Château de Gesvres-le-Duc

château de Gesvres-le-Duc
Vestiges du château : le pont franchissant les douves et le pavillon de François Mansart.
Présentation
Type
Patrimonialité
Localisation
Pays
Commune
Coordonnées
49° 04′ 28″ N, 3° 03′ 25″ E
Carte

Le château de Gesvres-le-Duc, dit aussi anciennement château de Tresmes, est un château en partie ruiné situé à Crouy-sur-Ourcq dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France.

Il a notamment appartenu aux ducs de Gesvres.

Géographie

Le château de Gesvres-le-Duc se trouve à environ 22 km au nord-Est de Meaux, à la pointe nord du département de Seine et Marne, non loin de sa limite avec les départements de l'Oise et de l'Aisne.

Histoire

La seigneurie, devenue un comté, puis un duché, porta successivement le nom de Tresmes, puis, après 1722, celui de Gesvres[1].

A la Renaissance

Au Moyen-âge, la seigneurie de Tresmes se transmit dans les familles de Bracque, de Montmorency, d'Aunoy, Baillet. En 1577, Charlotte Baillet épouse Louis Potier, marquis de Gesvres, secrétaire d'Etat des rois Henri III puis Henri IV, et lui apporte, entre autres seigneuries, celle de Tresmes, qui est érigée en comté en leur faveur, par lettres du Roi Henri IV, données en [2].

Au XVIIe siècle : le château de René Potier de Tresmes

Au XVIIe siècle, le château possédait de grands jardins réguliers, entourés de douves toujours conservées.

D'après une gravure de Claude Chastillon exécutée vers 1610, le château de Tresmes comportait alors quatre corps de bâtiments disposés en carré autour d'une petite cour intérieure, cantonnés à chaque angle par un pavillon couvert d'un comble indépendant.

Leur fils René Potier (ca 1579-1670) leur succède comme comte de Tresmes et obtient du Roi Louis XIV l'érection du comté en duché pairie de Tresmes par lettres données en , Ces lettres furent entérinées par le Parlement de Paris [3].

A cette époque, vers 1660, il fait renouveler le château par l'architecte François Mansart [4].

Le nom de la terre de Gesvres, située dans le Maine, étant souvent porté dans la famille Potier, Louis XIV autorisa, par lettres de commutation de nom données à Saint Germain en Laye en , que le nom du duché de Tresmes soit désormais changé en duché de Gesvres[5].

Au XVIIIe siècle : le fleuron de la famille de Gesvres

Château de Gesvres, à Crouy sur Ourcq, en 1711 (Dessin de la collection Gaignières)..
Léon Potier, duc de Gesvres, lieutenant général.

D'après un dessin de la collection Gaignières exécuté en 1711, le château comportait alors, sur un plan en "U", un corps de logis cantonné par deux pavillons avec deux ailes en retour, prolongées chacune par un pavillon plus élevé. Entouré de parterres, il se trouvait sur un vaste terre-plein maçonné en grès, entièrement entouré de douves en eau. Un petit croquis prouve également que derrière le parterre principal et les douves, une grande allée, dit le tapis vert, fut réalisée, depuis les douves jusque sur la petite butte de cinq mètres de hauteur situé en face du château. Dans le lointain se découvraient les collines aux alentours.

A René Potier, 1er duc de Tresmes, succède en 1670 son fils Léon Potier, 2e duc de Tresmes, dit de Gesvres, mort en 1704.

Le fils de ce dernier, François Bernard Potier, est le troisième titulaire du duché, sous le nom de duc de Gesvres, et meurt en 1739.

L'ainé de ses fils, François Joachim Bernard Potier (1692-1757), lui succède comme 4e titulaire du duché, duc de Gesvres, et meurt sans postérité.

Il a pour successeur comme 5e titulaire du duché, son frère, Louis Léon Potier (1695-1774), comte, puis (1757), duc de Gesvres. Ce dernier laisse un fils unique, Louis Joachim Paris Potier de Gesvres (1733-1794), duc de Gesvres, qui n'émigre pas à la Révolution.

Sans descendance, il est guillotiné pendant la Terreur. Il est le sixième et dernier titulaire du duché, en même temps que le dernier de sa branche de la famille Potier[6].

Au XIXe siècle : la démolition du château et la construction d'une maison bourgeoise à la place

Le château de Gesvres est démoli vers 1810, sans doute par la bande noire. Au même endroit, une maison à usage d'habitation a été reconstruite, on constate sur les photographies anciennes qu'il s'agit bien d'un bâtiment du XIXe et non pas une partie du château disparu, car l'architecture n'a aucun rapport avec l'aspect dessiné par Boudan en 1711.

Un plan du domaine daté de 1824 en décrit tous les aspects à cette date (coll. part). On y découvre le plan masse du château, ainsi que l'ensemble des allées, douves, étangs et bois. Dès cette époque, le domaine est à peu près en l'état similaire à celui d'aujourd'hui.

Au XXe siècle et de nos jours : un domaine quasi à l'abandon

Au XXIe siècle, il en subsiste les douves, le pont qui les franchit et un des pavillons d'entrée, construit tout en pierre.

Protections

77148-Crouy-sur-Ourcq-Orthophoto

Sont protégés[7] :

  • le pavillon d'entrée subsistant (cad. 1971 E 576), classement par arrêté du  ;
  • les douves avec leurs ponts ;
  • le portail d'entrée avec sa grille (cad. 1971 E 564, 569, 577), inscription par arrêté du .

Notes et références

  1. ↑ L. Benoist, Notice historique et statistique sur Crouy sur Ourcq et le duché-pairie de Gesvres, Meaux, imprimerie Destouches, , 205 p. (lire en ligne), p. 36-105
  2. ↑ Pol Potier de Courcy, Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France, par le Père Anselme, tome quatrième, Paris, Firmin-Didot, , 850 p. (lire en ligne), p. 718
  3. ↑ Christophe Levantal, Ducs et pairs et duchés-pairies laïques à l'époque moderne (1519-1790), Paris, Editions Maisonneuve & Larose, , 1218 p. (ISBN 2-7068-1219-2), p. 609-614 et 934-939
  4. ↑ Françoise Boudon, Le Château de Gesvres, in François Mansart le génie de l'architecture, Paris, Gallimard, , 303 p. (ISBN 2-07-011592-5), p. 218 & 228-230
  5. ↑ Pol Potier de Courcy, Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France, par le Père Anselme, tome quatrième, Paris, Firmin-Didot, , 850 p. (lire en ligne), p. 722-723
  6. ↑ Christophe Levantal, Ducs et pairs et pairies laïques à l'époque moderne (1519-1790), Paris, Maisonneuve & Larose, , 1218 p. (ISBN 2-7068-1219-2), p. 613-614
  7. ↑ Notice no PA00086919, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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