Château de Harzé
| Château de Harzé | ||
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| Période ou style | Mosan | |
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| Protection | ||
| Coordonnées | 50° 26′ 28″ nord, 5° 39′ 58″ est | |
| Pays | ||
| Région | ||
| Commune | Aywaille | |
| Géolocalisation sur la carte : Belgique
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Le château de Harzé est un château de style mosan situé en Wallonie, à Harzé, dans la commune d'Aywaille en Belgique.
Histoire
Édifice initial
Les origines d'un château remontent probablement au IXe ou Xe siècle. Le château primitif différait considérablement du château actuel[1].
Un inventaire du mobilier, en date du , dressé par le châtelain Ogier Boileau et le mayeur Warnotte, décrit la maison forte comme très pauvrement meublée et comportant simplement une tour, une cuisine, une grande et une petite salle[1].
Le dénombrement du mentionne comme bâtiments la maison forte et château, contenant une grosse tour carrée, avec autres édifices anciens. La maison, cour, étables, grange et autres bâtiments de la cense sont voisins du cimetière et des jardins de la maison forte, du grand chemin et du pré du Broux[2].
Du côté Est, l'escarpement rocheux, rendu plus abrupt par des murs élevés, facilitait la défense. A l'Ouest et au Nord, on avait vraisemblablement aménagé des constructions en terrasses le long du ravin, où coulait probablement le ruisseau de l'Hermitrie, qui disparaît aujourd'hui dans l'ancienne carrière du « Bois-le-coucou ». Sa largeur et sa profondeur avaient sans doute été augmentées au moyen de digues[2].
Le côté Sud devait être défendu par un pont-levis, comme le montre le pont actuel. Les douves étaient alimentées par une source qui jaillissait au centre du village et qui a disparu. La grosse tour devait faire face au mont de Lart[2].
Nouveau château
Le nouveau château, tel qu'il existe aujourd'hui, est l'œuvre du comte Ernest de Suys-de Lynden. Dans les années 1632 à 1645, il lui donne ses proportions et son aspect actuels et l'orne de la belle galerie Renaissance italienne de la cour d'honneur. Ses armoiries, jumelées avec celles de son épouse de Lynden, surmontent le porche de la grande cour et la date de 1647 y est mentionnée. Les armoiries se trouvent également sur le mur Ouest du vieux cimetière et celles de sa fille Ernestine-Constance figurent en trois endroits : sur une tour d'angle, sur le mur Sud du cimetière et à l'entrée du jardin[1].
Au XVIIIe siècle, le comte d'Eynatten fait construire les bâtiments qui se trouvent au fond de la grande cour et dont l'un est daté de 1723. Il fait aussi bâtir la conciergerie, qui porte le millésime 1724, et reconstruire les murailles qui soutiennent la cour d'honneur et le cimetière.
Le portail qui sert d'entrée à la cour d'honneur et qui porte la date de 1753 fut édifié par le baron Ferdinand-Henri-Joseph de Rahier, époux de Marie-Agnès de Berlaymont. Leurs armoiries y sont sculptées avec art.
L'entrée du côté Nord avec ses deux tourelles est l'œuvre d'Edgar de Potter d'Indoye, comme en témoigne le blason qui y figure. Ce gentilhomme prit une part significative dans la restauration et l'embellissement du château. La raffinée salle des comtes en témoigne.
La démolition des dispositifs de défense et de l'ancienne ferme, l'assèchement des fossés, la construction de la route de Bastogne en 1839, l'aménagement de la salle des comtes avec sa loggia, ont changé considérablement la physionomie de l'ancien manoir seigneurial. Le château est cependant un témoin éloquent du passé prestigieux de Harzé.
La façade est un exemple caractéristique du style mosan, avec ses arcades en plein cintre sur colonnes toscanes et ses fenêtres à triples meneaux. La tour carrée actuelle semble être la réplique de l'ancienne grosse tour.
