Château de Champlatreux (Saintry-sur-Seine)

Château de Champlatreux, dit aussi Château de Saintry
Image illustrative de l’article Château de Champlatreux (Saintry-sur-Seine)
Restitution de la vue depuis les jardins hauts du château de Champlatreux à Saintry-sur-Seine, fin XVIIe début XVIIIe siècles
Type Château d'habitation
Propriétaire initial Le Jay
Destination initiale Habitation
Propriétaire actuel Maison de retraite
Destination actuelle Détruit (maison bourgeoise du XIXe transformée en nouveau "château")
Pays Drapeau de la France France
Région historique Hurepoix
Région Île-de-France
Département Essonne
Commune Saintry-sur-Seine

Le château de Champlatreux, dit également château de Saintry, ou parfois encore château de Saint Try, est un château disparu, anciennement situé à Saintry-sur-Seine, dont il ne reste que de rares vestiges, principalement des murs de terrasses. Il était situé à l'emplacement de l'actuelle maison de retraite dite du château de Champlatreux, au bord de la Seine « qui (le) baigne dans toute son étendue »[1].

Il ne faut pas le confondre avec celui du même nom, plus connu, qui se trouve à Épinay-Champlâtreux (Val-de-Marne).

Histoire

La première mention de la ville remonte au XIe siècle, et elle a connu une croissance significative pendant le Moyen Âge. Son nom est dérivé du mot latin "sanctus atriacus", qui signifie "domaine sacré". Le plus ancien titre concernant Saintry remonte à 1029 (charte du roi Robert) ; écriture de l’époque : Sintrio, autres formes, utilisées, Santrio (XIIe siècle), Seintri (XIIIe) et à partir du XVIe siècle on a écrit Saintry, Cintry, Saint-Try.

La ville a été témoin de nombreuses périodes tumultueuses de l'histoire de France, notamment la guerre de Cent Ans et les guerres de Religion.

L'actuel "château" est une recomposition d'une maison bourgeoise du XIXe siècle, et n'a aucun rapport avec le château visible au XVIIIe siècle, qui était un "grand château".

XVIIe siècle

La famille Bernard occupe le château de 1449 à 1634.

En 1647, Saintry est décrit ainsi : "Paroisse et village appartenant à Jacques Bernard sieur de Montgermont, avec droit de Justice, dont il a fait distraire le ressort de Corbeil"[2].

Durant la Fronde, en 1651, les habitants, dans une misère extrême, abandonnèrent leurs demeures[3].

Les familles Avenat et Durey de Joinville sont propriétaires de la seigneurie jusqu'en 1750[1].

XVIIIe siècle

Plan du château et des jardins de Champlatreux, à Saintry-sur-Seine, XVIIIe siècle, d'après le plan des cartes des chasses, vers 1770

En 1749, le château est mis en vente, il est alors décrit de cette manière : "La terre et seigneurie de Saintry-sur-Seine, près Corbeil, consistante en un château et maison seigneuriale, grand jardin, composé de potager, arbres fruitiers, vignes, lusernes et bois [...] parc de 25 arpens, garenne de 44 arpens de bois taillis, 114 arpens de bois taillis, 146 arpens ou environ de terres labourables et pres ..."[4]

Le maréchal de France Gaspard de Clermont-Tonnerre est notamment seigneur de Saintry[5]. Le meurt en l'hôtel de Matignon à Paris le maréchal de France. Le jour même et les jours suivants sont apposés les scellés en l'hôtel de Matignon et au château de Champlâtreux. L'inventaire après décès est alors établi[6]. Une analyse de ce document permettrait de procéder à un essai de distribution du château disparu au temps du maréchal de Clermont-Tonnerre...

Au XVIIIe siècle, les jardins du château étaient fort naturels, avec un atout incomparable : une merveilleuse vue sur la Seine depuis les hauteurs, avec la vue sur la ville de Corbeil dans le fond, vers le nord, et la plaine de Corbeil-Essonne au milieu, et le château de Chantemerle.

XIXe siècle

Le domaine est loti en lotissement en 1833[3].

Un pavillon du XIXe siècle à usage d'habitation, avec initialement quatre fenêtres en façade pour chacun des niveaux, est reconstruit à l'emplacement de la partie nord de l'ancien château. On l'appelle la "maison Dubonnet" sur une carte postale ancienne. Des murs de clôture sont édifiés en parallèle de l'ancienne grande allée devant cette nouvelle construction. La grande allée basse du château est toujours conservée et utilisée, elle constitue de nos jours l'allée Bourgoin, qui est toujours arborée et donne une bonne vision des choses encore aujourd'hui.

XXe siècle

En 1902, les restes du domaine de Champlâtreux, dernier vestige de l’ancienne seigneurie de Saintry, est mis en vente[1].

Il semble qu'un agrandissement du bâtiment soit effectué pour lui donner l'aspect de "château" tel qu'actuellement conservé, avec ajout d'un fronton cintré. Mais ce bâtiment n'est pas du tout le château à l'origine, tel qu'il était au XVIIIe siècle. Les lieux sont affectés à une maison de retraite (EHPAD)[7]. De nombreux agrandissements modernes, réalisés au cours de la seconde moitié du XXe siècle, ont achevé de défigurer définitivement le site historique de Saintry. Les jardins tout en hauteur face aux rampes de pierre sont laissés en friche. Les anciens potagers situés au bord de la Seine ont été utilisés pour créer des zones à usage d'habitation avec de nombreux pavillons.

Galerie

Schéma de la topographie de Saintry et de la plaine de Corbeil, pour expliquer la vue depuis le château de Champlatreux à Saintry

Au XIXe siècle encore, un visiteur, amoureux du terroir pouvait contempler « à flanc de coteau Saintry et ses maisons de campagne, avec leurs parcs boisés, ainsi que les coteaux couverts de vignes ; plus bas, de riantes prairies ; et au fond de la vallée, la Seine, sans cesse animée par la batellerie montante et descendante ; sur l’autre rive, il y avait la digue et les bois ; et au loin les grands arbres bordant la vieille route de Fontainebleau ... »[1].

Au XVIIIe siècle, le château était situé au bord de l'eau, collé à la Seine, surplombant le fleuve par une terrasse toujours conservée, qui par son plan, offre toujours l'axe de symétrie de l'ancien château, axé sur le milieu de la balustrade. Cette vue était similaire à tous les châteaux dit du bord de l'eau, à l'exemple du château de la Briqueterie à Ris-Orangis. Depuis l'allée principale basse, qui est située en parallèle du fleuve, le jardin se séparait en deux : les potagers nord et sud étaient aménagés en contrebas de la grande allée, entre cette dernière et le fleuve. Ils égayaient la vue depuis la grande allée. De l'autre côté se déployait tout le coteau : diverses parcelles, certaines en vignes, d'autres en divers plants, verger, ou pelouse, ornaient la pente. Depuis la hauteur, la vue sur Corbeil était époustouflante : on découvrait tout Corbeil et le paysage dans le fond. Aucun artifice dans le jardin de Saintry, mais uniquement une position en belvédère pour admirer le paysage. Comme un reflet : le véritable jardin n'avait pas besoin d'aménagement, il était situé en miroir : c'était la vue sur la campagne, magnifiquement offerte par la Nature à cet emplacement.

Bibliographie

Emile Creuzet, Histoire seigneuriale, civile et paroissiale de Saintry, 1907[3].

Annexes et liens

Saintry-sur-Seine

Seine

Corbeil-Essonnes

Archives départementales de l'Essonne : Références à des archives sur Saintry

Notes

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