Château de Calamès
| Château de Calamès | ||||
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| Période ou style | Médiéval | |||
|---|---|---|---|---|
| Type | Château fort | |||
| Coordonnées | 42° 52′ 12″ nord, 1° 33′ 31″ est[1] | |||
| Pays | ||||
| Région historique | Comté de Foix | |||
| Région | Occitanie | |||
| Département | Ariège | |||
| Commune | Bédeilhac-et-Aynat | |||
| Géolocalisation sur la carte : Ariège
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Le château de Calamès (parfois référencé sous le nom de tour de Calamès) est un ancien château fort situé à 1002 m d’altitude au sud de Foix, sur la commune de Bédeilhac-et-Aynat, dans le département de l’Ariège[2].
Toponymie
Le château de Calamès a un nom d'origine incertaine qui se perd dans un passé très lointain. Il a ainsi pu être avancé que le nom de Calamès fut donné à ce piton par les anciens occupants Grecs de la région, à partir de Calamis, ou Kalamis, qui fut un sculpteur grec[3]. Trois autres hypothèses principales sont avancées :
- Une origine latine : le nom pourrait dériver de Calamus, signifiant « lieu des roseaux » ou « lieu humide », en référence à une ancienne zone marécageuse située au pied du roc.
- Une origine occitane : le mot Calamèré ou Calamas désigne un champ humide ou un marécage, ce qui renverrait à la même caractéristique géographique.
- Une origine anthroponymique : le nom pourrait provenir de Pierre de Calamès[4], un officier comtal qui aurait été le premier à administrer le château. L’inverse est également envisageable : l’homme aurait tiré son nom du château.
Histoire

Le château de Calamès n’est pas mentionné avant le XIIIᵉ siècle, période correspondant à l’abandon progressif de la tour de Montorgueil, située plus au nord. Il est donc probable que le château de Calamès ait été construit pour remplacer cette tour plus ancienne, moins dominante sur la vallée[5].
Le château est constitué d’un donjon et d’une très grande salle qui longe la falaise à l’est du donjon[2].
Construction
Le château de Calamès s'inscrit dans le type de forteresses isolées du comté de Foix, il a été construit au XIIIᵉ siècle, entre 1213 et 1272[6]. Il est déjà mentionné en 1272[7], lorsque Roger-Bernard III, comte de Foix, le remet à Jacques Ier, roi d’Aragon avec plusieurs autres forteresses afin de prévenir leur appropriation par le roi de France[4].
L'enceinte de Calamès ne comporte pas de vestiges au sol d'ouvrage de flanquement, comme c'est également le cas pour Montaillou. Les vestiges du donjon révèlent des bâtiments radicalement rectangulaires, dont la superficie importante résulte principalement de l'allongement d'un seul côté. Des bâtiments maçonnés sont construits à proximité de la tour maîtresse, avec des murs largement moins épais que ceux des tours, ce qui indique qu'ils étaient moins élevés. Contrairement aux cas de Lordat ou Foix où ces bâtiments sont accolés à la tour maîtresse, à Calamès ils sont dissociés[6].
Le château a été construit en utilisant le calcaire du roc, ce qui a permis de réduire considérablement le transport des pierres, par ailleurs coûteux. Les murs sont massifs, atteignant jusqu’à 80 cm d’épaisseur par endroits. Les autres éléments constitutifs du château ont probablement dû être acheminés par un chemin spécialement aménagé pour l’occasion, mais discret afin de ne pas le rendre facile d'accès.
Utilisation & rôles
Le château de Calamès servait principalement à surveiller la zone environnante, offrant une vue dominante sur toute la vallée. Il verrouillait le haut couloir de la vallée de Saurat et permettait de contrôler le col de Port[2] ainsi que des lieux stratégiques comme la grotte de Bédeilhac, connue comme refuge depuis la préhistoire. Le château a probablement participé à la Croisade des albigeois, bien qu’il n’ait jamais été assiégé compte tenu de la difficulté d’accès..
Le château n’a jamais accueilli de grande famille et a été majoritairement utilisé comme refuge et tour de guet, constituant un maillon dans un ensemble défensif plus large du comté de Foix. Il était administré par Pierre de Calamès, officier comtal. Après le rattachement officiel du comté de Foix à la couronne française, le château, comme toutes les autres possessions du comte, a été transmis au roi[4].
La chronique de Michel de Bernis en 1445 sur les archives du comté de Foix[8] indique que les châteaux de Calamès et de Montorgueil faisaient partie de la seigneurie de Saurat, bien que la ville n’ait plus possédé de fortifications propres[9].
Aucun autre événement notable n’est enregistré durant son service.
Déclin, abandon et escalade
Après la crise du comté de Foix (1272-1277), Calamès, comme les autres fortifications environnantes, perdit progressivement son intérêt et fut de moins en moins utilisé[4]. Les informations sur les dernières années de son service restent limitées car malgré l'existence d'un nombre important d'actes, certaines fortifications peuvent disparaître de la documentation écrite, sans pour cela disparaître réellement[10]. Un article local mentionne que le château était encore entretenu jusqu’au milieu du XIVᵉ siècle, et qu’il aurait servi de prison royale en 1589, bien que ces affirmations soient difficilement vérifiables. En revanche, il est certain qu’en 1672, un inventaire royal mentionne un « château ruiné ».
Finalement, c’est l’emplacement même du château qui conduisit à son abandon : son accès difficile rendait son entretien et son occupation peu pratiques. Il fut délaissé au profit d’autres fortifications plus basses et plus accessibles, comme Lordat ou Montréal-de-Sos.
Le site et le roc ont par la suite servi de repère aux habitants et ont été exploités comme carrière de pierres[11]. Le roc est devenu un site d'escalade important[12].
Situation géographique et accès