Propriétaires successifs
Avant le milieu du XIXe siècle, une dizaine de dynasties se sont succédé à la tête de la seigneurie : de Clermont, de Beaufort-Celles, de la Marck, de Ligne, de Lynden, de Suys, d'Aspremont-Lynden, d'Eynatten, de Rahier, de Berlaymont.
Jules et Clément de Berlaymont vendent le château au notaire Aubert de Ciney en 1842.
En 1873, le château est racheté au notaire par Pierre Fermont (1823-1892) et Prudence Plasschaert (1825-1889). Ensuite, leur fille unique Louisa (1856-1906) hérite de la propriété. Sans enfant, elle la lègue à sa cousine Gabrielle Dekens. Cette dernière épouse Edgar de Potter d'Indoye (1877-1924) en 1908, qui restaure entièrement le château[1].
Période récente
La façade du château est restaurée entre 1909 et 1924 sous la direction de l'architecte Camille Bourgault[3].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, lors de la bataille des Ardennes, le château est réquisitionné par l'armée américaine qui y installe un état major dirigé par le général Matthew Ridgway. Ce dernier y reçoit le Field Marshall Bernard Montgomery le et le général Dwight Eisenhower le . Une plaque commémorative placée dans le porche d'entrée relate ces événements.
En 1949, au décès de Madame Edgar de Potter d'Indoye (1886-1949), son fils Hervey (1917-1988) hérite de la propriété. Le château est ensuite vendu à la province de Liège en 1973.
Entre 1973 et 2020, le château est alors un centre de séminaires résidentiels, de réceptions de mariage et d'hébergement pour groupes et individuels ainsi qu'une auberge.
Les anciennes dépendances abritent le musée de la Meunerie et de la Boulangerie[1].
Depuis le , le château est la propriété de l'Immobilière du Sart SRL[4],[5].
Le château rouvre ses portes en après une première phase de travaux de rénovation dans le but de pouvoir accueillir des événements professionnels et privés. Sa rénovation complète se poursuit parallèlement[6].
Le château est classé depuis 1965 par la Commission Royale des Monuments et Sites.
Activités
Le dernier week-end d'août, le site du château accueille la Fête du fromage, dont la 42e édition a eu lieu en 2022[7].
Des concerts de musique furent organisés par Mr. et Mme Hervey de Potter d'Indoye de 1962 à 1968, en soutien à des musiciens belges et français. Quelques spectacles de théâtre et de poésie eurent lieu également dans ce cadre.
À partir de 1964, tous les concerts furent enregistrés et diffusés par le Centre de Production de la RTBF. La plupart donneront lieu à un article de presse (dans La Libre, Le Soir ou La Meuse).
Se produisirent notamment:
- Le quatuor à cordes Parrenin, le .
- Augustin Dumay, violon et Christian Bernard, piano , le .
- André Navarra, violoncelle et Claude Lavoix, piano, le .
- Lola Bobesco et les Solistes de Bruxelles, le .
- Georges Pludermacher, piano, le .
- Stoïka Milanova, violon (deuxième prix du Concours Reine Elisabeth 1968), le .
Notes et références
- Pierre Ninane, « Le château de Harzé », sur harze.e-monsite.com (consulté le )
- Amédée Polet, Harzé dans le passé au mille ans d'histoire, Belgique., Librairie Halbart., , 52 p.
- ↑ « Bonvoisin-Bourgault - Age d'or de la gravure liégeoise - Camille Bourgault (1889-1962) », sur CCN World Art (consulté le )
- ↑ Régine Kerzmann, « La Province de Liège a vendu son château de Harzè. » [doc], sur LPost, 18 juin 2023. (consulté le )
- ↑ Agence Belga., « La Province de Liège vend le château de Harzé à Aywaille. » [Doc.], sur RTL Info., 15 juin 2023. (consulté le )
- ↑ « Le château (classé) de Harzé rouvre ses portes après rénovation - RTBF Actus », sur RTBF (consulté le )
- ↑ Philippe Collette, « Plus de 170 fromages à déguster à la 42ème Fête du Fromage à Harzé (13 et 14 août) », sur rtbf.be, (consulté le )
Voir aussi
- Portail de la province de Liège
- Portail des châteaux

