gravures du donjon de Bourdeilles », Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 104, no 4, , p. 276-291 (lire en ligne), 8 fig.
- Pierre Pommarède, Brantôme et Bourdeilles oubliés, Éditions Pierre Fanlac, Périgueux, 1980.
- Jean Secret, Le château de Bourdeilles, Office départemental du Tourisme, Périgueux, 1980.
- Brigitte et Gilles Delluc, 1989 : Deux ensembles sculptés de la vallée de la Dronne : Brantôme et Bourdeilles en Dordogne, La Sculpture rupestre en France (de la Préhistoire à nos jours), actes du colloque de Brantôme 1988, n° spécial du Bull. de la Soc. hist. et arch. du Périgord, p. 171-176, 3 pl.
- Jean-Pierre Babelon et Christian Rémy, « Les châteaux de Bourdeilles », dans Congrès archéologique de France. 156e session. Périgord. 1998, Paris, Société française d'archéologie, (lire en ligne), p. 119-142
- Brigitte et Gilles Delluc, 2000 : Les peintures du Salon doré de Bourdeilles, Bull. de la Soc. hist. et arch. du Périgord, 127, p. 539-552, 3 pl.
- Dominique Audrerie, Visiter le château de Bourdeilles, Éditions Sud Ouest, Paris, 2005 (ISBN 2879012643)
. - François-Emmanuel de Wasseige, « Les châteaux de Bourdeilles », dans : Demeures Historiques et Jardins no 170, , p. 33-40
- Bernard Angeli, « Bourdeilles XIVe siècle. Huit années de présence anglaise », dans Chroniques no 29, G.R.H.I.N (Groupe de recherches Historiques du Nontronnais), 2013, p. 49-72 (lire en ligne)
- Dominique Auderie (sous la direction de), Serge Laruë de Charlus (sous la direction de), Pauline Mabille de Poncheville et al. (préf. Bernard de Montferrand, postface Hubert de Commarque), « Bourdeilles, château de Bourdeilles », dans Peintures murales en Périgord. Xe – XXe siècle, Bordeaux/Périgueux, éditions confluences/Société historique et archéologique du Périgord, , 366 p. (ISBN 978-2-35527-255-4), p. 180
- Alice Bonnet, « Les décors du château Renaissance de Bourdeilles », Mémoire de la Dordogne, no 34, , p. 68-89
Articles connexes
- Bourdeilles
- Liste des châteaux et demeures de la Dordogne
- Liste des monuments historiques de l'arrondissement de Périgueux
- Mobilier médiéval
- Mobilier de style Renaissance
- Seconde Renaissance française
- Mobilier de style Louis XII
- Ambroise Lenoble
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