Le château de Calamès est perché sur une formation rocheuse appelée le roc de Calamès, qui culmine à 1 002 mètres d’altitude en son point le plus élevé. Cette formation est composée de calcaires urgo-aptiens et de dolomie reposant sur de l'Albien[13].
À l’échelle du département, le site occupe une position relativement centrale à proximité de Tarascon-sur-Ariège, située à environ 4 km à vol d’oiseau. Le château se situe dans la commune de Bédeilhac-et-Aynat, elle-même voisine de Surba (laquelle bénéficie d’une vue directe sur le château depuis sa rue principale), de Saurat et de Rabat-les-Trois-Seigneurs. Il se trouve également au cœur d’un secteur riche en formations rocheuses[2].

Le château est implanté sur un terrain public et fait partie intégrante du réseau de randonnées du parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises, à proximité immédiate du sentier de grande randonnée de pays Tour du Pic des Trois Seigneurs.
Le roc de Calamès présente par endroits des pentes très raides, rendant son ascension difficile. L’accès le plus praticable se situe à l’ouest du roc, par un sentier partant de Bédeilhac. Celui-ci reste cependant raide et caillouteux. Un second accès existe depuis Saurat. Les deux itinéraires passent par le col d’Ijou. Par endroits, le sentier peut être confondu avec une sente de chèvres, étroite, gravillonneuse et parfois instable ; il est donc recommandé de bien repérer le tracé avant l’ascension[14]
Au XXIe siècle
Le château de Calamès est aujourd’hui en ruines, avec seulement deux murs encore debout et des fondations partiellement visibles. Le site est populaire auprès des randonneurs, en raison de la vue qu’il offre et du défi que représente son ascension.
Archéologie

En 2014, le massif de Calamès était menacé par un projet d’extension de carrière, ce qui a conduit à une campagne d’archéologie préventive dirigée par Céline Pallier (INRAP)[15]. Cette intervention a permis la découverte de multiples pointes de flèche[2], suggérant d’éventuels affrontements à l’époque du château, ainsi que d’autres artefacts, tels que fragments de poterie, charbon de bois, dents et ossements humains, témoignant d’une occupation antérieure du site. Cette étude a ainsi permis d’identifier 18 sites archéologiques situés sur les pentes en contrebas du château[11].
Environnement immédiat
Les grottes présentes le long des sentiers d’accès ont été utilisées dès le Néolithique et ont servi, pendant la période gallo-romaine, de sépultures, comme celles de Castel-Andry ou de la grotte des Enchantées.
Le toponyme « Castel-Andry » pourrait suggérer que certaines grottes ont été fortifiées, à l’image des célèbres Spoulga/Spulga, laissant penser que des Cathares s’y soient réfugiés, voire peut-être même dans le château lui-même[16].
Par ailleurs, un article de La Dépêche du Midi sur la Roche ronde de Rabat rappelle que la tour de Calamès correspondait avec le château de Miramont et qu’elle était considérée comme l’un des cinq grands châteaux du comte de Foix au XIIIᵉ siècle, aux côtés de Lordat et de Montréal-de-Sos[17].
Le flanc sud du roc, où la falaise mesure plus de 250 mètres de haut[6], constitue le site d'escalade de Calamès avec 12 secteurs, 214 voies – 284 longueurs – du 3c au 8b+[12].
Notes et références
- ↑ « Carte IGN classique » sur Géoportail.
- « Le château de Calamès - Site de la commune de Saurat », sur www.mairie-saurat.fr, (consulté le )
- ↑ Adelin Moulis, L’Ariège et ses châteaux féodaux, Fenixx Réédition Numérique (Résonances), coll. « Terroirs », , eBook éd., 126 pp (ISBN 9782864280040, lire en ligne), p. 51
- Ourson, « Saurat, bref historique. », sur Le blog d'Ourson, (consulté le )
- ↑ Association patrimoine village, « Autour de Montorgeuil », Mairie-Saurat, (lire en ligne [PDF])
- Florence Guillot, « Les fortifications des comtes de Foix au Moyen Âge (Ariège). », Archéologie du Midi Médiéval, Centre d’Archéologie Médiévale du Languedoc, vol. 23, no 1, , p. 265‑292 (DOI 10.3406/amime.2005.1836, lire en ligne)
- ↑ « Bédeilhac-et-Aynat – Histariege » (consulté le )
- ↑ Hélène Biu, Du panégyrique à l’histoire : l’archiviste Michel de Bernis, chroniqueur des comtes de Foix (1445). In: Bibliothèque de l'école des chartes. 2002, tome 160, livraison 2. pp. 385-473. [[www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_2002_num_160_2_45109 lire en ligne]]
- ↑ Michel du Bernis, « INVENTORIER POUR MIEUX GOUVERNER : LES ARCHIVES DU CHÂTEAU DE FOIX AU MILIEU DU XVE SIÈCLE »
- ↑ Pascal Audabram, Jean-François Ayrault, Stéphane Bourdoncle, Jean-Philippe Claverie, Christine Dieulafait, Nathalie Dupuy, Sylvie Favre, Florence Guillot, Yves Krettly, Thibaut Lasnier, et al., Naissance, évolutions et fonctions des fortifications médiévales dans les comtés de Foix, Couserans et Comminges, TRACES, , 231 p. (lire en ligne), p. 213
- Conseil départemental de l'Ariège, « L’exploitation d’une carrière de calcaire avec installation de traitement et de transit de produits minéraux, aux lieux-dits Bédeilhac village, Laudrie et Calamès » [PDF]
- « Site d'escalade de Calames - Ariège - Topo Escalade Cafma », sur topo-escalade-cafma.fr (consulté le )
- ↑ Léon Carez, La géologie des Pyrénées françaises. Fascicule IV, Feuilles de l’Hospitalet, Foix et Pamiers, vol. 4, Paris, France, Imprimerie nationale, coll. « Mémoires pour servir à l’explication de la carte géologique détaillée de la France », , 792 (1922-2679 p.-pl. XIX-XXVI) (lire en ligne), p. 2558
- ↑ Alain Killmayer, Louis Audoubert, 50 Promenades faciles avec vos enfants, Haute Ariège - Andorre, (ISBN 2-84113-364-8)
- ↑ « Tarascon-sur-Ariège. Les archéologues auscultent les pentes du Calamès », sur ladepeche.fr (consulté le )
- ↑ Georges Vidal, « Sépultures Gallo-Romaines dans la grotte des Enchantées du Calamès à Bédeilhac (Ariège) », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 26, no 6, , p. 340–345 (DOI 10.3406/bspf.1929.6733, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « La Roche ronde de Rabat », sur ladepeche.fr (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Bibliographie
- Chroniques de Michel de Bernis, 1445, Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, E 391.
- Adelin Moulis, L'Ariège et ses châteaux féodaux, 1964 (Résonances, 1979 pour la réédition). Page consacrée au château de Calamès #27.

- Florence Guillot, Monographies villageoises en Sabarthès, 1999.
- Anne-Marie Cocula et Michel Combet (dir.), Florence Guillot, « Le comte et les rois : Montréal-de-Sos en 1272 », Le château à la Une !, Périgueux, France, Ausonius, vol. Scripta Mediaevalia 16, , p. 27‑44 (lire en ligne)
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